05.07.2008

PS : un conseil national pour rien ?

bcf04d03c1bfb08fe1648978efece8c2.jpg J’ai participé mercredi au Conseil National du Parti Socialiste. Cette réunion avait pour but d’enregistrer formellement les 21 contributions générales qui alimentent le débat de la première phase de préparation du congrès. Ce nombre élevé n’est pas véritablement un bon signe. On peut se réjouir de la diversité des contributions. Chacun trouvera à leur lecture des occasions d’enrichir sa propre réflexion : dès lundi, tous les textes seront en ligne sur le site du PS.

Il me semble par contre que cette profusion de textes témoigne plutôt d’un fractionnement de notre vie interne et d’une vraie difficulté à rassembler autour de lignes politiques claires permettant aux militants de faire des choix véritables. Les adhérents du PS risquent d’avoir du mal à s’y retrouver face à une situation aussi confuse.

J’attendais également du Conseil National que se dessinent les points de clivage et les rassemblements possibles. Chaque porte-parole avait l’occasion en présentant son texte d’expliquer sa démarche et comment il souhaitait travailler pour avancer avec les uns et les autres. Cet éclairage n’a pas eu lieu, les échanges ont été inexistants et chacun est resté replié sur sa propre logique. Les cartes restent cachées et le jeu de poker menteur continue. Une telle situation est dangereuse, car en l’absence de dialogue, les tensions et les malentendus s’accumulent.

Mon malaise s’est accentué quand j’ai appris jeudi qu’Arnaud Montebourg avait décidé de se présenter à la présidence du groupe socialiste contre Jean-Marc Ayrault lors du scrutin qui aura lieu mardi prochain. Chacun a le droit d’être candidat mais je ne vois pas très bien ce qu’apporte la démarche d’Arnaud Montebourg. Un député-président de Conseil général, sera-t-il plus disponible qu’un député-maire pour diriger le groupe et animer l’opposition face à la droite ? Je vois plutôt dans cette candidature la première étape du Congrès puisque Montebourg se présente soutenu par une curieuse coalition sans queue ni tête rassemblant Emmanuelli, Fabius, Moscovici, Aubry. Le débat politique ne vole pas haut mais la guerre des places a commencé et justifie apparemment toutes les alliances.

Avec un peu de recul, je suis très heureux que les socialistes de la région aient refusé de se laisser pendre en otage dans le jeu des courants et choisi de déposer leur propre contribution pour demander plus de cohérence entre l’action locale et nationale du PS et plus de clarté et de transparence dans la vie politique interne du PS.

Sarkozy peut se frotter les mains. Au lieu de débattre de l’avenir de notre pays et de la bonne stratégie pour battre la droite, les responsables nationaux du PS semblent s’enfermer une fois de plus dans de petits jeux byzantins auxquels personne de comprend rien. Trois défaites successives à l’élection présidentielle n’auraient donc pas suffit ? Il est urgent désormais que soient prises des initiatives pour stopper la machine infernale avant qu’elle ne soit plus contrôlable.

24.06.2008

"Réussir ensemble le congrès du Parti Socialiste", une contribution de socialistes de l’Ouest

d79d4184d844d01bb1f84bac17f61caf.jpg Pour la première fois dans l’histoire du Parti Socialiste, des militants de l’Ouest ont choisi de conduire une démarche indépendante à l’occasion du congrès de Reims. A travers notre contribution ce sont les militants qui reprennent la parole. Signataire de cette contribution, je vous appelle à la signer en adressant votre soutien à : reussirensemblelecongres@orange.fr

Notre message se limite à quelques idées simples. Le Parti Socialiste ne doit pas se replier sur lui-même mais au contraire s’adresser à tous les français et leur proposer un projet de société alternatif à celui que met en place la droite. Dans cet objectif, partir de l’action menée par nos élus dans les collectivités locales est utile et indispensable. L’Ouest a son originalité qui mérite d’être prise en compte aux cotés des autres grandes traditions du socialisme français. Nous avons une pratique, une méthode, des idées et des propositions qui réussissent localement et qui pourraient utilement inspirer un projet national.

Le PS doit refuser les congrès factices et l’hyper présidentialisation. Nous attendons de nos débats qu’ils permettent d’atteindre les objectifs suivants : rassembler dès l’entrée du congrès ceux qui sont d’accord sur l’essentiel au sein d’une même motion, remettre le PS au travail pour élaborer un nouveau projet et rénover son organisation et ses pratiques, choisir un premier secrétaire qui ait l’autorité nécessaire pour mener à bien cette démarche. Notre candidat(e) à l’élection présidentielle ne pourra gagner sans s’appuyer sur l’outil collectif performant et efficace que nous proposons de construire ensemble.

Plus nous serons nombreux à signer ce texte, plus sera forte la voix de la raison, de la clarification politique, et du rassemblement au sein du Parti Socialiste.



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23.05.2008

Congrès du PS : un appel pour prendre le temps du débat et refuser la guerre des chefs

18233e8c735f504f0f31561e13fe64f3.gif Certains lecteurs de ce blog trouveront peut-être qu’on leur parle beaucoup de la vie interne du PS. Celle-ci concerne au premier chef tous les citoyens qui placent leurs espoirs dans la gauche et refusent la fatalité d’un pouvoir de droite dans notre pays. La réussite du congrès du Parti Socialiste est donc un enjeu qui dépasse largement le cercle des militants socialistes.

Depuis une semaine, la situation s’est rapidement dégradée et les écuries présidentielles sont passées à la vitesse supérieure, au mépris total des règles du PS et de son calendrier de congrès. Cela n’est pas bon signe mais il est encore temps de remettre le train socialiste sur les bons rails.

Nous avons donc souhaité, autour d’Alain Gralepois, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de Loire-Atlantique, proposer un texte de réflexion autour de deux idées forces :
* nous voulons un congrès de débat et de clarification politique et non la guerre des chefs ;
* militants socialistes de l’ouest, nous souhaitons apporter notre contribution à ce débat en valorisant notre projet et notre pratique politique auxquels les citoyens ont réaffirmé leur adhésion lors des récentes élections.

Je vous invite donc à découvrir ce texte, à me faire part de vos réactions et le cas échéant de votre adhésion à cette démarche collective.


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15.05.2008

Pour un congrès utile et serein, plein de courage, de clarté et de créativité !

Ce drôle de congrès est-il comme la « drôle de guerre », le calme avant la tempête ? Les semaines passent et ne rassurent pas les militants du PS. L’adoption d’une nouvelle déclaration de principe est une bonne chose mais derrière l’unanimité qui y a présidé on entend plutôt le grondement des écuries présidentielles qui se mettent en ordre de bataille.

18233e8c735f504f0f31561e13fe64f3.gif Les textes récemment publiés sonnent creux et les mots choisis sont comme souvent interchangeables. On veut nous faire rentrer dans le jeu du grand affrontement entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Qui s’interroge sur les différences entre ces deux personnalités ? Je les connais bien tous deux et cela depuis longtemps ; l’une et l’autre ont su m’enthousiasmer ces dernières années et sont très proches dans leurs orientations politiques.

Ils sont bien sûr marqués par des histoires différentes mais leurs itinéraires sont dans les deux cas ceux de personnalités indépendantes à « fort caractère », et leurs démarches se rejoignent pour l’essentiel : des valeurs fortes, un très grand pragmatisme dans l’action menée d’abord localement, un attachement à la démocratie participative, une forte sensibilité aux questions de société, une capacité inégalée de comprendre intuitivement les transformations de la société française et d’en tenir compte...

Les opposer comme deux pôles alternatifs de la pensée socialiste serait une gigantesque supercherie. Cela reviendrait à prendre les militants en otage dans un débat qui ne pourrait avoir d’autre sens que celui du choc des ambitions personnelles.

La tentation est pourtant forte de prendre position. On ne voit pas très bien l’alternative et beaucoup craignent qu’à défaut d’un leader fort le PS retourne à l’impuissance et l’illisibilité. Mais comment choisir ? Faut-il suivre les sondages tant dénoncés par certains il y a quelques mois ? Faut-il pour cela prendre le risque de se déchirer au cours d’un nouveau congrès de Rennes et de vivre un cruel naufrage collectif ? La bataille serait plus rude que les forces sont équilibrées et qu’aucun des deux ne se détache franchement.

Je suggère quant à moi une alternative déjà esquissée dans ce blog : que les socialistes qui pensent la même chose travaillent ensemble à un projet réformiste et européen en mettant entre parenthèse leurs ambitions, qu’ils s’attellent collectivement à la reconstruction du PS en donnant à un premier secrétaire proposé d’un commun accord les moyens de remettre le PS au travail, qu’ils programment la désignation de notre candidat(e) pour 2012 dès l’automne 2010 afin de lui donner le temps de se préparer et de gagner. Ni choc suicidaire des ambitions personnelles, ni synthèse factice et nouvelle phase d’immobilisme, le chemin est étroit mais il vaut le coup d’être exploré sérieusement.

Les Français n’attendent pas de nous une nouvelle pièce de théâtre, sanglante ou comique. Ils veulent nous voir au travail, avec de nouvelles idées, de nouvelles équipes, pour retrouver l’envie de nous faire confiance qui leur a manqué en 2007.

01.04.2008

Faut-il un TSS ou un DRH pour le Parti Socialiste ?

f50312b72d4e003dec61a5a24dc700e2.gif Le Conseil National du PS a eu lieu mardi 25 mars. La presse a souligné le caractère consensuel des travaux, marquant ainsi une pause avant d’éventuels affrontements à l’approche du Congrès. Pour avoir assisté à cette soirée, je peux témoigner de l’assaut de langue de bois à laquelle elle a donné lieu. Chacun s’est employé à ne rien dire pour éviter de commettre une faute mais on sent en coulisse le cliquetis des armes que l’on apprête.

On en viendrait presque à regretter le temps des grands congrès socialistes où des visions différentes de l’action politique et de la transformation de la société s’affrontaient et étaient tranchées par les militants. Depuis près de 20 ans, ce sont les conflits de personnes et de pouvoir qui structurent la vie du PS au grand désespoir de ses militants. Ainsi, la tendance la plus lourde de ce pré-congrès est le TSS : « Tous Sauf Ségolène ». On voit ainsi Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone et Arnaud Montebourg (1), que tout sépare, œuvrer main dans la main dans ce sens.

Les bases politiques du congrès semblent pourtant simples. 60 à 80% des adhérents du PS sont partisans d’une ligne réformiste et sociale-démocrate. Ils ont voté Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn au moment de la désignation pour l’élection présidentielle. L’aile gauche assume son refus de la construction européenne actuelle et pratique une surenchère verbale qui la pousse parfois aux marges du PS comme le montre l’exemple de Jean-Luc Mélenchon. Au lieu de chercher des alliés au sein de la gauche du Parti pour régler ses conflits de personnes, la majorité réformiste du PS devrait assumer collectivement et solidairement son orientation, permettant ainsi de proposer aux militants et aux citoyens la clarté et la cohérence qu’ils appellent de leurs vœux.

Prenez Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Les styles sont, il est vrai, différents et certains voudraient les présenter comme les deux pôles d’un choix politique alternatif. Cette fiction est plaisante mais cache mal le vide abyssal qu’elle recèle. 874797ff513bffc113e475a6c341c86f.jpg L’attachement au développement durable et à la démocratie participative, la primauté des questions de société dans leur engagement, leur pragmatisme absolu, ainsi que l’accusation d’autoritarisme, tout rapproche ces deux personnalités qui représentent sûrement ce que le PS compte de plus crédible et créatif. Prenez maintenant les mêmes et François Hollande. Ils ont toujours défendu les mêmes options politiques, autour de Lionel Jospin, pour le traité européen, pour Ségolène Royal à la présidentielle.

Qui osera nous demander de choisir entre les uns et les autres, sur quels critères et en fonction de quelles divergences ?

« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Les apprentis sorciers qui veulent dresser les uns contre les autres trouveront les artifices qui justifieraient un affrontement au congrès. L’anti-ségolènisme primaire peut servir de ciment à une alliance contre nature. Et si tout simplement celles et ceux qui pensent la même chose défendaient ensemble leurs convictions et s’unissaient pour faire du Parti Socialiste l’outil efficace dont tous auraient besoin pour espérer gagner l’élection présidentielle ? Le PS n’a donc pas besoin d’un TSS, « Tous Sauf Ségolène », mais d’un bon DRH, « Delanoë, Royal, Hollande » (2), pour trouver le chemin de la crédibilité et du succès.


1- Spéciale dédicace à Arnaud Montebourg, fervent défenseur du non cumul des mandats et désormais Député et Président du Conseil Général de la Saône-et-Loire.
2- Bienvenu à DSK dans la bande à son retour du FMI.

17.01.2008

Comment Sarko travaillait quand le PS s’endormait

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Le site nonfiction.fr publie une longue interview d’Emmanuelle Mignon, actuelle directrice de cabinet du Président de la République, mais surtout directrice des études de l’UMP de 2004 à 2007. Celle-ci raconte comment l’UMP s’est mise au travail pour construire le projet que Nicolas Sarkozy a porté lors des élections présidentielles de 2007.


La démarche décrite au fil de ce long entretien est frappée au coin du bon sens. Pendant 3 ans, l’équipe de la direction des études de l’UMP s’est attachée à mener avec méthode le travail qui devrait être celui de tout parti politique : comprendre les transformations de la société française ; dialoguer avec les experts et les intellectuels pour recenser toutes les pistes de réponse ; trier, comparer, hiérarchiser pour proposer des alternatives ; organiser les choix politiques. Certes, Nicolas Sarkozy est un redoutable tacticien qui pratique avec gourmandise la suractivité médiatique, mais c’est aussi un responsable politique qui a eu le courage d’assumer devant les français un projet politique complet et cohérent.

Emmanuelle Mignon rappelle dans quel état d’esprit ce chantier a été ouvert : « Notre chance a été de commencer en novembre 2004. Nous avons commencé très tôt à bâtir notre programme, et j’ai senti une immense attente d’un débat d’idées. Beaucoup de choses s’écrivaient déjà sur la situation du pays. Nicolas Sarkozy, de son côté, pense que ce ne sont pas les Français qui se désintéressent de la politique mais que c’est la politique qui n’offre rien aux Français. Pour Sarkozy, il faut faire du débat d’idées, la politique, c’est des idées. Il pense qu’il faut avancer des idées et que les gens seront alors attirés par la politique, et c’est ce qu’il a merveilleusement bien réussi en imposant des débats sur les sujets sur lesquels on n’avait plus le droit de parler. »

510e63db43095efe3145cc1dda982fbd.jpgPendant ces trois années durant lesquelles l’UMP construisait un projet et une cohérence politique, le PS se déchirait sur les questions européennes, s’enferrait dans des congrès stériles, et cessait presque totalement de travailler sérieusement. J’en ai été chaque semaine le témoin. Depuis l’élection présidentielle perdue de mai 2007, rien n’a changé. Les positionnements tactiques et les enjeux de pouvoirs l’emportent sur l’envie de travailler ensemble pour construire un nouveau projet.


Comment sortir le PS de sa torpeur ? Certains proposent de poursuivre la politique de l’autruche, d’éviter de trancher dans le vif la question de la ligne politique et du leadership pour préserver l’unité du PS. On aurait alors à la tête de notre parti un gentil animateur sans pouvoir chargé de faire tourner la machine au service de tous. Qui peut encore croire à cette fable qui ne vise qu’à poursuivre une politique bien connue : mettre le PS et ses militants sous l’éteignoir pour mieux préparer la grande querelle des ambitions présidentielles ? On connait la musique et la fin de l’histoire.

Quel que soit le gouffre politique qui nous sépare de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, il serait absurde de ne pas chercher à comprendre comment et pourquoi il a gagné, et de ne pas en tirer des conséquences. Là encore, Emmanuelle Mignon nous propose une piste de réflexion : « Il y a un élément clé dans tout cela, c’est l’homme ou la femme, le candidat qui va vouloir et porter le renouvellement idéologique. […] Le PS arrivera à faire ce que nous avons fait si quelqu’un arrive à faire ce que Sarko a fait : éteindre les querelles en portant vers autre chose, en donnant envie d’autre chose. Il faut qu’il y ait un leader pour faire cela. Sur le débat d’idées, le PS n’aura pas de problème pour le faire : il le fera même mieux que nous parce qu’il y a globalement plus d’idées à gauche. En revanche, ils doivent avoir le leader qui porte cela. Nous, on avait Sarko. »

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06.11.2007

PS : garder les nouveaux adhérents, un enjeu vital !

De petits signaux d’alarme s’allument ces dernières semaines. Après des élections présidentielles et législatives difficiles, le PS aurait perdu au moins 25% des nouveaux adhérents de 2006. Ces chiffres sont démentis par la direction du PS mais chacun sent dans sa section au moins un flottement. Il est urgent de sonner la mobilisation et de faire du maintien de l’adhésion au PS de ces dizaines de milliers de citoyens l’enjeu de la fin de l’année 2007.
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Dans tous les pays européens, les partis socialistes et sociaux-démocrates voient leurs effectifs baisser. Ce n’est pas le cas au Parti Socialiste. Le principal acquis du passage de François Hollande à la tête du PS sera bien d’avoir rendu possible le doublement du nombre des adhérents, passé de 110 000 en 2001 à plus de 220 000 en 2006.

Cette révolution en a gêné et en gène encore plus d’un. On a accusé ces nouveaux adhérents de n’avoir franchi le pas que pour soutenir Ségolène Royal. Beaucoup d’entre eux ont pourtant voté DSK. Je trouve tout à fait sain et normal que de nombreux Français veuillent participer au choix du candidat à l’élection présidentielle de la grande force d’alternance à gauche. S’il veut être un grand parti politique, le PS a besoin de nombreux adhérents. Cela lui permet d’élargir son assise sociale et sa capacité à vivre en symbiose avec la société.

Beaucoup d’adhérents, c’est plus difficile à gérer que peu. Leur arrivée remet en cause les équilibres et les habitudes. Les pouvoirs en place ont donc souvent intérêt à limiter ces adhésions synonymes d’incertitude. Il m semble pourtant que l’essentiel des difficultés ne vient pas de ces réflexes conservateurs mais de la difficulté à penser la différence entre un adhérent et un militant, et à valoriser l’adhésion.

Le modèle dominant reste au PS celui du militant qui consacre de nombreuses heures à des réunions et des activités de terrain. J’en fais partie. Ils font la fierté de notre organisation. Mais si nous voulons prendre en compte les transformations de la société, nous devons accepter que de nombreux citoyens adhèrent uniquement pour soutenir notre combat, recevoir de l’information, et participer aux choix décisifs de congrès et de désignation. Ces adhérents sont une force supplémentaire qui fait la capacité des partis à porter leurs idées dans la société. Ces adhérents constituent également un vivier qui, si nous savons les mobiliser, peut se transformer en autant de militants et d’élus. Ce vivier est crucial si nous voulons réussir le renouvellement, la féminisation, et la diversification de nos cadres et de nos élus.

30d8258f67d22695dee70abbe4cf02a7.jpg Le PS doit donc devenir à tous les niveaux de son organisation un parti d’adhérents et se donner des objectifs ambitieux de développement. Cela suppose de changer nos modes de travail et d’animation politique. A coté des fonctions traditionnelles s’adressant aux élus et aux militants, nous devons offrir aux adhérents de nouveaux espaces de dialogue et d’intervention, plus souples et plus conviviaux.

A tous ceux qui ont adhéré en 2006 et qui s’interrogent, je demande de rester, pour faire entendre leur voix et nous aider à devenir un parti d’adhérents.

J’incite tous ceux qui s’intéressent à la vie publique et qui hésitent à franchir le pas à nous rejoindre. A quelques mois des élections municipales et d’un congrès capital, nous avons besoin de toutes les énergies. Pour gagner les batailles des idées contre Sarkozy et ramener la gauche au pouvoir, nous avons besoin de toutes les intelligences !

18.09.2007

Requiem in pace

Déclaration de Lionel Jospin à l’Université d’été du PS, le 28 août 2006 :

« J’ai toujours dit que, ayant été une solution pour le Parti socialiste, je ne deviendrai pas un problème pour le Parti socialiste »
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Titres de la presse suite à la publication des extraits du livre de Lionel Jospin « L’impasse » :


« Jospin- Royal : l’hôpital se moque de la charité » (Ouest-France)

« La sortie de Lionel Jospin plombe la rentrée des socialistes » (Libération)

« L'attaque de Lionel Jospin contre Ségolène Royal perturbe la rentrée des parlementaires socialistes » (Le Monde)

« Le PS à l’heure des règlements de compte » (Le Figaro)

« Les attaques de Jospin contre Royal sèment l’émoi à gauche » (La Croix)

29.08.2007

C’est la rentrée au PS !

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Ce blog sort de sa torpeur estivale à la veille de l’Université d’été du Parti Socialiste qui se tiendra du 31 août au 2 septembre à La Rochelle.

Nous assistons à une floraison d’initiatives qui n’ont pour le moment rien de très mobilisatrices. L’ardeur « rénovatrice » ressurgit comme au lendemain de chaque défaite électorale ou crise politique majeure au PS. Le « renouvellement générationnel » revient comme un leitmotiv. J’ai beaucoup cru à la rénovation, j’aimerais pouvoir un peu la pratiquer. La presse nous annonce également une vague de livres politiques dont le fil directeur semble être « haro sur Ségolène Royal et sur François Hollande ». Cela ne va pas nous mener bien loin. Au lieu de tenter de se refaire une virginité politique à bon compte, celles et ceux qui ont depuis 10 ans pleinement participé à la direction du PS pourraient peut-être s’atteler à une analyse collective lucide et à la remise au travail du parti socialiste. J’ai tenté de plaider en ce sens dans mes notes récentes des 28 juillet, 4 et 7 août.

C’est dans cet état d’esprit que je retiens dans le magma estival deux démarches qui me semble aller dans le bon sens.

La première est celle du « shadow cabinet » proposé par Jean-Marc Ayrault début juillet. L’idée d’une équipe mobilisée qui s’empare des grands thèmes politiques pour répliquer immédiatement à la droite et mettre en avant les idées des socialistes paraît évidente. Cela devrait probablement être le rôle du secrétariat national du PS. Mais peut-on reprocher aux groupes socialistes, de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, de prendre la relève quand le Parti ne joue plus son rôle ?
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J’ai été également séduit par une tribune de Philippe Martin, député socialiste du Gers, dans Libération du 24 août. Que dit P. Martin ? Que le chemin de la reconquête sera long et difficile, que le discrédit actuel du PS est de la responsabilité collective de ses dirigeants, que « l’addition de nos expériences locales ne saurait constituer le grand projet que les français nous réclament », qu’il faut clarifier nos débats, trier dans les réponses proposées et faire des choix. Il nous propose également de retrouver le goût du « vivre ensemble » et de traiter de front la question du leadership car « si aucun de ceux ou de celles qui estiment avoir l’étoffe et la légitimité ne renonce à sa propre ambition dans un acte forcément sacrificiel, alors nous perdrons encore […] ».

C’est effectivement autour d’un leadership clarifié, d’un(e) chef d’orchestre animant le PS avec une autorité pleine et entière, que peut se construire une nouvelle synthèse socialiste, adaptée à notre temps. Le risque de disparition ou d’éclatement du PS ne repose pas sur la désuétude supposée de ses valeurs centenaires, mais sur la perte du sens de l’intérêt général et de la primauté du collectif sur les ambitions individuels.

07.08.2007

Répondre à 5 questions pour réussir le chantier de la rénovation du PS

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François Hollande vient de lancer le chantier de la rénovation du PS. Ce n’est pas le premier. Pour que celui-ci réussisse, il est nécessaire de clarifier au préalable quelques choix d de méthode lourds de conséquence. Nos expériences électorales récentes devraient nous y aider. Cela pourrait se résumer en une formule : PS, s'en servir ou le servir ?

Voir la réalité telle qu’elle nous arrangerait ou telle qu’elle est ?
Notre capacité à restituer la réalité de la société telle que la vivent les Français est la condition de notre crédibilité. Ségolène Royal l’avait compris et le travail de dévoilement du réel qu’elle a initié reste son principal acquis. Il reste à construire sur ce réel une pensée critique renouvelée.
Pour illustrer l’enjeu, je me permettrais de citer l’éditorial de Philippe Frémeaux dans le dernier numéro d'Alternatives Économiques : "La gauche a oscillé, des dernières années, entre deux attitudes également perdantes : brandir de vieux slogans que plus personne n’entend ou accepter toutes les évolutions, au nom de la modernité. Il lui faut maintenant poursuivre la réflexion engagée et proposer de nouvelles solidarités adaptées à une société devenue plus ouverte."

Nous replier sur nous-mêmes ou bien ouvrir nos débats sur l’extérieur ?
Depuis deux mois nous ne parlons que de nous à nous-mêmes. Ce cercle vicieux nombriliste mène à l’impasse. Choisissons la confrontation publique avec les citoyens, les intellectuels et les acteurs sociaux plutôt que la politique en chambre avec les "experts".

Le Parti Socialiste : comité électoral ou force militante au service d’un projet de société ?
La théorie du balancier a vécu. Il ne suffit pas d’attendre que la droite échoue pour gagner ou alors il faudra se contenter du pouvoir local et lui abandonner le pouvoir national. Le PS doit de nouveau se donner comme objectif de faire gagner un projet crédible et cohérent. Pour cela, il a besoin d’un outil professionnel et performant ainsi que d’une dynamique militante. Evidence ? Non, révolution culturelle !

Choc des ambitions ou aventure collective ?
Prendre du plaisir à travailler ensemble au service d’un combat commun. Qui a participé à la direction du PS ces dernières années sais qu’on en est loin. Au-delà des discours sur la rénovation, le véritable test de la volonté de changement est la mise entre parenthèse des egos et l’engagement sincère dans l’action collective.

Parti faible et écuries fortes ou parti fort capable d’assumer le débat sur le leadership ?
Pendant des années, on nous a fait croire que le candidat, c’était le projet... pour mieux dissimuler la véritable bataille pour le pouvoir. Un parti responsable sait traiter dans la transparence à la fois les débats d’idées et les questions de leadership. Le pire pour le PS serait d’avoir un Premier Secrétaire faible, plus petit dénominateur commun, jouant sur les rivalités des - nouvelles ? - écuries présidentielles. Un parti moderne s’incarne dans une direction forte qui assume ses responsabilités. Le PS mérite un, ou une, Premier(e) Secrétaire qui ait les coudées franches pour mener une action efficace et préparer les victoires de demain.

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