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01.04.2008

Faut-il un TSS ou un DRH pour le Parti Socialiste ?

f50312b72d4e003dec61a5a24dc700e2.gif Le Conseil National du PS a eu lieu mardi 25 mars. La presse a souligné le caractère consensuel des travaux, marquant ainsi une pause avant d’éventuels affrontements à l’approche du Congrès. Pour avoir assisté à cette soirée, je peux témoigner de l’assaut de langue de bois à laquelle elle a donné lieu. Chacun s’est employé à ne rien dire pour éviter de commettre une faute mais on sent en coulisse le cliquetis des armes que l’on apprête.

On en viendrait presque à regretter le temps des grands congrès socialistes où des visions différentes de l’action politique et de la transformation de la société s’affrontaient et étaient tranchées par les militants. Depuis près de 20 ans, ce sont les conflits de personnes et de pouvoir qui structurent la vie du PS au grand désespoir de ses militants. Ainsi, la tendance la plus lourde de ce pré-congrès est le TSS : « Tous Sauf Ségolène ». On voit ainsi Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone et Arnaud Montebourg (1), que tout sépare, œuvrer main dans la main dans ce sens.

Les bases politiques du congrès semblent pourtant simples. 60 à 80% des adhérents du PS sont partisans d’une ligne réformiste et sociale-démocrate. Ils ont voté Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn au moment de la désignation pour l’élection présidentielle. L’aile gauche assume son refus de la construction européenne actuelle et pratique une surenchère verbale qui la pousse parfois aux marges du PS comme le montre l’exemple de Jean-Luc Mélenchon. Au lieu de chercher des alliés au sein de la gauche du Parti pour régler ses conflits de personnes, la majorité réformiste du PS devrait assumer collectivement et solidairement son orientation, permettant ainsi de proposer aux militants et aux citoyens la clarté et la cohérence qu’ils appellent de leurs vœux.

Prenez Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Les styles sont, il est vrai, différents et certains voudraient les présenter comme les deux pôles d’un choix politique alternatif. Cette fiction est plaisante mais cache mal le vide abyssal qu’elle recèle. 874797ff513bffc113e475a6c341c86f.jpg L’attachement au développement durable et à la démocratie participative, la primauté des questions de société dans leur engagement, leur pragmatisme absolu, ainsi que l’accusation d’autoritarisme, tout rapproche ces deux personnalités qui représentent sûrement ce que le PS compte de plus crédible et créatif. Prenez maintenant les mêmes et François Hollande. Ils ont toujours défendu les mêmes options politiques, autour de Lionel Jospin, pour le traité européen, pour Ségolène Royal à la présidentielle.

Qui osera nous demander de choisir entre les uns et les autres, sur quels critères et en fonction de quelles divergences ?

« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Les apprentis sorciers qui veulent dresser les uns contre les autres trouveront les artifices qui justifieraient un affrontement au congrès. L’anti-ségolènisme primaire peut servir de ciment à une alliance contre nature. Et si tout simplement celles et ceux qui pensent la même chose défendaient ensemble leurs convictions et s’unissaient pour faire du Parti Socialiste l’outil efficace dont tous auraient besoin pour espérer gagner l’élection présidentielle ? Le PS n’a donc pas besoin d’un TSS, « Tous Sauf Ségolène », mais d’un bon DRH, « Delanoë, Royal, Hollande » (2), pour trouver le chemin de la crédibilité et du succès.


1- Spéciale dédicace à Arnaud Montebourg, fervent défenseur du non cumul des mandats et désormais Député et Président du Conseil Général de la Saône-et-Loire.
2- Bienvenu à DSK dans la bande à son retour du FMI.

Commentaires

Il est clair que la pseudo coalition qui semble vouloir se mettre en place sous le nom de "reconstructeurs" ne rime à rien. Alliance de circonstance pour limiter l'influence de tel ou telle. Mais encore pire à mes yeux: je regrette profondément que le PS ne se soit pas lancé dans son congrès dès l'après présidentielle, et nombreux parmi ces reconstructeurs affirment un tel regret, mais alors, que nous proposent-ils un congrès pour rien ?

En effet, ne nous disent-ils pas: prenons le temps lors des prochaines années de reconstruire le PS, de reconstruire ses analyses, ses propositions, etc. Mais alors quelle orientation lors du congrès ? Allons nous nous contenter de voter une motion qui ne dira rien, car sur quoi sont-ils d'accord en terme de ligne politique, mais qui dira simplement: nous travaillerons et déciderons pendant les prochaines années ?

Donc, un congrès pour rien, repoussons encore à après (et à quelles procédures ?), le débat de fond et la définition de notre orientation.

Non non non et non !

Et à ce sujet, je ne partage pas ton souhait de voir François Hollande jouer un rôle particulier dans ce congrès. Il a eu plus de 10 ans pour permettre au PS de se donner des analyses, des idées, des propositions, et il a passé son temps à faire le contraire. alors non, non plus.


Il appartient aux militantes et militants d'aborder ce congrès avec beaucoup d'exigence et beaucoup de libre arbitre !

Ecrit par : Filip | 01.04.2008

Excellent article

Ecrit par : FP NICOLAS | 01.04.2008

A mon avis, tout est beaucoup plus simple. On sait déjà que c'est la ligne centre gauche qui gagnera le congrès. Sous quel nom, je n'en sais rien (Delanoe, Royal, Mosco, Aubry ...), mais le choix de la ligne ne fait pas de doute.

La méthode des "reconstructeurs" laisse à désirer, certes. Ils manifestent leur volonté de ne pas renouveler l'expérience Royal, mais ils s'y prennent mal. S'ils pensent cela, qu'ils le disent clairement et basta.

Maintenant, on ne va pas non plus cracher sur une tentative de rallier les courants du PS, alors même que d'autres plaident une alliance allant du modem aux altermondialistes, voire l'extrême gauche, que presque tout sépare.

C'est le mélange des deux qui met mal à l'aise. Qu'ils disent clairement, une fois pour toute, qu'ils ne veulent pas tel ou telle candidat(e) et qu'ils n'y reviennent plus. Et ensuite, qu'ils essaient de rapprocher les courants, pourquoi pas.

Mais bon, le suspense n'est pas très grand. La ligne est déjà choisie.

Bon, sinon, tu dis que 60 à 80% ont choisi la voie socdem aux dernières primaires. Faut pas oublier le NPS et Montebourg qui s'étaient fortement engagés derrière Royal, mais représentant une ligne pas forcément socdem, donc ça fausse un peu les chiffres.

Et pour les attributs rassemblant Delanoe et Royal, on pourrait en citer pas mal d'autres qui les différencient :) Leur ligne est quasi identique, leur personnalité beaucoup moins et leur rapport au public encore moins. Niveau crédibilité, je suis sceptique.

En tous cas, je pense qu'il faut choisir et un projet et un leader, en même temps. On ne va pas choisir un projet 4 ans à l'avance, il serait d'ores et déjà obsolète en 2012, ni mettre en avant un candidat pour 2012 dès 2008, il serait grillé. Mais orienter le parti vers la socdem, c'est tout à faisable dès aujourd'hui !

Ecrit par : Nicolas (Nantes) | 01.04.2008

Et le travail des militants, il commence quand et comment ? Quel rôle pour les sections ? Faut-il aller re-chercher et faire revenir tous les militants qui ont accouru au PS il y a un an avant d'en repartir illico lorsqu'ils se sont aperçus que le PS était encore un parti d'élus ( petits ou grands) au lieu d'être un parti de militants de base ? La place que l'on va laisser aux militants dans les mois qui suivent est le seul critère qui, pour moi, va montrer quelle personnalité à une ambition pour notre parti ou simplement une ambition personnelle. C'est ce critère qui nous dira si nous resterons un parti de pouvoir local ou si nous entamerons notre mue en un parti de prise de pouvoir national. Donc, évidemment on peut toujours théoriser sur l'orientation politique, le leader naturel, etc... mais si la liberté de débat de la base militante n'est pas mise en avant, c'est fichu d'avance.

Ecrit par : Emmanuel Renoux | 01.04.2008

Cela suffit ! Non, ça ne suffit pas. C'est beaucoup trop. Depuis trop longtemps. Il a fallu quatre ans aux révolutionnaires de 89 pour oser couper la tête du pauvre Louis XVI incapable de suivre l'évolution de son temps. Les socialistes, je parle des militants, sont depuis beaucoup plus longtemps à la merci d'un "quarteron" d'éléphants qui croient écrire l'histoire de France à grands coups de pieds dans les jambes de leurs voisins ! Qu'est-ce qu'on peut faire pour les obliger à regarder ailleurs ? Avant de reprocher à Sarkozy de ne pas entendre le message que les électeurs lui ont paraît-il envoyé lors des municipales, que ne prennent-ils le temps de considérer que ce message s'adresse aussi à eux ? D'abord à eux ! A la base, dans les communes, dans les régions les socialistes attirent la confiance. Pourquoi pas à l'échelon national ? Qui se voit à l'échelon national ? Qu'est-ce qu'on y entend ? Comment se fait-il que nos dirigeants nationaux emmènent toujours à l'échec ceux qui gagnent chez eux ? Comment peuvent-ils croire encore qu'ils parlent au nom des socialistes quand la parole "d'en bas", attendue et reconnue, arrive en haut défigurée, rejetée ?

Est-ce que le prochain congrès sera enfin celui de la grande lessive qui ravivra les vraies couleurs du socialisme en poussant dehors ceux qui les souillent de leurs petites combines ? Tout ce qui reste des avatars d'un mouvement qui ne bouge plus, qu'on empêche de bouger. On ne va tout de même pas être obligé de donner raison à ceux qui jouissent de l'agitation de Sarko parce qu'on dirait que, lui au moins, il bouge !

"Ne pas agir quand la justice le commande, c'est de la lâcheté". Parole de Confucius. Bonne nuit à tous.

Ecrit par : MJR | 01.04.2008

Merci pour vos réactions. Je voudrai repartir de la contribution d'Emmanuel Renoux (je salue le nouvel adjoint au Maire de Treillières!)

Chaque note à son angle d'attaque et l'écriture de type blog ne permets pas de traiter tous les aspects de la préparation du congrès en une seule fois. Je suis pour autant complètement d'accord avec toi sur le fait que l'enjeu central pour les mois à venir est de savoir si le PS doit être une simple extension de son réseau d'élus (nous le sommes toi et moi) ou si il a l'ambition de devenir un parti de masse, en tout cas un parti beaucoup plus nombreux, et se stabiliser autour de 300 000 adhérents, chiffre atteint au plus haut de la vague d'adhésion de 2006.

Je suis convaincu depuis toujours que la rénovation du PS passe par son ouverture et que seul un parti aux effectifs nombreux pour vivre en phase, en interaction permanente, avec la société et ses transformations. Le PS doit être un parti d'élus et de militants certes, mais surtout un parti d'adhérents. Il est donc urgent de faire revenir ceux qui viennent de le quitter.

Alors oui, les militants du PS doivent prendre la parole sans attendre les phases "officielles" du congrès qui vont démarrer début juillet. Leur liberté dans le congrès est liée aux questions que j'évoque dans ma note. Si le congrès est pollué par les luttes de personnes, alors ils seront pris en otage et leur voix ne comptera pas. Si le congrès s'organise autour de la clarification de l'identité et du projet socialiste, alors leur contribution prendra tout son sens.

Enfin, pour répondre à MJR, n'opposons pas les socialistes entre eux. Le terme de "grande lessive" fait froid dans le dos. Demandons des comptes à nos leaders oui, mais en avançant des positions et des propositions, non pas en voulant couper des têtes, on sait comme cela commence et comment cela finit.

Amicalement,

Christophe Clergeau

Ecrit par : Christophe Clergeau | 02.04.2008

N'opposons pas les socialistes entre eux, d'autant plus que les "grands leader nationaux" sont les mêmes que les "petits élus locaux". Lequel de nos leader n'est ni élu d'une circonscription, ni maire d'une ville, ni élu d'un canton, ni élu d'une région, etc...?

Cette opposition ne fonctionne pas.

Et de fait, les militants ont la parole ET LA DÉCISION ENTRE LEURS MAINS !!! C'est un fait, il n'y a rien à attendre, il suffit de se saisir du fonctionnement déjà effectif de notre parti.

La ligne politique ET les représentants sont décidés par le vote à bulletin secret des militantes et militants.

Il convient donc aux militantes et militants d'être exigeants dans leur propre militantisme.

1/ Prendre part activement aux réunions de section
2/ Lire les textes
3/ Faire voter en section des prises de positions, des points de vue, des analyses, etc.
4/ Faire preuve de la plus grande liberté de conscience et de vote possible

Etc.

Ecrit par : Filip | 02.04.2008

oui tout à fait d'accord. Je trouve ça trop simple de demander la tête des dirigeants nationaux du PS. Car effectivement, ces mêmes dirigeants sont tous des élus locaux, dont le projet, les résultats et la personnalité par les mititants locaux respectifs. Il n'y en a pas un seul qui ne soit occupé que par le national. Tous, même ceux qu'on essaie de "rabaisser" en traitant d'éléphants sont élus localement, et même réélus plusieurs fois. Et ceux qui se prétendent uniquement "élu local" sont présents au niveau national depuis une vingtaine d'années aussi. Donc inutile d'opposer tout le monde.

Et comme le rapelle Filip, ce sont les militants qui choisissent/élisent leurs élus locaux et certains des soit-disant éléphants viennent d'être réélus avec brio. Et au niveau du PS national, là encore, ce sont les militants qui les ont choisi.

Le mot est toujours aux militants car ce sont eux qui votent.

Je n'aime pas cette termino d'éléphant, utilisée pour attaquer tous ceux qui ne nous plaisent pas. Et je n'ai d'ailleurs jamais compris qui était éléphant, qui ne l'était pas, sur quels critères, etc. MJR, je serais ravi d'avoir ta réponse car on va rire un peu je pense :) On peut citer des noms de gens qui ne sont jamais traités d'éléphant et qui pourtant remplissent tous les critères :) Mais est-ce un problème ? :)

De toute façon, oui ce sont les militants qui votent et si nous ne sommes pas content de nos représentants nationaux, c'est bien à nous qu'il faut en vouloir, non ?

Ecrit par : Nicolas (Nantes) | 02.04.2008

Et si le problème du PS venait que ses adhérents sont pour une grande partie des " élus".

De sorte que rien n' est dit pour avoir ou conserver une place sur une liste. De façon provocatrice, j' appellerais cela l' adhésion alimentaire.

Pour ma part, il n' y a pas longtemps que j' ai adhéré au PS, heureusement qu' il y a eu la campagne municipale. En faisant du porte à porte, on rencontre des gens et comme le programme de Jean-Marc Ayrault tenait la route, c' est valorisant... De plus, l' élection au 1er tour était belle parce qu' on s' est donné de la peine pour la gagner.

Autrement, moi qui suis une militante de base, je ne trouve pas d' intérêt mais je reste pour voter pour le congrès et si le congrès se passe mal : salut.

Ecrit par : Made | 18.04.2008

made

pourquoi veux-tu qu'il se passe mal ? Comme dans tous les autres congrès, il y aura échange d'arguments et aussi tactique pour remporter une majorité, comme dans tous les partis.

Ce qu'il faut espérer, c'est un projet qui donne envie et le début d'une équipe qui redonne un élan au parti, qui relance la réflexion et qui donne des solutions ou débuts de solution à débattre, sans se limiter à poser des questions générales.

Je suis aussi un nouveau militant du PS. J'avais adhéré au printemps 2006 et l'année 2007 m'avait vraiment déçu. Je retente ma chance depuis l'hiver dernier. On verra bien ! Mais faut rester optimiste :)

Pour les militants, c'est certes un souci qu'un parti regroupe trop d'élus parmi ses militants, mais bon, en 2006, on a vu que le PS avait quasiment doublé le nombre de militants, non élus, et que cela posait aussi de sérieux problèmes d'idendité du parti.

La stratégie vers les nouveaux militants non élus, oui, mais il faut le temps pour digérer tout ça. Ca se fera ! Les nouveaux vont partir, revenir, repartir, revenir, on trouvera notre place progressivement !

Ecrit par : Nicolas (Nantes) | 21.04.2008

Et si nous appliquions le non cumul des mandats, il y aurait encore plus d'élus parmi les militants.....

Ecrit par : Filip | 22.04.2008

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