28.07.2008

Enquêtes dans les écoles : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous devons défendre la recherche, sauver la sociologie de l’école et l’étude des inégalités.

a2e7023a97fd578d2bfbde43ccefe18a.jpg Les enseignants et les parents d’élèves se sont massivement mobilisés contre les réformes Darcos dans les écoles. Au cours de ce mouvement ont également été mises en cause des enquêtes réalisées auprès des enfants et dont certaines questions portaient sur la situation personnelle des familles (nationalité, statut des couples,…). Certains y ont vu un risque de fichage et ont demandé le retrait de ces enquêtes ainsi que la suppression des informations personnelles des bases de données informatiques de l’Education nationale.


On peut comprendre ces réticences, notamment dans le contexte de la véritable chasse aux enfants en situation irrégulière engagée par le gouvernement. Il était également maladroit de la part de l’Education nationale de faire remplir les enquêtes par les enfants eux-mêmes. Pour autant, l’abandon de la collecte de ces informations aurait des conséquences graves pour les recherches sur l’école.

Des chercheurs engagés à gauche, spécialistes de sociologie et l’école et de recherche sur les inégalités scolaires, viennent de tirer la sonnette d’alarme et de lancer une pétition pour que l’on ne jette pas le bébé avec l’eau du bain. En effet, sans donnée et sans enquête, pas d’études ; sans étude, pas de mise à jour des inégalités scolaires et des mécanismes d’exclusion ou de ségrégation ; sans étude, pas de munition donc pour les forces qui défendent une vision progressiste de l’école. L’abandon des enquêtes, en ruinant la recherche sur l’école, viendrait donc faire le jeu des adversaires de la démocratisation scolaire, qui préfèrent le discours sur la baisse du niveau et le « quand on veut on peut » à la confrontation avec les chiffres et les études qui retracent la réalité des progrès liés à la démocratisation et décrivent les causes de l’échec scolaire.

Il est donc indispensable qu’un dialogue se noue entre les enseignants, les parents, les chercheurs et le ministère de l’Education nationale pour trouver une solution qui protège à la fois les libertés individuelles et la recherche sur l’école.

L’absence des données sociologiques sur les familles aurait des conséquences très concrètes sur l’orientation des politiques publiques. Je peux en donner un exemple en tant que conseiller régional. La Région accorde aux lycées des crédits pour mettre en place des actions éducatives. Ces dotations sont augmentées quand la part des élèves issus des catégories défavorisées est importante dans l’établissement. Si cette donnée de base disparaît, ce est pour le moment le cas, devrons-nous, faute d’information fiable, renoncer à soutenir plus fortement les lycées populaires ? Ce serait paradoxal et irait à l’encontre des convictions et des intentions de ceux qui se sont mobilisés contre les enquêtes scolaires et leurs modalités.

Commentaires

Information importante ! Pétition à signer !
Mille fois plus intéressante que celle rapportée sur ce même site par une conseillere élue
se préoccupant du stationnement des limousines devant des hôtels de luxe !
Pas de délation... je n'en dirai pas plus ici, mais j'ai écrit une petite note d'humeur sur ce très délicat sujet........... (rire) pas pour dénoncer, mais énoncer !

Ecrit par : Françoise | 28.07.2008

Une problématique / polémique de même nature a eu lieu il y a quelques mois concernant la question des "statistiques ethniques".

Les chercheurs ont largement plaidé pour la possibilité de mener leurs travaux, alors que de nombreuses associations et groupes de pression adoptaient un discours particulièrement "diabolisateur" sur le sujet.

En ce qui me concerne, dans la mesure où ces recherches sont soumises à des règles déontologiques strictes, je suis totalement favorable à leur développement.

Il m'est inconcevable que nous nous interdisions collectivement d'essayer de savoir.

Ecrit par : Filip | 28.07.2008

Bonjour

j'aimerais, Christophe, avoir votre réaction sur les phrases et la démarche suivante. Aubry, Mosco, Montebourg et Lebranchu ont décidé de se rapprocher dès maintenant, pour former une union crédible et cohérente avant le début du Congrès.

"Nous refusons l'immobilisme qui pave les défaites", "nous combattons la fragmentation, souvent prélude au renoncement", "nous ne voulons plus d'une synthèse informe", poursuivent-ils.

Refusant "la présidentialisation du parti", ils ne veulent "pas d'un congrès de désignation" et appellent à "la préparation de primaires ouvertes".

A lire ces phrases, je retrouve très précisément ce que disait Jean-Marc Ayrault lors de la présentation de la contribution de l'ouest à la fédé. A savoir réunir avant le congrès ceux qui pensent la même chose, ne pas faire du congrès un enjeu de présidentiables et éviter le morcellement sans renoncer à rénover le parti.

Leur démarche correspond exactement à cela, à lire leurs déclarations. Que penses-tu de cette démarche et pourquoi Ayrault et la fédé du 44 n'épouseraient-ils pas également cette démarche ?
Le but est bien de rassembler tous ceux qui pensent la même afin de proposer un texte cohérent et rénovateur, et ensuite, de laisser les militants choisir le premier secrétaire de leur choix.
J'attends la réaction de la fédé 44, et pourquoi pas un rapprochement dès l'été de ceux mentionnés ci-dessus avec la démarche de Collomb, Ayrault, Guérini, Sapin et Hollande.

Ecrit par : Nicolas (Nantes) | 29.07.2008

Euh Nicolas, c'est bien de participer, mais il me semble que votre question n'a rien à voir avec le sujet de cette note... Peut-être devriez-vous ouvrir un blog si vous souhaitez tenir votre propre tribune.

Pour ce qui est des enquêtes sociologiques, je rejoins les points de vue de Christophe et de Filip : les statistiques ethniques et conjugales ne sont pas des données scandaleuses puisqu'elles sont structurantes. Reste, par contre, à respecter l'éthique dans leur collecte et leur exploitation.

Ecrit par : Bozag | 29.07.2008

oui je sais, ça n'a rien à voir, toutes mes excuses, mais pour avoir la réaction de qqun sur un blog et des autres intervenants sur un blog, on est parfois obligé d'intervenir sur un article avec un sujet différent. Tout le monde aura compris que ça n'a rien à voir. Je voulais simplement une réaction.

Ecrit par : Nicolas (Nantes) | 29.07.2008

Plus que jamais la sociologie est un sport de combat !!! Du temps où j'étais étudiante à Nantes, on m'enseignait que cette noble discipline ne faisait pas bon ménage avec les Etats autoritaires voire totalitaires.... Quelques années plus tard, chercheure en sociologie, j'ai pu le constater dans ma pratique de terrain, et pas seulement dans certains pays du Sud. Oui, les données contextuelles sur la société sont des armes, que les gouvernants n'aiment pas voir dans toutes les mains

Ecrit par : fourage | 21.08.2008

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