02.06.2008

Coût du travail et 35h : l’éternelle rengaine de la droite

Depuis des années, la droite s’emploie à expliquer toutes les difficultés de l’économie française par le niveau du coût du travail et le poids des 35h. Cette thèse est fausse, comme le montrent régulièrement les données et les analyses économiques ; elle ne sert qu’à masquer la paresse intellectuelle et politique de la droite face au déclin de l’industrie nationale.

Il est vrai que le coût horaire du travail est élevé en France ; mais comme la productivité, c'est-à-dire l’efficacité, des salariés français est très élevée, la part du coût du travail dans le prix de chaque objet ou service produit en France reste dans la moyenne européenne.

En tenant compte de ces deux éléments, coût unitaire du travail et productivité, la France est beaucoup mieux placé que l’Allemagne qui connaît un niveau du coût du travail parmi les plus élevés au monde. Cela n’empêche pas l’Allemagne de battre tous les records d’excédent de son commerce extérieur. L’Allemagne vend au monde entier des machines, des outils et des produits à haute valeur ajoutée quand la France ne brille que dans le luxe, le tourisme et l’agroalimentaire.

Cette réussite de l’Allemagne est lié à son tissu de grosses PME de 1000 à 5000 salariés qui détiennent des technologies clés et sont souvent leaders mondiaux dans leur secteur d’activité. L’Allemagne a gardé une véritable politique industrielle qui combine formation professionnelle performante, lien étroit entre recherche et entreprise, soutien fort apporté par les collectivités publiques au financement des investissements et forte ouverture européenne et internationale.

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La baisse du coût du travail n’est donc pas la réponse appropriée aux problèmes de compétitivité de l’économie française. Relever les défis de la formation, de l’innovation technologique et du financement des investissements des PME suppose des politiques publiques actives et étroitement coordonnées entre l’État et les collectivités locales, en premier lieu les régions dont les compétences dans ces domaines sont déterminantes.

C’est dans cette direction que la gauche peut retrouver sa crédibilité dans les domaines de l’emploi et du développement économique. Nous devons à la fois nous opposer à la politique de baisse du coût du travail qui conduit au démantèlement des droits sociaux et à la baisse des salaires, tout en défendant une politique industrielle ambitieuse et pragmatique.

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