28.08.2009

Les socialistes d’accord pour des primaires ouvertes

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Le débat sur les primaires ouvertes qui semblait verrouillé s’est finalement débloqué sous les coups de butoir d’Arnaud Montebourg. J’avais critiqué la forme mais force est de constater que le résultat est là. Martine Aubry a finalement rejoint les nombreux responsables socialistes qui s’étaient déclarés favorables à des primaires ouvertes.

Je n’ai pas toujours été favorable aux primaires. Je pensai que pour construire un grand parti socialiste il était important de préserver le rôle des militants dans la désignation des candidats. Mais je n’en peux plus d’attendre une rénovation qui ne vient jamais. De ce point de vue, Reims a été le congrès de trop. L’avenir du PS passe par une ouverture large sur la société, les primaires le rendent possible même si elles ne garantissent pas la réussite.

Pour une fois, les socialistes sont donc d’accord sur un sujet important. C’est suffisamment rare pour être souligné. Cela peut être un signe fort pour les français. Nul ne pourra se présenter aux primaires sans porter un projet s’adressant à l’ensemble de la société. A quoi serviront encore les petites querelles internes si ce sont finalement plusieurs millions de sympathisants de gauche qui désigneront les candidat(e)s ?

Je crois donc à la possibilité d’un cercle politique vertueux à gauche. Puisque le principe des primaires est acquis, que certains travaillent à leurs modalités, mais que tous se consacrent désormais à la construction du projet sans lequel les primaires n’ont pas de sens, et à la préparation des élections régionales car en cas de défaire le candidat issu des primaires aurait bien du mal a gagner en 2012.

Les primaires sont donc une condition nécessaire à une dynamique nouvelle à gauche mais pas suffisante pour gagner en 2012. Pour les réussir il faudra des idées nouvelles élaborées dans la sérénité et la fraternité. Il faut s’y mettre dès maintenant.




27.08.2009

Crise : chercher la sortie ou penser les ruptures ?

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Depuis hier les journées de rentrée du Parti Socialiste ont démarré par le séminaire des élus. Je constate qu’elles se tiennent dans une ambiance studieuse et sereine et que les discussions sont centrées sur les questions de fonds. La plupart des table-rondes s’organisent autour des questions posées par la crise actuelle et des enseignements à en tirer pour les socialistes.

De nombreuses interventions se rejoignent pour souligner que les socialistes ne doivent pas seulement rechercher une stratégie de sortie de la crise mais penser les ruptures irréversibles que cette crise traduit. Déjà, quand au printemps le PS avait publié son plan de relance alternatif à celui du gouvernement, beaucoup de militants et de sympathisants nous interpelaient autour de la question suivante : « votre plan de relance est intéressants mais pensez-vous vraiment que l’on puisse sortir de la crise et tout recommencer comme avant ?

La crise actuelle n’est en effet pas conjoncturelle. Elle traduit des ruptures qui imposent de repenser totalement ce qu’est aujourd’hui un projet politique de gauche. Ces ruptures sont multiples : la mondialisation est omniprésente et conditionne le contexte d’action dans tous les domaines ; la prise de conscience d’un monde « fini » aux ressources limitées impose de repenser le développement ; la diffusion des usages du numérique transforme le rapport au réel et les flux d’information ; la capacité des Etats à développer des réponses innovantes se réduit au profit des territoires ; le sentiment de crise de la maîtrise politique des enjeux conduit les individus à s’enfermer dans le repli identitaire même si ils restent attachés à des valeurs collectives.

C’est en pensant ces ruptures que le PS retrouvera la confiance de l’électorat. La gauche a besoin d’un nouveau discours politique, d’un nouveau récit de la crise qui permette de montrer qu’elle a compris les mutations en cours et qu’il est possible d’agir dessus pour retrouver le chemin d’un projet mobilisateur. Ce projet doit être à la fois écologique, social et démocratique. Il doit s’inscrire dans une cohérence entre les niveaux locaux, nationaux et internationaux. Il doit permettre de retrouver une cohérence entre un discours, une pratique et une incarnation politique.

Ce que j’écris paraîtra banal et de bon sens. Pourtant, force est de constater que l’expression actuelle du PS ne porte pas sur ces enjeux mais sur trois problématiques utiles mais insuffisantes : l’opposition à la droite, une stratégie de sortie de crise passant par la relance, et bien sûr la litanie des questions internes. Il s’agit donc de procéder à un renversement complet de perspective auquel nous devons procéder d’urgence, les élections régionales peuvent être l’occasion de montrer que nous pouvons, dans les territoires, trouver des réponses innovantes.

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06.07.2009

Les socialistes et la fontaine de l'histoire

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Vincent Duclert, philosophe et historien des idées politiques spécialiste de Jean Jaurès, a publié il y a quelques semaines un petit livre provocateur sur la relation qu'entretiennent les socialistes avec leur histoire. Sa thèse centrale est à la fois simple et provocatrice : le mouvement socialiste peut disparaître car il a perdu le sens de son originalité fondamentale ; faute de connaître son histoire et d'en tirer des enseignements, il court le risque de ne plus trouver les ressources nécessaires à un nouveau départ. Le pire pour les socialistes serait de rejeter cette thèse avec dédain et continuer le « business as usual ». Nous devons au contraire avoir le courage de la discuter et d'en faire un point d'appui pour construire notre avenir.

L'analyse que fait Vincent Duclert de l'histoire du mouvement socialiste est assez tranchée. Pour lui, le mouvement socialiste s'est construit comme le triple héritier de la construction républicaine, du mouvement de conquête des libertés individuelles, et du combat social pour l'égalité et la justice. Un mot fédère ces trois sources du socialisme : la dignité humaine. A ses yeux, la force du socialisme vient de l'exemplarité de ses leaders : Jean Allemane, Jean Jaurès, Léon Blum, Pierre-Mendès-France et Michel Rocard, qui ont su rester fidèles, chacun dans leur contexte, à cette inspiration initiale. En mettant cette fidélité au-dessus de la simple lutte pour le pouvoir, ils ont à chaque fois mis la République et la liberté au-dessus du respect des dogmes et des règles de leur camp. On pensera à Jaurès, battu à Carmaux, refusant de devenir député de Paris pour s'engager corps et âmes dans la défense de Dreyfus contre l'avis de Jules Guesde ; à Léon Blum, défendant la liberté de penser contre le centralisme démocratique au congrès de Tours ou, prisonnier de Pétain et des nazis, élaborant « A l'échelle humaine » alors que Paul Faure, dernier secrétaire général de la SFIO, siégeait au Conseil National de Vichy ; ou enfin à Pierre-Mendès France, spolié de la victoire de 1956, démissionnant du gouvernement pour protester contre une guerre d'Algérie dans laquelle s'enfonçait la SFIO de Guy Mollet à la seule fin de garder le pouvoir.

Pour Vincent Duclert, ces symboles de la gauche ont pris le risque d'être rejetés aux marges du mouvement socialiste pour rester en capacité d'en renouveler la doctrine et d'en revivifier le combat. A cette place, ils ont su refuser le conservatisme idéologique pour faire le lien entre le mouvement socialiste, les intellectuels, et les mouvements civiques et sociaux les plus en prise avec les transformations de la société. Chacun d'entre eux a construit son parcours en élevant son niveau d'exigence à la fois sur la vision de la République, la promotion des libertés, et la réinvention du combat pour l'émancipation et la justice sociale.

L'auteur voit dans le Parti socialiste d'aujourd'hui non pas le continuateur de cette histoire mais le simple prolongement de la tradition conservatrice et bureaucratique du socialisme, que seul le génie politique de François Mitterrand a su porter durablement au pouvoir. Il considère le PS comme coupé des intellectuels et de l'ensemble des mobilisations et innovations qui traversent le corps social. Il voit son fonctionnement national comme une machine à broyer les personnalités et à normaliser toutes les originalités. Il explique le gouffre entre la dynamique locale du Parti socialiste et ses réalités nationales par son incapacité à penser son rôle historique et à l'inscrire dans une tradition d'éthique, d'engagement personnel et de créativité collective.

Le trait est forcé. Comme tout pamphlet, ce livre pèche par sa tendance manichéenne à opposer le camp des bons et celui des méchants. Les intellectuels et les personnalités de grande qualité existent au PS, les tentatives de rénovation ont été nombreuses, notre parti n'est pas sourd au mouvement social et aux mobilisations qui se construisent à ses marges. Ségolène Royal et Martine Aubry incarnent, chacune à leur manière, une tentative de repenser l'actualité du projet socialiste. La rapidité avec laquelle naissent et déclinent les astres de la galaxie socialiste est à la fois un signe de fragilité et de « plasticité » qui infirme l'idée d'un parti immobile et figé à jamais.

Plusieurs éléments donnent néanmoins du crédit à la thèse de Vincent Duclert et justifient qu'elle soit prise au sérieux. Le déclin de la culture politique et historique au sein du PS est réel. Un parti qui perd le sens de son identité et de son histoire perd pied dans un environnement en rapide transformation et face aux attaques d'une droite qui s'emploie à brouiller tous les repères. L'offre politique des socialistes reste trop faible et trop floue ; son peu de lisibilité déconcerte le « peuple de gauche » qui continue pourtant majoritairement de voir dans le PS le seul espoir de changement. On attend toujours la personnalité qui saura proposer une vision forte de la République, des libertés et de la question sociale, à laquelle il faut aujourd'hui ajouter la question écologique, en étant à la fois fidèle à notre histoire et pleinement ancrée dans les enjeux d'aujourd'hui.

Le PS reste effectivement largement coupé des intellectuels et du mouvement social. Quels que soient les efforts ponctuels mis en œuvre à Solferino, les règles et fonctionnement et la forme organisationnelle du PS rendent difficile un dialogue ouvert, constructif et productif avec l'extérieur. J'ajouterais, pour ma part, un point que Vincent Duclert n'aborde pas : le PS ne parvient pas à penser l'articulation entre les différents niveaux de gouvernement du local à l'international en passant par le national et l'Europe ; les tentations récentes de retour aux logiques nationales et protectionnistes sont stériles et constituent un signe évident de cette crise de la pensée.

Comme souvent dans ce cas, le livre de Vincent Duclert offre peu de perspective pour sortir de l’impasse politique qu'il décrit. Le retour à l'histoire ne se suffit pas à lui-même. L'appel implicite à la reconstruction du socialisme par les « marges » et le développement de nouvelles dissidences n'est pas convaincant. Jaurès ou Blum ont eu à cœur de construire l'unité des socialistes et, sans rien céder de leur identité et de leur conviction, de réussir les compromis nécessaires pour construire une démarche collective et durable.

C'est l'absence de personnalités de cette trempe qui a conduit aux déchirements du dernier demi-siècle et explique l'atonie d'aujourd'hui. Je ne crois pas à l’homme providentiel. Blum et Jaurès se sont d’abord imposés à travers leur capacité à inscrire la pensée socialiste dans le réel pour rendre crédible un espoir de changement. C’est le travail sur le projet et sur l’offre politique qui fera le renouveau du socialisme, mais dans la société d’aujourd’hui, on ne peut plus dissocier construction du projet, exemplarité des pratiques et force d’incarnation individuelle ou collective.

Demain comme hier, c'est de l'intérieur du mouvement socialiste que peut venir le renouveau le plus profond et le plus rapide de la gauche. Je veux en tous cas croire à ce scénario et y consacrer encore une partie de mon énergie.


Vincent Duclert, La gauche française devant l’histoire. A la reconquête d’une conscience politique, Seuil

04.07.2009

PS : chacun chez soi… chacun pour soi ?

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Je vous propose en ce début de week-end d'aller faire un tour sur le L(B)LOG de Laurent Bouvet. Je ne suis pas toujours d'accord avec ses analyses mais je partage totalement celles développées dans ses trois dernières notes consacrées au Parti Socialiste.

"Le PS à l'état primaires" souligne que le débat sur les primaires se saurait compenser le vide des idées, c'est l'offre politique qui fait le succès et non la mécanique de désignation. "Le désert des quadras" étrille avec férocité mais justesse le grotesque de la course à la désignation lancée par des quadras déjà vieillissants incapables de proposer un projet original. Cela me fait penser à une - vieille - chanson de Goldman: "Has been avant d'avoir été d'est un peu dur, ma vie tout l'monde aurait si bien pu s'en passer". Enfin dans "PS : chacun chez soi… chacun pour soi ?", Laurent Bouvet dénonce la multiplication des clubs et écuries présidentielles qui témoignent de la fragmentation et de la perte de substance du Parti Socialiste. Au moment où l'urgence devrait être pour chacun de réinvestir les débats du Parti Socialiste, les uns comme Valls lancent leur petite officine en tirant à boulet rouge sur la direction, et d'autres comme Hollande prennent de la "hauteur" en ayant un mot aimable pour la première secrétaire trop affaiblie pour mériter d'être attaquée.

On me rétorquera que ces analyses en forme de brulot ne font elles-même pas avancer le renouveau du socialisme. Peut-être, mais elles font du bien, elles montrent qu'un grand nombre de militants, d'élus, d'intellectuels, refusent qu'après la cuisante défaite des européennes, le petit jeu politicien reprenne comme si de rien n'était. Il est sain de dénoncer la médiocrité de la vie nationale de notre parti. Il est des temps où devient nécessaire de faire de la politique "à coup de marteau".

16.06.2009

PS : quelques pistes pour s’en sortir

poingrose.jpgVous pouvez télécharger l'intégralité de cette note en cliquant ici.


La situation du PS est suffisamment sérieuse pour mériter quelques développements. Je me permets donc de vous proposer une note inhabituellement longue que vous lirez, je l’espère, jusqu’au bout et qui ne manquera pas de vous faire réagir. J’espère qu’elle contribuera à donner aux militants socialistes comme aux autres quelques repères et signes d’espoir.

Prenons le temps de la réflexion : la fuite en avant ne sert qu’à masquer nos faiblesses et nos responsabilités.

Depuis dimanche soir, les leaders socialistes agitent de nouvelles solutions miracles. Les uns font des primaires ouvertes la réponse au repli sur lui-même du Parti Socialiste. Je ne suis pas contre. C’est peut-être la seule méthode possible pour déborder les résistances internes au changement. Néanmoins, la période récente montre qu’en l’absence de réelle transformation interne, l’ouverture sur l’extérieur ne dure qu’un temps et que le PS retombe très vite dans ses ornières.

D’autres brandissent la nécessite de construire la « maison commune de la gauche ». Le rassemblement de la gauche est indispensable et doit rester le cœur de notre stratégie ; mais ce n’est pas quand on est faible et divisé qu’on est le mieux placé pour rassembler. Quels sont d’ailleurs les partenaires qui accepteraient ainsi de se mettre en rangs serrés derrière le Parti Socialiste sans autre forme de procès ? Sûrement pas les Verts en tous cas.

D’autres enfin appellent à une refondation totale du PS ou à une rénovation exemplaire. Ces formules font sourire. Elles sont brandies après chaque échec par ceux-là même qui s’efforcent ensuite d’étouffer les tentatives de changement de peur qu’elles ne mettent en cause leur pouvoir.

Non, décidément, ce ne sont pas quelques formules miracles, vite trouvées et vite abandonnées qui donneront une nouvelle jeunesse au Parti Socialiste. Ces gesticulations ne visent qu’à empêcher le débat de fond et l’établissement des responsabilités dans l’échec du PS. Nous avons besoin de temps pour mener jusqu’à son terme une réflexion approfondie.

Il faut tirer un bilan sincère des derniers mois : l’obsession présidentielle et le ratage du congrès de Reims expliquent non seulement la défaite mais le déclin du PS.

La politique a besoin de leader, nul ne le contestera. Au Parti Socialiste, tout le monde pense avoir l’étoffe d’un leader et c’est bien là que le bât blesse. La multiplication des ambitions conduit à celle des coteries, la recherche des accords d’appareil l’emporte sur le débat de fond.
Nous avions pourtant été nombreux à décrire le scénario que nous venons de vivre de nombreux mois avant le congrès de Reims. Les signataires de la contribution des « socialistes de l’Ouest », comme Pierre Moscovici et bien d’autres, avaient défendu une thèse simple : pour permettre une clarification politique, ceux qui pensaient la même chose devaient se retrouver sur la même motion et, puisqu’aucun leader ne s’imposait naturellement, confier à une personnalité non présidentiable la mise en œuvre d’un programme de travail s’appuyant sur une démarche collective. A défaut, les motions se multiplieraient sans raison, les présidentiables compteraient leurs troupes, les alliances les plus absurdes deviendraient possibles, le Parti Socialiste perdrait alors toute crédibilité et s’enfoncerait dans la crise.

C’est bien ce scénario qui s’est développé depuis un an. Les militants ont refusé de départager des motions creuses et souvent proches les unes des autres. La fusée Delanoë s’est écrasée sitôt lancée, Martine Aubry épaulée par les plus vieux courants du PS a surgi de nulle part, un vote truffé de fraudes scandaleuses de part et d’autre n’a pu départager les deux candidates, et quelques jours après le congrès, un texte que personne ne connaît et qui n’a jamais été soumis aux militants a donné naissance à une majorité improbable. Sur ces bases corrompues, la nouvelle direction n’a jamais pu faire redémarrer le navire socialiste.

L’échec des européennes n’est donc pas celui de Martine Aubry, personne n’a d’ailleurs osé le prétendre. Il marque le point final d’une catastrophe politique prévisible et dans laquelle pourtant tous les leaders du PS ont foncé tête baissée. Il est encore temps de se reprendre.

L’enjeu ce n’est pas de prendre le contrôle du PS mais de convaincre les Français. De ce changement de culture dépend notre salut.

Cela paraîtra paradoxal mais la véritable ligne de fracture au sein du PS est là. La grande majorité des dirigeants de notre parti pense que le pouvoir nous reviendra mécaniquement, quand l’impopularité et l’usure du pouvoir auront raison de la droite. Cette culture est ancienne : on l’appelle entre nous la « théorie du balancier ». Elle nous rapportera peut-être un jour la majorité du Sénat mais sûrement pas la victoire aux élections présidentielles.

Pour toute une série de responsables du PS, seules comptent les techniques de prise du pouvoir interne : s’attirer les bonnes grâces des grosses fédérations, passer des accords, briser les personnalités originales, claquemurer le PS rue de Solférino, cultiver l’esprit de boutique d’un parti aux faibles effectifs plus facile à contrôler. Le nombre, la vie, les idées, l’intelligence, leur font peur. C’est cette culture qui a pris le pouvoir au congrès de Reims et qui l’a mené à l’abattoir.

Les élections européennes nous montrent que les Français peuvent choisir à gauche une autre voie que le soutien au PS pour construire l’alternance. Je suis convaincu qu’ils se trompent, que le rassemblement construit par Daniel Cohn-Bendit reste fragile et que les Verts ne sont pas porteurs d’un projet de gouvernement global, cohérent et crédible, susceptible de rassembler une majorité de suffrages dans un second tour.

C’est à nous d’en convaincre les Français. Nous devrions être portés par une seule ambition : construire un projet, organiser le dialogue avec les Français, convaincre, rassembler, et rendre l’espoir à la gauche. Si cet objectif devient le notre, c’est alors la culture politique même du PS qui s’en trouvera chamboulée : chacun prendra conscience que nous ne pouvons créer qu’en valorisant toutes les intelligences, que nous ne pourrons convaincre qu’en étant nous mêmes unis, que nous ne pourrons gagner qu’en additionnant nos forces. Alors le débat sur le leadership deviendra possible même si il ne sera jamais facile.

L’avenir du PS ne passe donc ni par un leader providentiel – on les a déjà tous essayés ! – ni par une réforme institutionnelle miracle. Cet avenir passe par un changement de mentalité et de culture politique, une révolution des esprits, la redécouverte de la fraternité socialiste, du plaisir d’agir ensemble pour nous idées, de la conscience aigue de notre solidarité de destin. C’est cela qui nous permet de gagner localement et qui nous manque crucialement au niveau national.

Les électeurs sont libres et c’est tant mieux, à nous d’être à la hauteur.

Le temps des électorats captifs est terminé et il s’agit d’une bonne nouvelle. Au moment des élections, les citoyens choisissent d’aller ou voter ou pas, de choisir telle offre ou telle autre et ils le font en conscience. La crise de la démocratie est une formule creuse quand la participation est inférieure à 50% pour certains scrutins mais supérieure à 80% pour un autre, et cela dans le même pays et à seulement deux ans d’intervalle.

Le rapport des citoyens à l’élection a changé et nous devons nous adapter. La politique est devenue une question d’offre et non d’identité. Confrontés à un choix, les électeurs peuvent piocher dans un éventail parfois très large en fonction de ce qu’ils perçoivent comme la meilleure réponse à leurs questions. Cela nous oblige à plus de créativité dans la production des idées et dans la manière de s’adresser aux Français.

L’électorat socialiste comprend au moins trois composantes. Une partie des électeurs nous est toujours fidèles, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas critiques. Une autre, souvent issue des milieux populaires, ne se mobilise que si nous savons créer un espoir de changement crédible à leurs yeux, à défaut, ces électeurs là se réfugient le plus souvent dans l’abstention. La troisième composante de notre électorat potentiel est à la recherche d’une offre politique réformiste et ouverte, refuse tout dogmatisme et proclame son attachement à l’Europe, à l’écologie et aux libertés ; critique à l’égard du PS, cet électorat nous abandonne souvent, il nous a largement préféré le Modem en 2007 et Europe Écologie dimanche dernier.

Le défi pour le PS est de s’adresser à ces trois électorats et de les rassembler autour d’un projet progressiste. Les bases de notre projet existent. Je reprendrais volontiers les mots de mon ami Philippe Quéré : « nous voulons la liberté pour tous. Nous voulons contribuer à l’émancipation de chacun ». Pour convaincre, il nous faut d’une part donner une traduction concrète à cette ambition et d’autre part proposer une méthode qui vise à conduire le changement en s’appuyant sur les dynamiques citoyennes et la participation des acteurs eux-mêmes.

Que celles et ceux qui partagent à la fois cette analyse et cette ambition se reconnaissent et se tendent la main. Alors, le renouveau du PS peut être aussi rapide que son déclin.

14.06.2009

Avec Hadopi, ce n’est pas seulement une loi qui est condamnée mais une conception de l’action publique

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La censure par le Conseil constitutionnel de la loi Hadopi vient une nouvelle fois sanctionner la pratique gouvernementale de Nicolas Sarkozy. Mais si la gauche veut faire la preuve qu’une autre pratique est possible et qu’elle est le véritable camp du volontarisme et de la réforme, elle doit en apporter la démonstration par l’exemple au lieu de se réfugier dans un discours stérile de dénonciation.

La censure de la loi Hadopi par le Conseil constitutionnel n’est pas étonnante. Dans un État républicain, on ne donne pas à une autorité administrative le pouvoir de prononcer contre les citoyens des sanctions qui limitent leurs libertés fondamentales. Le gouvernement avait été prévenu depuis longtemps, les députés de l’UMP avaient voté la loi contraint et forcés, cette censure est la chronique d’une décision annoncée.

Alors pourquoi le Président Sarkozy a-t-il fait voter cette loi ? Certains y voient un coup tactique visant à détacher de la gauche les professions culturelles qui lui étaient largement acquises. J’y verrai plus simplement un mépris complet pour les règles de notre pays et les libertés individuelles. Le tout puissant Président de la République, encore conforté par les élections européennes, confond depuis longtemps conviction et détermination avec autoritarisme et passage en force.

Cette méthode lui sourit politiquement mais conduit systématiquement dans l’impasse les chantiers qu’il décide d’ouvrir. L’abandon de la réforme du lycée et la crise profonde de l’université illustrent les dégâts de cette pratique absurde et brutale du pouvoir.

Les socialistes devraient illustrer par l’exemple une méthode politique alternative. Plutôt que de multiplier des débats internes qui conduisent à l’adoption de textes vagues et creux, le PS ferait mieux d’investir dans l’intelligence collective et dans la construction de réformes conçues dans les conditions de l’exercice du pouvoir:

Réaliser un diagnostic, expliciter nos orientations, ouvrir le dialogue avec les acteurs concernés, élaborer un projet ambitieux, aller à la rencontre les citoyens pour présenter le fruit de nos réflexions, affiner notre projet en fonction de ces échanges, expérimenter les actions envisagées en utilisant les pouvoirs locaux dont nous disposons quand cela est possible, évaluer et mettre en débat les résultats de ces politiques, les réviser en conséquence, voilà qui donnerait sens et crédibilité à la démarche des socialistes.

Beaucoup de sujets se prêtent à cette approche comme par exemple l’autonomie des jeunes, le développement des énergies renouvelables, la formation tout au long de la vie, les services aux personnes, les déplacements, l’action culturelle, l’innovation économique,…. Cette méthode est souvent celle des élus locaux. Elle pourrait facilement être globalisée à l’échelle nationale si le PS choisissait de s’investir collectivement dans cette voie qui permet de combiner ambition politique, crédibilité dans l’action et démocratie participative. C'est en construisant des projets et en les mettant en débat que le PS retrouvera la confiance des citoyens.

09.06.2009

Européennes : les socialistes ne peuvent plus faire semblant

Je crois profondément au suffrage universel. Le vote des électeurs doit toujours être accueilli comme un choix raisonné et volontaire. Tout ce que je lis depuis deux jours sur les circonstances qui expliqueraient la défaite du PS et le succès des Verts me parait dérisoire. Les électeurs ont choisi les offres politiques qui leur paraissaient les plus claires et les plus cohérentes : le PS et Bayrou ont perdu, les écologistes et Sarkozy ont gagné. Je pourrais me lancer dans une longue analyse du scrutin mais j’ai envie de vous parler du PS.

Je ne sais plus trop quoi penser de l’avenir de mon parti. Je crois à la force et à la jeunesse de l’idéal socialiste, ce point de rencontre entre la question sociale et la passion démocratique. Mais depuis maintenant près de 15 ans, j’assiste à ses crises successives, suivies d’une promesse de refondation, toujours avortée, toujours trahie. Les générations les plus anciennes, comme les plus récentes, qui ont dirigé le Parti Socialiste ont failli à leur tâche en préférant le plaisir morbide des jeux de pouvoir internes à la mission exigeante de construire, collectivement, une offre politique crédible à gauche en phase avec les réalités de la société d’aujourd’hui.

Le gouffre entre les réalités nationales et locales du PS est devenu abyssal. Le microcosme de Solférino piétine allègrement ce qui est essentiel à nos yeux et au cœur de notre action : la primauté du travail collectif, la volonté d’unité des socialistes et de rassemblement de la gauche, des leaders respectés et ouverts à la confrontation, une ligne politique claire et stable, un projet politique fort, mis en débat, et régulièrement renouvelé dans le dialogue avec les citoyens et les acteurs locaux, une action efficace et cohérente avec les discours.

Ce grand écart ne peut plus durer très longtemps. Soit le PS sera balayé au niveau local comme au niveau national, soit le PS devra changer au niveau national pour se mettre au diapason des pratiques locales, ce qui rendra nécessaire que celles et ceux qui le font vivre au quotidien l’investissent et y prennent toutes leurs responsabilités.

Nous n’en pouvons plus des congrès inutiles et bâclés, du vide des discours, et de la concurrence effrénée des égos. Le PS ne peut plus attendre que l’impopularité de la droite le ramène au pouvoir : pour gagner une élection, il faut avoir un leader et surtout un projet. La politique est une question d’offre et les électeurs choisissent librement. On se perdrait à continuer de l’oublier.


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17.04.2009

Bonnes questions, mauvais timing !

logo-ps.jpg Au cours de ces derniers jours, Arnaud Montebourg et Manuel Valls ont fait l'actualité du Parti socialiste. Le premier, secrétaire national à la rénovation du PS, a publié un rapport sur le recours à des primaires ouvertes pour désigner le candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012 ; le second, tout en défendant la même idée, a revendiqué un changement de génération pour porter le combat des socialistes. Dans les deux cas, ces questions sont légitimes mais ne sont pas posées au bon moment. Chaque socialiste devrait plutôt avoir à coeur de jouer l'unité et la cohésion pour gagner les élections européennes de juin, qui sont la première des étapes à franchir pour regagner le pouvoir national.

La question des primaires fait figure d'épouvantail au PS. Avec d'autres, j'ai pendant longtemps défendu l'idée d'un grand Parti socialiste, plus vaste et plus ouvert sur la société, capable de comprendre ses transformations et de porter ses aspirations. Ce combat reste d'actualité. Enlever aux militants le pouvoir de désigner leur candidat enlèverait une partie de son sens et de son intérêt à l'acte d'adhésion à un parti politique. Pour autant, il faut bien constater que toutes les tentatives de rénovation du Parti socialiste menées depuis 20 ans ont échoué et que le conservatisme l'a emporté sur l'esprit de changement. Si on laisse de coté ce qu'il apparaît désormais comme la parenthèse mitterrandienne, le PS n'a jamais su s'adapter aux institutions de la Vème République. Des primaires ouvertes aux citoyens se sont-elles pas devenues la seule voie possible pour transformer le mouvement socialiste et construire la dynamique nécessaire à une victoire en sélectionnant, à travers un véritable débat politique, la personnalité la mieux à même de porter notre message ? Les références italiennes ou américaines montrent que sans être la panacée, cette méthode présente bien des avantages.

Les générations qui ont incarné hier le pouvoir socialiste peuvent-elles encore faire gagner la gauche demain ? La question posée par Manuel Valls comporte son lot d'injustice : Ségolène Royal ou Martine Aubry ne sont pas âgées, et nombre d'élus de leur génération montrent à la tête des grandes collectivités leur force de conviction et leur créativité. Mais force est de constater que cette génération politique de sait plus se porter à la hauteur des enjeux et parler à la France de son avenir, de sa mission. La politique a besoin de souffle et d'espérance, elle doit mobiliser les énergies, les unir vers un but commun pour transcender les contingences et les égoïsmes. François Mitterrand croyait à la force des idées, nous croyons encore à la force du discours politique quand il n'est pas artificiel ou plaqué sur une réalité qu'il ignore, mais au contraire à la fois ancré dans l'histoire et dans l'épaisseur humaine et sociale du quotidien ; quand il ne se contente pas de commenter l'actualité mais regarde plus large, plus loin et porte une vision assumée de l'avenir. Nos dirigeants ont-ils encore ce "jus" et cette force de caractère ? Il est permis d'en douter.

Ces deux questions soulevées par d'encore "jeunes" responsables socialistes montrent que le congrès de Reims n'a rien réglé et que le mouvement socialiste a plus que jamais besoin de débattre.

Mais avant de débattre, il va falloir se battre tous ensemble pour conserver le leadership du camp du changement et convaincre les Français exaspérés par la crise que la gauche socialiste peut encore porter leurs espoirs. Le combat européen doit donc mobiliser toutes nos énergies. Face à la crise, la France à besoin de la gauche ; pour combattre la crise, la gauche a besoin d'une Europe plus forte, plus démocratique et plus sociale. Ceux qui prétendent demain changer la gauche ou porter ses espoirs sont d'abord attendus à ce rendez-vous là.

28.01.2009

A la tête de l'Union Régionale du Parti Socialiste

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Mardi 20 janvier s’est tenue à Angers la première réunion de l’Union Régionale du Parti Socialiste après le congrès de Reims. A cette occasion, j’ai été élu Président de cette instance et j’aurais ainsi la charge d’animer et de coordonner la réflexion collective des socialistes des Pays de la Loire. Je suis heureux de cette confiance et de la possibilité qui m’est ainsi donnée de rendre de nouveaux services à mon parti et à ses militants.

S'il est récent au sein du Parti Socialiste, le fait régional est désormais pleinement reconnu. Le PS s’est historiquement construit autour de fédérations départementales qui restent son échelon essentiel de débat et de d’action. Les Unions Régionales ont été créées car il était devenu indispensable de mettre en place un échelon politique du PS correspondant à la nouvelle collectivité locale qu’était devenue la région. Le rôle des régions s’est progressivement affirmé, notamment depuis la victoire de la gauche qui, depuis 2004, leur a donné une nouvelle ambition et un nouvel élan.

Personne ne conteste plus aujourd’hui la vocation des régions à préparer l’avenir des territoires, à travers leurs compétences dans les domaines de l’éducation et de la formation, de la recherche et du développement économique, des transports et du développement durable. Au sein de l’Union Régionale nous irons au-delà de l’actualité du Conseil Régional pour mettre en commun les réflexions et les expériences de tous les acteurs de notre territoire et nous saisir des enjeux communs pour parler avec force et d’une seule voix.

L’esprit d’unité et de rassemblement des socialistes est très fort au sein de l’Union Régionale, comme dans de nombreuses fédérations du PS. Les citoyens attendent de nous du travail et des propositions ; face aux offensives multiples du gouvernement, notre cohésion sera un gage de réactivité et d’efficacité. Dans le débat sur l’avenir de la décentralisation, nous voulons sortir d’une vision politicienne centrée sur les modes de scrutin ou la suppression des départements, pour nous centrer sur le cœur de l’enjeu politique : comment des collectivités plus autonomes dans leurs missions, plus fortes et plus démocratiques, peuvent mieux répondre aux attentes des populations.

Le rôle de l’Union Régionale du PS sera enfin et surtout de mobiliser les militants et les sympathisants du Parti Socialiste et de la gauche, leur donner les informations nécessaires pour s’approprier et porter le bilan de la gauche au Conseil régional, et être acteurs avec les élus de l’élaboration d’un nouveau projet politique pour faire de nouveau gagner la gauche lors des prochaines élections régionales.

21.12.2008

Le solstice d’hiver, Barack Obama et le Parti Socialiste

Avant de devenir Noël, le solstice d’hiver était le moment des grandes fêtes du renouveau. Les romains célébraient le « soleil invaincu » et au cours des fêtes saturnales toutes les hiérarchies sociales étaient pour quelques jours suspendues.

L’hiver n’est donc pas une période de déclin mais de renouveau, lent et discret, qui chemine sous le froid et les intempéries. Après avoir doucement décliné au cours de l’automne, le soleil reprend son ascension dès les premiers jours de l’hiver et, quelles qu’en soient les rigueurs, prépare le renouveau.

Le Parti Socialiste vient de passer un automne tortueux et difficile qui n’a rien réglé de ses problèmes d’identité et de leadership. L’hiver qui s’ouvre lui sera bénéfique uniquement s’il prend au sérieux l’exigence de refondation et de travail collectif. Quand on croit trop vite au printemps, un coup de gel tardif peut venir faucher prématurément les moissons de demain.

L’exemple américain nous montre à la fois l’ampleur de la tâche et la voie à suivre. La victoire d’Obama dans le vote populaire n’est pas massive puisqu’il n’a emporté « que » 52% des suffrages. Il a par contre séduit 66% des 18-29 ans et aussi bien les sans diplômes (63%) que les Bac +5 et au-delà (58%). Les plus pauvres ont massivement voté pour lui tout comme l’ensemble des minorités (95% des africains-américains et 60 à 66% des autres communautés). D’un point de vue géographique, il l’a emporté dans les États « libéraux » des côtes est et ouest mais aussi dans les nouveaux territoires d’immigration et dans le vieux cœur rural et industriel de l’Amérique.

La situation est très différente en France. Ségolène Royal ne l’emportait en 2007 que chez les 18-24 ans, royal obama.jpgelle était battue chez les ouvriers et les employés : plus significatif encore, le vote pour Ségolène Royal s’accroissait avec le niveau de formation quand les sans diplômes choisissaient à 61% Nicolas Sarkozy. De la même manière, si l’électorat populaire des villes et des territoires dynamiques a voté à gauche au second tour de l’élection présidentielle, il s’est prononcé pour Nicolas Sarkozy dans la majorité des régions de vieille tradition industrielle et dans le monde rural.

La reconquête du vote populaire est donc le cœur du défi auquel est confrontée la gauche française.Obama a atteint cet objectif sans pour autant partir « à gauche toutes » ni multiplier les promesses démagogiques. Il a su parler d’avenir, rendre espoir, et tracer une perspective de changement crédible et progressif.

Cette réussite est le résultat de 20 ans de travail patient et minutieux des démocrates américains pour réhabiliter les valeurs progressistes et reconstruire un programme réformiste. Renouer le lien avec les mouvements sociaux pour capitaliser leur expérience et leurs réflexions, multiplier les « think tank » pour élaborer des propositions sérieuses et étayées, construire des outils de communication modernes pour les populariser et convaincre progressivement la société américaine, tel a été le programme de travail des démocrates ces dernières années. Il s’agit là d’un exemple à suivre pour les gauches d’Europe.

Nous avons également beaucoup à apprendre de la manière de faire campagne de cette gauche américaine, souvent décriée en Europe et particulièrement en France, mais finalement parfois plus à gauche que nous. Obama et les démocrates ont construit une machine électorale extrêmement efficace en organisant une réactivité de tous les instants, un maillage serré du territoire, la mobilisation, au-delà des partis, de centaines de milliers de citoyens, la mise en réseau des initiatives, notamment sur internet.

Inspirons-nous de l’exemple américain : imagination, travail, pragmatisme, ouverture, alors après un hiver studieux, le printemps viendra.

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