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29.03.2008

Vie étudiante : le bonheur est-il dans la ville ?

Le 15 février 2008, l'AFEV publiait le compte-rendu du séminaire du 28 novembre 2007, organisé par l'AFEV et l'AVUF sur le thème "vie étudiante : le bonheur est dans la ville". En effet, la question du rapport des étudiants à leur territoire se pose plus que jamais.

6ac5a9669a0ef1120119c07244516454.jpgLe premier constat qui s’impose est l’étroitesse grandissante des liens entre les différentes institutions qui rythment la vie des étudiants : l’établissement d’études, la ville de résidence, les collectivités locales, les CROUS, les associations implantées sur le territoire. Ainsi, tandis que les universités acquièrent une part de plus en plus grande d’autonomie avec la loi LRU, des postes de responsables de la vie étudiante ont émergé au sein des collectivités territoriales, notamment dans les mairies et les communautés d’agglomérations.

Ce prise en compte de la population étudiante n’est pas anodine et n’a rien d’une lubie de la gauche : la génération qui étudie en ce moment au sein des établissements d’enseignement supérieur est celle qui détiendra demain le pouvoir d’interagir sur l’économie, la politique, la vie locale et la collectivité. Elle exprime déjà, dans sa majorité et sous des formes diverses, un désir de citoyenneté évident. Peut-on décemment décider d’ignorer ce désir d’engagement ? Il est clair que non ; il est impératif de faciliter l’investissement des étudiants dans leur ville, leur département ou leur région d’accueil ou de résidence.

Mais du fait des lois de décentralisation, il y a une question spécifiquement française du rôle des collectivités locales en la matière, ce qui n’est pas si simple puisque les compétences en jeu sont diverses et répondent à des logiques "hors cadre", de nombreuses compétences s’exprimant aujourd’hui, de facto, en dehors des textes. La plus grande difficulté est donc la coordination entre les différents acteurs : faut-il plus d’Etat, comme le pensent certains, ou plus de décentralisation, comme le pensent d’autre ?

Remarquons que ces deux souhaits ne sont pas contradictoires : on peut tout à fait souhaiter que l’Etat remplisse mieux son rôle en termes d’enseignement supérieur, tout en souhaitant une plus grande implication des collectivités territoriales.

Ceci étant, se pose la question de la modalité d’intervention des villes. Car il n’y a ni modèle ni réponse unique à l’intégration urbaine des étudiants. D’une part parce que chaque ville constitue un cas particulier, d’autre part parce que la taille du site créée elle aussi des situations bien différentes. Et bien sûr, la question du financement est au coeur de la problématique ; c’est illustration du besoin de coopération entre les différents acteurs, comme le démontre le recours de plus en plus fréquent à des financements mixtes.

Pour conclure, il faut enfin admettre que le bonheur n’est plus dans le pré depuis longtemps : 60% des Français habitent dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants, et ce chiffre est amené à croître encore. Or la ville, c’est l’équilibre entre les générations, les populations, les fonctions, etc. C’est pourquoi il faut procéder sans arrogance mais sans complexe, en réunissant le plus souvent possible l’ensemble des acteurs en présence autour d’une table de négociation.

25.03.2008

Fracture ou apartheid numérique ?

Les récentes élections municipales ont vu Internet jouer un rôle plus important que jamais. Cette fois, chaque candidat avait créé son site et présentait souvent journal de campagne, podcasts, vidéos… Lors des deux soirées électorales, le site www.lemonde.fr a connu une fréquentation proche de celle des grandes chaînes télé. Cette banalisation d’Internet ne doit pas masquer les inégalités d’accès qui restent très importantes.

En octobre 2005, la moitié des ménages disposait d’un micro-ordinateur et 36,5% d’un accès Internet. On estime que, depuis, ces taux ont du augmenter de 5% chaque année. Mais les Français ne sont pas égaux face à l’accès au numérique. Parmi les 20% aux revenus les plus faibles, un tiers est équipé d’un ordinateur et 20% d’un accès. Pour les 20% les plus riches, ces taux sont respectivement de 88% et 70%.

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Cet écart ne serait pas inquiétant s’il se réduisait régulièrement. En effet, parmi les 20% des Français aux revenus les plus faibles figurent de nombreuses personnes âgées qui estiment, à tort ou à raison, ne pas avoir besoin d’Internet. Malheureusement, ce n’est pas le cas. L’écart d’accès à Internet entre les plus diplômés et les moins diplômés est resté sensiblement le même ces dernières années, montrant ainsi que la question culturelle de la maîtrise de l’outil numérique reste déterminante.

Notre pays courrait donc un grand danger d’apartheid numérique si l’on poursuivait le mouvement de dématérialisation de l’information ou des procédures administratives sans prendre à bras le corps la question de l’accès à Internet. Dans un contexte de baisse rapide des prix des ordinateurs comme des abonnements, le principal obstacle à lever semble être celui de la maîtrise par tous de cette technologie. Il est temps que l’État, le système éducatif, les associations et les collectivités locales joignent leur efforts pour mener à bien ce travail de découverte et de formation afin d’assurer l’avènement d’une société de l’Internet pour tous.

22.03.2008

Elections 2008 : un bilan encourageant mais porteur d’exigence pour la gauche et le PS

2008 aura donc été un excellent cru électoral pour la gauche. Le succès de mon amie Martine Lignières-Cassou à Pau m’a fait particulièrement chaud au cœur. Il serait par contre dangereux de voir dans cette victoire un blanc-seing ou un signe de rétablissement durable pour le Parti Socialiste. L’examen détaillé de la situation en Loire-Atlantique doit nous permettre de réfléchir sereinement et collectivement à la nouvelle situation politique.

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La victoire de la gauche dans notre département est d’abord une défaite de la droite. Celle-ci a étalé ses divisions et son incapacité à renouveler son dispositif. Son électorat s’est démobilisé et ses leaders sont le plus souvent apparus comme déconnectés des réalités locales. A contrario, là où le dispositif de la droite restait solide et où les maires sortants n’avaient pas commis d’erreurs spectaculaires, la gauche n’a pas réussi à progresser significativement malgré de bons candidats et des campagnes militantes actives comme à Ancenis, Châteaubriant ou Vertou.

Les progrès de la gauche sont pour autant spectaculaires, notamment aux élections municipales. Si nous n’avons gagné qu’une seule commune de plus de 10 000 habitants, Sainte-Luce-sur-Loire, où je suis désormais 1er adjoint, nous avons conquis 12 villes de plus de 3500 habitants (Clisson, Vallet, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Donges, Blain, Plessé, Vigneux-de-Bretagne, Sucé-sur-Erdre, Le Cellier) dont trois dans l’agglomération nantaise : Bouaye, Saint-Aignan-de-Grand-Lieu et mes voisins de Thouaré. Ces victoires montrent qu’aucun secteur du département n’est plus hors d’atteinte de la gauche et que la persévérance paye. Les malheureuses défaites de Pornichet et de Savenay ne sauraient ternir ce bilan qui témoigne d’un ancrage en profondeur de la gauche dans le département. Les cinq cantons supplémentaires gagnés à Saint-Mars-la-Jaille, Machecoul, Saint-Père-en-Retz, Vallet et Nantes 6 viennent confirmer cette analyse.

Nous avons également réussi les passages de relais entre générations avec de nouveaux maires prenant la succession de leurs aînés à Saint-Jean-de-Boiseau, Le Pellerin, La Chapelle-des-Marais, Herbignac, La Chapelle-sur-Erdre. Dans cette dernière ville le score spectaculaire de Fabrice Roussel avec plus de 64% des voix montre que l’on peut, à 35 ans, symboliser aux yeux de la population à la fois le renouvellement et l’expérience.

Tout triomphalisme des socialistes en Loire-Atlantique serait pourtant dangereux. La situation du Finistère où, malgré des conquêtes et un ancrage à gauche confirmé, le PS a perdu d’un seul coup Morlaix, Châteaulin, Landerneau, Quimperlé et Concarneau, doit nous inciter à la plus grande prudence. A chaque fois que le dispositif socialiste présente des signes de faiblesse, la sanction électorale peut survenir très rapidement, nos amis nazairiens viennent d’en percevoir un avant-goût amer.

Une des clés de la victoire de la gauche en Loire-Atlantique a été son unité. Notre département doit être un des seul dans lequel ont été conclus des accords départementaux dès le premier tour avec l’ensemble des partis de gauche dont les Verts et le PS. Cet accord a notamment permis de préserver le seul siège communiste au Conseil Général et d’y faire rentrer pour la première fois un Vert, Gilles Denigot, qui a réalisé un excellent score à Saint-Nazaire Ouest avec près de 66%. L’accord a surtout permis de créer une dynamique de rassemblement à gauche qui a limité les concurrences et les conflits.

Cette stratégie a été salutaire. En effet, chacun a pu constater lors de ces élections locales que les listes « citoyennes », d’extrême gauche, les Verts (surtout aux cantonales dans le 44), voire le Modem ou le PCF avaient réussi de belles performances électorales. Au regard de ces différents résultats, je suis arrivé à la conclusion qu’une partie de l’électorat de gauche, autour de 10% des voix, exprimaient leur méfiance à l’égard du parti98cc79409475424bd424332bae15113e.jpg socialiste en cherchant dans l’offre politique disponible une autre façon d’exprimer leur volonté de changement. Nous devons tenir compte de cette réalité et relever le niveau d’exigence à l’égard de nous-mêmes si nous voulons réussir à rassembler durablement la gauche autour du Parti Socialiste. A cet égard, le score de Jean-Marc Ayrault à Nantes est tout à fait extraordinaire. Réunir plus de 55% des voix à Nantes malgré une liste Modem et 4 autres listes de gauche et d’extrême-gauche contenues à un total de moins de 8% montre une capacité étonnante à fédérer la gauche et au-delà, après pourtant trois mandats à la tête de la municipalité.

Pour réussir, la gauche doit donc réunir quatre conditions :
    . Un leadership reconnu, un PS uni et le rassemblement de toute la gauche autour de lui ;
    . Un projet crédible adapté aux nouveaux enjeux et nouvelles attentes ;
    . Une capacité à nouer une relation de qualité avec la population, à faire vivre une démocratie ouverte et vivante ;
    . Un renouvellement effectif et une ouverture des équipes sur la diversité des territoires.

Dans les années à venir, nous devons rester fidèles à cette « formule magique », quelles que soient les élections, nationales ou locales, que nous devrons préparer. Dans le département, nous nous trouvons désormais à la tête d’un réseau de pouvoirs locaux inégalé. Il nous revient de retrouver la volonté politique d’animer ce réseau d’élus, pour assurer la cohérence de l’action menée sur les territoires, pour préparer l’avenir et pour aider ceux qui n’ont pas encore gagné à engager les conquêtes de demain. Cela devrait être le rôle de notre fédération des élus socialistes et républicains ; gageons que nous sauront également trouver dans ce domaine la voie du renouveau.

18.03.2008

Enfin un cadre européen pour la reconnaissance des diplômes !

49d9ca988a59521bf2d767fd32a11ae1.jpg D'un pur point de vue théorique, il n'existe pas, sauf exception, d'équivalence réglementaire entre diplômes français et diplômes étrangers, même à l'intérieur de l'Union européenne. En effet, la réforme LMD et le processus de Bologne ont pour but de donner un cadre commun aux grades universitaires des Etats-membres de l'UE, mais pas de créer un système universitaire européen unique.

Les choses vont changer : lors de la session plénière du 22 au 25 octobre, le Parlement européen a voté en première lecture une recommandation en codécision relative au Cadre Européen des Certifications pour l'éducation et la formation tout au long de la vie (CEC). Puis la proposition a été adoptée le 15 novembre 2007 par le Conseil et le Parlement européen.

S'inscrivant dans le courant des initiatives communautaires en faveur d'un espace européen de la connaissance et de la mobilité, le CEC vise à créer une coordination communautaire où chaque Etat membre valide un "étalon" commun en matière de formation.

Le coeur du CEC est constitué de huit niveaux de référence décrivant ce que l’apprenant sait, ce qu’il comprend et ce qu’il est capable de faire, indépendamment du système dans lequel la certification a été délivrée. Ce système de niveaux de référence s’écarte donc de l’approche traditionnelle (qui met l’accent sur les moyens) pour mettre l'accent sur les résultats.

Précision aux esprits grincheux qui voient l'ogre européen partout : il ne s'agit pas d'un nouveau système de certification au niveau communautaire qui délivrerait des diplômes européens ; les Etats conservent leur compétence pour l’élaboration des titres, des grades et des qualifications. La spécificité de chaque système éducatif est donc préservée.

La création du CEC est un progrès important pour la mobilité en Europe car pour l'instant, la libre circulation des personnes dans un cadre de formation ou d'emploi se heurtait à un obstacle significatif :5beb59e1a6c608aa4c3bf6cddc05b590.jpg le caractère national (voire régional) des qualifications et des certifications. Ce qui aboutissant d'ailleurs à une situation très paradoxale : le marché du travail européen était de plus en plus ouvert mais la reconnaissance de la compétence d'un individu était difficilement transférable d'un Etat à l'autre... C'est un peu comme si on faisait le marché commun sans pouvoir convertir les devises.

On peut donc espérer que le CEC va permettre une meilleure reconnaissance des qualifications professionnelles des salariés et donc une meilleure rémunération de leur savoir-faire, quel que soit leur Etat d'origine. Bye bye Bolkestein ?

15.03.2008

En route pour six ans de mandat municipal à Sainte-Luce

Le conseil municipal de Sainte-Luce-sur-Loire s'est réuni ce matin pour élire le Maire et installer la nouvelle équipe municipale. Cinq mois après notre victoire lors des élections partielles d'octobre 2007, la gauche a été confirmée à la tête de la commune avec un score éclatant, passant de 56 à 62% des voix.

C'est la même équipe qui a été reconduite autour de notre maire, Bernard Aunette. C'est désormais pour six ans que j'ai en charge la fonction de 1er adjoint, délégué à l'éducation et à la jeunesse. Conseiller communautaire, je participerai également à l'animation de Nantes Métropole aux cotés de Jean-Marc Ayrault. Je compte m'y investir dans les questions de développement économique et d'innovation. Bernard Aunette m'a également demandé d'animer notre groupe politique, un des deux qui compose la majorité municipale et qui rassemble à lui seul 18 élus sur 33. C'est à ce titre que je suis intervenu ce matin en conseil municipal.

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Je suis impatient de reprendre la marche en avant des projets que nous avons engagés depuis octobre : élaborer un nouveau contrat enfance-jeunesse puis un projet éducatif local, rapprocher les acteurs de l'école et de la ville, contribuer à la réussite éducative des enfants, reconnaître pleinement la place des jeunes dans la ville...

La gauche de demain s'invente aujourd'hui, concrètement.

Nous nous remettons au travail sans tarder.

12.03.2008

Rapport Anciaux II : des idées, oui... mais des moyens ?

56465f557a7ea707070f1281c77479d5.jpg Vendredi 15 février 2008, le député UMP Jean-Paul Anciaux a rendu officiellement son second rapport sur le logement étudiant, venant 4 ans après le premier rapport publié en 2004.

Ce nouveau document commence par un bilan du "plan Anciaux" de 2004 et les conclusions sont sévères. En lieu et place des 21 000 logements à réhabiliter et des 15 000 logements à construire entre 2004 et 2007, le bilan est de 17 500 réhabilitations et seulement 6 300 constructions.

Les raisons en sont nombreuses : augmentation du coût des matériaux, difficulté pour trouver des terrains... Mais le malaise vient directement du gouvernement : quand le budget 2007 du CNOUS prévoyait de réaliser seulement deux tiers des objectifs, il ne fallait pas s'attendre à des résultants probants. Ces retards sont-ils destinés à se reproduire et être dénoncés dans quelques années par une troisième rapport Anciaux? Espérons donc que les propositions du député seront cette fois-ci mises en oeuvre.

Parmi les pistes intéressantes, on peut relever la place des Crous comme premiers opérateurs du logement social étudiant (ce qui n'exclut pas bien sûr des partenariats avec le parc privé) et le développement de la colocation. Sur ce dernier point, il est important de préciser qu'outre les économies réalisées par des étudiants souvent peu fortunés, la colocation permet de créer un lien social, luttant ainsi contre la solitude et le cloisonnement chez une population qui souffre souvent d'un certain mal-être.

Reste bien sûr la question du budget : selon le rapport, la réhabilitation de 7 000 chambres (par an) coûterait 140 millions d'Euros (par an) et la construction de 5 000 chambres (par an) coûterait 200 millions d'Euros (par an). Si je compte bien, cela fait 340 millions par an. Dès lors, je ne comprends vraiment pas pourquoi Valérie Pécresse et Christine Boutin se félicitent d'avoir inscrit 155 millions pour le logement étudiant au budget 2008. Est-ce moi qui compte mal ou bien se moque-t-on du monde ?

Du côté des Pays de la Loire, la Région a pris l’engagement de favoriser toutes les initiatives en faveur du logement étudiant. C'est ainsi qu'elle signait une convention avec le CROUS en mars 2007, visant la rénovation de 2 343 chambres sur l'ensemble du territoire des Pays de la Loire, pour un montant de 21 Millions d’Euros sur 7 ans. De plus, la Région des Pays de la Loire soutient les projets de construction de logements sociaux neufs à hauteur de 10 % du coût HT (avec un plafond de 300 000 €).

Parallèlement, Jean-Marc Ayrault s'est engagé lors de la présentation de son programme communautaire, le 13 février 2008, à construire 1000 logements étudiants sur le prochain mandat. De plus, le Conseil général de Loire-Atlantique entreprend de réaménager en logement social étudiant l'ancienne Clinique de la Haute-Forêt à Nantes, celle-ci se situant à proximité de la Faculté des Sciences. Ce seront ainsi 167 logements supplémentaires qui seront disponibles pour les étudiants.

11.03.2008

Le monde selon Monsanto

7a618ac60f7da3e4cd6c2f74c5f88d5d.png Ce soir à 21h sur Arte, vous pourrez retrouver le documentaire de Marie-Monique Robin : "Le monde selon Monsanto". Pour la première fois, une journaliste s’attache à dévoiler la "vision du monde" de Monsanto, leader mondial des OGM.

Vous serez effrayés par le messianisme d’une entreprise qui voit dans le génie génétique une opportunité de réinventer le monde et d’en tirer d’extraordinaires profit.

Ce documentaire pourra utilement être prolongé par la lecture passionnante de "la guerre secrète des OGM" d’Hervé Kempf, journaliste au Monde, disponible en poche dans la collection "point science".

08.03.2008

Municipales : un détour par Pau avec Martine Lignières-Cassou

5a75818bfdaa66e16064b17b5d56e418.png En cette veille d’élections municipales, plutôt que de commenter l’actualité locale, je vous propose de faire un détour par Pau, ville qui symbolise à elle seule bien des affres de notre vie politique...

A Pau règne l’ouverture à la sauce Sarkozy. Yves Urieta, élu socialiste choisi contre l’avis des militants pour devenir Maire après le décès d’André Labarrère, a trahi son camp pour être investi par l’UMP. C’est également à Pau que François Bayrou va sceller son destin national en tentant de conquérir la Mairie. Dans ce contexte, Martine Lignières-Casou a choisi de relever le défi pour garder Pau à gauche.

Je connais bien Martine. Nous avons travaillé ensemble au sein de la direction du Parti Socialiste. C’est une femme chaleureuse et bosseuse, intellectuelle assumée et élue de terrain proche des citoyens. Elle a toujours fait le choix de ses convictions ainsi que du respect du parti et de ses militants. Députée depuis 1997, elle n’a jamais cessé d’animer le débat politique local en multipliant les compte-rendu de mandat, les rencontres-débats, les cafés citoyens... Elle représente le parti que j’aime, celui des militants exigeants pour eux comme pour les autres.

Au sein de la direction du PS, nous avions tenté d’élaborer et de faire adopter une « charte de la transformation sociale ». Après la défaite de 2002, il nous semblait nécessaire d’écrire la méthode des socialistes, comment ils comptaient travailler avec les citoyens et les acteurs sociaux, dans la majorité comme dans l’opposition. Nous étions convaincus qu’il n’y avait pas de transformation possible de la société sans mettre en mouvement ses forces vives et sans créer les conditions d’une adhésion profonde à des réformes construites avec les citoyens. Nous pensions également que la décision ne suffisait pas à produire le changement, qu’il était indispensable de réussir la mise en œuvre et d’ajuster en permanence l’action publique en lien avec les acteurs pour rester fidèles à l’intention initiale et garantir son efficacité sur le terrain. Cette démarche avait malheureusement rencontré peu d’écho, elle est pourtant toujours d’une brûlante actualité.

Vous comprendrez donc que j’attende avec impatience le vote des Palois. Si Martine bat en même temps l’ancien notable socialiste qui a trahi son camp, et le chef de file d’une troisième voie illusoire, elle montrera que l’authenticité, la fidélité à ses valeurs, et la continuité dans un travail exemplaire peuvent l’emporter dans le monde politique d’aujourd’hui.

05.03.2008

A lire : "le classement de Shanghai au service de la réforme"

Je vous recommande la lecture du très bon article de Laurent Bouvet, publié le 28 février sur Nonfiction.fr et intitulé : "le classement de Shanghai au service de la réforme".

En résumé : les classements des meilleurs universités sont contestés (et contestables) quant à leur pertinence et leurs méthodes d’élaboration mais le fait est que les universitaires intègrent ces critères dans leurs offres de formation afin d'y figurer...

Et pour cause : la domination des universités américaines (Harvard, Yale...) et anglo-saxonnes (Cambridge, Oxford...) est la preuve par l'exemple que la visibilité mondiale d'une offre éducative d’excellence nécessite de fédérer des forces et des ressources importantes. La refonte du système d'enseignement supérieur en France est donc un passage obligé, ce qui implique non seulement la remise à plat de l’organisation et des structures du système, mais aussi l’attribution de moyens financiers et humains à la hauteur des ambitions affichées par tous les acteurs.

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02.03.2008

Agrocarburants : la fin avant le début ?

3a2172eda8dd4bbde95d00092d55dc44.jpg Les agrocarburants ont du plomb dans l’aile. J’avais déjà dénoncé il y a plusieurs mois l’ineptie économique, écologique et agronomique des agrocarburants. Depuis, les mauvaises nouvelles ne cessent de tomber. L’avenir de cette industrie semble déjà compromis alors qu’elle n’a pas encore pris son envol...

Jugez-en plutôt :

- En augmentant la demande pour les céréales, la relance des agrocarburants s’est traduite par une envolée de prix des matières premières. L’augmentation du prix de l’alimentation qui en résulte pèse sur le pouvoir d’achat dans les pays développé menace l’approvisionnement des pays pauvres. Le plus absurde est que cette hausse du prix des matières premières condamne l’industrie des biocarburants elle-même puisque la hausse des prix de revient qui en résulte ruine sa compétitivité.

- L’institut de l’élevage dénonce l’augmentation du coût de production du lait et de la viande liée à la montée en puissance des agrocarburants qui pourrait mener « à l’abandon de l’herbe, des fourrages cultivés, des systèmes économes en énergie et fournisseurs de produits de qualité ».

- Un rapport de la chambre des communes britannique est venu confirmer, après d’autres études de l’OCDE et de la FAO, le bilan environnemental négatif des agrocarburants. Les parlementaires entendent limiter le soutien public aux seules cultures présentant un avantage écologique par rapport à l’essence. Ils dénoncent « le soutien aux biocarburants [qui] a été prématuré au regard des risques environnementaux importants associés aux technologies actuelles ».

- 150 scientifiques, réunis à Grenoble les 28 et 29 janvier, se sont demandés « comment [on avait] pu s’engager aussi rapidement dans la production d’agrocarburants ». Ils soulignent notamment les conséquences environnementales négatives pour la biodiversité, la forêt, la consommation de l’eau et les pollutions par les nitrates. Ils recommandent à contrario la valorisation de la biomasse, notamment dans les pays du Sud.

- Last but not least, les acteurs des filières de l’énergie demandent de réviser à la baisse l’incorporation du « pétrole vert » dans l’essence. L’Agence Internationale de l’Energie recommande quant à elle « l’arrêt des investissements nouveaux dans la production de biocarburants de première génération » en raison de « coûts élevés », d’une « utilisation importante des surfaces agricoles », et d’un « renchérissement des matières premières ». (Le Monde 23/02/2008)98d67c8c0bd013cc137ff1161323fd26.gif


Fermez le ban ! La promotion des agrocarburants n’a jamais eu comme fondement l’intérêt général mais le soutien aux grandes cultures céréalières et à la FNSEA qui faisait lors de son dernier congrès du non-alimentaire la planche de salut de l’agriculture du 21ème siècle. Il faut donc aujourd’hui faire preuve de lucidité et stopper une fuite en avant déraisonnable dans le monde agricole et industriel.

Pour autant, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’échec des agrocarburants ne doit pas faire oublier les promesses des biocarburants de seconde génération : valorisation des déchets et de la biomasse, micro-organismes producteurs d’énergie … Tournons la page des agrocarburants pour ouvrir celle des biocarburants et de la bioénergie.

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