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26.05.2008
Bourses étudiantes : la réforme à l'envers
Sous couvert de "simplification du système des bourses" étudiantes, Valérie Pécresse a décidé de revoir le nouveau barème d’attribution pour l’année universitaire 2008-2009. Cela se traduit par le choix de ne plus prendre en compte certains critères concernant la situation personnelle des étudiants, remettant ainsi en cause le montant de l’aide perçue par un grand nombre d’étudiants à la rentrée prochaine.Tout d’abord, le critère d'éloignement du domicile sera moins pris en compte. Mais pire encore : le critère "parent isolé" est supprimé ainsi que la prise en compte du handicap !
Le calcul est rapide : à vue de nez, environ 16 000 étudiants vont perdre 1 échelon de bourse (soit de 450€ à 1389 € par an) et 4 000 étudiants vont perdre 2 échelons de bourses (soit de 900 € à 2000 € par an). De plus, près de 2 000 étudiants ne bénéficieront plus de l’échelon 0 qui les exonère des frais de scolarité.
Après les malades et les justiciables sans moyens, puis les retraités aux faibles pensions, voici donc qu'on s'en prend aux étudiants sans argent… Combien de millions d’euros destinés jadis aux plus défavorisés retrouveront les poches d’un gouvernement qui n’en finit plus de courir après les 15 milliards offerts aux contribuables les plus riches ?

Face à l’inquiétude des organisations étudiantes, Valérie Pécresse a tout juste laissé entendre que les dossiers seraient examinés « au cas par cas », ce qui est tout bonnement irréaliste au vu du nombre d’étudiants concernés. C’est donc un véritable marché de dupes généralisé que le gouvernement organise en lieu et place d’une réforme prétendument technique : comment justifier qu’une réforme du système d’aides sociales ait pour effet de baisser le montant de la bourse destinée aux moins favorisés d’entre eux ?
Pendant ce temps, les prix augmentent : le kilo de pommes est en hausse de 10 %, la consultation médicale de 19%, le paquet de pâtes de 6%, l’essence de 5,7%, le gazole de 6,5%, la baguette de pain de 12,5%… Le conseil du jour de madame Lagarde : mettez un pull pour ne pas tomber malade, ne vous fâchez avec personne pour éviter la justice, éteignez votre téléviseur pour ne pas payer la redevance, faites du vélo pour ne plus consommer d’essence et endettez-vous pour aller à l'université.
07:10 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Bonjour Christophe,
Commeje sais que tu es en charge de la recherche et de l'université, je prends la liberté d'attirer ton attention sur un texte intéressant publi récemment:
http://en.temps.reel.free. fr/cahier31.pdf
Bien à toi.
ps : le texte sur le congrès du parti que tu nous soumets n'ouvre guère de eprspectives nouvelles.
Ecrit par : marnot patrick | 26.05.2008
Bonjour,
sur un sujet voisin de celui-là :
impliqué dans l'évolution de l'université et essayant de me faire un avis sur une question, je serais intéressé de connaître les réflexions au PS ou dans son voisinage, concernant l'opportunité du financement des universités par une nette augmentation des frais d'inscription. En particulier, Éric Maurin (et je crois, Thomas Piketty de façon similaire) a défendu l'option du remboursement après les études, une fois salarié. Son étude relève quelques défauts mais, à ce que je comprends, surtout des avantages à cette perspective, en termes d'efficacité et en termes de "justice". J'imagine qu'il ne serait électoralement pas aisé pour le PS d'afficher cette position, si même le MESR actuel ne l'a pas fait (attendons le 35 juillet...). Ma position personnelle serait opposée à une telle réforme, que je crains trop propice à des évolutions dangereuses variées (préméditées en 3 bandes, ou résultant d'une alternance électorale), et que je crains rechercher globalement à diminuer la progressivité des contributions financières vis-à-vis du revenu, à augmenter la part du financement par les ménages vs. les employeurs et à afficher, une fois encore, comme nuisible la mutualisation dans la collectivité nationale. Cependant, comme ma position relève plus du sentiment que de l'étude rigoureuse, je suis à la recherche de positions argumentées ou études sur ce sujet. merci !
Ecrit par : Marc (Ste-Luce) | 26.05.2008
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