29.11.2007
Cellules souches : le temps des paradoxes
Depuis plusieurs années, le débat sur le clonage bat son plein. Le clonage humain est souvent présenté comme une perspective inéluctable, même si ses promoteurs se limitent généralement au clonage thérapeutique, destiné à la production de cellules souches embryonnaires capables d’évoluer de manière différenciée, pour produire des agents, tissus ou organes et ainsi de révolutionner la médecine. Des découvertes scientifiques récentes viennent éclairer le débat de manière paradoxale et contradictoire.Nous n’avons jamais été aussi près de l’avènement du clonage humain. Une équipe américaine vient en effet de démontrer sa maîtrise du clonage des primates en produisant de manière fiable des embryons issus du clonage. Si cette découverte est validée par la communauté scientifique, rien ne s’oppose plus alors, techniquement parlant, à ce que le même résultat soit obtenu dans l’espèce humaine.
Depuis plusieurs années, cette perspective soulève deux questions majeures. Le clonage humain, même mené uniquement à des fins médicales, est-il acceptable ? De nombreuses familles de pensée, des plus conservatrices aux plus libérales, se rejoignent pour refuser le clonage au nom de la spécificité humaine, menacée par cette technique de reproduction déconnectée de tout projet parental. Cette position est régulièrement attaquée comme obscurantiste par ceux qui mettent l’accent sur les formidables progrès pour la médecine qu’ouvrirait le clonage thérapeutique. Comment renoncer en effet à gagner le combat contre des maladies terribles face auxquelles nous sommes aujourd’hui démunis ?

C’est alors que survient la seconde question : avons-nous besoin du clonage pour créer ces indispensables cellules souches, porteuses de si grands espoirs ? Les opposants au clonage humain, dont je fais partie, estimaient que les enjeux éthiques étaient tels que l’utilisation rationnelle du principe de précaution devait conduire non pas à condamner définitivement le clonage humain, mais à instaurer un moratoire en mettant l’accent sur la recherche de techniques alternatives permettant de produire des cellules souches sans recourir au clonage.
Deux équipes américaines et japonaises viennent spectaculairement renforcer la crédibilité de cette position. En effet, ces équipes ont récemment réussi à transformer des cellules de peau en cellules souches. En arrivant à « reprogrammer » ainsi des cellules pour ensuite orienter leur développement en fonction des besoins thérapeutiques, on s’affranchit de la nécessité du clonage humain tout en ouvrant les mêmes pistes de progrès pour la médecine.
Le moment de vérité arrive donc dans ce débat sur le clonage humain. Les arguments d’autorité ne sont plus de mise. Nous ne sommes pas « obligés » d’accepter le clonage humain pour permettre à la médecine de progresser. Plus que jamais, nous avons le choix !

08:35 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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