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06.05.2008
Bilan des municipales : une nouvelle vision des enjeux territoriaux
En dix ans, notre perception des territoires a été complètement bouleversée. Une vie locale essentiellement communale a laissé place à des enjeux territoriaux plus larges avec notamment les conséquences de la montée en puissance de l’intercommunalité et de l’étalement urbain. Les dernières élections municipales ont témoigné d’une prise de conscience encore plus forte de ces transformations.L’aire urbaine de Nantes couvre désormais une large partie du département. Les citoyens y sont confrontés aux mêmes enjeux d’accès au logement et à l’emploi, de déplacement, de qualité de vie. Lors des récentes élections municipales, les candidats de gauche n’ont pas eu peur de proposer des projets locaux qui rompaient avec l’enfermement municipal pour prendre à bras le corps ces nouveaux enjeux. Mon collègue Dominique Tremblay par exemple, candidat à Varades, a dès le début de la campagne mis au cœur de sa démarche la question du sens à donner au développement de sa commune à mi-chemin entre Nantes et Angers. Poser ainsi les enjeux était osé et courageux. Il a été brillamment élu. De même, les victoires municipales de la gauche dans les pôles périurbains que sont Blain, Clisson, Vallet et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, ainsi que le basculement à gauche de la Communauté de Communes Erdre-et-Gesvres, témoignent d’une profonde évolution des attentes des populations.
Nous irions droit à l’échec si la ville centre restait sourde à ces préoccupations. L’évolution de la réflexion de Jean-Marc Ayrault sur la stratégie de développement de Nantes témoigne au contraire d’une prise en compte croissante des enjeux d’aménagement du territoire à l’échelle de l’aire urbaine voire au-delà.
Au cours de son premier mandat, entre 1989 et 1995, Jean-Marc Ayrault s’est attaché à réveiller Nantes et à relancer ses structures intercommunales avec la création du district en 1992. Son second mandat a donné la priorité au rapprochement avec Saint-Nazaire et la construction d’un projet métropolitain. Le début de son troisième mandat, en 2001, a vu se concrétiser ces orientations avec la création de la Communauté Urbaine et celle du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), fédérant l’ensemble des territoires situés entre Saint-Nazaire et Nantes autour d’une vision commune des déplacements et de l’habitat.
Je faisais partie de ceux qui considéraient que ce formidable mouvement n’était encore pas suffisant car les institutions créées et les politiques mises en place ne concernaient que la moitié de l’aire urbaine de Nantes, qui comprend aujourd’hui plus de 100 communes. Le projet métropolitain présenté aux électeurs en 2008 permet de franchir de nouvelles étapes. C’est désormais l’ensemble de l’aire urbaine d’une part, et le réseau des villes de l’Ouest d’autre part (je traiterai ce point dans une prochaine note), qui deviennent les nouvelles frontières de notre action politique.Dans le cadre de ce projet, de nouvelles pistes d’intervention sont proposées :
- La mise en place d’une coordination permanente entre Nantes Métropole et l’ensemble des autres intercommunalités proches
- Une recherche d’interconnexion des transports urbains et périurbains, en partenariat avec le Conseil Régional et le Conseil Général pour offrir des transports collectifs de qualité à tous les habitants de notre bassin de vie
- La création de zones d’activité économiques communes à plusieurs intercommunalités afin de développer des pôles d’emploi à la périphérie de l’agglomération en préservant une solidarité financière et en luttant contre le dumping fiscal.
Ces trois questions sont cruciales pour réussir un développement durable et équilibré de notre territoire. Les élus de droite sont aujourd’hui dos au mur. Ils auront le choix entre s’engager dans ces coopérations et solidarités ou s’enfermer dans leurs donjons locaux.
10:55 Publié dans Agir dans les territoires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
La montée en puissance des intercommunalités, la structuration coordonnée de leurs territoires, la rationalisation des interventions publiques, ne posent-elles pas implicitement la question du devenir des départements, et surtout de leur rôle dans l'armature et la défnition des infrastructures péri-urbaines ?
Peut-on envisager un rôle quasi exclusivement social et de solidarité pour cette collectivité départementale ? ( social, familles, petite enfance, handicapés, seniors) Et dans ce cas confier toutes les compétences d'équipement aux inter-communalités ? ( ports de pêche, routes départementales et nationales transférées, tourisme )
Une politique visant à redistribuer une partie de son produit fiscal aux inter-communalités et sur la base de la population de ces dernières est-elle envisageable ? Ne risquerait-on pas d'accélérer le déclin économique et démographique de zone moins peuplées ?
En d'autres termes, le Conseil Général risque-t-ilde ne subsister que pour garantir une péréquation des richesses locales ? Et si Oui, existe-t-il d'autres voies qui permettraient de garantir cette solidarité des territoires, tout en étant représentatives d'élus démocratiquement désignés par le suffraghe universel direct ?
Ecrit par : patrick | 08.05.2008



