21.07.2008
La santé des étudiants : une négligence coupable
La santé des étudiants n'a jamais intéressé les responsables politiques. Depuis la loi du 23 septembre 1948, étendant aux étudiants le régime de Sécurité sociale, rien de notable n'a eu lieu, exceptée l'organisation de la médecine préventive universitaire, en 1988. Pour faire le point, la LMDE a dévoilé sa deuxième grande enquête sur la santé des étudiants à l’occasion de son Congrès tenu du 12 au 14 juin à Grenoble... Le bilan est toujours aussi sombre.Faute d’argent, 15 % des étudiants renoncent à un soin optique ou dentaire et 23% n’ont pas de complémentaire. Dans l’année, seuls 42,5 % se sont rendus chez un dentiste, et à peine une étudiante sur deux chez un gynécologue. Du côté du moral, ce n’est pas mieux : 45,4% des étudiants considèrent la société comme répressive et 65% que la société ne permet pas aux jeunes de réussir, tandis que 57,1% des étudiantes pensent qu’il n’y a pas d’égalité entre les sexes…
Rappelez-vous : en décembre 2006, Laurent Wauquiez, alors député UMP de Haute-Loire, établissait un état des lieux de la santé et de la protection sociale des étudiants. Il soulignait des "dégradations inquiétantes" et une "santé des étudiants négligée", en proposant par exemple la création d’un chèque santé de 100 Euros, permettant aux étudiants d'acquérir une mutuelle. Laurent Wauquiez défendait la création, dans chaque pôle universitaire, d'une "maison de la santé étudiante" regroupant en un seul lieu des spécialités médicales, une aide psychologique et des antennes de services sociaux. Il proposait aussi d'instituer un droit à un "paquet santé" au cours des deux premières années d'études, dont un check-up santé complet.
Devenu secrétaire d'Etat il y a un an, et membre du Sarko-G7, il n’a pas manqué de remiser ses idées au placard, comme a pu le faire Luc Chatel au sujet du recours collectif. La situation n’est donc pas en bonne voie pour s’améliorer. Car le cercle vicieux est toujours le même à droite : on fait mine de s'intéresser aux problèmes des jeunes pour s'assurer leurs voix en période électorale, puis on oublie aussi vite d'agir pour leur bien sitôt qu'on est installé au pouvoir. Un cynisme sans pareil, comme si la santé était un slogan comme un autre.
07:30 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule, Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
cette préoccupation pourrait faire partie d'un futur A21 de l'université.
Ecrit par : burban philippe | 25.07.2008
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