31.01.2009
Région : un budget 2009 offensif face à la crise
Ce budget de 1.376 milliards d’Euros permet d’atteindre un niveau d’investissements jamais égalé de 573 millions d’Euros qui contribuera à soutenir l’activité économique et le BTP. Ce résultat a été obtenu sans augmenter les impôts directs et s’inscrit donc dans la défense du pouvoir d’achat des ligériens. Il répond à la situation économique avec des mesures d’urgence pour les entreprises mais prépare aussi l’avenir en consacrant des efforts importants à la formation, à la recherche et au développement durable qui représentent les questions clés pour construire la région de demain.
Face à la crise, la Région renforce le fonds de garantie qui permet aux entreprises d’accéder au crédit ainsi que les fonds d’investissement destinés à épauler leur développement. Une enveloppe d’urgence de 10 M€ est mise en place pour être en mesure de réagir rapidement face aux risques de défaillance des entreprises et aux besoins de formation des salariés. L’objectif principal est de muscler l’outil de production et donc de préserver l’emploi pour passer ce cap difficile et préparer l’avenir.

Le budget de la recherche que je pilote augmente une nouvelle fois de 15% (33.6M€) et a plus que doublé depuis 2004. Ce nouvel effort attendu par les chercheurs permettra de renforcer la dynamique en cours qui doit permettre aux Pays de la Loire de recoller au peloton de tête des régions de la recherche.
La Région met en œuvre le plus grand programme d’investissement dans les lycées depuis plus de 15 ans avec deux extensions (Bouaye et Blain), deux reconstructions (Pornic et Olonne-sur-Mer) et trois constructions (Beaupreau, Clisson, et l’île de Nantes). Le Conseil Régional réalise un effort exceptionnel pour déployer de nouveaux réseaux numériques et compléter l’équipement informatique et multimédia de tous les lycées avant la fin de l’année 2009.
Un coup d’accélérateur est également donné aux transports ferroviaires avec 20 trains et tram-trains neufs livrés en 2009, 25% de crédits supplémentaires pour les infrastructures ferroviaires et +33% pour les pôles multimodaux qui permettent de faciliter l’accès au train et de combiner les différents types de transports.
Face à ces choix politiques forts, la droite régionale a une nouvelle fois montré son absence de projet alternatif et cherché à masquer le vide de sa pensée en nous reprochant de suspendre pendant deux heures la session afin de rejoindre la manifestation du 29 janvier. Le lendemain, la droite était un peu groggy d’avoir vu défiler plus de 100000 ligériens contre la politique de MM. Fillon et Sarkozy. Elle s’est d’ailleurs divisée sur le vote du budget puisque la majorité du groupe centriste a choisi de s’abstenir, reconnaissant ainsi la qualité du travail fait par la gauche dans les Pays de la Loire.
19:15 Publié dans Agir dans les territoires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.01.2009
A la tête de l'Union Régionale du Parti Socialiste

S'il est récent au sein du Parti Socialiste, le fait régional est désormais pleinement reconnu. Le PS s’est historiquement construit autour de fédérations départementales qui restent son échelon essentiel de débat et de d’action. Les Unions Régionales ont été créées car il était devenu indispensable de mettre en place un échelon politique du PS correspondant à la nouvelle collectivité locale qu’était devenue la région. Le rôle des régions s’est progressivement affirmé, notamment depuis la victoire de la gauche qui, depuis 2004, leur a donné une nouvelle ambition et un nouvel élan.
Personne ne conteste plus aujourd’hui la vocation des régions à préparer l’avenir des territoires, à travers leurs compétences dans les domaines de l’éducation et de la formation, de la recherche et du développement économique, des transports et du développement durable. Au sein de l’Union Régionale nous irons au-delà de l’actualité du Conseil Régional pour mettre en commun les réflexions et les expériences de tous les acteurs de notre territoire et nous saisir des enjeux communs pour parler avec force et d’une seule voix.
L’esprit d’unité et de rassemblement des socialistes est très fort au sein de l’Union Régionale, comme dans de nombreuses fédérations du PS. Les citoyens attendent de nous du travail et des propositions ; face aux offensives multiples du gouvernement, notre cohésion sera un gage de réactivité et d’efficacité. Dans le débat sur l’avenir de la décentralisation, nous voulons sortir d’une vision politicienne centrée sur les modes de scrutin ou la suppression des départements, pour nous centrer sur le cœur de l’enjeu politique : comment des collectivités plus autonomes dans leurs missions, plus fortes et plus démocratiques, peuvent mieux répondre aux attentes des populations.
Le rôle de l’Union Régionale du PS sera enfin et surtout de mobiliser les militants et les sympathisants du Parti Socialiste et de la gauche, leur donner les informations nécessaires pour s’approprier et porter le bilan de la gauche au Conseil régional, et être acteurs avec les élus de l’élaboration d’un nouveau projet politique pour faire de nouveau gagner la gauche lors des prochaines élections régionales.
11:31 Publié dans A gauche et au PS, A la une : que faire du PS ?, Agir dans les territoires | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
25.01.2009
L’accroissement des inégalités à l’origine de la crise financière ?

Il s'agit la du principe même des « subprimes », crédits à risque et à fort taux d’intérêts destinés aux ménages peu solvables. Si les mécanismes financiers très sophistiqués des places mondiales ont conduits à une diffusion de ce risque et une contagion de tout le système financier, il ne faut pas oublier les origines sociales des « subprimes ».
La « note du veille » du CAS, évoque « Au cœur de la crise, un rapport de force déséquilibré entre capital et travail ». Aux USA notamment, les inégalités sociales ce sont accrues entre les 10% des plus riches qui représentent à eux seuls 50% du revenu total des ménages américains, chiffre jamais atteint depuis 1927 à la veille de la crise de 1929, et les 20% des plus modestes dont le revenu réel n’a augmenté que de 0.2% par an depuis 10 ans.
« L’endettement excessif des ménages aux États-Unis, qui est au cœur de la crise financière, semble découler de ce creusement des inégalités : les ménages peu ou moyennement qualifiés qui ont souffert d’une détérioration du partage de la valeur ajoutée à leur détriment auraient recouru à la dette afin de maintenir leurs standards de consommation ».
Après avoir montré à quel point l’accroissement des inégalités sociales rendaient notre modèle de développement insoutenable, les auteurs remettent en cause tous les principes de gestion du capitalisme mondial depuis 30 ans. Les marchés financiers, livrés à eux-mêmes et non régulés, ont accentué les déséquilibres et nourri une spéculation effrénée ; les fonds de pension, qui ont généralement une contrepartie sociale (retraites, épargne salariale,…), ont recherché la performance à court terme la plus élevée possible en contradiction avec leurs obligations à l’égard de leurs détenteurs et avec la fonction stabilisatrice qui aurait du être la leur ; une partie du risque financer a été transféré sur les salariés transformés en actionnaires de leurs entreprises sans que leur soit reconnu un droit de regard sur les décisions de celles-ci, par exemple en siégeant dans les conseils d’administration. En un mot, l’actionnaire a pris le pas sur tous les autres acteurs de la société au détriment de son équilibre social et démocratique.Je n’ai pas l’habitude de faire la promotion d’événements organisés par le gouvernement mais vous reconnaitrez que celui-là vaut a peine car il a vu instruire le procès, à l’initiative du gouvernement le plus libéral que le pays ait connu, des politiques libérales menées dans le monde depuis 30 ans. Vous pourrez avec délectation parcourir le texte du discours prononcé par François Fillon au cours de ce colloque. Le premier ministre se drape dans sa dignité de « gaulliste » pour critiquer les dérives du capitalisme, reste à la surface des choses, « noie le poisson » sous des flots de bons sentiments relatifs à l’énergie, l’environnement et le développement des pays pauvres, et refuse ainsi d’affronter le constat accablant de la faillite de son projet politique.
11:58 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.01.2009
Le nouveau tour du magicien

Dans les autres grands pays développés, les États qui ont accordé des dizaines de milliers d’euros aux banques pour reconstituer leurs fonds propres ont pris une participation dans le capital, s’assurant ainsi d’un droit de regard sur la politique de l’entreprise et d’un retour sur investissement en cas de rétablissement de leur situation. En France ce n’est pas le cas et les banquiers renoncent à quelques dizaines de millions d’Euros pour récupérer 10,5 milliards supplémentaires et en conservant une totale autonomie de gestion. Ce n’est pas cher payé!
Le renoncement aux bonus et stock option est d’autant moins cher payé que l’engagement n’est pris que pour un an et qu’il ne concerne pour le moment que les dirigeants et non les traders. Rien ne vient ainsi brider la machine infernale ; pendant la crise la spéculation continue comme l’ont montré les bouillons qu’ont pris plusieurs grandes banques à l’automne, près d’un an après le début de la crise des subprimes.
Comme souvent avec Sarkozy l’arbre cache la forêt. L’ami des patrons ne leur a arraché aucune concession, il n’a fait que leur rendre à vil prix une virginité politique imméritée.
19:01 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.01.2009
Samotrace révèle l'ampleur de la souffrance au travail
Samotrace, ce n'est pas un nouveau médicament. C'est une étude épidémiologique sur les risques psychosociaux du travail, réalisée dans un large éventail de professions, et dont les premiers résultats viennent d'être publiés par la revue Santé et Travail. De janvier 2006 à mars 2008, 6050 salariés ont répondu à des dizaines de questions afin de mettre en place "un système de surveillance de la santé mentale au travail".Les premiers résultats de cette étude confirment l'importance des "symptômes dépressifs et anxieux" que les médecins du travail pressentaient ou avaient décelés de façon éparse dans de nombreux secteurs : énergie, construction, industrie, banque... Les femmes sont les plus touchées : la souffrance mentale les affecte plus que les hommes et 5% des salariées interrogées confient avoir été victimes des violences physiques (contre 3,2 % pour les hommes) tandis que plus de 16 % d'entre elles ont essuyé des humiliations ou des menaces (contre 11,6 % chez les hommes).
Samotrace ne se contente pas de dresser un bilan ; l'étude s'intéresse aux origines de la souffrance. Par exemple, on découvre que les femmes qui ressentent un décalage entre leur investissement dans le travail et les gratifications obtenues en retour sont trois fois plus nombreuses que les autres à déclarer un trouble psychique. De même, c'est très logiquement que la souffrance mentale affecte aussi plus fréquemment les travailleurs en butte à l'isolement ou à des violences.
Aux yeux de certains responsables de l'étude, ces résultats démontrent que les troubles de santé mentale sont intimement liés à l'organisation du travail et au mode de management. Ainsi, les nombreuses mises en invalidité provoquées par des troubles psychiques liés au travail sont directement imputables à l'individualisme latent de nombreuses sociétés et à la course au profit à tout prix. D'ailleurs, Santé et Travail prévoit de publier plusieurs monographies à partir d'entretiens avec des salariés qui ont "décompensé" (autrement dit, "pété les plombs") sur leur lieu de travail afin de montrer les conséquences aussi graves que réelles que peuvent avoir les conditions de travail.
Souvenez-vous : à la mi-mars 2008, Xavier Bertrand, alors ministre du Travail, avait exprimé le souhait que des négociations sur le stress deviennent obligatoires dans les branches professionnelles touchées par le phénomène. De même, il avait évoqué l'hypothèse d'un système de bonus-malus qui inciterait les entreprises à mieux prévenir les risques psychosociaux... Bientôt un an après ces voeux pieux pour apaiser le corps social, le ministre est parti vers d'autres cieux mais les salariés attendent toujours.
09:28 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2009
Les défis de 2009 : pour une réforme de gauche de l’éducation et du lycée
C’est notamment vrai dans l’Education nationale, où toute réforme ne peut être menée à bien que dans le cadre d’un dialogue respectueux et avec la participation de l’ensemble de la communauté éducative. Pourtant, l’école a besoin de réformes. La défense du service public passe par son évolution et son adaptation à la transformation du monde dans lequel il intervient. Une école immobile déclinera irrémédiablement, c’est peut-être cela le véritable objectif de la droite : tuer l’idée de la réforme pour condamner l’école publique à la mort lente. Comme l’écrit François Dubet à propos des tentatives de réforme du lycée, leur "rejet ne porte pas d’espoir". Contre Sarkozy, la responsabilité de la gauche de rendre l’espoir en sauvant l’idée de réforme, et en opposant aux projets de la droite une réforme de gauche de l’Education nationale.
Une large coalition d’acteurs du système éducatif à choisi depuis longtemps de relever ce défi et vient de publier 9 propositions pour la réforme des lycées. Voir ainsi syndicats enseignants, lycéens et étudiants, associations de parents d’élèves, grandes fédérations d’éducation populaires et mouvements pédagogiques, s’associer et avoir le courage de proposer une réforme progressiste du lycée est particulièrement encourageant.La responsabilité des partis politiques de gauche est de rentrer dans ce débat et de contribuer à la construction d’une alternative crédible à l’entreprise de destruction sarkozyste. Il ne suffit pas de combattre les projets de la droite et dénoncer les réductions de postes pour entraîner l’adhésion de la population.
Le Parti Socialiste doit désormais à son tour s’engager, au coté des acteurs de la communauté éducative, sur le chemin de la réforme de l’école de la République.
08:44 Publié dans Demain se décide aujourd'hui, Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.01.2009
Le Round Up de Monsanto dangereux pour la santé ?
Le Round Up est le désherbant le plus vendu dans le monde et le produit phare de Monsanto. Cette entreprise est leader des OGM végétaux et a développé de nombreuses lignées résistantes au Round Up. Cela lui permet de coupler la commercialisation des semences et celle du désherbant qui peut ainsi être utilisé sans nuire à la récolte. Censée conduire à une réduction de l’utilisation des herbicides, cette stratégie a été dénoncée comme purement commerciale et conduisant au contraire à leur banalisation.Les travaux publiés montrent que les effets les plus marqués sur les cellules étudiées ne sont pas dus au composé actif principal, le glyphosate, mais à d’autres composés entrant dans la formulation du Round Up. Selon G.-E. Seralini, ces résultats devraient conduire à remettre en cause les principes dominants d’analyse des risques qui étudient séparément le principe actif et les adjuvants, pour au contraire tenir compte de « l’effet cocktail » lié à leur combinaison en évaluant globalement leur impact toxicologique. Les experts de l’Afssa estiment au contraire que cette nouvelle publication ne justifie pas une réévaluation du Round Up.
Une nouvelle fois ce sont les principes et méthodes d’analyse qui sont au cœur des polémiques, ainsi que la place des études toxicologiques dans l’évaluation des risques. Il est temps d’ouvrir un débat pluraliste et transparent sur ces questions qui ont un impact direct sur l’approche de la relation entre santé et environnement.
C’est dans ce contexte que se poursuit l’offensive des promoteurs des OGM. Le même article du Monde signale que Monsanto entend commercialiser "au début de la prochaine décennie" un maïs transgénique résistant mieux à la sécheresse. Au même moment, le semencier Pioneer Hi-Bred International défend une autre approche en menant des essais sur un maïs lui aussi tolérant à la sécheresse mais obtenu par sélection classique (non OGM), montrant ainsi que les alternatives aux OGM existent bel et bien et que celles-ci n’ont rien d’inévitables.
09:34 Publié dans A la une : nouveaux désordres agricoles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.01.2009
Doit-on se résoudre à la baisse des effectifs étudiants ?
Le nombre d’étudiants pourrait baisser en France au cours des prochaines années du fait des évolutions démographiques. Notre pays pourrait ainsi perdre 150 000 étudiants (-7% entre 2007 et 2017). Au cours de cette période, les universités pourraient voir leurs effectifs diminuer de plus de 15%. Cette situation est paradoxale puisque dans notre pays, et notamment dans notre région, le taux de poursuite d’études après le baccalauréat est plus faible qu’ailleurs et que nous aurions besoin de former plus de diplômés du supérieur pour faire face aux nouveaux besoins de la société et de l’économie.Cette perspective inquiétante de baisse des effectifs doit conduire à ouvrir un large débat sur les objectifs de la politique nationale d’enseignement supérieur. Derrière le discours volontariste autour de l’autonomie des universités et du développement de l’enseignement supérieur et de la recherche, le gouvernement Fillon réduit drastiquement les moyens humains qui y sont consacrés. On voit donc bien comment la baisse attendue des effectifs pourrait justifier de nouvelles vagues de suppressions de postes par milliers.
Une autre approche, réellement volontariste, est possible en faisant de ce creux d’effectifs une opportunité pour faire mieux avec les mêmes moyens et lancer une nouvelle dynamique de développement universitaire. Cette approche reposerait sur deux piliers : affirmer très fortement l’objectif politique d’élévation du niveau de formation au-delà du bac et de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, et redéployer les ressources « libérées » par la baisse attendue des effectifs pour donner aux universités les moyens de devenir plus performantes et donc plus attractives.
C’est en effet en donnant aux universités des moyens ciblés nouveaux qu’on leur permettra de mener à bien le passage à l’autonomie et d’aider les nouvelles générations à réussir leurs études. Elles ont besoin de compétences nouvelles en gestion financière et ressources humaines, communication, ingénierie de projets… Elles souhaitent développer l’accueil en première année, le suivi individualisé des étudiants, la diversification des parcours de réussite, le suivi des stages et de l’insertion professionnelle...
C’est d’abord l’amélioration de la performance universitaire qui modifiera son image et donnera à un plus large public l’envie d’y poursuivre des études supérieures. La communauté universitaire est riche d’expériences réussies et d’idées nouvelles qui n’attendent qu’un coup de pouce pour déboucher et être généralisées.
Dans les Pays de la Loire, le déficit de formation supérieur est patent et les jeunes universités de la région sont cruellement sous dotées. Elles sont par contre dynamiques et innovantes et viennent de créer un Pôle de Recherche et d’Enseignement supérieur régional pour développer des projets en communs et mutualiser leurs pratiques. Elles méritent donc de figurer parmi les bénéficiaires d’une politique nationale offensive.
11:58 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.01.2009
Un signe d’espoir pour l’Europe sociale
Dans le droit européen, la durée hebdomadaire maximale du travail, est fixée à 48h. Plusieurs pays, notamment la Grande-Bretagne, bénéficient d’une dérogation pour aller jusqu’à 78 heures au nom de la flexibilité du marché du travail. Le 17 décembre dernier, le Parlement européen s’est prononcé pour la suppression de cette dérogation par 421 voix contre 273. Il s’agit là d’un signal politique fort qui montre la vitalité du débat sur l’Europe sociale et le rôle croissant du Parlement européen.Si le Parlement a gagné une manche, la partie n’est pas terminée puisque désormais le Parlement et le Conseil (qui représente les États) vont s’engager dans une procédure de conciliation. Le vote du Parlement constitue néanmoins une réelle défaite politique pour Xavier Bertrand, qui représentait la présidence française de l’Union Européenne et défendait le maintien des dérogations avec un abaissement de leur plafond à 65 heures !
On pourrait me rétorquer que la défense d’une durée hebdomadaire du travail fixée à 48 heures ne constitue pas en soit un progrès social. Ce serait assez juste mais la lutte pour la convergence sociale en Europe se fait par des compromis successifs qui permettent de rapprocher progressivement la norme européenne des situations les plus favorables pour les salariés. Il est important de souligner que chaque État garde la possibilité de maintenir une norme sociale plus avantageuse pour les salariés, ce qui est le cas en France.
Les députés ont par ailleurs exigé la prise en compte dans le temps de travail de la totalité du temps de garde, et cela contre la position des États qui voulaient distinguer temps de garde « actif » et « inactif », notamment pour les professions médicales, et ne pas comptabiliser dans le temps de travail le temps de garde « inactif ». Dans ce domaine, les institutions européennes ont déjà joué un rôle protecteur pour les salariés français puisque la Cour de Justice des Communautés européennes a censuré en 2005 un décret français qui voulait exclure une partie du temps de garde du temps de travail.
Parce que nous croyons à l’Europe, à son avenir, à la construction d’une Europe plus sociale et plus démocratique, il est de notre responsabilité de valoriser les domaines dans lesquelles elle joue un rôle positif. A l’approche des élections européennes de juin 2009, il est également essentiel de souligner le rôle croissant du Parlement européen et de nos eurodéputés. Vous pouvez retrouver d’autres exemples du combat parlementaire pour l’Europe sociale sur le site de Yannick Vaugrenard, ainsi qu’un compte-rendu de la dernière session du Parlement sur celui de Stéphane Le Foll, tous deux eurodéputés socialistes issus des Pays de la Loire.
08:01 Publié dans Agir dans les territoires, Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.01.2009
Les défis de 2009 : prendre au sérieux la relation entre santé et environnement

Il s’agit de comprendre quels sont les facteurs qui influent sur l’état de santé d’une population. Dans un premier temps, l’accent a été mis à juste titre sur les facteurs sociaux (précarité, pauvreté, conditions de travail,…) et sur les facteurs comportementaux (régime alimentaire, activité physique,…). L’actualité récente nous incite à nous pencher sur deux autres approches : la qualité de l’alimentation d’une part, et surtout la relation santé-environnement d’autre part.
Cette question de la relation santé-environnement a longtemps été le parent pauvre de la recherche. Les questions de toxicologie, d’effet des faibles doses, de qualité sanitaire des milieux (eau, air,..) restent insuffisamment traitées même si les études récentes s’accumulent pour promouvoir l’environnement comme une question essentielle de santé publique.
Il suffit de citer quelques polémiques récentes pour mesurer l’ampleur des enjeux : effets des pesticides et des nouvelles molécules chimiques mises en circulation, pollution de l’air intérieur, conséquences sanitaires des lignes à haute tension et des différentes gammes d’ondes (téléphone, wifi,…), déclin de la fertilité des espèces animales dont l’homme. Ces sujets suscitent plus de moquerie que d’intérêt réel. Il s’agit pourtant de notre santé et de notre bien-être.
La création de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement de du Travail (AFSSET) en 2002 a témoigné d’une prise de conscience des pouvoirs publics. En octobre dernier, l’INSERM publiait une expertise collective réalisée pour le compte de l’AFSSET qui soulignait l’importance probable de la relation entre pollutions et cancers. Plus récemment, c’est un spécialiste de la relation entre cancers et environnement qui a été nommé à la tête du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).
Si le monde scientifique bouge lentement, on peut parler d’immobilisme total du coté du monde politique. Cette question de la santé publique et de la relation entre santé et environnement reste absente du débat public. Il ne s’agit pourtant pas d’une question technique. A chaque fois que l’on « soulève le voile » on constate le caractère central des enjeux économiques et financiers qui se cachent derrière ces problématiques. La gauche en France tarde à admettre que la santé et l’environnement sont, aux cotés de la question sociale, de puissants leviers pour contester l’ordre économique libéral, remettre le citoyen au cœur de notre projet de société et légitimer la régulation publique.
La réinvention de la gauche passera aussi par de nouveaux chemins. Celui-là en fait partie.
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