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30.01.2008
Pas de doute, elle est là et bien là !

Différente, elle est finalement trop différente ! Comment expliquer autrement les passions qu’elle déclenche ? Ségolène Royal dérange par sa seule présence. Je ne savais pas que la fraternité socialiste pouvait prendre cette forme. La violence qu’elle subit témoigne de l’impact considérable de ses actes et de ses positions. Si certains la détestent, ils se positionnent en fonction des débats qu’elle lance et des convictions qu’elle défend. Il serait temps pour eux, plutôt que de chercher à l’annihiler en tentant de l’expulser du champ politique, d’accepter de la reconnaître en engageant le débat avec elle.
Et si finalement, Ségolène Royal était une femme politique comme une autre ? Députée pendant 20 ans, ministre à plusieurs reprises, présidente de Région, son pedigree politique est somme toute très classique et s’inscrit dans la tradition des barons socialistes. Députée, elle n’a jamais été battue. Ministre, elle n’a jamais chuté. Combien peuvent en dire autant ? Le procès en incompétence et en illégitimité se poursuit pourtant sans vergogne. Il est honteux et témoigne de l’impuissance de ses calomniateurs à comprendre et maîtriser un phénomène politique qui les dépasse.
Ce phénomène politique reste en effet puissant. Après les 17 millions de voix recueillies en 2007, Ségolène Royal est aujourd’hui face à Nicolas Sarkozy l’opposante la plus présente et la plus cohérente. Elle est dans tous les sondages la personnalité préférée par une très large majorité des sympathisants de gauche. Elle représente donc un atout et non un handicap pour le Parti socialiste. Celui-ci en détient-il autant qu’il puisse sans conséquence l’ignorer ou la rejeter ? On trouve de tout au Parti socialiste, même des « reconstructeurs », dont le seul objectif est d’empêcher une personnalité d’envergure d’accéder à la tête du PS et qui sont prêts à toutes les manœuvres pour y parvenir. Drôle de manière d’œuvrer au développement de leur parti, drôle de leçon tirée du parcours de Nicolas Sarkozy.
Je vous propose donc de « banaliser » le statut de Ségolène Royal au sein du PS. Reconnaissons son talent, prenons au sérieux ses idées, que ce soit pour les combattre ou pour les défendre. La place de Ségolène Royal dans la vie politique française est suffisamment centrale pour que nous ayons tous intérêt à ce que son projet soit débattu dans le respect, la liberté, et la clarté. Tel est le visage que devrait prendre la fraternité des socialistes, à laquelle ont droit toutes celles et ceux qui portent haut leurs convictions.
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27.01.2008
De la viande clonée dans les assiettes américaines et européennes ?
Selon le responsable de la sécurité des aliments à la FDA, « la viande et les laitages provenant de bovins, de porcs et de chèvres clonés sont aussi sûrs que la nourriture que nous consommons tous les jours ». Par contre, pour la viande et le lait d’ovin, l’agence considère qu’il y a encore insuffisamment de données pour pouvoir conclure qu’ils sont sûrs pour la consommation humaine. Si la FDA semble pressée de remplir les supermarchés de viande clonée, il est peu probable que cela arrive avant quelques années, tout simplement parce que tous les pays ne maîtrisent pas le clonage et qu'il reste une technique coûteuse. Le débat scientifique reste par ailleurs vif sur la fiabilité du clonage, les animaux concernés étant parfois plus sensibles aux maladies ou souffrant de retards de développement.
Le 14 janvier dernier, la Commission Européenne a ouvert le débat en présentant un projet de modification du règlement "nouveaux aliments" afin, "de faciliter la mise sur le marché d'aliments nouveaux et innovants dans l'Union Européenne". Comme souvent en matière de biotechnologie, la Commission est guidée par deux préoccupations: éviter de nouveaux conflits à l'OMC avec les USA, et encourager les efforts de recherche et de développement des industriels.
Pour mener à bien cette réflexion, la Commission a sollicité deux avis: celui de l'autorité européenne de sécurité des aliments, et celui du comité d'éthique européen sur la science et les nouvelles technologies. Ce choix est révélateur des débats et contradictions qui traversent la Commission. A travers cette double expertise, la Commission reconnaît dès le départ, contrairement à ce qui fut le cas concernant les OGM, que le clonage soulève des enjeux éthique et que le débat ne saurait se limiter à des questions strictement scientifiques.L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de rendre un avis positif sur la commercialisation des produits agricoles issus du clonage en précisant « qu’il n’y avait probablement pas de différences entre les produits issus d’animaux clonés et leurs progénitures et ceux provenant du bétail conventionnel ».
Le Comité d’éthique européen sur la science et les nouvelles technologies a publié son propre avis le 17 janvier et considéré au contraire que « compte tenu de l’ampleur actuelle des souffrances et des problèmes de santé des animaux porteurs des animaux clonés, le comité doute de la justification éthique du clonage des animaux à des fins alimentaires ». Il demande également que l'innocuité de ces produits pour la consommation alimentaire humaine soit garantie. Cette position met donc deux points en évidence : la santé et l'éthique.
Face à cette expertise contradictoire, les institutions européennes vont donc avoir à trancher un redoutable débat politique. Gageons qu'elles ne le feront pas seules et que citoyens et associations sauront d'ici là se saisir de cette question.
22:50 Publié dans A la une: OGM , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.01.2008
L’orientation active : des effets limités
Les effets de l'orientation active, expérimentée en 2007, sur les choix d'inscription à l'université "ont été limités", affirme un rapport rédigé par le délégué interministériel à l'orientation.La loi LRU a rendu obligatoire la pré-inscription à l'université à compter de la rentrée 2008. En 2007, celle-ci a été expérimentée sous le nom «orientation active» par 67 universités volontaires dans 23 académies. Le principe : sur les bases du dossier scolaire du futur bachelier, les universités lui expliquent si la filière qu’il envisage est faite pour lui ou si une autre orientation serait plus… «pertinente» (sic).
Premier constat du délégué interministériel à l'orientation : ce sont les «bons élèves» qui ont participé à la démarche plutôt que ceux qui avaient le plus besoin d'information et de conseil. Le chiffre est éloquent : parmi les 86% des élèves qui ont mentionné leur série du bac, 76% relèvent des filières générales. Et le rapport le confirme évidemment : l'opération n'a pas affecté les critères de choix des bons élèves qui se destinent aux CPGE. On s’en serait douté.
Deuxième constat : il y a une confusion, entre les concepts d'orientation, de pré-inscription et de candidature, ce qui a légitimement accentué la crainte d'y voir une forme de sélection. D’ailleurs, le rapport relève «une implication inégale des services académiques et l'absence complète de certains lycées, accréditant l'idée qu'on y privilégie l'orientation vers les filières sélectives, et que l'on y craint une procédure de sélection déguisée susceptible de permettre à l'université de capter des candidats aux CPGE ou STS».
On se permettra de rajouter que faute de moyens nouveaux accordés par l'État, les Universités n'ont pu expérimenter ce dispositif que sur un nombre limité de filières, et que la relation avec les étudiants et leur famille s'est souvent limitée à un bref entretien s'achevant par un "oui" ou "non" sans travail approfondi de définition du parcours de formation le plus adapté aux compétences des jeunes et à leurs aspirations.

Un vrai dispositif d'accueil et d'orientation des jeunes entre le lycée et l'université reste donc à inventer. Il doit permettre d'atteindre plusieurs buts simultanément :
- donner une information complète et crédible sur les réalités de l'enseignement supérieur, à la fois pour réhabiliter l'université et permettre des choix en toutes connaissance de cause ;
- réguler l'accès aux filières les plus saturées et pour lesquelles l'absence de débouché professionnel suffisant se traduit par un déplorable gachis humain et financier ;
- faire du premier semestre universitaire un semestre d'accueil individualisé des étudiants ce qui implique de pouvoir les accompagner dans la confirmation ou la modification de leur choix initial d'orientation et de leur offrir des remises à niveaux quand cela est nécessaire pour leur donner, dès le départ, toutes les chnaces de réussite dans la filière qu'ils auront choisi.
Cette démarche doit également s'incrire dans une action continue d'échange et de coordination entre enseignement secondaire et supérieur qui s'ignorent aujourd'hui largement. Cette politique demande un effort de l'État et mobilisera des ressources importantes. Mais le coût initial de ce choix sera largement compensé par la dynamique nouvelle de l'enseignement supérieur dans notre pays et par l'économie réalisée en évitant les nombreuses années d'échec connues par des centaines de milliers d'étudiants dans notre pays.
16:05 Publié dans Décrypter l'actualité , Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
21.01.2008
Qui se rappelle encore du 5 janvier 1958 ?
Le 5 janvier 1958 entrait en vigueur le traité de Rome, marquant ainsi la véritable naissance de la construction européenne. Le traité de Rome a donc 50 ans, un demi-siècle, ce n’est pas rien. La création du marché commun a profondément bouleversé l’histoire du continent et son influence sur notre société est considérable. Pourtant il ne m’a pas semblé que cet anniversaire ait donné lieu à de grandes célébrations. Notre époque est-elle à ce point saturée par les soubresauts du quotidien qu’elle ne sache plus penser les grandes commémorations ?Il est vrai qu’au même moment, le débat faisait rage à gauche sur la posture à choisir concernant la ratification du traité de Lisbonne entre les non-non, les non-oui et les oui-oui. Je ne suis pas sûr que les français aient trouvé beaucoup de sens à notre valse hésitation mais elle a en tous cas occupé les médias.

Il est temps de renouer avec l’engagement européen des précurseurs de l’après-guerre. Pour les socialistes, la construction de l’Europe devrait être une obsession puisque nous savons parfaitement que seule la dimension européenne permettra à ses habitants de maîtriser le cours de la mondialisation et de garantir la durabilité de leur modèle de société.
Chacun pourra trouver dans cet engagement son propre chemin mais nous pourrions au moins, tous ensemble, célébrer ce demi-siècle de construction européenne et renouant avec l’histoire des fondateurs, ces hommes de la seconde guerre mondiale qui avaient su en dix ans inventer pour leurs peuples un chemin radicalement nouveau.
09:15 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17.01.2008
Comment Sarko travaillait quand le PS s’endormait

La démarche décrite au fil de ce long entretien est frappée au coin du bon sens. Pendant 3 ans, l’équipe de la direction des études de l’UMP s’est attachée à mener avec méthode le travail qui devrait être celui de tout parti politique : comprendre les transformations de la société française ; dialoguer avec les experts et les intellectuels pour recenser toutes les pistes de réponse ; trier, comparer, hiérarchiser pour proposer des alternatives ; organiser les choix politiques. Certes, Nicolas Sarkozy est un redoutable tacticien qui pratique avec gourmandise la suractivité médiatique, mais c’est aussi un responsable politique qui a eu le courage d’assumer devant les français un projet politique complet et cohérent.
Emmanuelle Mignon rappelle dans quel état d’esprit ce chantier a été ouvert : « Notre chance a été de commencer en novembre 2004. Nous avons commencé très tôt à bâtir notre programme, et j’ai senti une immense attente d’un débat d’idées. Beaucoup de choses s’écrivaient déjà sur la situation du pays. Nicolas Sarkozy, de son côté, pense que ce ne sont pas les Français qui se désintéressent de la politique mais que c’est la politique qui n’offre rien aux Français. Pour Sarkozy, il faut faire du débat d’idées, la politique, c’est des idées. Il pense qu’il faut avancer des idées et que les gens seront alors attirés par la politique, et c’est ce qu’il a merveilleusement bien réussi en imposant des débats sur les sujets sur lesquels on n’avait plus le droit de parler. »
Pendant ces trois années durant lesquelles l’UMP construisait un projet et une cohérence politique, le PS se déchirait sur les questions européennes, s’enferrait dans des congrès stériles, et cessait presque totalement de travailler sérieusement. J’en ai été chaque semaine le témoin. Depuis l’élection présidentielle perdue de mai 2007, rien n’a changé. Les positionnements tactiques et les enjeux de pouvoirs l’emportent sur l’envie de travailler ensemble pour construire un nouveau projet.Comment sortir le PS de sa torpeur ? Certains proposent de poursuivre la politique de l’autruche, d’éviter de trancher dans le vif la question de la ligne politique et du leadership pour préserver l’unité du PS. On aurait alors à la tête de notre parti un gentil animateur sans pouvoir chargé de faire tourner la machine au service de tous. Qui peut encore croire à cette fable qui ne vise qu’à poursuivre une politique bien connue : mettre le PS et ses militants sous l’éteignoir pour mieux préparer la grande querelle des ambitions présidentielles ? On connait la musique et la fin de l’histoire.
Quel que soit le gouffre politique qui nous sépare de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, il serait absurde de ne pas chercher à comprendre comment et pourquoi il a gagné, et de ne pas en tirer des conséquences. Là encore, Emmanuelle Mignon nous propose une piste de réflexion : « Il y a un élément clé dans tout cela, c’est l’homme ou la femme, le candidat qui va vouloir et porter le renouvellement idéologique. […] Le PS arrivera à faire ce que nous avons fait si quelqu’un arrive à faire ce que Sarko a fait : éteindre les querelles en portant vers autre chose, en donnant envie d’autre chose. Il faut qu’il y ait un leader pour faire cela. Sur le débat d’idées, le PS n’aura pas de problème pour le faire : il le fera même mieux que nous parce qu’il y a globalement plus d’idées à gauche. En revanche, ils doivent avoir le leader qui porte cela. Nous, on avait Sarko. »

15:40 Publié dans A gauche et au PS , A la une: que faire du PS? | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
12.01.2008
La fin de la carte scolaire : une réalité de fait

La mixité sociale, fruit de la carte scolaire mise en place en 1963, a pour vertu la structuration d'une offre de formation fondée sur l'égalité. La mesure de dérogation automatique décidée par Xavier Darcos met fin à cette émanation du pacte républicain.
Pourtant, il n'existe pas de réelle demande sociale pour cette réforme. Selon un sondage publié par Le Figaro, si 72% des parents d'élèves aimeraient avoir le choix, 78% d'entre eux affirment qu'ils ne se poseraient pas la question de changer leurs enfants d'établissement s'ils avaient ce choix. Du coup, cette mesure ne prend son sens que pour les quelques milliers de privilégiés qui inventaient des stratagèmes souvent couteux pour scolariser leurs bambins dans des écoles huppées.
Ce système D adopté par les riches depuis quelques décennies a donc vécu : plus besoin de louer une chambre de service à plusieurs, de domicilier les enfants chez la grand-mère ou d'imposer à son rejeton une option rare de type LV3-chinois ou russe. Désormais, une demande suffira pour que la dérogation soit accordée. Et on imagine aisément l'effet sur les établissements dont l'image laisse à désirer chez les classes favorisées... Les chiffres de la rentrée 2007 parlent d'eux-mêmes : 30 collèges de banlieue ont perdu plus de 10% de leurs effectifs à l'entrée en sixième et 150 ont connu une baisse de 5% à 10%.Xavier Darcos se défend de vouloir favoriser les familles aisées en précisant que les boursiers et les élèves handicapés seront prioritaires. Mais on imagine mal les uns comme les autres ajouter à leurs soucis quotidiens le coût et la dépense du trajet pour aller en cours. Ou comment masquer qu'on pénalise encore plus ceux qui auraient besoin qu'on les aide.
Un assouplissement de la carte scolaire aurait eu du sens à deux conditions. Il aurait fallu d'abord simultanément apporter une aide massive aux établissements confrontés à des difficultés particulières pour leur donner les moyens de la russite scolaire et de l'innovation, et ainsi rétablir leur attractivité. Il aurait surtout fallu, au préalable, rééquilibrer la répartition des formation et des options (classes préparatoires, langues rares, formations artistiques, classes européennes, filières bilingues,...) pour mettre fin aux rentes de situation des collèges et surtout des lycées de centre ville et placer les établissements sur un même pied d'égalité. Une telle réforme demandait du courage et appelait un choix politique fort au nom de l'égalité et de la qualité du service public. A la réforme de l'État, la droite au pouvoir à préfé sa libéralisation; on en sera pas étonné.
10:35 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.01.2008
Le débat parlementaire sur les OGM aura-t-il lieu ?
L'information est officielle : Jean-louis Borloo vient de décider de repousser l’examen du projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés. Pour l'instant, il est dit qu'il sera de nouveau présenté le 5 février, alors que l'interruption de la session parlementaire est prévue pour le 9 février... Vue l'importance du sujet, une étude approfondie du projet aurait mérité plus de temps. Mais comme souvent, on agit dans l'urgence : peu importe la réflexion, l'important pour le gouvernement, c'est que le texte soit voté.

Le dossier des OGM continue d'être une patate chaude que personne ne semble vouloir traiter au fond. Et Jean Bizet va être content de devoir jeter son rapport aux orties, faute de temps pour que le Parlement procède à une analyse correcte et un débat digne de ce nom... Mais plus sérieusement : pendant combien de temps la France va-t-elle continuer à faire croire que les OGM, comme les radiations nucléaires, s'arrêtent à ses frontières ?
08:50 Publié dans A la une: OGM , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.01.2008
Français, vivez voilés en Afghanistan et hétérosexuels au Cameroun !
Une circulaire du ministère des Affaires étrangères du 28 septembre limite la portée du PACS à l’étranger puisque l’autorité du poste local doit désormais « s’assurer que l’ordre public local ne prohibe pas la vie de couple, hors mariage, de deux personnes de sexe différent ou de même sexe » (Le Monde du 19 décembre 2007). Si tel est le cas, la conclusion du PACS est refusée. Si les futurs pacsés sont tous deux français, alors il peuvent persister à la condition de signer une sorte de décharge stipulant qu’ils assument les risques en pleine connaissance de cause ; si l’un des deux est étranger, le refus du PACS est sans appel. Quarante pays sont touchés par cette circulaire et les couples concernés doivent faire preuve de beaucoup de détermination pour parvenir à leurs fins.
On peut comprendre que le bon sens implique de tenir compte de son environnement social et culturel lorsque l’on décide d’aller vivre à l’étranger, mais qui aurait imaginé que les autorités françaises iraient jusqu’à soumettre l’exercice de nos règles de droit à l’ordre juridique de pays qui condamnent pénalement l’homosexualité ou l’union libre et sont parfois de véritables dictatures ? Demain, les ambassades obligeront-elles les femmes françaises à se voiler à Kaboul ou Ryad et leur demanderont-elles de reconnaître à leur mari un pouvoir total sur elles pour complaire aux traditions locales ? Nous voilà bien loin de la République universelle. Non seulement la France a renoncé à porter les valeurs de la République dans le monde, comme l’a encore montré la visite honteuse de Kadhafi à Paris, mais en plus elle en bornerait le champ d’application à ses frontières, renvoyant les Français de l’étranger et leurs familles à la loi locale.
Un tel déni de droit ne pouvait être compatible avec les règles de la République. Saisi en référé par quatre associations, le Conseil d’État a ordonné la suspension d’une partie de la circulaire le mardi 18 décembre, estimant notamment que le Quai d’Orsay avait « méconnu le principe d’égalité » en « soumettant à un régime de transcription différent » les PACS dont les partenaires sont français et ceux qui associent un français et un étranger (Le Monde du 21 décembre 2007).
Le combat républicain est encore devant nous. Selon une formule désormais célèbre, « tout se tient ». Le droit républicain fait des citoyens des égaux et fonde leurs libertés individuelles ; la démocratie et le système judiciaire garantissent le respect de ce droit et la possibilité de se mobiliser pour le défendre et le faire progresser ; la laïcité assure le respect de la liberté absolue de conscience. Toute défaillance d’un ces quatre piliers menace l’équilibre de la République. Celle-ci doit aujourd’hui être défendue.
09:05 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



