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29.05.2008
Ecole : un mouvement exemplaire
Les organisations syndicales d’enseignants viennent de décider de suspendre leur mouvement de grève contre les réformes du gouvernement pendant la période des examens. Cela témoigne d’une volonté de faire partager les enjeux éducatifs et de rassembler les citoyens autour de la défense et de la promotion de l’école publique.Ces derniers mois, le gouvernement a particulièrement chargé la barque en matière d’éducation. Les réductions massives de postes et l’absence de concertation témoignent de la domination du rationnement des moyens sur l’ambition pédagogique. La réorganisation de la semaine scolaire, menée en dépit du bon sens, déséquilibre l’organisation de l’enseignement et ne permet pas d’assurer un soutien efficace aux élèves qui en ont besoin. La réforme des programmes est rejetée de toute part, tant elle regarde vers le passé plutôt que vers l’avenir.
La mobilisation contre ces réformes a été importante. J’ai pu constater, notamment dans la ville de Sainte-Luce-sur-Loire dont je suis le 1er adjoint, que les parents et les enseignants s’étaient unis autour d’une vision commune de l’école, loin de toute approche corporatiste. C’est ainsi que les enseignants grévistes ont choisi de maintenir l’accueil des enfants et que les parents ont multiplié les occupations d’écoles. On voit bien ici que nul n’est besoin d’un service minimum imposé par la loi.
Pendant de nombreuses années, le débat sur l’école a semblé maudit. L’échec successif des tentatives de réforme a donné le sentiment qu’aucune évolution n’était possible. Il me semble que ce contexte a évolué. Le débat autour de la société de la connaissance reste souvent ambigu mais a permis de revaloriser les enjeux éducatifs. De nombreux ouvrages publiés récemment ont battu en brèche les thèses conservatrices pour montrer la réalité des bénéfices de la démocratisation scolaire et la multiplication des innovations dans les établissements. Il est donc temps que le monde politique réponde à l’attente du monde d’éducation et se réinvestisse dans ces débats pour les remettre aux premiers rangs de ses priorités.
10:30 Publié dans Décrypter l'actualité , Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.05.2008
Bourses étudiantes : la réforme à l'envers
Sous couvert de "simplification du système des bourses" étudiantes, Valérie Pécresse a décidé de revoir le nouveau barème d’attribution pour l’année universitaire 2008-2009. Cela se traduit par le choix de ne plus prendre en compte certains critères concernant la situation personnelle des étudiants, remettant ainsi en cause le montant de l’aide perçue par un grand nombre d’étudiants à la rentrée prochaine.Tout d’abord, le critère d'éloignement du domicile sera moins pris en compte. Mais pire encore : le critère "parent isolé" est supprimé ainsi que la prise en compte du handicap !
Le calcul est rapide : à vue de nez, environ 16 000 étudiants vont perdre 1 échelon de bourse (soit de 450€ à 1389 € par an) et 4 000 étudiants vont perdre 2 échelons de bourses (soit de 900 € à 2000 € par an). De plus, près de 2 000 étudiants ne bénéficieront plus de l’échelon 0 qui les exonère des frais de scolarité.
Après les malades et les justiciables sans moyens, puis les retraités aux faibles pensions, voici donc qu'on s'en prend aux étudiants sans argent… Combien de millions d’euros destinés jadis aux plus défavorisés retrouveront les poches d’un gouvernement qui n’en finit plus de courir après les 15 milliards offerts aux contribuables les plus riches ?

Face à l’inquiétude des organisations étudiantes, Valérie Pécresse a tout juste laissé entendre que les dossiers seraient examinés « au cas par cas », ce qui est tout bonnement irréaliste au vu du nombre d’étudiants concernés. C’est donc un véritable marché de dupes généralisé que le gouvernement organise en lieu et place d’une réforme prétendument technique : comment justifier qu’une réforme du système d’aides sociales ait pour effet de baisser le montant de la bourse destinée aux moins favorisés d’entre eux ?
Pendant ce temps, les prix augmentent : le kilo de pommes est en hausse de 10 %, la consultation médicale de 19%, le paquet de pâtes de 6%, l’essence de 5,7%, le gazole de 6,5%, la baguette de pain de 12,5%… Le conseil du jour de madame Lagarde : mettez un pull pour ne pas tomber malade, ne vous fâchez avec personne pour éviter la justice, éteignez votre téléviseur pour ne pas payer la redevance, faites du vélo pour ne plus consommer d’essence et endettez-vous pour aller à l'université.
07:10 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.05.2008
Congrès du PS : un appel pour prendre le temps du débat et refuser la guerre des chefs
Certains lecteurs de ce blog trouveront peut-être qu’on leur parle beaucoup de la vie interne du PS. Celle-ci concerne au premier chef tous les citoyens qui placent leurs espoirs dans la gauche et refusent la fatalité d’un pouvoir de droite dans notre pays. La réussite du congrès du Parti Socialiste est donc un enjeu qui dépasse largement le cercle des militants socialistes.Depuis une semaine, la situation s’est rapidement dégradée et les écuries présidentielles sont passées à la vitesse supérieure, au mépris total des règles du PS et de son calendrier de congrès. Cela n’est pas bon signe mais il est encore temps de remettre le train socialiste sur les bons rails.
Nous avons donc souhaité, autour d’Alain Gralepois, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de Loire-Atlantique, proposer un texte de réflexion autour de deux idées forces :
* nous voulons un congrès de débat et de clarification politique et non la guerre des chefs ;
* militants socialistes de l’ouest, nous souhaitons apporter notre contribution à ce débat en valorisant notre projet et notre pratique politique auxquels les citoyens ont réaffirmé leur adhésion lors des récentes élections.
Je vous invite donc à découvrir ce texte, à me faire part de vos réactions et le cas échéant de votre adhésion à cette démarche collective.
> > Réussir ensemble le congrès du Parti Socialiste < <
00:05 Publié dans A la une: que faire du PS? | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.05.2008
Passeports biométriques : le gouvernement fonce malgré l’avis négatif de la CNIL
Par décret en date du 4 mai 2008, le gouvernement a validé la création du nouveau passeport biométrique qui contiendra outre une photo numérique les empreintes digitales de 8 doigts. Or on apprend par le JO du 10 mai que la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) avait adopté le 11 décembre 2007 un avis défavorable à cette innovation.La CNIL conteste le projet sur le fond comme sur la forme. Elle note que la France va plus loin que la réglementation européenne, qui ne prévoit pas le recueil de l'empreinte de huit doigts mais de deux, ni la conservation des données en base centrale, et estime que le dispositif français comporte « des risques d'atteintes graves à la vie privée et aux libertés individuelles ». Elle considère également que cette décision n’aurait pas du être prise par voie règlementaire car « un sujet d'une telle importance devait passer devant le Parlement ».
La position de la CNIL est d’autant plus significative que son Président, Alex Türk, n’est pas franchement un gauchiste paranoïaque puisque sénateur du Nord et ex-RPR. Le recours disproportionné aux technologies numériques et à la centralisation des données informatiques fait courir des risques réels aux libertés publiques, tel est en tout cas le message de la CNIL.
On pourra également s’étonner des conditions de publication du rapport de la CNIL. Publier l’avis d’une autorité indépendante près de 6 mois après son adoption est conforme à la loi mais pas à une conception exigeante de la démocratie. Ces avis devraient nourrir le débat en amont de la décision gouvernementale et non être tenus secrets en attendant cette décision. Dans le cas de figure qui nous intéresse, la loi n’a même pas été respectée.
En effet, elle précise que l’avis de la CNIL et le décret concerné doivent être publiés conjointement, alors qu’ici, une semaine sépare les deux parutions au JO. Le gouvernement se sentirait-il peu à son aise ?
07:25 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.05.2008
Un pôle de recherche et d’enseignement supérieur régional : le résultat de trois ans d’efforts
La semaine qui s’achève était cruciale pour l’avenir de l’enseignement supérieur dans la région des Pays de la Loire. Les trois universités de Nantes, Angers et Le Mans ainsi que l'Ecole Centrale de Nantes réunissaient leurs conseils d’administration pour délibérer sur le projet de pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) à vocation régionale. Les quatre conseils ont adopté à de larges majorités ce projet qui couronne trois ans de travail et d’efforts des universitaires mais aussi des élus régionaux.En charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, j’ai travaillé d’arrache-pied sur ce dossier depuis 2004. J’étais présent vendredi au Conseil d’administration de l’Université de Nantes pour ce vote crucial. La création de ce PRES régional était indispensable. La recherche dans l’Ouest est trop dispersée pour permettre à telle ou telle ville, même Nantes, d’être pleinement reconnue à l’échelle nationale ou internationale. On rappelle souvent qu’en matière de recherche, la Bretagne et les Pays de la Loire ne pèsent ensemble pas plus que la seule ville de Grenoble. Il s’agissait aussi de mettre en place une structure commune qui corresponde à la réalité vécue : les réseaux de recherche sont déjà régionaux et l’offre de formation est déjà concertée entre les établissements.
Cette décision sera dans les prochaines années aussi importantes pour les universités et les écoles que l’a été l’intercommunalité pour les villes. Chaque établissement isolé ne dispose pas des ressources lui permettant de construire des stratégies efficaces et d’exercer correctement ses missions. En mettant en commun leurs ressources et leurs efforts l’enseignement supérieur et la recherche régionale vont pouvoir mieux pouvoir aller plus vite et être plus efficaces. Les coopérations concerneront aussi bien la formation en thèse que le pilotage de programme de recherche, la valorisation des résultats, la mutualisation des grands équipements, les projets européens et internationaux, la culture scientifique et technique, le développement des usages du numérique, la formation continue, l’insertion des étudiants...
Il s’agit d’un signe fort en direction des citoyens et des acteurs locaux de la Région. L’ambition nouvelle et l’unité ainsi affichés doivent inciter les ligériens à se tourner vers les études longues et à valoriser la science et l’innovation. Elles justifient également un soutien accru des collectivités locales pour accompagner les nouveaux projets qui vont émerger. La création de ce PRES régional va également faciliter le développement des coopérations avec la Bretagne qui s’est organisée sur le même modèle.

La décision prise a été largement soutenue mais a également soulevé des inquiétudes légitimes. Il est vrai que les universités sont confrontées à de nombreuses incertitudes. La droite a décidé de leur octroyer une large autonomie sans garantir les ressources indispensables. La gestion des recrutements va être radicalement transformée. Les universités sont incitées à se tourner vers des acteurs privés pour construire leurs bâtiments et développer leurs activités. Selon la manière dont cette autonomie sera mise en place, elle pourra être la meilleure comme la pire des choses.
Il était donc important que les établissements d’enseignement supérieur et de recherche de la Région aillent de l’avant et se mobilisent autour de projets communs. Le rôle des collectivités, et en premier lieu de la Région, sera de les accompagner pour nourrir une dynamique territoriale qui se développera au bénéfice de tous les ligériens.
07:35 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.05.2008
Pour un congrès utile et serein, plein de courage, de clarté et de créativité !
Les textes récemment publiés sonnent creux et les mots choisis sont comme souvent interchangeables. On veut nous faire rentrer dans le jeu du grand affrontement entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Qui s’interroge sur les différences entre ces deux personnalités ? Je les connais bien tous deux et cela depuis longtemps ; l’une et l’autre ont su m’enthousiasmer ces dernières années et sont très proches dans leurs orientations politiques.Ils sont bien sûr marqués par des histoires différentes mais leurs itinéraires sont dans les deux cas ceux de personnalités indépendantes à « fort caractère », et leurs démarches se rejoignent pour l’essentiel : des valeurs fortes, un très grand pragmatisme dans l’action menée d’abord localement, un attachement à la démocratie participative, une forte sensibilité aux questions de société, une capacité inégalée de comprendre intuitivement les transformations de la société française et d’en tenir compte...
Les opposer comme deux pôles alternatifs de la pensée socialiste serait une gigantesque supercherie. Cela reviendrait à prendre les militants en otage dans un débat qui ne pourrait avoir d’autre sens que celui du choc des ambitions personnelles.
La tentation est pourtant forte de prendre position. On ne voit pas très bien l’alternative et beaucoup craignent qu’à défaut d’un leader fort le PS retourne à l’impuissance et l’illisibilité. Mais comment choisir ? Faut-il suivre les sondages tant dénoncés par certains il y a quelques mois ? Faut-il pour cela prendre le risque de se déchirer au cours d’un nouveau congrès de Rennes et de vivre un cruel naufrage collectif ? La bataille serait plus rude que les forces sont équilibrées et qu’aucun des deux ne se détache franchement.
Je suggère quant à moi une alternative déjà esquissée dans ce blog : que les socialistes qui pensent la même chose travaillent ensemble à un projet réformiste et européen en mettant entre parenthèse leurs ambitions, qu’ils s’attellent collectivement à la reconstruction du PS en donnant à un premier secrétaire proposé d’un commun accord les moyens de remettre le PS au travail, qu’ils programment la désignation de notre candidat(e) pour 2012 dès l’automne 2010 afin de lui donner le temps de se préparer et de gagner. Ni choc suicidaire des ambitions personnelles, ni synthèse factice et nouvelle phase d’immobilisme, le chemin est étroit mais il vaut le coup d’être exploré sérieusement.
Les Français n’attendent pas de nous une nouvelle pièce de théâtre, sanglante ou comique. Ils veulent nous voir au travail, avec de nouvelles idées, de nouvelles équipes, pour retrouver l’envie de nous faire confiance qui leur a manqué en 2007.
11:25 Publié dans A la une: que faire du PS? | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
14.05.2008
La claque OGM
Ce signal d’alarme n’est pas le premier, le gouvernement aurait pu choisir de l’entendre. Il préfère le passage en force en convoquant dans l’urgence la Commission Mixte Paritaire qui réunira Députés et Sénateurs pour relancer l’adoption du texte. La situation est pourtant simple : les français ne veulent pas des OGM qu’on leur propose actuellement. Écoutons-les !
07:55 Publié dans A la une: OGM , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.05.2008
Un code de bonne conduite pour la recherche N&N
L'Europe est à l'avant-garde dans le domaine des nanosciences et des nanotechnologies (N&N) mais un manque de connaissances subsiste quant aux effets de ces technologies sur la santé et sur l'environnement.C'est pourquoi le 8 février 2008, la Commission européenne a adopté un code de bonne conduite pour une recherche responsable en N&N.
Ce code de bonne conduite invite les États membres à engager des actions concrètes pour un développement et une utilisation sûrs des nanos, autour de sept principes généraux :
1. La signification : les activités de recherche en N&N doivent être compréhensibles par le public et servir le bien-être des personnes et de la société.
2. La durabilité : les activités de recherche en N&N doivent être sûres, respecter les principes éthiques et contribuer au développement durable.
3. La précaution : les activités de recherche en N&N doivent être menées en respectant le principe de précaution tout en stimulant le progrès.
4. L'inclusion : la gouvernance des activités de recherche en N&N doit être est guidée par les principes d'ouverture, de transparence et de droit d'accès à l'information.
5. L'excellence : les activités de recherche en N&N doivent répondre aux normes scientifiques en termes de bonnes pratiques d'intégrité de la recherche.
6. L'innovation : la gouvernance des activités de recherche en N&N doit encourager la créativité et l'aptitude à anticiper l'innovation et la croissance.
7. La responsabilité : les chercheurs et les organismes de recherche demeurent responsables de l'impact de leur travail sur la société, sur l'environnement et sur la santé humaine.
07:30 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.05.2008
Vers le retour des farines animales ?
Il est par exemple indispensable d’alerter l’opinion sur la possibilité d’un retour prochain des farines de viandes et d’os dans l’alimentation animale. Depuis de nombreux mois, les producteurs de porcs français et européens plaident pour le retour de ces farines dont l’utilisation est interdite depuis la crise de la vache folle. Les farines ont été remplacées par des céréales dans l’alimentation des porcs. Confrontés à l’augmentation des cours mondiaux des céréales, les producteurs espèrent du retour des farines une économie de 4 centimes par kilo de viande !

Le gouvernement français est réticent mais l’union européenne semble plus réceptive. Il est vrai que porcs et volailles sont omnivores et non végétariens et que d’un point de vue purement zootechnique l’utilisation des farines animales n’a rien d’aberrant. L’histoire a néanmoins montré les dangers de cette pratique et la nécessité d’un encadrement très rigoureux. La volonté d’utiliser les farines pour baisser les coûts de production n’est pas rassurante car elle s’inscrit dans un contexte où des producteurs aux abois risquent de faire peu de cas des règles sanitaires.
La maîtrise sanitaire de l’alimentation nécessite une attention toujours accrue. La diffusion de plusieurs études récentes montrant l’omniprésence des pesticides dans les aliments nous rappelle que la priorité doit être donnée à la mobilisation des acteurs et à la recherche de nouvelles améliorations. Le retour des farines aurait une très grande portée symbolique et serait perçue par tous, producteurs comme consommateurs, comme un signe de relâchement de l’effort collectif mené au bénéfice de la protection de la santé.

19:30 Publié dans A la une: nouveaux désordres agricoles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.05.2008
Bilan des municipales : une nouvelle vision des enjeux territoriaux
En dix ans, notre perception des territoires a été complètement bouleversée. Une vie locale essentiellement communale a laissé place à des enjeux territoriaux plus larges avec notamment les conséquences de la montée en puissance de l’intercommunalité et de l’étalement urbain. Les dernières élections municipales ont témoigné d’une prise de conscience encore plus forte de ces transformations.L’aire urbaine de Nantes couvre désormais une large partie du département. Les citoyens y sont confrontés aux mêmes enjeux d’accès au logement et à l’emploi, de déplacement, de qualité de vie. Lors des récentes élections municipales, les candidats de gauche n’ont pas eu peur de proposer des projets locaux qui rompaient avec l’enfermement municipal pour prendre à bras le corps ces nouveaux enjeux. Mon collègue Dominique Tremblay par exemple, candidat à Varades, a dès le début de la campagne mis au cœur de sa démarche la question du sens à donner au développement de sa commune à mi-chemin entre Nantes et Angers. Poser ainsi les enjeux était osé et courageux. Il a été brillamment élu. De même, les victoires municipales de la gauche dans les pôles périurbains que sont Blain, Clisson, Vallet et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, ainsi que le basculement à gauche de la Communauté de Communes Erdre-et-Gesvres, témoignent d’une profonde évolution des attentes des populations.
Nous irions droit à l’échec si la ville centre restait sourde à ces préoccupations. L’évolution de la réflexion de Jean-Marc Ayrault sur la stratégie de développement de Nantes témoigne au contraire d’une prise en compte croissante des enjeux d’aménagement du territoire à l’échelle de l’aire urbaine voire au-delà.
Au cours de son premier mandat, entre 1989 et 1995, Jean-Marc Ayrault s’est attaché à réveiller Nantes et à relancer ses structures intercommunales avec la création du district en 1992. Son second mandat a donné la priorité au rapprochement avec Saint-Nazaire et la construction d’un projet métropolitain. Le début de son troisième mandat, en 2001, a vu se concrétiser ces orientations avec la création de la Communauté Urbaine et celle du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale), fédérant l’ensemble des territoires situés entre Saint-Nazaire et Nantes autour d’une vision commune des déplacements et de l’habitat.
Je faisais partie de ceux qui considéraient que ce formidable mouvement n’était encore pas suffisant car les institutions créées et les politiques mises en place ne concernaient que la moitié de l’aire urbaine de Nantes, qui comprend aujourd’hui plus de 100 communes. Le projet métropolitain présenté aux électeurs en 2008 permet de franchir de nouvelles étapes. C’est désormais l’ensemble de l’aire urbaine d’une part, et le réseau des villes de l’Ouest d’autre part (je traiterai ce point dans une prochaine note), qui deviennent les nouvelles frontières de notre action politique.Dans le cadre de ce projet, de nouvelles pistes d’intervention sont proposées :
- La mise en place d’une coordination permanente entre Nantes Métropole et l’ensemble des autres intercommunalités proches
- Une recherche d’interconnexion des transports urbains et périurbains, en partenariat avec le Conseil Régional et le Conseil Général pour offrir des transports collectifs de qualité à tous les habitants de notre bassin de vie
- La création de zones d’activité économiques communes à plusieurs intercommunalités afin de développer des pôles d’emploi à la périphérie de l’agglomération en préservant une solidarité financière et en luttant contre le dumping fiscal.
Ces trois questions sont cruciales pour réussir un développement durable et équilibré de notre territoire. Les élus de droite sont aujourd’hui dos au mur. Ils auront le choix entre s’engager dans ces coopérations et solidarités ou s’enfermer dans leurs donjons locaux.
10:55 Publié dans Agir dans les territoires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





