28.12.2008

2008 : l’année de toutes les erreurs économiques pour Nicolas Sarkozy

sarko-sueur.jpeg

La crise économique actuelle n’était pas inattendue. Les indicateurs de conjoncture se sont tous progressivement retournées à partir de la fin de l’année 2006 (consommation fin 2006, moral des ménages printemps 2007, construction de logements collectifs septembre 2007). La crise des subprimes a démarré au cours de l’été 2007. Au même moment, Sarkozy appelait de ses vœux le recours au crédit hypothécaire en France. Cette cécité s’est doublée d’une obstination idéologique qui l’a conduit à faire les choix économiques inverses à ceux qu’exigeaient ces temps difficiles.


Dans Le Monde du 24 décembre, Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, et donc peu suspect de gauchisme, appelait de ses vœux une relance budgétaire forte et ajoute : « Il vaut mieux que la relance intervienne par l’augmentation des dépenses publiques que par la diminution des recettes publiques. Autrement dit, les constructions de ponts ou les rénovations d’écoles risquent d’avoir plus d’effets sur la demande que les réductions d’impôts que les ménages sont tentés de transformer en épargne de précaution. Si on diminue les impôts, ou si l’on augmente les transferts, il vaut mieux cibler les populations victimes du chômage ou surendettées. Elles en ont plus besoin et elles le dépenseront aussitôt, contribuant à la reprise de l’activité économique ».

La politique économique de Nicolas Sarkozy a pris depuis 18 mois l’exact contrepied de cet avis d’expert :


Rendre du pouvoir d’achat aux plus fragiles : 0 pointé.

L’héritage de Sarkozy, c’est le paquet fiscal qui a consommé par avance toutes les marges de manœuvre budgétaire. Il a couté 13 à 15 milliards d’Euros qui ont essentiellement profité aux plus riches alors que dans le plan de relance le soutien à la consommation se limite à 4 milliards d’Euros. Le point fort du paquet fiscal en direction des salariés était le « travailler plus pour gagner plus » : le réveil va être douloureux car les heures supplémentaires vont disparaître dans le contexte actuel de baisse de la demande.


noel2009.jpg



Ouvrir une perspective d’avenir pour inverser les anticipations : 0 pointé.


Un employeur embauche ou investit quand il peut compter sur des marchés solvables ou quand il anticipe une augmentation de la demande. Un salarié s’endette, achète une voiture ou construit sa maison quand il pense que l’avenir lui sera favorable. Dans le cas contraire, les uns et les autres préfèrent réduire la voilure et mettre de l’argent de coté. La hausse de l’épargne de précaution alimente la spirale déflationniste car elle nourrit la baisse de la demande, la baisse des prix et donc celle des revenus des entreprises. Les gesticulations actuelles du gouvernement, la remise en cause du droit du travail, celle des avantages fiscaux des personnes seules ayant élevé des enfants, alimentent un sentiment d’insécurité sociale alors qu’il faudrait au contraire rassurer, rechercher le consensus et renforcer les mécanismes de solidarité.


Relancer l’investissement public : 0 pointé.

L’essentiel du plan de relance est consacré à l’amélioration de la trésorerie des entreprises et des collectivités locales en accélérant le versement de fonds publics. Ces mesures ne sont pas inutiles quand il s’agit d’affronter un coup de vent passager mais sont sans effet face à une crise longue et profonde, et cela pour deux raisons. D’une part il ne s’agit pas d’argent nouveau mais d’un simple décalage de calendrier de la disponibilité des fonds. D’autre part personne n’investit en fonction de sa trésorerie mais en fonction de ses revenus et de sa capacité d’endettement sur plusieurs années. Le soutien direct à l’investissement public, à travers l’engagement d’argent frais, se limite à 10 milliards d’Euros. L’État dit vouloir aller vite mais plutôt que de faire confiance aux acteurs de terrain, il met en place des procédures administratives tatillonnes sous l’autorité des Préfets pour sélectionner les projets éligibles. Les collectivités locales sont les meilleurs outils pour réaliser rapidement des projets mûrs mais suspendus faute de financement. L’État dit vouloir les aider mais ne leur apporte aucune ressource nouvelle ; au contraire, il baisse leurs dotations et transfert des charges nouvelles sans compensation correspondant, contribuant ainsi à leur asphyxie.


Un autre plan de relance est possible. Il devrait être de plus grande ampleur, aider fortement les ménages modestes, et s’appuyer sur un programme massif d’investissements publics : grands travaux, soutien aux projets des collectivités et des opérateurs du logement social.

25.12.2008

Noël

Votre cœur l’a compris : ces enfants sont sans mère.
Plus de mère au logis !... et le père est bien loin !...
Une vieille servante, alors, en a pris soin.
Les petits sont tout seuls en la maison glacée ;
Orphelins de quatre ans, voilà qu’en leur pensée
S’éveille, par degrés, un souvenir riant…
C’est comme un chapelet qu’on égrène en priant :
Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quelque songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux…
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher…
On entrait !... Puis alors les souhaits… en chemise,
Les baisers répétés, et la gaîté permise !

Arthur Rimbaud

(extrait de « les étrennes des orphelins », Poésies)

Franz_Mark.jpg

21.12.2008

Le solstice d’hiver, Barack Obama et le Parti Socialiste

Avant de devenir Noël, le solstice d’hiver était le moment des grandes fêtes du renouveau. Les romains célébraient le « soleil invaincu » et au cours des fêtes saturnales toutes les hiérarchies sociales étaient pour quelques jours suspendues.

L’hiver n’est donc pas une période de déclin mais de renouveau, lent et discret, qui chemine sous le froid et les intempéries. Après avoir doucement décliné au cours de l’automne, le soleil reprend son ascension dès les premiers jours de l’hiver et, quelles qu’en soient les rigueurs, prépare le renouveau.

Le Parti Socialiste vient de passer un automne tortueux et difficile qui n’a rien réglé de ses problèmes d’identité et de leadership. L’hiver qui s’ouvre lui sera bénéfique uniquement s’il prend au sérieux l’exigence de refondation et de travail collectif. Quand on croit trop vite au printemps, un coup de gel tardif peut venir faucher prématurément les moissons de demain.

L’exemple américain nous montre à la fois l’ampleur de la tâche et la voie à suivre. La victoire d’Obama dans le vote populaire n’est pas massive puisqu’il n’a emporté « que » 52% des suffrages. Il a par contre séduit 66% des 18-29 ans et aussi bien les sans diplômes (63%) que les Bac +5 et au-delà (58%). Les plus pauvres ont massivement voté pour lui tout comme l’ensemble des minorités (95% des africains-américains et 60 à 66% des autres communautés). D’un point de vue géographique, il l’a emporté dans les États « libéraux » des côtes est et ouest mais aussi dans les nouveaux territoires d’immigration et dans le vieux cœur rural et industriel de l’Amérique.

La situation est très différente en France. Ségolène Royal ne l’emportait en 2007 que chez les 18-24 ans, royal obama.jpgelle était battue chez les ouvriers et les employés : plus significatif encore, le vote pour Ségolène Royal s’accroissait avec le niveau de formation quand les sans diplômes choisissaient à 61% Nicolas Sarkozy. De la même manière, si l’électorat populaire des villes et des territoires dynamiques a voté à gauche au second tour de l’élection présidentielle, il s’est prononcé pour Nicolas Sarkozy dans la majorité des régions de vieille tradition industrielle et dans le monde rural.

La reconquête du vote populaire est donc le cœur du défi auquel est confrontée la gauche française.Obama a atteint cet objectif sans pour autant partir « à gauche toutes » ni multiplier les promesses démagogiques. Il a su parler d’avenir, rendre espoir, et tracer une perspective de changement crédible et progressif.

Cette réussite est le résultat de 20 ans de travail patient et minutieux des démocrates américains pour réhabiliter les valeurs progressistes et reconstruire un programme réformiste. Renouer le lien avec les mouvements sociaux pour capitaliser leur expérience et leurs réflexions, multiplier les « think tank » pour élaborer des propositions sérieuses et étayées, construire des outils de communication modernes pour les populariser et convaincre progressivement la société américaine, tel a été le programme de travail des démocrates ces dernières années. Il s’agit là d’un exemple à suivre pour les gauches d’Europe.

Nous avons également beaucoup à apprendre de la manière de faire campagne de cette gauche américaine, souvent décriée en Europe et particulièrement en France, mais finalement parfois plus à gauche que nous. Obama et les démocrates ont construit une machine électorale extrêmement efficace en organisant une réactivité de tous les instants, un maillage serré du territoire, la mobilisation, au-delà des partis, de centaines de milliers de citoyens, la mise en réseau des initiatives, notamment sur internet.

Inspirons-nous de l’exemple américain : imagination, travail, pragmatisme, ouverture, alors après un hiver studieux, le printemps viendra.

martine-aubry.jpg

18.12.2008

Eloge de la lenteur

agriculture_bio.jpg « Slow Food est une association qui s'oppose aux effets dégradants de la culture de la fast-food qui standardisent les goûts ; qui promeut les effets bénéfiques de la consommation délibérée d'une alimentation locale, qui a des programmes d'éducation du goût pour les adultes et les enfants, qui travaille pour la sauvegarde et la promotion d'une conscience publique des traditions culinaires.


Slow Food aide les producteurs-artisans de l'agroalimentaire qui font des produits de qualité et encourage les initiatives de solidarité dans le domaine alimentaire. L'objectif de Slow Food est de développer un modèle d'agriculture moins intensif et nocif, capable de préserver et d'améliorer la biodiversité et d'offrir aussi des perspectives pour les régions moins riches.

Slow Food cherche à combiner le plaisir avec un profond sens de responsabilité à l'égard de l'environnement et du monde de la production agricole. On ne peut pas être gastronome et ne pas être sensible à la protection des cuisines locales, des races animales, des espèces végétales en danger d'extinction. »

En cette veille de fête de fin d’année, moment phare de la consommation alimentaire et du plaisir gastronomique, je vous propose d’explorer une autre approche de l’alimentation, ancrée dans l’histoire, le terroir, le développement durable. En ce monde de déferlement technologique, je vous invite à la lenteur. Des produits de saison qui mijotent, un livre à la main et un air de musique, voila mon programme pour les jours qui viennent.

Je vous souhaite la même peine.

15.12.2008

L’indécence fiscale de Philippe Marini

taxes.jpg Dans le débat budgétaire au Parlement, la droite laisse libre cours à ses réflexes idéologiques les plus traditionnels : elle refuse toute remise en cause du paquet fiscal qui a massivement profité aux plus riches mais s’attaque sans vergogne aux rares dispositifs fiscaux qui profitent aux classes moyennes et aux foyers modestes. Le sénateur Philippe Marini est le fer de lance de cette droite décomplexée chère à Nicolas.

Philippe Marini avait tenté il y a quelques jours de permettre aux boursicoteurs de déduire de leur revenu imposable les pertes de cette très mauvaise année boursière 2008.

Une telle provocation avait soulevé tellement d’indignation, y compris à droite, que Marini a du remballer rapidement son amendement.

Cette première tentative en cachait une autre, bien partie celle-là pour réussir si la protestation ne s’amplifie pas. Il s’agit désormais pour Marini de supprimer la demi-part fiscale supplémentaire dont bénéficient les personnes qui ont élevé seule un ou plusieurs enfants. Cette disposition concerne 4.3 millions de ménages et coûte 1.7 milliards d’euros à l’État.

L’argument de la droite est simple. Cette demi-part n’est plus justifiée quand les enfants ne sont plus à charge. Cet apparent bon sens témoigne d’une ignorance complète de la réalité de ces foyers et d’un mépris profond pour ce qui a été leur vie. Marini comprend-il les difficultés et les sacrifices des mères isolées, qui ont du consacrer toute leur énergie à élever et rendre heureux leurs enfants, et qui n’ont eu ni temps pour elle ni souvent la possibilité de construire leur parcours professionnel ? Une fois les enfants partis, elles se retrouvent souvent avec des revenus modestes et plus tard avec de petites retraites. La demi-part dont elles bénéficient n’est donc pas un privilège mais une juste compensation, un acte de solidarité de la nation.

Malgré cette ineptie évidente, cet amendement a été adopté par le Sénat et peut donc figurer dans la loi de finance pour 2009. La droite peut néanmoins encore se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard. Un peu d’humanité, un peu de compassion et tout simplement un peu de justice, est-ce trop demander au sémillant sénateur Marini et au gouvernement de Sarkozy ?

12.12.2008

Réguler le commerce international : barrières tarifaires ou développement durable

etoile.jpg Les produits chinois ont plusieurs fois défrayé la chronique ces dernières semaines. Cette actualité doit nous inciter à poursuivre le débat sur l’organisation du commerce international. Jusqu’à présent, le débat sur la mondialisation a été centré sur la financiarisation et les délocalisations. Elle a aussi des impacts sanitaires et environnementaux majeurs. Cet axe de réflexion offre des perspectives à ceux qui refusent toute dérive protectionniste tout en réclamant plus de régulation.


L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Si le scandale du lait contaminé à la mélamine a occupé la vedette, nous ne devons pas oublier que les exportations alimentaires chinoises vers la France ont bondit de 44% entre 2005 et 2007, et que le réseau d’alerte rapide européen a identifié 432 produits chinois dangereux depuis le début de l’année 2008. La Chine ne respecte pas les normes sanitaires internationales, la cause est entendue.

On pourrait de la même manière éclairer la mauvaise qualité environnementale de l’économie chinoise. Le gaspillage des ressources naturelles et le mépris des équilibres environnementaux est manifeste. Les paysages traditionnels sont progressivement détruits, les villes sont le plus souvent invivables et la santé des populations mise en danger par une pollution massive.

Face à ces constats nous devons prendre en compte deux éléments essentiels dans notre réflexion. D’abord, les règles du commerce international autorisent les États à faire obstacle à la libre circulation des produits quand la santé des populations ou les équilibres environnementaux sont mis en cause. C’est le sens de l’article XX du GATT, toujours en vigueur malgré la création de l’Organisation Mondiale du Commerce. Ensuite, les problèmes d’environnement et de santé publique sont désormais au cœur du débat public en Chine, y compris au sein du Parti communiste, et constituent le point de départ de nombreuses mobilisations. De plus en plus de citoyens contestent un modèle de développement qui met en danger leur santé et leur cadre de vie. Les réalités chinoises sont en-cela très proches de celles de nombreux pays émergents.

Faut-il, pour réguler la mondialisation, élever des barrières douanières aux frontières de l’Europe et rentrer dans une logique bloc contre bloc, logique qui a dans le passé conduit à tant d’impasses ? Je ne le crois pas. La recherche d’un échange équitable est un juste combat mais la solution est ailleurs. Je la vois pour ma part dans les principes du développement durable.

devdurable.jpg


Le durcissement des règles sanitaires et environnementales européennes n’est pas contradictoire avec les principes de l’OMC. De nombreuses affaires récentes le montrent. Le Canada a par exemple été débouté de sa plainte contre la France qui avait interdit l’amiante. Ce que nous apprend le développement durable, c’est que les questions économiques, sociales, sanitaires et environnementales sont indissociables : une qualité sanitaire et environnementale élevée, des produits est incompatible avec les bas salaires, l’absence de qualification, le travail des enfants… Au lieu d’opposer les pays, ces normes sanitaires et environnementales peuvent servir demain de trait d’union entre des peuples qui ont les mêmes intérêts. En étant fermes sur ces règles là, nous donnons un point d’appui aux progressistes chinois pour défendre une amélioration des conditions de travail et de vie dans leur pays.

Pour concilier mondialisation et progrès social, la gauche européenne doit donc centrer son combat sur la régulation du commerce international par les principes du développement durable. L’Europe doit prendre le risque de relever ses normes sanitaires et environnementales, de fermer son territoire aux pays qui les refusent, et négocier avec eux des accords de convergence sanitaire et environnementale. La convergence sociale accompagnera alors naturellement ce mouvement au bénéfice conjoint des peuples et sans remettre en cause le principe de l’ouverture des marchés. Ce qui produit une mondialisation destructrice, ce n’est pas l’absence de règles dans le commerce international, mais la lâcheté politique et le refus d’utiliser pleinement celles qui existent.

09.12.2008

Darcos et la maternelle : les excuses n’effacent pas la menace

368686.jpgLe 3 juillet 2008, lors d’une audition au Sénat, Xavier Darcos avait déclaré : « Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac+5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? ».

Il annonçait dans la foulée la remise en cause de la scolarisation à 2 ans.

Le 3 décembre, toujours au Sénat, à l’occasion du débat sur le budget 2009, le ministre présentait ses excuses et annonçait le maintien du statu quo car il ne s’était pas fait « un avis définitif sur le sujet ». Pour autant, la menace plane toujours sur la scolarisation des touts petits à la rentrée 2009 et la mobilisation est plus que jamais nécessaire.


La position de la droite est tout sauf conjoncturelle. L’offensive menée contre l’école maternelle se déploie depuis plusieurs mois autour d’un schéma simple : l’école n’a pas vocation à accueillir les moins de trois ans, aux familles et aux collectivités locales d’inventer d’autre modes de garde.

Notre région est d’ailleurs en première ligne dans ce débat puisque ce sont deux sénateurs ligériens, Monique Papon et Jean Arthuis, qui mènent ce combat contre l’école. Le rapport Papon propose de remplacer la maternelle par des « jardins d’éveil » où seraient accueillis les deux-trois ans. Ceux-ci seraient abrités dans les locaux des écoles maternelles et auraient un taux d'encadrement identique (1 adulte pour 15 enfants) mais ne seraient pas gratuits. Autrement dit, un ersatz d'école maternelle payant et sans instit...

Monique Papon envisage même de remettre en cause l’entrée automatique des enfants en maternelle en proposant "qu'une commission étudie les passages du jardin d'éveil vers l'école maternelle" ! Jean Arthuis propose quant à lui d’expérimenter les « jardins d’éveil » en Mayenne et relaie la doctrine ministérielle en indiquant que la maternelle « ce n’est pas de l’école mais de la garderie ».

Pourtant, de nombreuses études montrent l’efficacité de l’école maternelle. C’est notamment le cas des travaux d’Agnès Florin, professeure à l’Université de Nantes, qui dans une publication récente souligne que les tous petits doivent être considérés comme des « personnes aux compétences nombreuses » et « très sensibles à la qualité de leur environnement ». Agnès Florin insiste logiquement sur l’importance de la qualité de la garde et sur la stabilité de l’environnement de l’enfant, ce qui implique un nombre très limité d’adultes référents. Ces arguments plaident pour le modèle de l’école maternelle qui par ailleurs contribue à la réduction des inégalités.

En effet, elle permet la prise en charge des enfants des milieux défavorisés qui sont le plus souvent exclus des autres modes de garde, dont l’accès reste trop cher pour leur famille. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Barack Obama vient de décider de mettre l’amélioration de l’accueil pré scolaire au cœur de son plan de relance. Il y voit un levier essentiel pour préparer la réussite éducative des enfants des familles défavorisées et faciliter leur accès aux études longues.

maternelle.jpg


L’offensive menée contre l’école maternelle s’inscrit dans une stratégie globale de démantèlement du service public d’éducation. L’école maternelle coûte trois fois moins cher que les crèches et est presque gratuite pour les familles. Pour le gouvernement, il s’agit avant tout de faire des économies et de transférer la charge de l’accueil des tous petits sur les mairies et les familles.

Dans une commune comme la mienne, ce sont 17 enfants de 2 ans qui sont scolarisés dont 14 sont pris en compte pour le calcul des effectifs servant de référence à l’ouverture ou à la fermeture des classes par l’Education nationale. La suppression de la scolarisation à deux ans se traduirait donc par la fermeture quasi automatique d’une classe et un besoin d’accueil supplémentaire pour les structures de petite enfance correspondant à un petit multi accueil à la charge de la commune.

Ne soyons pas dupes. Darcos annonce le statu quo sur le principe de la scolarisation à 2 ans mais les acteurs de terrain de l’Education nationale annoncent déjà aux élus une réduction drastique des moyens qui y seront consacrés et des effectifs autorisés dès la rentrée 2009. Il est donc urgent de nous mobiliser, de signer la pétition de défense de l’école maternelle et de participer activement aux prochaines mobilisations.

06.12.2008

Ma p’tite souris !

Dans les arcanes de la recherche et des comités scientifiques, le débat sur les OGM se poursuit au fil des mois même si les citoyens en sont peu informés. Depuis l’origine de cette technologie, l’insuffisance des tests toxicologiques est soulignée par de nombreux experts. Plutôt que de se limiter à l’analyse des effets de la substance produite par le gène modifié, il parait en effet important de comprendre si la nouvelle construction génétique introduite dans l’organisme a ou non des effets négatifs sur celui-ci à moyen et long terme.

Le département de médecine vétérinaire de l’université de Vienne vient de publier une étude relative à la reproduction des souris. Deux groupes ont été confrontées à une situation de stress en les contraignant à mettre bas et nourrir plusieurs portées consécutives ; le premier a été nourri avec du maïs standard, le second avec un maïs portant la double construction des OGM MON810 et NK603. L’étude a montré que les troisième et quatrième portées des souris nourries aux OGM ont compté 844 individus contre 1035 pour les souris nourries au maïs non OGM, témoignant ainsi d’une nette dégradation de la fonction reproductrice.
10106627A~Une-Souris-Affiches.jpg

Personne ne sait aujourd’hui expliquer ce phénomène. Les investigations menées suite à ces résultats a seulement permis de montrer qu’il existait des différences par exemple entre les cellules intestinales des animaux des deux groupes. Gérard Pascal, chercheur de renom peu suspect d’être hostile aux OGM a salué la qualité scientifique de ces travaux. Ces recherches inédites méritent d’être évaluées plus complètement et surtout poursuivies avant de pouvoir en tirer des conclusions solides.

Rejetés en bloc par Monsanto, salués par les militants hostiles aux OGM, ces éléments soulignent d’abord l’absolue nécessité de développer l’analyse toxicologique des OGM afin de mieux en cerner l’ensemble des effets à moyen et long terme sur les organismes vivants. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, l’indépendance de la recherche, ainsi que la transparence de ses orientations et de ses résultats, représentent les meilleures voies à emprunter pour conduire un débat serein et dépassionné sur les OGM.

03.12.2008

Retrouver le fil du débat de fond

Ces dernières semaines, j’ai consacré de nombreuses notes de mon blog au congrès du Parti socialiste. Il faut croire que le sujet intéressait les internautes puisque ce blog a compté plus de 1000 visiteurs uniques ce mois-ci. Il me semble que cela témoigne du désarroi des militants et sympathisants de gauche, et de leur besoin de comprendre et d’échanger face à une situation difficile à décrypter. Le congrès passé, je souhaite reprendre le fil du projet initial de ce blog qui visait à éclairer les enjeux d’avenir et à privilégier le débat de fond plutôt que le rebond sur l’actualité.

1230-1706.main.jpg Le congrès est donc terminé. Martine Aubry est la première secrétaire du PS. Une femme à la tête du PS, ce n’est pas rien. La responsabilité de tous les militants et de tous les responsables du PS est de la soutenir et de l’aider à réussir. Ce choix n’était pas le mien mais je respecte le verdict des urnes et des instances du PS. Avec tous mes amis du département et de la région, nous avons très vite appelé à l’apaisement et au rassemblement. L’essentiel est désormais d’ouvrir la direction du PS à toutes les sensibilités, comme nous le faisons au niveau local, et de mettre enfin notre parti au travail.


En animant ce blog, j’entends être utile à la réflexion des socialistes. La politique est trop souvent l’esclave de l’actualité immédiate alors que son honneur est de prendre du recul et de voir loin. Je souhaite aider à détecter les questions émergentes, à décrypter l’actualité, à éclairer les enjeux majeurs qui détermineront l’avenir de notre société et de nos solidarités.

e2847e8b978602c9dcb350486beed02f.jpg Je compte poursuivre mon travail de veille, d’alerte et de réflexion sur quelques points clés : le développement durable et ses liens avec la santé, les droits des citoyens et des consommateurs, l’éducation et la défense de l’école publique de la maternelle à l’université, la recherche et l’innovation économique et sociale, la compréhension des transformations du monde et de nos sociétés. L’élu que je suis reviendra bien sûr sur les enjeux territoriaux et l’action des collectivités locales. Le militant que je suis ne pourra s’empêcher de porter haut le drapeau de la rénovation du Parti socialiste et de la gauche, et de vous faire partager ses réflexions et, parfois, ses états d’âme.

Toutes les notes