23.05.2008
Congrès du PS : un appel pour prendre le temps du débat et refuser la guerre des chefs
Certains lecteurs de ce blog trouveront peut-être qu’on leur parle beaucoup de la vie interne du PS. Celle-ci concerne au premier chef tous les citoyens qui placent leurs espoirs dans la gauche et refusent la fatalité d’un pouvoir de droite dans notre pays. La réussite du congrès du Parti Socialiste est donc un enjeu qui dépasse largement le cercle des militants socialistes.Depuis une semaine, la situation s’est rapidement dégradée et les écuries présidentielles sont passées à la vitesse supérieure, au mépris total des règles du PS et de son calendrier de congrès. Cela n’est pas bon signe mais il est encore temps de remettre le train socialiste sur les bons rails.
Nous avons donc souhaité, autour d’Alain Gralepois, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de Loire-Atlantique, proposer un texte de réflexion autour de deux idées forces :
* nous voulons un congrès de débat et de clarification politique et non la guerre des chefs ;
* militants socialistes de l’ouest, nous souhaitons apporter notre contribution à ce débat en valorisant notre projet et notre pratique politique auxquels les citoyens ont réaffirmé leur adhésion lors des récentes élections.
Je vous invite donc à découvrir ce texte, à me faire part de vos réactions et le cas échéant de votre adhésion à cette démarche collective.
> > Réussir ensemble le congrès du Parti Socialiste < <
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Commentaires
Je me méfie de ces appels de bonne intention... Francois Hollande organise lui-même une équipe autour de lui pour déposer une motion menée par un Julien Dray ou Michel Sapin... pour conserver les chances de l'actuel premier secrétaire pour 2012... et ces mêmes personnes vont n'expliquer qu'ils ne veulent pas de guerre de chefs alors que leur but c'est d'affaiblir, de tuer ou de neutraliser Ségolène Royal et Bertrand Delanoe... arrêtons l'hypocrisie...
Ecrit par : tonio | 23.05.2008
Bonjour Christophe,
comme tu invites les militants et sympathisants socialistes à réagir sur le projet de contribution "fédéral", je me permets de joindre à mon post (qui risque d'être long je vous prie de m'en excuser), les remarques sur ce texte que j'ai envoyé hier à Alain en ma qualité de secrétaire fédéral.
Reçois mes amitiés socialistes
Jocelyn BUREAU
Cher Alain,
je reviens vers toi concernant la proposition de contribution fédérale que tu nous proposes de signer, et je te fais part de mes remarques, ne pouvant être présent demain au bureau fédéral.
1) concernant l'exemplarité de l'Ouest, je ne remets pas en cause que la situation de la gauche dans notre région a fortement et très positivement évoluée. C'est certainement pour partie le fruit d'une méthode, mais c'est aussi, si l'on compare la situation des bastions historiques du socialisme dans notre pays, le fruit d'une histoire sociologique et économique.
Goulven Boudic l'évoquait dans un article paru dans Ensemble, ou encore à la Fête de la Rose de 2006, après étude du vote des Français lors des présidentielles : « l'industrialisation tardive de la Bretagne est devenue plus tard une chance car cette région a moins souffert de la désindustrialisation des années 70/80. Dans l'ouest, l'électorat de gauche est donc resté fidèle au PS contrairement à des régions comme le Nord qui a donné cette année de très bons scores à Sarkozy. Ainsi, aujourd'hui, les bastions traditionnels de la gauche sont en passe d'être dépassés par de nouvelles terres ancrées à gauche comme l'ouest français ».
Tu rappelles dans la proposition de contribution que nos industries locales sont aujourd'hui menacées par la dérégulation des marchés, les délocalisations...:
" Nous connaissons nos atouts, mais nous savons aussi les chocs auxquels nous avons été et sommes encore confrontés : ..., la restructuration ... des industries qu’il s’agisse de la navale, de la métallurgie, de l’agroalimentaire ou du textile. Nous menons les combats indispensables pour défendre l’emploi et l’outil de production, "
Il existe ainsi le risque que les classes ouvrières, si le sort subi par nos industries dévaient être, par malheur, celui des bassins miniers par exemple, la situation de la gauche socialiste dans l'Ouest puissent être celle que connaît aujourd'hui le Nord.
Il est vrai que nos victoires ont été nombreuses et éclatantes et que, dans notre fédération, le dialogue et le travail commun quelle que soit la sensibilité, est une réalité.
J'observe toutefois que cette réalité ne saurait être considérée comme l'exception d'une région ou d'un département puisque, lors des dernières consultations électorales locales, 21 régions sur 22 sont à gauche, 41 départements en 2001, 51 en 2004, 59 sur 101 en 2008 sont à gauche.
Concernant les communes : depuis mars 2008, 184 villes de 15 à 30000 habitants sont à gauche contre 153 à droite, 82 villes de 30 à 50000 habitants sont à gauche contre 61 à droite, 52 villes de 50 à 100000 habitants sont à gauche contre 31 à droite et 32 villes de plus de 100000 habitants sont à gauche contre 17 à droite.
Il n'y a pas ici de spécificité d'un grand ouest victorieux en décalage avec un mouvement national (que penser alors des résultats du Finistère qui sont en total décalage ?), mais un mouvement de fond sur l'ensemble du pays, qui se traduit sans doute par l'excellence de nos gestions locales de gauche, notre pragmatisme et notre faculté à faire partager et à faire participer sur nos projets locaux. Pourquoi n'y arrive-t-on pas à l'échelon national, cela pose réellement question?
Tu évoques également la situation d'une gauche rassemblée et unie, une unité de la gauche très forte dans l'Ouest. J'y souscris entièrement, cette question des alliances à gauche étant très importante pour moi comme j'avais eu l'occasion d'en parler en bureau fédéral lorsque la question des alliances avec le modem dans certaines villes avait été évoquée.
Là encore, cette question sera sans doute au coeur du congrès et n'est pas une différence minime entre les propositions qui émanent des quelques dirigeants que tu nommes un peu plus loin dans le projet de contribution (j'y reviendrai).
Concernant les trois refus que tu prononces concernant notre futur congrès, je les partage totalement et trouve assez dangereux le fait que certains soient sortis aussi vite des starting block.
Concernant les principales préoccupations des Français, auxquelles nous devons bien évidemment répondre, je rappelle que Laurent Fabius, le 2 juillet 2005, avaient déjà ordonné ces sujets comme les principales questions qui se poseraient à l'avenir. Je rappelle également que sans son intervention sur la question de la TVA sociale, nous aurions certainement subi une déroute au second tour des législatives et que certaines victoires locales auraient peut-être connues une autre conclusion.
Tout cela pour dire que certaines idées, remises dans une perspective temporelle ne mérite pas l'appellation dédaigneuse de "gauchisme" puisque quelques temps plus tard elles peuvent se retrouver au centre des préoccupations des Français et donc du Parti.
Mon principal problème donc, avec la proposition de contribution, le seul qui en l'état ne me permettra pas de la signer, concerne les 4 exigences en réponse au 3 refus.
Aucun souci avec le goût du travail collectif, je crois avoir toujours prouvé que c'était également mon souhait et celui de la sensibilité que je représente au sein du bureau fédéral. Je rappelle d'ailleurs que la section de Saint-Herblain a été plus qu'exemplaire dans les campagnes électorales des présidentielles et législatives.
C'est là que je trouve une contradiction flagrante entre cette nécessité clairement affichée de l'unité et je suis convaincu que c'est ce que tu souhaites, et la seconde exigence (la 3ème et la 4ème étant la suite logique de cette seconde exigence).
En effet, "Nous souhaitons l’unité de la majorité réformiste et européenne du Parti Socialiste."
Il y a donc une majorité réformiste et une minorité qui refuse la réforme, une majorité européenne et une minorité contre l'Europe. Première nouvelle, car tous les socialistes, sont par nature réformiste et profondément défenseur de la cause européenne. Si certains en doutent, ou plus exactement doutent de l'attachement à la transformation sociale et à la cause européenne de certains de leurs camarades, il suffit de relire la déclaration de principe que nous allons voter, et dont tu rappelles "le processus largement consensuel." Nous socialistes sommes réformistes et européens.
Donc "Ceux qui pensent la même chose ne sauraient s’affronter au congrès pour de strictes questions de pouvoir", cette phrase correspond à l'ensemble des socialistes sans exclusive.
Pourquoi alors ne citer que Bertrand Delanoë, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, ou encore Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, dans une stratégie d'union pour la clarification politique interne au PS.
Sont-ils d'accord sur la question des alliances, sont-ils d'accord sur la jonction du socialisme et du libéralisme, prônée par certains alors que de telles expériences en Europe ont montré leurs limites en Italie, en Allemagne...
Sont-ils d’accord sur ce que doit être notre parti, le rôle du 1er secrétaire chef d’orchestre d’un travail collectif ou simple « chef » sur le modèle du Parti Démocrate américain.
A quoi peut-on attribuer la présence d'Arnaud Montebourg et Vincent Peillon dans cette liste, 2 fondateurs du NPS, dont l'un a par ailleurs refusé la synthèse du Mans en désaccord avec un texte qui faisait pour lui la part trop belle aux idées de la motion défendue par tous ceux que tu cites? Le fait qu'ils aient soutenu en interne Ségolène Royal à la désignation pour la présidence est le seul critère que je trouve.
Que penser encore de l’initiative de 17 parlementaires aujourd’hui sur la réforme constitutionnelle. Ils appartiennent tous à des sensibilités différentes et pourtant ils prennent la plume pour se désolidariser du groupe socialiste.
Bref, si ce projet de contribution n'aborde pas les bases de construction d'une motion type, c'est à dire les 3 dernières exigences, je pourrais signer la contribution.
Sinon, je serai dans l'impossibilité de la signer. Pourra-t-elle alors être l'émanation de la Fédération ?
Bien amicalement
Jocelyn
Ecrit par : Jocelyn BUREAU | 23.05.2008
en fait, je crois simplement que bcp cherchent à trouver une personnalité qui soit à la fois une boîte à idées crédibles et non basées sur des slogans uniquement, qqun qui crée une impulsion au sein du parti et qqun qui sache gérer et rassembler le parti. Malheureusement, personne ne se dégage naturellement et personne ne réunit toutes ces qualités à la fois. D'où toutes ces candidatures. Espérons que ça se décantera d'ici novembre. Car, si comme en 2006, on base tout sur la popularité, on voit aujourd'hui que ça n'a pas été suffisant et surtout qu'en 2008, personne n'est vraiment plus populaire que le voisin.
Ecrit par : Nicolas (Nantes) | 23.05.2008
Dans la droite ligne de ce texte auquel je souscris mots pour mots, je me permets de joindre un texte diffusé au sein de la section de Rezé
Bien sincèrement
Walter BONOMO
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Contribution au Congrès du P.S
Pour une exigence d’ouverture et de débats d’idées
à tous les niveaux du Parti Socialiste
Alors que nous vivons dans un contexte de fortes régressions sociales et que nombre de nos concitoyens attendent avec impatience des raisons d’espérer, il appartient au Parti Socialiste de proposer des voies d’avenir.
Face à cette exigence, il nous incombe de dénoncer avec force « les querelles de chefs » qui privent régulièrement le Parti de ses capacités de propositions.
En tant que militants, nous souhaitons rappeler aux futur(e)s candidat(e)s pressentis à l’élection présidentielle leurs responsabilités vis-à-vis des militants et de l’opinion publique, en affirmant notre profond attachement aux règles démocratiques du parti, et au débat d’idées, et ce à tous les niveaux du Parti.
Nous pensons que la priorité absolue pour le Parti Socialiste n’est pas tant de désigner ses candidat(e)s, mais d’instaurer les conditions d’un véritable débat intégrant tous les militants, en veillant notamment à l’expression équilibrée de toutes les sensibilités, y compris minoritaires.
Nous pensons que le renouveau passe d’abord par l’instauration du débat démocratique à tous les niveaux du Parti, en commençant d’abord le respect de l’avis de nos sections qui sont riches de multiples expertises, mais qui aujourd’hui, ne sont pas toujours mobilisées à leur juste valeur.
En conséquence nous demandons que toutes les sections puissent s’affirmer en disposant en propre d’une politique d’information et de formation ouverte à tous ses membres, ouvrant ainsi les possibilités d’un véritable débat éclairé.
Notre souhait est que la diversité et la richesse des individus soit davantage considérée et valorisée au sein du Parti, notamment au sein de nos sections, pour que celles-ci puissent contribuer activement au renouveau que nos concitoyens attendent.
Walter BONOMO
La modernité, c’est d’anticiper et de préparer l’avenir !
Dans cette perspective, nous exigeons une mise en débat véritablement ouverte à tous, au sein du Parti Socialiste.
C'est le sens de cette contribution à laquelle nous vous invitons à souscrire.
Ecrit par : Bonomo | 04.06.2008
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