01.04.2008

Faut-il un TSS ou un DRH pour le Parti Socialiste ?

f50312b72d4e003dec61a5a24dc700e2.gif Le Conseil National du PS a eu lieu mardi 25 mars. La presse a souligné le caractère consensuel des travaux, marquant ainsi une pause avant d’éventuels affrontements à l’approche du Congrès. Pour avoir assisté à cette soirée, je peux témoigner de l’assaut de langue de bois à laquelle elle a donné lieu. Chacun s’est employé à ne rien dire pour éviter de commettre une faute mais on sent en coulisse le cliquetis des armes que l’on apprête.

On en viendrait presque à regretter le temps des grands congrès socialistes où des visions différentes de l’action politique et de la transformation de la société s’affrontaient et étaient tranchées par les militants. Depuis près de 20 ans, ce sont les conflits de personnes et de pouvoir qui structurent la vie du PS au grand désespoir de ses militants. Ainsi, la tendance la plus lourde de ce pré-congrès est le TSS : « Tous Sauf Ségolène ». On voit ainsi Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone et Arnaud Montebourg (1), que tout sépare, œuvrer main dans la main dans ce sens.

Les bases politiques du congrès semblent pourtant simples. 60 à 80% des adhérents du PS sont partisans d’une ligne réformiste et sociale-démocrate. Ils ont voté Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn au moment de la désignation pour l’élection présidentielle. L’aile gauche assume son refus de la construction européenne actuelle et pratique une surenchère verbale qui la pousse parfois aux marges du PS comme le montre l’exemple de Jean-Luc Mélenchon. Au lieu de chercher des alliés au sein de la gauche du Parti pour régler ses conflits de personnes, la majorité réformiste du PS devrait assumer collectivement et solidairement son orientation, permettant ainsi de proposer aux militants et aux citoyens la clarté et la cohérence qu’ils appellent de leurs vœux.

Prenez Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Les styles sont, il est vrai, différents et certains voudraient les présenter comme les deux pôles d’un choix politique alternatif. Cette fiction est plaisante mais cache mal le vide abyssal qu’elle recèle. 874797ff513bffc113e475a6c341c86f.jpg L’attachement au développement durable et à la démocratie participative, la primauté des questions de société dans leur engagement, leur pragmatisme absolu, ainsi que l’accusation d’autoritarisme, tout rapproche ces deux personnalités qui représentent sûrement ce que le PS compte de plus crédible et créatif. Prenez maintenant les mêmes et François Hollande. Ils ont toujours défendu les mêmes options politiques, autour de Lionel Jospin, pour le traité européen, pour Ségolène Royal à la présidentielle.

Qui osera nous demander de choisir entre les uns et les autres, sur quels critères et en fonction de quelles divergences ?

« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Les apprentis sorciers qui veulent dresser les uns contre les autres trouveront les artifices qui justifieraient un affrontement au congrès. L’anti-ségolènisme primaire peut servir de ciment à une alliance contre nature. Et si tout simplement celles et ceux qui pensent la même chose défendaient ensemble leurs convictions et s’unissaient pour faire du Parti Socialiste l’outil efficace dont tous auraient besoin pour espérer gagner l’élection présidentielle ? Le PS n’a donc pas besoin d’un TSS, « Tous Sauf Ségolène », mais d’un bon DRH, « Delanoë, Royal, Hollande » (2), pour trouver le chemin de la crédibilité et du succès.


1- Spéciale dédicace à Arnaud Montebourg, fervent défenseur du non cumul des mandats et désormais Député et Président du Conseil Général de la Saône-et-Loire.
2- Bienvenu à DSK dans la bande à son retour du FMI.

22.03.2008

Elections 2008 : un bilan encourageant mais porteur d’exigence pour la gauche et le PS

2008 aura donc été un excellent cru électoral pour la gauche. Le succès de mon amie Martine Lignières-Cassou à Pau m’a fait particulièrement chaud au cœur. Il serait par contre dangereux de voir dans cette victoire un blanc-seing ou un signe de rétablissement durable pour le Parti Socialiste. L’examen détaillé de la situation en Loire-Atlantique doit nous permettre de réfléchir sereinement et collectivement à la nouvelle situation politique.

d79d4184d844d01bb1f84bac17f61caf.jpg
La victoire de la gauche dans notre département est d’abord une défaite de la droite. Celle-ci a étalé ses divisions et son incapacité à renouveler son dispositif. Son électorat s’est démobilisé et ses leaders sont le plus souvent apparus comme déconnectés des réalités locales. A contrario, là où le dispositif de la droite restait solide et où les maires sortants n’avaient pas commis d’erreurs spectaculaires, la gauche n’a pas réussi à progresser significativement malgré de bons candidats et des campagnes militantes actives comme à Ancenis, Châteaubriant ou Vertou.

Les progrès de la gauche sont pour autant spectaculaires, notamment aux élections municipales. Si nous n’avons gagné qu’une seule commune de plus de 10 000 habitants, Sainte-Luce-sur-Loire, où je suis désormais 1er adjoint, nous avons conquis 12 villes de plus de 3500 habitants (Clisson, Vallet, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Donges, Blain, Plessé, Vigneux-de-Bretagne, Sucé-sur-Erdre, Le Cellier) dont trois dans l’agglomération nantaise : Bouaye, Saint-Aignan-de-Grand-Lieu et mes voisins de Thouaré. Ces victoires montrent qu’aucun secteur du département n’est plus hors d’atteinte de la gauche et que la persévérance paye. Les malheureuses défaites de Pornichet et de Savenay ne sauraient ternir ce bilan qui témoigne d’un ancrage en profondeur de la gauche dans le département. Les cinq cantons supplémentaires gagnés à Saint-Mars-la-Jaille, Machecoul, Saint-Père-en-Retz, Vallet et Nantes 6 viennent confirmer cette analyse.

Nous avons également réussi les passages de relais entre générations avec de nouveaux maires prenant la succession de leurs aînés à Saint-Jean-de-Boiseau, Le Pellerin, La Chapelle-des-Marais, Herbignac, La Chapelle-sur-Erdre. Dans cette dernière ville le score spectaculaire de Fabrice Roussel avec plus de 64% des voix montre que l’on peut, à 35 ans, symboliser aux yeux de la population à la fois le renouvellement et l’expérience.

Tout triomphalisme des socialistes en Loire-Atlantique serait pourtant dangereux. La situation du Finistère où, malgré des conquêtes et un ancrage à gauche confirmé, le PS a perdu d’un seul coup Morlaix, Châteaulin, Landerneau, Quimperlé et Concarneau, doit nous inciter à la plus grande prudence. A chaque fois que le dispositif socialiste présente des signes de faiblesse, la sanction électorale peut survenir très rapidement, nos amis nazairiens viennent d’en percevoir un avant-goût amer.

Une des clés de la victoire de la gauche en Loire-Atlantique a été son unité. Notre département doit être un des seul dans lequel ont été conclus des accords départementaux dès le premier tour avec l’ensemble des partis de gauche dont les Verts et le PS. Cet accord a notamment permis de préserver le seul siège communiste au Conseil Général et d’y faire rentrer pour la première fois un Vert, Gilles Denigot, qui a réalisé un excellent score à Saint-Nazaire Ouest avec près de 66%. L’accord a surtout permis de créer une dynamique de rassemblement à gauche qui a limité les concurrences et les conflits.

Cette stratégie a été salutaire. En effet, chacun a pu constater lors de ces élections locales que les listes « citoyennes », d’extrême gauche, les Verts (surtout aux cantonales dans le 44), voire le Modem ou le PCF avaient réussi de belles performances électorales. Au regard de ces différents résultats, je suis arrivé à la conclusion qu’une partie de l’électorat de gauche, autour de 10% des voix, exprimaient leur méfiance à l’égard du parti98cc79409475424bd424332bae15113e.jpg socialiste en cherchant dans l’offre politique disponible une autre façon d’exprimer leur volonté de changement. Nous devons tenir compte de cette réalité et relever le niveau d’exigence à l’égard de nous-mêmes si nous voulons réussir à rassembler durablement la gauche autour du Parti Socialiste. A cet égard, le score de Jean-Marc Ayrault à Nantes est tout à fait extraordinaire. Réunir plus de 55% des voix à Nantes malgré une liste Modem et 4 autres listes de gauche et d’extrême-gauche contenues à un total de moins de 8% montre une capacité étonnante à fédérer la gauche et au-delà, après pourtant trois mandats à la tête de la municipalité.

Pour réussir, la gauche doit donc réunir quatre conditions :
    . Un leadership reconnu, un PS uni et le rassemblement de toute la gauche autour de lui ;
    . Un projet crédible adapté aux nouveaux enjeux et nouvelles attentes ;
    . Une capacité à nouer une relation de qualité avec la population, à faire vivre une démocratie ouverte et vivante ;
    . Un renouvellement effectif et une ouverture des équipes sur la diversité des territoires.

Dans les années à venir, nous devons rester fidèles à cette « formule magique », quelles que soient les élections, nationales ou locales, que nous devrons préparer. Dans le département, nous nous trouvons désormais à la tête d’un réseau de pouvoirs locaux inégalé. Il nous revient de retrouver la volonté politique d’animer ce réseau d’élus, pour assurer la cohérence de l’action menée sur les territoires, pour préparer l’avenir et pour aider ceux qui n’ont pas encore gagné à engager les conquêtes de demain. Cela devrait être le rôle de notre fédération des élus socialistes et républicains ; gageons que nous sauront également trouver dans ce domaine la voie du renouveau.

08.03.2008

Municipales : un détour par Pau avec Martine Lignières-Cassou

5a75818bfdaa66e16064b17b5d56e418.png En cette veille d’élections municipales, plutôt que de commenter l’actualité locale, je vous propose de faire un détour par Pau, ville qui symbolise à elle seule bien des affres de notre vie politique...

A Pau règne l’ouverture à la sauce Sarkozy. Yves Urieta, élu socialiste choisi contre l’avis des militants pour devenir Maire après le décès d’André Labarrère, a trahi son camp pour être investi par l’UMP. C’est également à Pau que François Bayrou va sceller son destin national en tentant de conquérir la Mairie. Dans ce contexte, Martine Lignières-Casou a choisi de relever le défi pour garder Pau à gauche.

Je connais bien Martine. Nous avons travaillé ensemble au sein de la direction du Parti Socialiste. C’est une femme chaleureuse et bosseuse, intellectuelle assumée et élue de terrain proche des citoyens. Elle a toujours fait le choix de ses convictions ainsi que du respect du parti et de ses militants. Députée depuis 1997, elle n’a jamais cessé d’animer le débat politique local en multipliant les compte-rendu de mandat, les rencontres-débats, les cafés citoyens... Elle représente le parti que j’aime, celui des militants exigeants pour eux comme pour les autres.

Au sein de la direction du PS, nous avions tenté d’élaborer et de faire adopter une « charte de la transformation sociale ». Après la défaite de 2002, il nous semblait nécessaire d’écrire la méthode des socialistes, comment ils comptaient travailler avec les citoyens et les acteurs sociaux, dans la majorité comme dans l’opposition. Nous étions convaincus qu’il n’y avait pas de transformation possible de la société sans mettre en mouvement ses forces vives et sans créer les conditions d’une adhésion profonde à des réformes construites avec les citoyens. Nous pensions également que la décision ne suffisait pas à produire le changement, qu’il était indispensable de réussir la mise en œuvre et d’ajuster en permanence l’action publique en lien avec les acteurs pour rester fidèles à l’intention initiale et garantir son efficacité sur le terrain. Cette démarche avait malheureusement rencontré peu d’écho, elle est pourtant toujours d’une brûlante actualité.

Vous comprendrez donc que j’attende avec impatience le vote des Palois. Si Martine bat en même temps l’ancien notable socialiste qui a trahi son camp, et le chef de file d’une troisième voie illusoire, elle montrera que l’authenticité, la fidélité à ses valeurs, et la continuité dans un travail exemplaire peuvent l’emporter dans le monde politique d’aujourd’hui.

30.01.2008

Pas de doute, elle est là et bien là !

Au lendemain de l’élection présidentielle, nombreux furent ceux qui pariaient sur la disparition politique de Ségolène Royal. Sa popularité devait être emportée par le temps comme un fétu de paille. Pourtant, plus de 6 mois après, elle est toujours là. Son omniprésence médiatique déclenche même des réactions quasi hystériques. Excès d’amour ou excès d’indignité ; n’est-il pas temps de d’accepter l’existence de Ségolène Royal ?

876cb162008449b9df397ce3674dd771.jpg


Différente, elle est finalement trop différente ! Comment expliquer autrement les passions qu’elle déclenche ? Ségolène Royal dérange par sa seule présence. Je ne savais pas que la fraternité socialiste pouvait prendre cette forme. La violence qu’elle subit témoigne de l’impact considérable de ses actes et de ses positions. Si certains la détestent, ils se positionnent en fonction des débats qu’elle lance et des convictions qu’elle défend. Il serait temps pour eux, plutôt que de chercher à l’annihiler en tentant de l’expulser du champ politique, d’accepter de la reconnaître en engageant le débat avec elle.

Et si finalement, Ségolène Royal était une femme politique comme une autre ? Députée pendant 20 ans, ministre à plusieurs reprises, présidente de Région, son pedigree politique est somme toute très classique et s’inscrit dans la tradition des barons socialistes. Députée, elle n’a jamais été battue. Ministre, elle n’a jamais chuté. Combien peuvent en dire autant ? Le procès en incompétence et en illégitimité se poursuit pourtant sans vergogne. Il est honteux et témoigne de l’impuissance de ses calomniateurs à comprendre et maîtriser un phénomène politique qui les dépasse.

Ce phénomène politique reste en effet puissant. Après les 17 millions de voix recueillies en 2007, Ségolène Royal est aujourd’hui face à Nicolas Sarkozy l’opposante la plus présente et la plus cohérente. Elle est dans tous les sondages la personnalité préférée par une très large majorité des sympathisants de gauche. Elle représente donc un atout et non un handicap pour le Parti socialiste. Celui-ci en détient-il autant qu’il puisse sans conséquence l’ignorer ou la rejeter ? On trouve de tout au Parti socialiste, même des « reconstructeurs », dont le seul objectif est d’empêcher une personnalité d’envergure d’accéder à la tête du PS et qui sont prêts à toutes les manœuvres pour y parvenir. Drôle de manière d’œuvrer au développement de leur parti, drôle de leçon tirée du parcours de Nicolas Sarkozy.

Je vous propose donc de « banaliser » le statut de Ségolène Royal au sein du PS. Reconnaissons son talent, prenons au sérieux ses idées, que ce soit pour les combattre ou pour les défendre. La place de Ségolène Royal dans la vie politique française est suffisamment centrale pour que nous ayons tous intérêt à ce que son projet soit débattu dans le respect, la liberté, et la clarté. Tel est le visage que devrait prendre la fraternité des socialistes, à laquelle ont droit toutes celles et ceux qui portent haut leurs convictions.

17.01.2008

Comment Sarko travaillait quand le PS s’endormait

d06e238c064f5183daa88e7a30c7bbc1.gif

Le site nonfiction.fr publie une longue interview d’Emmanuelle Mignon, actuelle directrice de cabinet du Président de la République, mais surtout directrice des études de l’UMP de 2004 à 2007. Celle-ci raconte comment l’UMP s’est mise au travail pour construire le projet que Nicolas Sarkozy a porté lors des élections présidentielles de 2007.


La démarche décrite au fil de ce long entretien est frappée au coin du bon sens. Pendant 3 ans, l’équipe de la direction des études de l’UMP s’est attachée à mener avec méthode le travail qui devrait être celui de tout parti politique : comprendre les transformations de la société française ; dialoguer avec les experts et les intellectuels pour recenser toutes les pistes de réponse ; trier, comparer, hiérarchiser pour proposer des alternatives ; organiser les choix politiques. Certes, Nicolas Sarkozy est un redoutable tacticien qui pratique avec gourmandise la suractivité médiatique, mais c’est aussi un responsable politique qui a eu le courage d’assumer devant les français un projet politique complet et cohérent.

Emmanuelle Mignon rappelle dans quel état d’esprit ce chantier a été ouvert : « Notre chance a été de commencer en novembre 2004. Nous avons commencé très tôt à bâtir notre programme, et j’ai senti une immense attente d’un débat d’idées. Beaucoup de choses s’écrivaient déjà sur la situation du pays. Nicolas Sarkozy, de son côté, pense que ce ne sont pas les Français qui se désintéressent de la politique mais que c’est la politique qui n’offre rien aux Français. Pour Sarkozy, il faut faire du débat d’idées, la politique, c’est des idées. Il pense qu’il faut avancer des idées et que les gens seront alors attirés par la politique, et c’est ce qu’il a merveilleusement bien réussi en imposant des débats sur les sujets sur lesquels on n’avait plus le droit de parler. »

510e63db43095efe3145cc1dda982fbd.jpgPendant ces trois années durant lesquelles l’UMP construisait un projet et une cohérence politique, le PS se déchirait sur les questions européennes, s’enferrait dans des congrès stériles, et cessait presque totalement de travailler sérieusement. J’en ai été chaque semaine le témoin. Depuis l’élection présidentielle perdue de mai 2007, rien n’a changé. Les positionnements tactiques et les enjeux de pouvoirs l’emportent sur l’envie de travailler ensemble pour construire un nouveau projet.


Comment sortir le PS de sa torpeur ? Certains proposent de poursuivre la politique de l’autruche, d’éviter de trancher dans le vif la question de la ligne politique et du leadership pour préserver l’unité du PS. On aurait alors à la tête de notre parti un gentil animateur sans pouvoir chargé de faire tourner la machine au service de tous. Qui peut encore croire à cette fable qui ne vise qu’à poursuivre une politique bien connue : mettre le PS et ses militants sous l’éteignoir pour mieux préparer la grande querelle des ambitions présidentielles ? On connait la musique et la fin de l’histoire.

Quel que soit le gouffre politique qui nous sépare de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, il serait absurde de ne pas chercher à comprendre comment et pourquoi il a gagné, et de ne pas en tirer des conséquences. Là encore, Emmanuelle Mignon nous propose une piste de réflexion : « Il y a un élément clé dans tout cela, c’est l’homme ou la femme, le candidat qui va vouloir et porter le renouvellement idéologique. […] Le PS arrivera à faire ce que nous avons fait si quelqu’un arrive à faire ce que Sarko a fait : éteindre les querelles en portant vers autre chose, en donnant envie d’autre chose. Il faut qu’il y ait un leader pour faire cela. Sur le débat d’idées, le PS n’aura pas de problème pour le faire : il le fera même mieux que nous parce qu’il y a globalement plus d’idées à gauche. En revanche, ils doivent avoir le leader qui porte cela. Nous, on avait Sarko. »

6cf475a305585c608ba65042f25fe046.jpg

24.12.2007

2008, l'année des territoires

Avec les élections présidentielles et législatives, 2007 aura été l’année du débat national ; 2008 sera celle du débat dans les territoires.

c445c665b8dfbf0353b074178f997e1c.jpg Ce débat est essentiel. A l’issue des différentes lois de décentralisation, les collectivités locales ont acquis des compétences et des capacités d’intervention de plus en plus importantes. Les citoyens ont du mal à s’y retrouver car les responsabilités des uns et des autres sont mal définies et les compétences souvent enchevêtrées. Néanmoins, quand les collectivités locales marchent main dans la main, comme c’est le cas en Loire-Atlantique, leur action coordonnée leur confère un impact considérable et une efficacité réelle. Il est alors essentiel de faire le meilleur usage de cette force collective.

L’action des collectivités locales peut permettre de corriger les effets de la politique nationale menée par N. Sarkozy. Elle peut garantir plus de solidarité, renforcer la construction de logements sociaux, garder le souci du pouvoir d’achat. Pour autant, elle n’en annulera pas les dégats.

Les politiques locales peuvent utilement se concentrer sur la préparation de l’avenir et la création d’emplois : aménager l’espace, développer les transports collectifs, construire des villes attractives, investir dans la formation et la recherche, soutenir la création d’emplois et aider les entreprises à innover. Cette action est réellement positive si elle permet à tous d’accéder à la qualité de vie, à la qualification et à l’emploi.

ece9834d1cb243c838ec8c4d4d116831.jpg Quand elle exerce le pouvoir dans les territoires, la gauche doit être exemplaire si elle souhaite rétablir sa crédibilité et la confiance des citoyens Elle doit faire le pari du renouvellement, de l’ouverture, et de la démocratie participative. Face à un pouvoir national autoritaire et personnel, la gauche des territoires doit jouer collectif et privilégier le partenariat avec les acteurs locaux et les citoyens.

06.11.2007

PS : garder les nouveaux adhérents, un enjeu vital !

De petits signaux d’alarme s’allument ces dernières semaines. Après des élections présidentielles et législatives difficiles, le PS aurait perdu au moins 25% des nouveaux adhérents de 2006. Ces chiffres sont démentis par la direction du PS mais chacun sent dans sa section au moins un flottement. Il est urgent de sonner la mobilisation et de faire du maintien de l’adhésion au PS de ces dizaines de milliers de citoyens l’enjeu de la fin de l’année 2007.
5e8fb04b1c1c0820c06ffd1c9a6315af.gif
Dans tous les pays européens, les partis socialistes et sociaux-démocrates voient leurs effectifs baisser. Ce n’est pas le cas au Parti Socialiste. Le principal acquis du passage de François Hollande à la tête du PS sera bien d’avoir rendu possible le doublement du nombre des adhérents, passé de 110 000 en 2001 à plus de 220 000 en 2006.

Cette révolution en a gêné et en gène encore plus d’un. On a accusé ces nouveaux adhérents de n’avoir franchi le pas que pour soutenir Ségolène Royal. Beaucoup d’entre eux ont pourtant voté DSK. Je trouve tout à fait sain et normal que de nombreux Français veuillent participer au choix du candidat à l’élection présidentielle de la grande force d’alternance à gauche. S’il veut être un grand parti politique, le PS a besoin de nombreux adhérents. Cela lui permet d’élargir son assise sociale et sa capacité à vivre en symbiose avec la société.

Beaucoup d’adhérents, c’est plus difficile à gérer que peu. Leur arrivée remet en cause les équilibres et les habitudes. Les pouvoirs en place ont donc souvent intérêt à limiter ces adhésions synonymes d’incertitude. Il m semble pourtant que l’essentiel des difficultés ne vient pas de ces réflexes conservateurs mais de la difficulté à penser la différence entre un adhérent et un militant, et à valoriser l’adhésion.

Le modèle dominant reste au PS celui du militant qui consacre de nombreuses heures à des réunions et des activités de terrain. J’en fais partie. Ils font la fierté de notre organisation. Mais si nous voulons prendre en compte les transformations de la société, nous devons accepter que de nombreux citoyens adhèrent uniquement pour soutenir notre combat, recevoir de l’information, et participer aux choix décisifs de congrès et de désignation. Ces adhérents sont une force supplémentaire qui fait la capacité des partis à porter leurs idées dans la société. Ces adhérents constituent également un vivier qui, si nous savons les mobiliser, peut se transformer en autant de militants et d’élus. Ce vivier est crucial si nous voulons réussir le renouvellement, la féminisation, et la diversification de nos cadres et de nos élus.

30d8258f67d22695dee70abbe4cf02a7.jpg Le PS doit donc devenir à tous les niveaux de son organisation un parti d’adhérents et se donner des objectifs ambitieux de développement. Cela suppose de changer nos modes de travail et d’animation politique. A coté des fonctions traditionnelles s’adressant aux élus et aux militants, nous devons offrir aux adhérents de nouveaux espaces de dialogue et d’intervention, plus souples et plus conviviaux.

A tous ceux qui ont adhéré en 2006 et qui s’interrogent, je demande de rester, pour faire entendre leur voix et nous aider à devenir un parti d’adhérents.

J’incite tous ceux qui s’intéressent à la vie publique et qui hésitent à franchir le pas à nous rejoindre. A quelques mois des élections municipales et d’un congrès capital, nous avons besoin de toutes les énergies. Pour gagner les batailles des idées contre Sarkozy et ramener la gauche au pouvoir, nous avons besoin de toutes les intelligences !

01.11.2007

L’égalité comme socle du modèle social de l’Ouest ?

60f594104d60340ce1c9c36491d27f51.gif Les élections présidentielles et législatives de 2007 ont montré que l’Ouest était devenu un fief de la gauche. Un débat est aujourd’hui amorcé pour comprendre les raisons de cet ancrage et en tirer des conclusions pour la rénovation de la gauche. Les pistes explorées sont souvent liées à l’histoire politique ou culturelle de notre territoire (cf article de Goulven Boudic dans Place Publique). Une étude récente de l’INSEE sur les inégalités de niveau de vie et de pauvreté en France ouvre de nouvelles pistes de réflexion.

Cette étude de l’INSEE met en lumière plusieurs éléments importants…

La Bretagne et les Pays de la Loire se situent dans la moyenne nationale pour ce qui concerne le niveau de vie, un peu au-dessus pour la Loire-Atlantique et l’Ile-et-Vilaine qui accueillent les deux capitales régionales, un peu en-dessous pour les autres départements.

Les inégalités de revenus sont beaucoup plus faible que dans le reste de notre pays. L’écart de revenus entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres est inférieur à 2,8 dans tous les départements sauf en Loire-Atlantique, où il n’est que légèrement plus important. Sur l’ensemble du territoire, il est inférieur à la moyenne nationale. Dans toutes les autres régions où l’économie est particulièrement dynamique (Ile-de-France, Alsace, Rhône-Alpes, PACA, Languedoc-Roussillon), les inégalités de revenus sont parmi les plus élevées. Ce n’est pas le cas en Bretagne et Pays de la Loire.

Le taux de pauvreté est également relativement bas, partout inférieur à la moyenne nationale. Il est frappant de constater que le taux de pauvreté des plus de 65 ans est dans notre région assez élevé, plutôt au-dessus de la moyenne nationale, montrant ainsi la marque du passé rural de nos régions. A contrario, les taux de pauvreté des moins de 17 ans sont en Bretagne et en Pays de la Loire les deux plus faibles de France montrant, ainsi nos deux régions se tournent vers l’avenir avec un modèle particulièrement égalitaire.

ef07932ac7fdb570ef43d49d12b5275f.jpg Une des conséquences de cette situation est que la part des minimas sociaux dans le revenu disponible des ménages est particulièrement faible dans l’Ouest et que l’essentiel des revenu des ménages est constitué par les revenus liés à l’activité, qu’il s’agisse des salaires ou des retraites. Ce constat doit être rapproché d’un taux de chômage en Bretagne et Pays de la Loire très inférieur à la moyenne nationale.

Ces données ne doivent pas faire croire à une situation idyllique : derrière les moyennes se cachent des réalités humaines plus difficiles, des territoires plus frappés que d’autres par la pauvreté et le chômage.

Néanmoins, on doit constater que les régions Bretagne et Pays de la Loire sont les seules régions en France à concilier ainsi niveau de vie élevé, inégalités de revenus faibles et taux de pauvreté bas. Ces trois éléments dessinent un modèle social caractérisé par un attachement fort à l’égalité et un accès à l’emploi et aux revenus d’activité ouvert au plus grand nombre.

f57cf5d46599c62741a7d5be5e276521.jpg


Les enseignements politiques à tirer de cette analyse économique et sociale sont particulièrement importants. La volonté de défendre ce modèle de société peut expliquer l’attachement des Bretons et des Ligériens à des valeurs d’égalité et de justice sociale qui les poussent vers la gauche et vers les socialistes. Au moment où la gauche rassemblée dirige la majorité des collectivités locales de l’Ouest, il lui revient d’en tirer toute les conséquences et de placer ce souci de cohésion sociale et d’égalité au cœur de son projet politique et de son action quotidienne. Dans ce domaine, rien n’est jamais acquis. Les transformations de l’économie et des emplois viennent fragiliser ce tissu social remarquable. Notre modèle social ne sera préservé qui si nous nous donnons collectivement les moyens de permettre à tous les citoyens de trouver leur place dans ces transformations. La formation, initiale et tout au long de la vie, la défense de l’emploi d’aujourd’hui et l’investissement dans les emplois de demain liés à l’innovation et à la recherche, doivent donc être au cœur de nos politiques publiques. L’atout de l’Ouest c’est son potentiel humain, la force de la gauche dans l’Ouest, c’est de construire un avenir ouvert à tous.

18.09.2007

Requiem in pace

Déclaration de Lionel Jospin à l’Université d’été du PS, le 28 août 2006 :

« J’ai toujours dit que, ayant été une solution pour le Parti socialiste, je ne deviendrai pas un problème pour le Parti socialiste »
fb90e59ea7ae4b160f45d7fdf1e87a64.jpg

Titres de la presse suite à la publication des extraits du livre de Lionel Jospin « L’impasse » :


« Jospin- Royal : l’hôpital se moque de la charité » (Ouest-France)

« La sortie de Lionel Jospin plombe la rentrée des socialistes » (Libération)

« L'attaque de Lionel Jospin contre Ségolène Royal perturbe la rentrée des parlementaires socialistes » (Le Monde)

« Le PS à l’heure des règlements de compte » (Le Figaro)

« Les attaques de Jospin contre Royal sèment l’émoi à gauche » (La Croix)

12.09.2007

Gordon Brown va créer des jurys citoyens

a6c8a0e8be9d35d1e1599f98f21cbd61.jpg

Quelques semaines seulement après sa prise de fonction, Gordon Brown engage un vaste chantier de rénovation de la vie politique en Grande-Bretagne. Il entend notamment créer des jurys citoyens pour impliquer les électeurs dans une participation plus active à la vie publique.


Son projet concerne bien des jurys citoyens, tels que les avaient proposés Ségolène Royal, et non de simples instances consultatives. Ces jurys, constitués par des électeurs tirés au sort, pourraient intervenir aussi bien en amont des décisions que dans le cadre du suivi des politiques publiques.

Gordon Brown attend d’eux qu’ils soient un véritable lieu de délibération et qu’ils prennent en charge des sujets aussi délicats que la lutte contre la délinquance, la gestion des déchets nucléaires, ou l'amélioration des services de santé. Les premiers jurys de ce type doivent se réunir très rapidement et des sommets nationaux de jurys sont également prévus. Le nouveau premier ministre anglais considère que sans remettre la responsabilité des élus, les jurys citoyens doivent contribuer à éclairer les choix possibles et à légitimer les décisions.

Loin d’être une lubie d’une candidate un peu légère, les jurys citoyens s’imposent donc progressivement comme une institution moderne, mise en place dans de nombreux pays du mord de l’Europe, et qui contribue à un renouveau des pratiques démocratiques. Combien de temps la France restera-t-elle engoncée dans ses habits bonaparto-gaullistes quand le reste de l’Europe entre de plain-pied dans le 21ème siècle ?

Toutes les notes