« Une violence glaçante | Page d'accueil | A Nantes Métropole aux cotés de Jean-Marc Ayrault »

26.04.2008

Vins et pesticides : un mauvais ménage

cf6f8fac85dd219a87065787810eb59c.jpg Il y a encore quelques jours, les consommateurs français pouvaient se moquer des vins frelatés italiens dangereux pour la santé. Mais depuis lors le réseau européen Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) a publié une étude qui établit la présence généralisée de pesticides dans les vins commercialisés en Europe et en France.


Deux voies s’offrent à nous pour aborder cette question. La première, rassurante, part du constat suivant lequel les taux de pesticides constatés restent inférieurs aux limites maximales autorisées et donc que les vins concernés sont sans danger pour les consommateurs.

A contrario, on peut s’étonner que les normes en matières de pesticides étant beaucoup plus laxistes pour le vin que pour l’eau, la quasi-totalité des vins analysés révèlent une teneur très supérieure à la norme maximale pour l’eau, plusieurs centaines ou milliers de fois supérieure dans certains cas. Cet élément peut légitimement soulever des interrogations.

Pour élargir le débat, on peut souligner que la viticulture européenne, qui représente 3.5% de la surface agricole utile, absorbe 15% des volumes de pesticides de synthèse. De nombreux viticulteurs ont réagi à cette pratique en se tournant vers l’agriculture biologique. Hier marginale, la viticulture bio a été dynamisée par de nombreux jeunes viticulteurs, héritiers de famille aux pratiques conventionnelles, qui ont choisi de se tourner vers le bio pour encore mieux valoriser l’authenticité du vins comme produit de terroir en symbiose avec son environnement. La législation européenne a encouragé cette évolution en rendant possible depuis juin 2007 l’attribution du label bio au vin et non plus au seul raisin.

Les vins issus de l’agriculture biologique ont passé avec succès le test de l’étude PAN-Europe. Pour la FNAB, la solution à la présence de pesticides dans le vin est toute trouvée : c’est le bio !

Commentaires

Il n'y a pas que pour le vin que la solution est dans le bio...

Une autre enquête de PAN-Europe souligne que l'on trouve "Des résidus de pesticides toxiques, en nombre et au-delà des seuils légaux, dans les fruits des eurodéputés! Voir :

http://www.mdrgf.org/news/news0711010_Pesticides_analyses_parlement.html

"Pour la France ce sont 48% des aliments qui contiennent des pesticides dont 4% qui dépassent les Limites Maximales en Résidus(LMR)."

Il faut de plus s'interroger sur les "limites maximales autorisées" et plus généralement sur les normes. Qui les fixe? Comment sont-elles définies? Pourquoi les seuils sont-ils abaissés, parfois de façon significative. Ce qui était accepté hier devient interdit le lendemain...

Dans le même temps on nous recommande de manger 5 fruits et légumes par jour et même de boire un verre de vin. Pauvre santé!

Se battre contre les pesticides est une lutte difficile. Les intérêts industriels et économiques sont énormes. Les lobbies sont actifs à tous les niveaux de décision. Les politiques sont timorés. La formation sur les risques sanitaires des pesticides est balbutiante. Et quand les contestataires dérangent trop, on les neutralise... Fabrice Nicolino, qui était à la Chapelle-sur-Erdre samedi 26 au soir, le dit très bien dans son livre "Pesticides, révélations sur un scandale français".

Ecrit par : Maurice L. | 29.04.2008

Ecrire un commentaire