03.12.2007
Les OGM entre innovation et interdiction
Comme le débat sur les cellules souches, le débat sur les OGM est à la croisée des chemins. La science continue son avancée, repoussant chaque jour les limites de la sophistication de la technologie OGM. Les choix de société restent ouverts mais la pression en faveur de l’interdiction est de plus en plus forte, essentiellement en Europe.
Des équipes chinoises et américaines viennent d’ouvrir une nouvelle voie pour la technologie OGM. Jusqu’à présent, il s’agissait principalement de modifier le patrimoine génétique d’une plante pour que celle-ci acquiert une résistance aux produits phytosanitaires ou devienne capable de combattre un insecte ravageur en « l’empoisonnant ».
La nouvelle piste de développement explorée repose sur l’interférence ARN / ADN. Pour faire simple, l’ARN est une molécule qui interagit avec l’ADN et peut donc modifier les conditions de l’expression du patrimoine génétique. Les chercheurs ont ainsi réussi dans un premier cas à désactiver des gènes de résistance qui rendaient particulièrement « coriaces » certains ravageurs et dan un autre cas à affaiblir des fonctions physiologiques essentielles d’autres espèces dangereuses pour des plantes. En intervenant ainsi directement sur le patrimoine génétique de ses cibles, la technologie OGM franchit un nouveau pas.
Ces nouveaux OGM seront peut-être plus efficaces mais soulèvent les mêmes questions que les OGM existants en matière de risque sanitaire et environnemental. En tout état de cause, on ne voit toujours pas apparaître les OGM promis depuis longtemps qui permettraient de « résoudre » les problèmes de faim dans le monde. Comme par le passé, la recherche et l’innovation technologiques se tournent vers les grandes cultures intensives à vocation exportatrices.
Parallèlement à ces avancées scientifiques, les nuages s’amoncellent au-dessus des OGM aujourd’hui disponibles. Le commissaire européen à l’environnement combat l’autorisation du Bt11. La découvert ces derniers jours en Ile-et-Vilaine d’une parcelle de ce Bt11 pourtant pour le moment interdit à la culture en Europe soulève une fois de plus la question de la crédibilité des contrôles. A l’issue du Grenelle de l’environnement, la France a enfin décidé d’abandonner la culture du maïs MON810, le seul autorisé dans notre pays, en, activant auprès de la commission européenne la clause de sauvegarde prévue dans la législation communautaire.
Cette contradiction qui persiste entre les orientations de la recherche et la demande sociale pourra-t-elle durer éternellement ? Pour le moment, la recherche s’abrite à juste titre derrière la nécessité de poursuivre l’exploration des potentiels du génie génétique. Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir s’il faut interdire la recherche OGM. Une telle position conforte les promoteurs des OGM actuelles en faisant apparaître leurs opposants comme des adversaires de la science et du progrès. Il est par contre de la responsabilité des décideurs politiques de fixer des objectifs à la recherche publique dans le domaine du génie génétique.
Un tel débat serait particulièrement utile. Il permettrait de déterminer au service de quelle utilité collective devrait être mise cette technologie particulièrement puissante et dont les développements sont encore largement situés devant nous.
Des équipes chinoises et américaines viennent d’ouvrir une nouvelle voie pour la technologie OGM. Jusqu’à présent, il s’agissait principalement de modifier le patrimoine génétique d’une plante pour que celle-ci acquiert une résistance aux produits phytosanitaires ou devienne capable de combattre un insecte ravageur en « l’empoisonnant ». La nouvelle piste de développement explorée repose sur l’interférence ARN / ADN. Pour faire simple, l’ARN est une molécule qui interagit avec l’ADN et peut donc modifier les conditions de l’expression du patrimoine génétique. Les chercheurs ont ainsi réussi dans un premier cas à désactiver des gènes de résistance qui rendaient particulièrement « coriaces » certains ravageurs et dan un autre cas à affaiblir des fonctions physiologiques essentielles d’autres espèces dangereuses pour des plantes. En intervenant ainsi directement sur le patrimoine génétique de ses cibles, la technologie OGM franchit un nouveau pas.
Ces nouveaux OGM seront peut-être plus efficaces mais soulèvent les mêmes questions que les OGM existants en matière de risque sanitaire et environnemental. En tout état de cause, on ne voit toujours pas apparaître les OGM promis depuis longtemps qui permettraient de « résoudre » les problèmes de faim dans le monde. Comme par le passé, la recherche et l’innovation technologiques se tournent vers les grandes cultures intensives à vocation exportatrices.
Parallèlement à ces avancées scientifiques, les nuages s’amoncellent au-dessus des OGM aujourd’hui disponibles. Le commissaire européen à l’environnement combat l’autorisation du Bt11. La découvert ces derniers jours en Ile-et-Vilaine d’une parcelle de ce Bt11 pourtant pour le moment interdit à la culture en Europe soulève une fois de plus la question de la crédibilité des contrôles. A l’issue du Grenelle de l’environnement, la France a enfin décidé d’abandonner la culture du maïs MON810, le seul autorisé dans notre pays, en, activant auprès de la commission européenne la clause de sauvegarde prévue dans la législation communautaire.
Cette contradiction qui persiste entre les orientations de la recherche et la demande sociale pourra-t-elle durer éternellement ? Pour le moment, la recherche s’abrite à juste titre derrière la nécessité de poursuivre l’exploration des potentiels du génie génétique. Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir s’il faut interdire la recherche OGM. Une telle position conforte les promoteurs des OGM actuelles en faisant apparaître leurs opposants comme des adversaires de la science et du progrès. Il est par contre de la responsabilité des décideurs politiques de fixer des objectifs à la recherche publique dans le domaine du génie génétique. Un tel débat serait particulièrement utile. Il permettrait de déterminer au service de quelle utilité collective devrait être mise cette technologie particulièrement puissante et dont les développements sont encore largement situés devant nous.
09:25 Publié dans A la une : OGM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Coucou, je t'ai bloggé car ton article est fort intéressant: http://desirdentreprendre.over-blog.com/article-14400471.html
Ecrit par : FP NICOLAS | 06.12.2007
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