08/01/2012

La vie des OGM n’est pas un long fleuve tranquille

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Le Figaro du 5 janvier révèle le contenu d’un rapport en cours d’élaboration au Haut Conseil des Biotechnologies sur les enjeux de la cohabitation entre OGM et « sans OGM ». C’est pour moi l’occasion de faire le point sur l’actualité récente des OGM dans le monde. Le développement des OGM rencontre des résistances croissantes qui soulèvent autant de conflits scientifiques, économiques et sociaux.

En Inde, Monsanto est poursuivi pour « biopiraterie ». Pour mettre au point une aubergine OGM, le semencier s’était emparé de plusieurs variétés locales sans demander l’autorisation de les utiliser (Le Monde, 18/8/2011). Aux USA, la chrysomèle du maïs, insecte dont le maïs Bt de Monsanto devait débarrasser les cultures, a au contraire développé une résistance à cet OGM dont les agricultures observent l’efficacité décroissante (Le Monde, 1/9/2011). En Chine, le gouvernement aurait décidé de renoncer à la culture du riz et du blé OGM. Annoncée en octobre cette information n’a pas été démentie (Le Monde, 21/10/2011). Au Pérou, le Parlement décide d’un moratoire de dix ans sur les cultures génétiquement modifiées (Le Monde, 8/11/2011). Vous pouvez découvrir beaucoup d’autres actualités internationales sur le site Inf’OGM.

L’indépendance des experts de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) est remise en cause dans le cas du dossier d’instruction de la pomme de terre OGM « Amflora » par l’Observatoire Européen des Entreprises (Le Monde, 15/11/2011). En France la polémique se poursuit entre scientifiques quant à l’innocuité des OGM sur la santé animale. Deux études réalisant la synthèse des connaissances disponibles débouchent sur des conclusions opposées. Chacun reconnaît par contre que l’absence d’essais de longue durée sur les animaux nuit à la clarification du débat scientifique (Le Monde, 16/12/2011).

De nombreux acteurs économiques croient néanmoins toujours aux vertus des OGM. BASF espère commercialiser une pomme de terre pour la consommation humaine dès 2014 ou 2015 (Le Monde, 8/11/2011). Les industriels sucriers français voient dans la betterave OGM la bonne réponse à la concurrence de la canne à sucre brésilienne (Le Monde, 8/12/2011). Le grand groupe semencier français Limagrain crée une société commune avec l’allemand KWS pour travailler sur les différentes fonctionnalités des maïs OGM (Le Monde, 21/12/2011)

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Mais c’est la question de la cohabitation entre OGM et non OGM qui risque d’être fatale de leur être fatales, au moins en Europe. Le combat central des anti OGM vise à faire porter aux producteurs de cultures OGM la responsabilité de l’absence de contamination et les coûts des protections qui vont avec. Si ils gagnent, c’est, au-delà des enjeux scientifiques, la pertinence économique des OGM qui sera annihilée.

La cour européenne de justice a établi cet été que si du miel contenait des OGM il devait être soumis à autorisation et identifié comme tel aux yeux des consommateurs. On imagine les conséquences pour les apiculteurs qui en seraient victimes. Le Monde (23/9/2011) en conclut que « la décision européenne ouvre ainsi la voie à d’éventuels dédommagements des apiculteurs » et que la cohabitation sans dommages est impossible.

L’étude évoquée par « Le Figaro » va dans le même sens. Elle estime possible de faire respecter le seuil maximal de 0.9% d’OGM tel qu’il est défini par la législation européenne en mettant en œuvre de nouvelles pratiques agronomiques pour lutter contre les contaminations. Mais la France a décidé de mettre en place une filière garantissant aux consommateurs des produits « sans OGM » à partir d’un seuil beaucoup plus bas de 0.1%. Pour le Haut Conseil des Biotechnologie il est impossible de garantir le respect de ce seuil. Le choix serait donc entre l’interdiction totale des OGM et le renoncement à une filière sans OGM. Cruel dilemme pour le gouvernement. La position de la gauche française doit être claire : si leur autorisation interdit de garantir au consommateur français des produits sans OGM, alors la liberté de choix n’existe plus, et les OGM doivent être en conséquence bannis définitivement du territoire national.

20/09/2011

De l'herbicide Roundup mesuré dans l'eau de pluie aux USA

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Les promoteurs des OGM nous avaient promis une baisse formidable de l'utilisation des pesticides. C'est bien le contraire que nous constatons aux USA. Le glyphosate, molécule active du pesticide "roundup ready" de Monsanto, y est désormais omniprésent dans l'environnement. La généralisation des OGM s'est accompagnée d'une explosion de la quantité de glyphosate diffusée dans l'environnement qui est passée de 9000 tonnes en 1992 à 80000 tonnes en 2007.

Une étude réalisée par l'US Geological Survey montre que l'on retrouve la présence de glyphosate dans les eaux de surface des régions agricoles mais aussi dans l'air et dans l'eau de pluie ! Si les conséquences sanitaires et environnementale de cette présence sont pour le moment mal connues, cette étude témoigne de l'importance des "dommages collatéraux" découlant du développement des OGM.

Quelles sont les données disponibles pour la France? Un rapport de 2006 de l'Institut Français de l'Environnement signalait la présence du glyphosate mais depuis l'IFEN a été démantelé par l’État au détriment de la transparence de l'information et le silence radio règne en maître. Aux citoyens et à leurs associations d'être vigilants.