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29.04.2008
A Nantes Métropole aux cotés de Jean-Marc Ayrault

Avec mes collègues Bernard Aunette et Patrick Cotrel, nous avions participé à une première réunion en décembre 2007, suite à notre élection à Sainte-Luce, mais ce second conseil était l’occasion de s’inscrire pleinement au sein des instances de Nantes Métropole. Bernard Aunette, Maire de Sainte-Luce, est ainsi devenu vice-président en charge de l’action foncière, sujet important pour l’ensemble de l’agglomération et notamment pour notre commune.
Je fais partie d’une génération pour qui l’engagement communal est indissociable d’un projet d’agglomération. C’est en effet à cette échelle que se joue l’avenir du territoire qu’est le bassin de vie dans lequel chacun d’entre nous habite et se déplace pour travailler, accéder aux loisirs, retrouver ses amis ou sa famille,… Il était donc important pour moi de m’impliquer au sein de Nantes Métropole au service de ce projet.
A la demande de Jean-Marc Ayrault, j’ai accepté de m’investir sur les politiques d’innovation et de développement économique. J’ai ainsi rejoint le Conseil d’Administration d’Atlanpole dont il est le Président. Atlanpole est la technopole de l’agglomération nantaise, technopole à rayonnement régional, qui a pour mission de rapprocher les mondes de la recherche et de l’économie, de détecter et d’accompagner les projets d’entreprises innovantes, et de contribuer à la promotion du territoire pour y attirer de nouvelles activités. Atlanpole participe ainsi activement à l’animation de pôles de compétitivité comme « Atlantic Biothérapies » dans le domaine de la santé.
J’ai accepté cet engagement nouveau pour deux raisons : l’honneur de travailler directement avec Jean-Marc Ayrault sur l’animation d’une politique essentielle pour l’avenir de notre agglomération, et l’envie de prolonger l’action menée au Conseil Régional (où j’anime la politique de la recherche et de l’enseignement supérieur) et de l’orienter en direction du monde économique et de la création d’activités nouvelles.08:10 Publié dans Agir dans les territoires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.04.2008
Vins et pesticides : un mauvais ménage
Il y a encore quelques jours, les consommateurs français pouvaient se moquer des vins frelatés italiens dangereux pour la santé. Mais depuis lors le réseau européen Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) a publié une étude qui établit la présence généralisée de pesticides dans les vins commercialisés en Europe et en France. Deux voies s’offrent à nous pour aborder cette question. La première, rassurante, part du constat suivant lequel les taux de pesticides constatés restent inférieurs aux limites maximales autorisées et donc que les vins concernés sont sans danger pour les consommateurs.
A contrario, on peut s’étonner que les normes en matières de pesticides étant beaucoup plus laxistes pour le vin que pour l’eau, la quasi-totalité des vins analysés révèlent une teneur très supérieure à la norme maximale pour l’eau, plusieurs centaines ou milliers de fois supérieure dans certains cas. Cet élément peut légitimement soulever des interrogations.
Pour élargir le débat, on peut souligner que la viticulture européenne, qui représente 3.5% de la surface agricole utile, absorbe 15% des volumes de pesticides de synthèse. De nombreux viticulteurs ont réagi à cette pratique en se tournant vers l’agriculture biologique. Hier marginale, la viticulture bio a été dynamisée par de nombreux jeunes viticulteurs, héritiers de famille aux pratiques conventionnelles, qui ont choisi de se tourner vers le bio pour encore mieux valoriser l’authenticité du vins comme produit de terroir en symbiose avec son environnement. La législation européenne a encouragé cette évolution en rendant possible depuis juin 2007 l’attribution du label bio au vin et non plus au seul raisin.
Les vins issus de l’agriculture biologique ont passé avec succès le test de l’étude PAN-Europe. Pour la FNAB, la solution à la présence de pesticides dans le vin est toute trouvée : c’est le bio !
07:05 Publié dans A la une: nouveaux désordres agricoles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.04.2008
Une violence glaçante
Le Monde, samedi 19 avril. Page 3. Sur du papier d’écolier, les collégiens du 93 « sonnent l’alarme ». Ils appellent au secours avec leurs mots hésitants, protestent contre leurs conditions de travail, contre l’insécurité permanente, le climat de violence et de désespoir dans lequel leur jeunesse s’enlise. Ils demandent plus d’autorité, mêlant le rappel à l’ordre républicain et le respect du à l’école et aux savoirs. L’urgence est là, pas dans les coupes sombrent dans les effectifs enseignants et les réformes bâclées des programmes. Les lycéens du même département qui manifestaient ces dernières semaines portaient la révolte de toute une jeunesse.Même numéro du Monde, page suivante, verso de la précédente, ironie. « La Cour suprême américaine justifie l’injection létale ». La contestation de cette procédure d’administration de la mort avait gelé l’application de la peine capitale dans de nombreux États depuis 6 mois. Celles-ci risquent de reprendre de plus belle même si la décision rendue par les juges laisse ouverte la possibilité de nouveaux recours. L’abolition reste un combat d’une actualité brûlante.
Sommes-nous présents dans ces combats, nous les socialistes, nous les habitants d’une région relativement épargnée par la violence, nous les citoyens d’un pays qui a abolit la peine de mort il y a près de trente ans ?
07:40 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.04.2008
OGM : triste bilan d’un débat
Le Grenelle de l'Environnement est bel et bien mort. Au fil des lectures au Sénat et à l’Assemblée Nationale du projet de loi sur les OGM, la droite a montré son véritable visage : elle est favorable aux OGM, fidèle au productivisme, sourde à la protestation des citoyens. Les misères des ministres et parlementaires courageux ne nous arracheront pas de larmes, ils ont choisi leur camp et en subissent les pratiques rétrogrades.Ces dernières semaines auront au moins permis de clarifier le débat public sur les OGM. Rares sont ceux qui sont hostiles par principe aux biotechnologies mais deux thèses dominantes s’affrontent :
. Les plantes OGM actuelles, essentiellement pesticides et insecticides, présentent un intérêt très faible et des alternatives « conventionnelles » existent. A contrario, le risque de dissémination irréversible dans l’environnement est élevé alors que ses conséquences à long terme sont difficiles à cerner. Il est donc raisonnable d’interdire ces OGM là.
. Les OGM sont une technologie banale, utile au monde agricole, nécessaire dans la concurrence international. Les risques sont faibles. Leur interdiction marquerait un précédent qui pourrait se traduire par un refus plus général de l’innovation.
Comme on le voit ce débat ne se porte pas d’abord sur l’évaluation des risques environnementaux ou sanitaires mais sur la manière de les gérer. Il oppose deux visions différentes de la société, la première centrée sur le développement durable et le principe de précaution, la seconde sur le productivisme et la confiance dans le progrès technologique.
Le débat parlementaire était par nature tronqué puisqu’il s’agissait de transcrire dans le droit français une directive européenne qui organise la procédure d’autorisation des OGM en la faisant reposer uniquement sur leur évaluation scientifique, et renvoyait au droit national la question de la coexistence entre filières avec ou sans OGM. Le droit européen ou la Constitution française reconnaissent le principe de précaution mais ne lui ont jamais donné de « mode d’emploi » opérationnel. Il s’agit là d’une formidable supercherie car sans ce mode d’emploi, la précaution est un concept stérile. En effet, son sens même est de proposer que face à un risque de dommage grave et irréversible non encore prouvé scientifiquement il est nécessaire de se poser la question de l’action et d’organiser un processus de délibération démocratique pour en décider.
A défaut de proposer une définition de ce processus qui pourrait amener à autoriser ou interdire une technologie au nom d’un choix démocratique de société, le débat parlementaire ne pouvait se focaliser que sur la question clé des règles de coexistence entre cultures OGM et sans OGM. L’enjeu était majeur. Si les contraintes de coexistences sont élevées la viabilité des filières OGM est fragilisée, si les contraintes sont faibles leur dissémination généralisée est inévitable.Le débat parlementaire s’est donc concentré autour de trois points.
. La possibilité de « produire et de consommer sans OGM » : ce principe imposait aux cultures OGM de garantir l’absence de pollution génétique. La droite y a substitué la possibilité de « produire et de consommer avec ou sans OGM », formule vide de sens qui s’apparente à la liberté du renard dans un poulailler libre.
. La protection de certaines filières de qualité et « sans OGM » : la gauche s’est repliée sur le désormais fameux amendement Chassagne, du nom d’un député communiste du Puy-de-Dôme, qui prévoyait que "les OGM ne peuvent être cultivées, commercialisées ou utilisées que dans le respect de l'environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées sans OGM et en toute transparence". Cela aurait notamment permis d’assurer la protection des filières bio et AOC, en en faisant porter la charge aux producteurs d’OGM.
La droite a vidé cet amendement de sa substance en rajoutant : « La définition du “sans organismes génétiquement modifiés” se comprend nécessairement par référence à la définition communautaire. Dans l'attente d'une définition au niveau européen, le seuil correspondant sera fixé par voie réglementaire, sur avis du Haut conseil des biotechnologies, espèce par espèce. »
En effet, il n’existe aucune définition européenne du sans-OGM car le seuil de 0.9% souvent évoqué, et que les Sénateurs voulaient imposer dans le texte, porte sur l’étiquetage de l’alimentation et en aucun cas sur la production. Il reviendra donc au gouvernement de fixer ce seuil. On verra alors quelle est sa véritable position sur le sujet
. Cerise sur le gâteau, au lieu de favoriser la contre-expertise indépendante et de protéger les « lanceurs d’alerte », ce qui aurait été de bon sens au regard des enseignements des 20 dernières années, la droite s’est défoulée en instaurant une répression féroce et disproportionnée du « délit » de fauchage des OGM.
Sur ce sujet comme sur les autres le voile se déchire, la droite de Sarkozy et Fillon reste la droite, aveugle, brutale, ultralibérale.

14:40 Publié dans A la une: OGM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.04.2008
L’Espagne gagne 9 à 8 !
Imaginez un pays largement décentralisé, où le non-cumul des mandats s’applique de manière stricte, où les femmes représentent 36% des parlementaires et 9 des ministres sur 17. Imaginez un gouvernement qui compte une femme n°2 du gouvernement, une autre de 37 ans ministre de la Défense, et une troisième de 31 ans ministre de la Parité.
Ce pays existe. Il ne s’agit pas d’un de ces pays nordiques connus pour être à la pointe de l’expérimentation politique et sociale. Il s’agit d’un pays latin, comme est censé l’être le notre, à qui nous avons longtemps donné des leçons, et qui aujourd’hui offre à nos frontières un contre-modèle rafraîchissant.

08:20 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10.04.2008
Entre agrocarburants et émeutes de la faim : pour le retour des politiques agricoles
Il y a encore quelques mois l’agriculture européenne se cherchait une nouvelle vocation et faisait le pari du non alimentaire et des agrocarburants. J’ai à plusieurs reprises montré dans ce blog à quelles impasses menaient les agrocarburants. La semaine dernière, le gouvernement allemand a sonné l’hallali en annonçant l’arrêt de son programme. Non seulement le bilan environnemental des agrocarburants est négatif, mais en plus ils dégradent prématurément les mécaniques automobiles.
Aujourd’hui les pauvres ont faim dans le monde entier. L’alimentation manque et les prix explosent. Les agrocarburants ne sont bien sûr pas les seuls responsables de cette situation mais ils ont accentué les déséquilibres en détournant une partie des agriculteurs de la production alimentaire. L’explosion de la consommation qui accompagne celle du pouvoir d’achat dans les nouvelles grandes puissances comme la Chine ou l’Inde, l’urbanisation galopante qui grignote les terres cultivables, le réchauffement climatique qui provoque des sècheresses exceptionnelles comme en Australie, tous ces phénomènes se combinent pour conduire à une hallucinante pénurie alimentaire mondiale.
Ces deux dernies mois les émeutes de la faim se sont accélérées. Elles ont déjà fait des dizaines de morts et des centaines de blessés au Cameroun, à Haïti, en Egypte,… L’alimentation n’est pas une marchandise comme les autres. Depuis des décennies, les politiques libérales poussent au développement des cultures d’exportation et au démantèlement des systèmes de contrôle des échanges et des prix. Les cultures vivrières locales sont fragilisées, l’autosuffisance alimentaire régresse, les politiques agricoles volontaristes sont remises en cause.Quand on parle de sécurité alimentaire dans nos grands pays développés, on fait référence à la sécurité sanitaire des produits. On a oublié que ce terme avait historiquement une autre signification : celle de l’accès garanti à la nourriture pour la population. L’insécurité alimentaire est de retour et appelle de nouvelles réponses politiques.
Les crises actuelles plaident pour le retour de politiques publiques agricoles, nationales, régionales et mondiales, pour assurer la production en quantité suffisante d’une nourriture sûre et de qualité. Ces politiques doivent s’organiser autour de quelques principes simples : économiser l’espace et consacrer les surfaces cultivables à l’alimentation, reconnaître le droit à la souveraineté alimentaire c'est-à-dire le droit pour chaque pays de viser l’autosuffisance et de protéger ses frontières, mener une révolution agronomique durable qui permette des gains de productivité rapides dans une agriculture adaptée aux contextes locaux et respectueuse de l’environnement.
La faillite du libéralisme à tout crin est de plus en plus évidente chaque jour. Elle sonne le retour d’une action publique collective, pragmatique, à l’écoute des besoins des populations.

11:25 Publié dans A la une: nouveaux désordres agricoles , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.04.2008
Cerner la réalité des écarts de revenus en France

« Entre 1996 et 2005, le niveau de revenu annuel des 5 % des ménages les plus riches s’est accru de 6 108 euros supplémentaires, inflation déduite et après impôts. Au cours de la même période, celui des 10 % les plus pauvres a augmenté de 1 137 euros. L’écart a donc progressé de 4 971 euros.
Ce chiffre n’est publié nulle part. On mesure l’inégalité de revenu de façon relative : le rapport entre les revenus des 5 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres ; sans jamais évoquer les inégalités de revenu absolues : l’écart en euros entre les revenus des plus riches et des plus pauvres. L’écart relatif est resté stable dans notre exemple. En 1996 comme en 2005, on obtient le même écart relatif de 5,4.
Pour que l’écart relatif reste stable, il faut que la variation en pourcentage soit la même, quel que soit le niveau de revenu. Ce qui est le cas dans notre exemple, avec une hausse d’environ 11 %. Pourtant, on ne se loge pas, on ne s’habille pas, on ne mange pas avec des pourcentages, mais bien avec des euros. Au cours de la période, les plus riches ont perçu 5 000 euros de plus à dépenser que les plus démunis.

Cet exemple constitue une illustration de la confusion qui règne sur les revenus en France […] :
1- On oublie de raisonner en valeur absolue, ce qui n’est pas "plus" ou "moins" valable que de façon relative. Ainsi les Etats-Unis utilisent un seuil de pauvreté défini en valeur absolue et non de façon relative.
2- La plus grande partie des revenus du patrimoine - majoritairement détenus par les plus riches - ne sont toujours pas intégrés.
3- Les revenus des indépendants sont mal appréhendés, notamment parce qu’ils peuvent affecter à leur outil de travail une partie de leurs dépenses personnelles.
3- Le coût du logement est mal pris en compte. L’Insee […] ne tient pas compte du fait qu’une partie de la population a une charge de logement très réduite : les propriétaires qui ont achevé de rembourser leurs emprunts.
Nous vivons une période d’accroissement net des écarts absolus de revenus, et très probablement une hausse des écarts relatifs si l’on prenait en considération les revenus du patrimoine. La France n’est pas l’Amérique, les inégalités y demeurent beaucoup plus modérées. Elle est aussi un pays beaucoup plus hypocrite où les discours se côtoient, quand certains médias mettent en avant la réduction des inégalités, d’autres voient une « explosion ». Autant de discours décalés par rapport à la réalité sociale, qui entrainent une incompréhension de la population.
Il est temps que notre pays se dote d’un instrument de mesure des revenus fiable et complet, publié chaque année, diffusé à un large public. Le document édité par l’Insee est un premier pas, mais il n’apporte pas l’ensemble des réponses. Seule figure une première évaluation, très sommaire, des revenus du patrimoine et le coût du logement. Il faudrait pour cela un choix politique fort. La responsabilité de la situation actuelle incombe moins à ceux qui produisent la statistique qu’au désintérêt dans notre pays pour la connaissance des revenus. »
15:38 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.04.2008
La santé au travail : un enjeu pour l'avenir
Entre les suicides à répétition des ouvriers de l'industrie automobile et les articles de presse sur le mal-être au travail, c'est désormais difficile de l'ignorer : malgré les chantres de l'industrialisation comme outil de l'épanouissement humain, on assiste à une montée en puissance de la souffrance causée par le travail.Les éléments de cadrage publiés par la DARES sont édifiants : le travail de nuit a augmenté ainsi que le travail en équipes alternantes, 37% des salariés sont exposés à des produits chimiques, les "cols blancs" passent plus de 20h par semaine en position fixe devant un écran d'ordinateur, les tendances à la dépression s'accroissent...
Pour toute réponse, le gouvernement a lancé une "conférence sociale sur les conditions de travail" après avoir commandé un rapport à Gérard Larcher. Il n'en sort aucune proposition concrète : il faudrait selon lui améliorer "l'alerte, l'écoute et la médiation sur les risques psychosociaux" et "faciliter le retour à l'activité professionnelle des salariés atteints de TMS [Troubles Musculo Squelettiques]".
Il convient pourtant de faire preuve de lucidité. Derrière la promotion de l'image du créatif qui circule en trotinette mécanique dans les grands couloirs de sa société, les services cachent une réalité moins glamour : les emplois postés sont de plus en plus nombreux. Pensez au quotidien vécu par les secrétaires, les assistantes, les comptables, les contrôleurs de gestion, les programmeurs, les reprographes... Entre les postures contraignantes, les gestes répétitifs et les cadences de travail, les risques se multiplient. D'autant que bien souvent, on fixe aux salariés des objectifs en contradiction avec les moyens fournis voire avec leurs propres capacité à les atteindre.
Les services ne sont donc pas un havre de paix. Certains d'entre eux, à travers leur organisation et la nature des emplois proposés, s'apparentent d'ailleurs plus à une industrie d'un nouveau type. En classant les emplois en fonction de l'activité de l'entreprise et non de l'activité du salarié, les statisitiques publiques ont accrédité l'idée d'une disparition de l'emploi industriel considéré comme le plus pénible. Ainsi, l'équipier chez McDo, qui ne fait ni plus ni moins que du travail à la chaîne pour produire du junk-food à grande vitesse, est considéré comme un salarié du secteur tertiaire et non comme un ouvrier de la restauration rapide. Il est temps de rétablir une vision exacte de la réalité et de recenser tous les emplois à risques, susceptibles de créer des troubles physiques et psychiques.Bien sûr, les mauvaises langues attaqueront comme d'habitude les 35 heures comme l'origine de tous les maux des salariés. Mais cessons les galéjades : c'est le patronat qui impose la flexibilité à outrance et l'intensification du travail. De plus, les représentants syndicaux ont eu fort à faire avec les plans sociaux ces dernières années et les questions de santé sont malheureusement passées au second plan. La pression des cadences et la peur du licenciement pèsent sur tout le monde : le stress au travail et la crainte de la précarité sont un frein à la résistance sociale.
Pour améliorer la situation, la première chose à faire pour les salariés est de se syndiquer ; c'est en augmentant la puissance des syndicats que les salariés se donneront les moyens d'être défendus et de faire pencher la balance des négociations sociales du bon côté. Par ailleurs, il est urgent de rappeler aux entreprises leurs obligations en matière de protection de la santé des salariés, et de préciser la nature de leur responsabilité et de ses implications juridiques. Les salariés sont en danger, ils doivent être protégés !
07:10 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.04.2008
Faut-il un TSS ou un DRH pour le Parti Socialiste ?
Le Conseil National du PS a eu lieu mardi 25 mars. La presse a souligné le caractère consensuel des travaux, marquant ainsi une pause avant d’éventuels affrontements à l’approche du Congrès. Pour avoir assisté à cette soirée, je peux témoigner de l’assaut de langue de bois à laquelle elle a donné lieu. Chacun s’est employé à ne rien dire pour éviter de commettre une faute mais on sent en coulisse le cliquetis des armes que l’on apprête.On en viendrait presque à regretter le temps des grands congrès socialistes où des visions différentes de l’action politique et de la transformation de la société s’affrontaient et étaient tranchées par les militants. Depuis près de 20 ans, ce sont les conflits de personnes et de pouvoir qui structurent la vie du PS au grand désespoir de ses militants. Ainsi, la tendance la plus lourde de ce pré-congrès est le TSS : « Tous Sauf Ségolène ». On voit ainsi Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone et Arnaud Montebourg (1), que tout sépare, œuvrer main dans la main dans ce sens.
Les bases politiques du congrès semblent pourtant simples. 60 à 80% des adhérents du PS sont partisans d’une ligne réformiste et sociale-démocrate. Ils ont voté Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn au moment de la désignation pour l’élection présidentielle. L’aile gauche assume son refus de la construction européenne actuelle et pratique une surenchère verbale qui la pousse parfois aux marges du PS comme le montre l’exemple de Jean-Luc Mélenchon. Au lieu de chercher des alliés au sein de la gauche du Parti pour régler ses conflits de personnes, la majorité réformiste du PS devrait assumer collectivement et solidairement son orientation, permettant ainsi de proposer aux militants et aux citoyens la clarté et la cohérence qu’ils appellent de leurs vœux.
Prenez Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Les styles sont, il est vrai, différents et certains voudraient les présenter comme les deux pôles d’un choix politique alternatif. Cette fiction est plaisante mais cache mal le vide abyssal qu’elle recèle.
L’attachement au développement durable et à la démocratie participative, la primauté des questions de société dans leur engagement, leur pragmatisme absolu, ainsi que l’accusation d’autoritarisme, tout rapproche ces deux personnalités qui représentent sûrement ce que le PS compte de plus crédible et créatif. Prenez maintenant les mêmes et François Hollande. Ils ont toujours défendu les mêmes options politiques, autour de Lionel Jospin, pour le traité européen, pour Ségolène Royal à la présidentielle. Qui osera nous demander de choisir entre les uns et les autres, sur quels critères et en fonction de quelles divergences ?
« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Les apprentis sorciers qui veulent dresser les uns contre les autres trouveront les artifices qui justifieraient un affrontement au congrès. L’anti-ségolènisme primaire peut servir de ciment à une alliance contre nature. Et si tout simplement celles et ceux qui pensent la même chose défendaient ensemble leurs convictions et s’unissaient pour faire du Parti Socialiste l’outil efficace dont tous auraient besoin pour espérer gagner l’élection présidentielle ? Le PS n’a donc pas besoin d’un TSS, « Tous Sauf Ségolène », mais d’un bon DRH, « Delanoë, Royal, Hollande » (2), pour trouver le chemin de la crédibilité et du succès.
1- Spéciale dédicace à Arnaud Montebourg, fervent défenseur du non cumul des mandats et désormais Député et Président du Conseil Général de la Saône-et-Loire.
2- Bienvenu à DSK dans la bande à son retour du FMI.
08:05 Publié dans A gauche et au PS , A la une: que faire du PS? , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note



