09.02.2010

Budgets des universités : une hausse des crédits... mais aussi des charges !

budget.jpg Alors que le gouvernement claironne sur une augmentation du budget des universités de 112 millions d'euros (soit une hausse de 6%), on s'aperçoit vite que les crédits supplémentaires sont rapidement balayés par le transfert des compétences...

Un milliard d'euros supplémentaire avait été promis aux universités cette année. Pour l'instant, ce sont 112 millions qui sont arrivés... Mais si l'enveloppe est conséquente, les effets réels sont marginaux.

Car la palette des missions des universités a été très élargie, et les augmentations budgétaires correspondent souvent à des charges supplémentaires...

Ne remettons pas en cause la nécessité de ce plan, ce serait faire un mauvais procès d'intention. Mais ce qui est clair, c'est qu'il est largement insuffisant, puisque la hausse budgétaire est immédiatement engloutie par les nouvelles missions obligatoires des universités. L'Etat rassure en augmentant les crédits publics, mais les marges de manoeuvre promises par Valérie Pécresse ne sont pas encore là...

Pour forger une université à la hauteur des ambitions européennes, il faut investir massivement. On nous promet un "signal fort" avec la répartition des fonds récoltés par le grand emprunt national. Mais un signal ne suffit pas, il faut des actes. Et en la matière, le gouvernement Sarkozy ne brille pas par son volontarisme. Il vient d'ailleurs d'annoncer plus de 125 millions d'Euros d'annulation de crédits sur le budget 2010.

06.02.2010

Déchets radioactifs : le gouvernement va à l'encontre de la sûreté nucléaire

nucleaire.jpg Depuis mai dernier, un arrêté ministériel autorise l'utilisation de rebuts nucléaires faiblement radioactifs dans la fabrication d'objets usuels de grande consommation... contre l'avis de l'autorité de sûreté nucléaire !

Le Code de santé publique a reçu un coup de canif le 14 mai dernier : un arrêté ministériel publié ce jour-là au Journal officiel permet désormais de contourner l'interdiction d'utiliser des substances radioactives dans les biens de consommation et des produits de construction. L'autorité de sûreté nucléaire avait pourtant émis un avis défavorable, rappelant "la position de la France d'éviter la dilution des déchets, notamment en les ajoutant à des biens de consommations".

Pour mémoire, ce n'est pas la première fois que l'industrie nucléaire tente de recycler ses déchets peu contaminés dans les produits de consommation courante et que les autorités compétentes s'y opposent. En 2004, le tribunal administratif de Lyon avait refusé la construction de tracteurs fabriqués avec 15% de métal contaminé...

Le gouvernement nage décidément dans l'incohérence : il s'apprête à disperser des produits contaminés dans les foyers français alors qu'il récupère en parallèle les objets radioactifs (comme les montres au radium ou paratonnerres à l'américium) et qu'il engage des dépenses pour lutter contre la présence de radon dans les habitations.

Que dire d'un gouvernement qui a multiplié les annonces autour du Grenelle de l'Environnement, peine et tarde à traduire les conclusions du Grenelle dans les faits, et laisse filer des questions aussi sensibles que celle de l'utilisation de sous produits faiblement radioactifs dans les produits de consommation courante? Chacun jugera!

03.02.2010

Quand les écologistes franciliens tressent des lauriers à Jacques Auxiette

bravo.jpgDans "Le Monde" du 2 février, Robert Lion, Jean-Marc Plasquet et Jean-Vincent Placé, candidats sur les listes "Europe Écologie" en Ile-de-France, publient une tribune dans laquelle ils évoquent trois pistes de "réformes solidaires pour venir au secours des finances locales".

Ils suggèrent notamment de "développer la pratique d'emprunts auprès des particuliers, à la manière de ce que vient de faire, pour 80 millions d'euros et avec un grand succès, la région Pays de la Loire, offrant ainsi aux épargnants une occasion de donner du sens à leurs placements."

Ils soulignent ainsi à quelle point la région des Pays de la Loire a été depuis 2004 à la pointe en matière de développement durable et d'innovation économique et sociale. Cela me conforte dans la conviction que la division de la gauche dans notre région n'est ni utile ni justifiée.

31.01.2010

Dernière séance au Conseil régional

Jeudi et vendredi, nous avons examiné au Conseil régional le budget 2010. Cette dernière séance était empreinte d’émotion. D’abord parce que plusieurs élus qui ont marqué la vie du Conseil régional ont décidé de ne pas se représenter. Je pense en premier lieu à Jean-Claude Antonini et Joël Battteux, mais aussi à Jean-Luc Harrousseau. Ensuite parce que cette session marque la fin de 6 années d’une aventure collective riche en expérience et en relations humaines.

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Nous n’avions pour autant pas l’esprit à l’auto-célébration. L’actualité de la crise impose de se concentrer sur l’action et la campagne qui s’ouvre mobilise les énergies. Pour la majorité, l’action à la tête de la Région et la campagne électorale ne sont pas des moments si différents que cela. Jamais depuis 6 ans nous n’avons cessé de dialoguer avec les Ligériens, pour comprendre leurs attentes, inventer avec eux de nouveaux projets et faire évoluer nos politiques. Une campagne électorale n’est jamais qu’une autre manière de poursuivre ce dialogue, ce partenariat.

Ce n’est pas parce que les élections approchent que notre action se ralentit. Le budget 2010 est le plus ambitieux que nous ayons voté, avec un investissement considérable au bénéfice des lycées, de la recherche, de l’innovation, des salariés victimes de la crise, des transports. L’adoption du plan régional pour la biodiversité, quelques jours après celle du plan climat régional, montre notre engagement au service du développement durable et notre volonté de porter des actions de fond qui s’inscrivent dans le temps.

En 6 ans, la droite quant à elle n’a rien appris. Elle continue, comme en 2004, de nous reprocher soit de ne rien faire, soit de continuer sous une autre forme ses anciennes politiques, soit de développer des discours sans réelles traductions dans l’action régionale. L’écart entre ce discours et la réalité rend sa stratégie totalement vaine. Elle ferait mieux de dire clairement ce qu’elle conteste dans nos orientations et d’y opposer une alternative. Cela enrichirait le débat démocratique.

Une dernière session ne pouvait se tenir sans un bilan. La comparaison 2010/2004 est éclairante. Elle montre le chemin parcouru et la différence entre gauche et droite dans l’action locale. La qualité de l’action menée en commun est telle que même celles et ceux qui à gauche ont choisi de faire leur propre liste au premier tour n’ont eu d’autre choix possible que de voter ce budget. Malgré leurs efforts, nos amis d’Europe Écologie n’ont pas réussi à nous faire comprendre ce qui pouvait justifier leur échappée solitaire.

Autour de Jacques Auxiette, la majorité régionale est unie pour proposer aux Ligériens de franchir avec eux un nouveau cap. Le choix du rassemblement est aussi celui de l’efficacité, pour reprendre l’action sans tarder, dès le 21 mars. Il reste tant à faire.





28.01.2010

Beaupréau: l'Etat et la droite à contre-courant, les ligériens veulent un lycée public

lycee.jpg Alors que, depuis plusieurs années, la droite gouvernementale s'acharne à ignorer le service public de l'éducation en refusant la construction d'un lycée public dans les Mauges, le Conseil économique et social des Pays de la Loire (CESR) vient d'adopter un voeu appelant la création de cet établissement.

Dans son voeu, adopté à 49 voix pour (sur 91 votants, soit une majorité absolue très nette), le CESR s'inquiète des retards successifs pris dans la réalisation d'un lycée public à Beaupréau et justifie son soutien pour deux raisons :

- un établissement public (lycée et CFA) à Beaupréau contribuerait aux progrès de l’éducation et de la formation des jeunes Ligériens, en termes de service public et d’aménagement d’un territoire de 110 000 habitants ;

- il permettrait de plus d'offrir aux jeunes et aux familles qui le demandent le choix d'une scolarisation dans un établissement public sur ce secteur, établissement que la municipalité de Beaupréau souhaite accueillir.

Ainsi, le CESR souhaite que Rectorat et Région parviennent à s’accorder sur un projet d’ouverture de cet établissement public... Las ! Alors que la délibération du Conseil académique de l'Education nationale de juin 2009 était favorable au projet, l'Etat a opposé un véto clair à la Région pendant le mois de janvier.

Ce n'est pourtant pas une lubie d'idéologues socialistes qui veulent faire pousser des lycées comme des champignons : les Mauges ont besoin d'un lycée public et la démographie locale croissante (+7% en 10 ans) justifie pleinement la construction d'un tel établissement. Le soutien du CESR montre d'ailleurs que cette conviction est largement partagée par les forces vives de notre région.

La décision gouvernementale est donc purement politicienne. A la demande de la droite locale, l'Elysée a donné instruction au Préfet de s'opposer à ce projet. La droite ligérienne montre une fois de plus le décalage entre ses positions crispées, accrochées à une vision passéiste des Pays de la Loire, et les aspirations fortes d'une population qui change et de territoires qui se transforment rapidement, dans une région dynamique et ouverte.

Dès lors, il est urgent que le gouvernement prenne ses responsabilités et cesse d'instrumentaliser l'Education nationale en exploitant ce dossier comme un outil politique. Le rôle de l'Etat est de viser le bien commun, et non l'élection de ses poulains.

26.01.2010

Un hôpital avant le mémorial, l’indécence de Sophie Jozan

Le Code noir.jpg La droite nantaise ne saura donc jamais entretenir un rapport serein avec l’histoire et la mémoire de la ville. Une fois de plus, elle s’attaque au projet de mémorial à l’abolition de l’esclavage.

Cette fois, le prétexte en est de préférer construire un hôpital à Haïti plutôt qu’un mémorial à Nantes. Chacun perçoit spontanément le caractère indécent d’une telle instrumentalisation politicienne du drame qui se déroule à Haïti.

L’acharnement de cette vieille droite réactionnaire à gommer l’histoire de la ville est inquiétante et dégoute les esprits éclairés. Mais ce qui est le plus inique, ou le plus révélateur de la précipitation ou de l’ignorance crasse de la droite nantaise, c’est d’opposer la mémoire de la traite négrière nantaise et l’aide à un pays dont la fondation s’est faite dans la lutte des esclaves pour les libertés.

La meilleure des réponses possibles est apportée par l’association Mémoire de l’Outre-Mer dans Ouest-France du 21 janvier 2001 :


« Madame Jozan, vous osez publiquement mettre en concurrence la souffrance du Peuple haïtien et le Mémorial de l’abolition de l’Esclavage pour vous rendre audible localement. […]

Visiblement, le Peuple haïtien ne vous est pas familier : son histoire pourtant nous enseigne que la force et le courage de ce peuple lui permirent de s’émanciper de l’esclavage, et rappelez-vous Madame, ce que furent l’action et l’engagement de Toussait Louverture. Cela devrait vous éviter les égarements dont vous faites preuve face à ce cataclysme qui endeuille tout un peuple. […]

Haïti est un peuple de culture, si ce pays est l’un des plus pauvres, c’est aussi parce que ce peuple a préféré acheter sa liberté jusqu’au dernier centime. Mais peut-être que cette histoire vous est aussi inconnue. Votre position sur le Mémorial, traduit une vue étriquée à l’échelon d’une politique locale de petite envergure, alors qu’à travers ce monument, l’universel est notre interlocuteur.

Nantes et les Nantais sortiront grandis en construisant un tel lieu de référence.

Madame, jouer l’urgence humanitaire contre le Mémorial, c’est en effet, faire peu de cas et des Nantais et de leur engagement pour soutenir leurs frères haïtiens. […] »

23.01.2010

Une longue et belle semaine de campagne s’achève

temps.jpgLa campagne des élections régionales mobilise l’essentiel de mon énergie. Ce blog s’en ressent. Pour la première fois depuis longtemps il s’est passé 5 jours entre cette note et la précédente. Le répit du week-end va me permettre de relancer la machine. Rassurez-vous, mon temps à été pour autant bien employé. Voyez par vous-mêmes.

Samedi 16 janvier : Le rassemblement de la gauche et des écologistes est présenté à la presse. Nous avons réussi à fédérer toutes les sensibilités avec le Parti Socialiste bien sûr, mais aussi le Parti Communiste Français, le Parti radical de Gauche, le Mouvement Républicain et Citoyen, et les écologistes de la nouvelle association « écologie solidarité Pays de la Loire ». Ceux qui ont bien travaillé ensemble depuis 6 ans ont choisi de franchir ensemble un nouveau cap. Ils répondent en cela à la profonde aspiration unitaire du peuple de gauche.

4278929490_3dace2bbe7_m.jpgSamedi 16 janvier : Le forum du projet qui se tient à Nantes a pour intitulé « construire une société de la connaissance pour tous ». J’anime avec Emilie Sarrazin un atelier consacré à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation. Pendant deux heures nous avons un véritable débat de fond sur les missions de l’université, le rôle social et territorial de la recherche, le sens d’une innovation qui ne se limite pas là l’économie, et la place des régions dans l’animation des réseaux régionaux et interrégionaux de l’enseignement supérieur et de la recherche. Je suis très heureux de la diversité et de la qualité des participants ; beaucoup d’entre eux ne sont pas des militants politiques mais ont choisi de venir construire l’avenir avec nous.

Lundi 18 janvier : Nous travaillons avec Jacques Auxiette sur la ligne de communication de la campagne. La décision est prise, notre slogan sera « Avec vous, franchir un nouveau cap » et le nom de la liste « jacques Auxiette, la gauche en action ». Nous sommes la gauche en action, celle qui est forte de ses valeurs et de ses convictions mais qui assume ses responsabilités et conduit le changement. Face à la crise nous devons franchir un nouveau cap : en tirer toutes les conséquences pour proposer un nouveau modèle de développement équilibré, pour une société plus juste et plus humaine, pour une croissance respectueuse des hommes et de l’environnement. Dans les turbulences nous avons besoin d’un capitaine expérimenté et d’un équipage soudé à l’image de Jacques Auxiette et de nos listes. Nous ne réussirons pas seuls, nous le ferons avec les citoyens, auxquels nous demandons de s’impliquer pour construire l’avenir de leur région, et déjà de venir voter le 14 mars.

4292984776_6db1f29ea8_m.jpgMercredi 20 janvier : 1500 militants et sympathisants de gauche se retrouvent aux Ponts-de-Cé près d’Angers pour le meeting de lancement de la campagne. Ce rassemblement est une démonstration de force dans le département de notre concurrent. Cette réussite est le résultat d’une vraie mobilisation régionale avec près de 600 participants venant des 4 autres départements de la région. C’est un succès pour nos camarades du Maine-et-Loire et ce n’est pas sans fierté ni sans émotion que je vos mon ami Frédéric Béatse investir son rôle de tête de liste départementale.

Vendredi 22 janvier : Jacques Auxiette a réuni les membres du Conseil Académique de l’Education Nationale pour débattre du projet de création d’un lycée public à Beaupréau (Maine-et-Loire). Il y a de l’électricité dans l’air. Réclamé par tous au nom de la liberté de choix des familles, ce projet est justifié par la poussée démographique des Mauges, mais le Préfet a reçu instruction du gouvernement de s’y opposer. Le matin même nous avons découvert sur le site internet de Christophe Béchu une note interne du rectorat qui tord les chiffres pour tenter de démontrer que ce lycée n’est pas nécessaire. La mauvaise foi de cette note et le détournement manifeste des moyens publics au service d’un candidat soulèvent l’indignation de la communauté éducative et du Président de la Région. La mobilisation va s’amplifier.

Vendredi 22 janvier : je retrouve les partenaires de « la gauche en action » pour continuer notre travail sur la plateforme programmatique de la campagne. Nous avançons vite et bien. La culture commune de l’action régionale nous permet de construire ensemble dans une réelle harmonie. Nous finaliserons ce travail dans quelques jours avec Jacques Auxiette et l’ensemble des candidats.

Pendant ce temps, les dossiers régionaux ne s’arrêtent pas. Lundi 18 janvier, j’ai présenté devant Jacques Auxiette, les maires des grandes villes de la région et les représentants des départements, la réflexion stratégique sur le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche sur laquelle je travaille depuis un an, notamment avec mes collègues de Nantes, Angers et Le Mans. J’y reviendrai prochainement dans une autre note. Nous avons notamment souligné la nécessité de construire un projet de « Campus d’excellence » à l’échelle des deux régions Bretagne et Pays de la Loire. Ce matin même, je retrouvai dès 9h tous les acteurs du projet d’Institut Hospitalo Universitaire de Nantes autour de la thématique des sciences de la transplantation et de l’immunothérapie. Il s’agit de figurer parmi les 5 à 10 centres d’excellence français de la recherche médicale dans le cadre d’un appel à projet qui sera prochainement lancé par le gouvernement.

J’ai bien peur que désormais toutes les semaines qui nous séparent du 14 mars ressemblent à celle-là, campagne de terrain aux cotés des militants en plus !

 

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18.01.2010

Obtention du bac et origine sociale : une étude aussi claire que navrante

st2s-4.png Au moment où la conférence nationale des grandes écoles rechigne à ouvrir ses établissements aux boursiers au prétexte que cela pourrait faire baisser le niveau, une récente étude de l'Observatoire des Inégalités vient nous rappeler que "certains sont plus égaux que d'autres" : les fils de cadres supérieurs ont 2,9 fois plus de chances que les ouvriers d’avoir leur bac et 8 fois plus d’obtenir un bac S...

L'escenseur social est bel et bien bloqué : l’admission au baccalauréat est largement liés à l’origine sociale.

Ainsi, les enfants de cadres supérieurs représentent 13,8 % des élèves de 6ème mais 24 % des admis au baccalauréat toutes séries confondues. A contrario, les enfants d’ouvriers, qui représentent 31 % des élèves de 6ème, ne représentent plus que 18,2 % des admis au baccalauréat.

Les mathématiques continuent à constituer la référence et la clé de la sélection. Paradoxal pour un pays qui se veut celui de la littérature et de la philosophie. Au cours des 10 dernières années, la composition sociale de cette filière a très peu évolué : les élèves dont les parents sont ouvriers ou employés constituent un quart des élèves de série S alors que 54 % des actifs appartiennent à ces deux catégories sociales. Dès lors, il n'est pas surprenant que ces disparités persistent dans l'enseignement supérieur et encore plus au sein des grandes écoles...

Alors que la carte scolaire est supprimée et que les crédits de l'Éducation nationale diminuent de réforme en réforme, il devient urgent d'agir pour inventer une société de la connaissance pour tous, afin de permettre à chacun d’acquérir les connaissances et la qualification de son choix.


14.01.2010

Oublions l’homo medicus !

clope.jpg Dans un livre récent, : Le principe de prévention, Le culte de la santé et ses dérives, Patrick Peretti-Watel et Jean-Paul Moatti s'attachent à remettre en perspective notre approche des risques et des questions santé publique. Les deux auteurs de ce court essai mènent tambour battant la critique d'une notion qui, d'habitude, fait consensus. Loin des idées reçues, l'ouvrage s'attache en effet à démontrer comment les messages de prévention, construits sur l'obsession du risque et de son évitement, se détourne des enjeux collectifs pour se concentrer sur les comportements individuels qu'il s'agit de réformer.

Pour mémoire, le principe de prévention naît des avancées de l’épidémiologie. Cette dernière établit des relations statistiques entre des conduites individuelles et des problèmes de santé, puis la prévention s’empare de ces conduites pour inciter les individus à y renoncer. A noter que la prévention se met en place même si personne ne comprend le lien entre la conduite à risque en question et la pathologie développée (d’où le nom black box epidemiology).

Patrick Peretti-Watel et Jean-Paul Moatti se sont penchés sur les effets des politiques de prévention et mettent à jour trois inconvénients : la stigmatisation des personnes ayant des conduites à risque, l’alliance avec un certain conservatisme moral, et la cristallisation d’enjeux commerciaux considérables.

En effet, il en va parfois du culte de la santé comme d’un culte religieux. Et ce kalos kagathos moderne (c’est-à-dire cette identification du bien, du sain et du beau) ne serait pas un effet pervers et involontaire des campagnes de prévention, mais un de leurs objectifs, depuis l’introduction de techniques agressives en marketing, dont le but avoué est de provoquer le dégoût.

Les auteurs mettent également en garde contre un risque de télescopage des messages préventifs, en citant par exemple la confusion entre ceux qui mettent en garde contre l’ivresse au volant et ceux qui informent des risques de l’alcoolisation chronique. Résultat : en 2005, pour un Français sur quatre l’alcool n’était mauvais pour la santé qu’en cas d’ivresse…

De même, il faut rester vigilant car il arrive que le message de prévention devienne réactionnaire, en se servant de la santé comme d’un prétexte pour soutenir un certain conservatisme moral. Ce fut par exemple le cas du Sida et du cancer du sein : la contre-révolution sexuelle a utilisé le Sida pour prôner les valeurs de la fidélité et du mariage, et le cancer du sein fut parfois présenté comme le symbole de l’affection de la femme moderne qui a transgressé certaines règles (contraception orale, grossesse tardive, etc.).

L’origine de ces dérives vient de la croyance en l’homo medicus, cet individu parfait (et complètement utopique) qui mangerait cinq fruits et légumes par jour, ne fumerait pas, n’abuserait jamais de l’alcool, ferait une demi-heure d’exercice par jour, porterait un masque quand il est grippé et ne serrerait pas la main des inconnus. Vous connaissez beaucoup de gens comme ça, vous ?

Evidemment, non…

Pourtant, les croyances sont bien ancrées, y compris chez les médecins. Peretti-Watel et Moatti révèlent que selon un généraliste sur trois, les personnes obèses ou en surpoids sont paresseuses et manquent de volonté !

Dès lors, on peut s’interroger quant à savoir si la prévention doit rester une affaire de personnel médical… Selon les auteurs, c’est tout le contraire : il faudrait professionnaliser la prévention tout la en démédicalisant à trois niveaux : s’appuyer sur des acteurs qui ne sont pas issus de milieu médical, privilégier un modèle pédagogique moins rigide et hiérarchique, abandonner réellement la fiction de l’homo medicus dans le contenu de l’éducation à la santé.

« Afin de sortir de l’impasse, [la prévention] doit assumer sa dimension morale, tout comme ses interactions avec les acteurs sociaux. Elle doit aussi se démocratiser et renoncer pour de bon à la fiction de l’homo medicus. Pour cela, il faut qu’elle se dote d’une éthique explicite et délibérative, qu’elle cherche à comprendre les comportements humains qu’elle veut modifier et qu’elle s’engage résolument dans une professionnalisation capable de la démédicaliser. »

11.01.2010

Classement général des villes où il fait bon étudier : Nantes et Angers ont la côte !

doudou.jpg Letudiant.fr vient de publier le classement général des villes où il fait bon étudier. Plutôt pas mal pour les Pays de la Loire, avec 2 villes dans le top-20 : Nantes arrive en 5ème... et Angers gagne 5 places par rapport au dernier classement pour finir 18ème !

C'est entendu, les classements sont toujours partiels et partiaux. Mais ce classement n'est pas dénué de sens puisqu'il prend en compte plusieurs critères, allant du logement à la culture en passant par les transports et l'environnement.

Outre le classement général, notons que Nantes arrive 4ème au classement des "grandes villes" et Angers arrive 4ème au classement des "petites villes". Ce n'est quand même pas rien.

De plus, du point de vue du logement, Nantes arrive en tête du classement des grandes villes. Les critères retenus étant l'offre des chambres Crous et le prix moyen des loyers dans le privé, je ne peux que me féliciter de l'action de la Région en matière de logement étudiant.

Mais ce que je retiens surtout de cet article est le décryptage de Camille Galap, président de l’université du Havre et vice-président de la commission "Vie étudiante" de la Conférence des présidents d’université : "Quand une ville répond à la demande des étudiants, elle répond aux besoins globaux de ses habitants. Elle devient attractive pour tout le monde. C’est le cas, par exemple, de Lyon ou de Bordeaux. À l’inverse, une ville qui déconnecte sa réflexion de la population étudiante va décliner."