15.07.2008
Écouter Cassandre
Cassandre ne prédisait pas systématiquement une catastrophe aléatoire. Cassandre prédisait exactement l’avenir et les évènements dramatiques qu’elle annonçait n’étaient que le reflet du manque de sagesse des hommes. Plus Cassandre voyait l'avenir avec précision, moins on l'écoutait.
Écouter Cassandre est pour nos sociétés un enjeu extraordinaire. Notre avenir dépend largement de notre capacité à ouvrir notre raison aux analystes inquiets du futur. Dénoncer comme obscurantistes les Cassandre d’aujourd’hui revient à programmer avec certitude les catastrophes de demain et mettre en danger la survie de notre civilisation.

Aujourd’hui je vous propose simplement d’écouter la voix d’un de ces Cassandre, Alex Türk, Président de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) , Sénateur non-inscrit du Nord, professeur de droit :
« On peut toujours, dans une démocratie, réduire la puissance des fichiers de police. Par contre, on ne peut pas revenir sur les développements technologiques. La CNIL croule sous les demandes de contrôle par biométrie, par vidéosurveillance. La géolocalisation des personnes se développe de manière faramineuse. Je ne dis pas cela pour affoler, mais je crains que l’on se réveille un jour dans une société différente.
C’est comme une lente montée des eaux. L’opinion ne s’en rend pas compte. Mais ces technologies introduisent un double traçage. Traçage dans l’espace. On sait où vous étiez. Et traçage dans le temps grâce aux moteurs internet, aux réseaux. J’appelle ce phénomène la dilatation du présent. On sait ce que vous étiez à vingt ans. Et on peut vous le reprocher dix ans plus tard. Comme si vous n’aviez pas changé entre temps » (Ouest France du 15 juillet 2008)
Écouter Cassandre est pour nos sociétés un enjeu extraordinaire. Notre avenir dépend largement de notre capacité à ouvrir notre raison aux analystes inquiets du futur. Dénoncer comme obscurantistes les Cassandre d’aujourd’hui revient à programmer avec certitude les catastrophes de demain et mettre en danger la survie de notre civilisation.

Aujourd’hui je vous propose simplement d’écouter la voix d’un de ces Cassandre, Alex Türk, Président de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) , Sénateur non-inscrit du Nord, professeur de droit :
« On peut toujours, dans une démocratie, réduire la puissance des fichiers de police. Par contre, on ne peut pas revenir sur les développements technologiques. La CNIL croule sous les demandes de contrôle par biométrie, par vidéosurveillance. La géolocalisation des personnes se développe de manière faramineuse. Je ne dis pas cela pour affoler, mais je crains que l’on se réveille un jour dans une société différente.
C’est comme une lente montée des eaux. L’opinion ne s’en rend pas compte. Mais ces technologies introduisent un double traçage. Traçage dans l’espace. On sait où vous étiez. Et traçage dans le temps grâce aux moteurs internet, aux réseaux. J’appelle ce phénomène la dilatation du présent. On sait ce que vous étiez à vingt ans. Et on peut vous le reprocher dix ans plus tard. Comme si vous n’aviez pas changé entre temps » (Ouest France du 15 juillet 2008)
08:20 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Pour illustration:
http://www.cnil.fr/index.php?id=19
Ecrit par : Filip | 17.07.2008
Salut Christophe,
Le Sénat a voté récemment ( séance du 10 juin) un texte qui transpose dans le droit français la prise en compte des interventions du Tribunal Pénal International et notamment les conditions d'interpellation et de mise en examen. Alors que tous les pays européens ont adopté des règles permettant l'interpellation et le procès, voire l'extradition, de tout criminel de guerre ou responsable de crime contre l'humanité, dès lors qu'une plainte à leur encontre, émanant de victimes ou leurs "ayant droit", était enregistrée; la France, elle s'est distinguée en ne réservant la possibilité d'instruire qu'à la demande expresse du Parquet et seulement à l'encontre de personnes "dont la résidence habituelle" se situe en France..!!!!
Ces particularités françaises, introduites par voie d'amendement au Sénat et acceptées par le représentant du gouvernement (Mme Dati) interdisent quasiment toute action en France contre les dictateurs et criminels de tous poils et portent gravement atteinte aux libertés individuelles en refusant tout appel à la justice et constitution de partie civile.
Ce texte est une honte et j'aurais aimé que le PS et ses représentants incriminent plus violemment le pouvoir sarkozien en soulignant les contradictions d'une politique qui autorisera les membres des Farc à se réfugier sur le territoire français, tout en autorisant l'extradition vers l'Italie Berlusconienne des anciens membres repentis et réinserrés des Brigades Rouges en vertu de l'engagement de François Mitterrand.
Sans doute faudrait-il que tu instruises un dossier à l'attention de Marie-Françoise ou de Jean-Marc afin que ce texte ne puisse être adopté tel quel à l'Assemblée.
Amitiés socialistes.
Patrick
Ecrit par : patrick | 17.07.2008
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