31.03.2009
La sécurité sanitaire en péril
Le mensuel « Que-choisir ? » publie dans son numéro de mars une brève édifiante qui illustre le délitement progressif du service public de sécurité des aliments. Plutôt que de paraphraser cette note dont je partage chaque mot, j’ai préféré publier in extenso ce court texte...« Augmenter le nombre de fonctionnaires, ce n’est pas dans l’air du temps. C’est pourtant ce que réclame le syndicat qui regroupe les vétérinaires chargés des contrôles publics censés garantir la sécurité sanitaire des aliments (SNISPV – Syndicat national des inspecteurs de santé publique vétérinaire). Avec un argument de poids.
Une mission d’inspection de l’Office vétérinaire et alimentaire, organe de la commission européenne, a mis en lumière des lacunes considérables dans l’inspection des volailles dans les abattoirs français. A tel point que Bruxelles a menacé d’interdire nos exportations de volailles si tout ne rentrait pas vite dans l’ordre.
Les chiffres parlement d’eux-mêmes : une vingtaine de contrôleurs (en équivalent temps plein) étaient ces derniers temps présents dans les abattoirs de volailles alors que, de l’aveu même de la Direction Générale de l’Alimentation, il en faudrait cent vingt pour assurer une inspection rigoureuse, respectant la règlementation communautaire.
Devant l’hypothèse d’un embargo aux « conséquences économiques désastreuses », le directeur de cabinet de Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, s’est fendu d’une circulaire auprès des directeurs régionaux de l’alimentation, pour les enjoindre d’augmenter les effectifs de vétérinaires dans les abattoirs. Problème selon le SNISPV, on ne dispose d’aucune marge de redéploiement, les effectifs ayant sensiblement diminué depuis 5 ans. Dès lors, ramener des contrôleurs dans les abattoirs de volailles revient à supprimer des visites dans les autres abattoirs, les boucheries, les restaurants, etc. La sécurité des aliments n’en sortira pas gagnante. Mais les pouvoirs publics s’en soucient-ils vraiment, eux qui attendent que Bruxelles menace nos intérêts économiques pour se pencher sur la question ? »
Un changement de pied est urgent dans la politique nationale de sécurité des aliments. On se souviendra que le démantèlement du service public d’inspection vétérinaire en Grande-Bretagne a été un des facteurs déclenchant de la crise de la vache folle et des grandes épidémies animales comme la fièvre aphteuse qui ont frappé ce pays ces dernières années. Une fois de plus, libéralisme et intérêt général ne font pas bon ménage, le combat idéologique contre les services publics est dangereux pour la santé et le bien-être des populations.
05:57 Publié dans A la une : nouveaux désordres agricoles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29.03.2009
Les jeunes des banlieues premières victimes de la crise

Les chiffres sont éloquents. Le nombre de jeunes inscrits au chômage dans des quartiers défavorisés classés parmi les 700 zones urbaines sensibles (ZUS) a progressé de 57,2% entre janvier 2008 et janvier 2009, et doublé (+104%) pour les diplômés Bac+3 ou plus. On mesure le sentiment d'injustice et de révolte qui peut saisir ces jeunes sacrifiés par une société qui leur reste largement indifférente.
Que les diplômes soient encore plus touchés que les autres ruine les efforts de promotion sociale et de valorisation de l'investissement dans la formation. Il s'agit là d'un signe très grave pour les jeunes des banlieues.
La principale explication avancée par Driss Ait-Youssef, directeur d'un cabinet de recrutement spécialisé dans l'égalité des chances n'est pas rassurante. Sensibilisées à la promotion de la diversité et de l’égalité des chances pendant les années de forte croissance, les entreprises confrontées à la crise n'accordent plus d'attention à ces questions et reviennent aux réflexes discriminatoires habituels: le quartier d'origine et la couleur de peau excluent de l'emploi.
La crise ne frappe pas tous les français et tous les jeunes de la même manière. Dans cette épreuve la solidarité est un impératif si l'on veut éviter l'explosion sociale. Les jeunes des quartiers populaires doivent comme les autres pouvoir attendre de la République qu'elle soit fidèles à ses principes d'égalité et de fraternité. Il en va de l'avenir de notre société et de sa cohésion. La France ne peut sacrifier une partie de sa jeunesse.
15:17 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.03.2009
Elle est mal partie !
Roselyne Bachelot sera donc la tête de liste de la droite pour les élections régionales de 2010 en Pays de la Loire...La droite fait de la reconquête de notre région son principal objectif politique. La campagne est directement pilotée de l'Elysée, avec aux manettes Franck Louvrier, directeur de la communication de Nicolas Sarkozy, qui mettra à la disposition de Mme la Ministre toutes les « ressources » de l'appareil d'État.
Roselyne Bachelot aura bien besoin d'un peu de communication pour donner de l'enthousiasme à une campagne qui démarre dans l'indifférence polie … des militants de l'UMP. Seule candidate, elle a évidemment obtenu 100% des voix mais avec seulement 35% de participation dans un scrutin organisé sur Internet ! Seulement 35% des militants de l'UMP ont trouvé le temps et l'énergie de consacrer trois clics de souris à leur candidate. On peut rêver mieux comme mobilisation.
La première interview de la candidate désignée dans Ouest France a été marquée par une bévue qui risque de lui coûter cher. Au journaliste qui lui demande si une fois élue elle resterait à la tête de la Région ou la quitterait pour garder son poste de ministre elle répond : « je m'engage à être présidente du Conseil régional des Pays de la Loire. Mais je veux pouvoir exercer toutes les fonctions qui me seront confiées. »
Autant dire clairement qu'elle resterait ministre et n'entend en aucun cas devenir une présidente de Région à plein temps. Les Ligériens adoreront une candidate qui réclame à grands cris une fonction qu'elle n'exercera qu'en pointillé, quand son ministère lui en laissera le temps. Au moment où la crise frappe de plein fouet notre région et où construire l'avenir est un combat de tous les instants notre Région ne peut être dirigée de Paris et demande d'avoir à sa tête un vrai patron qui se consacre pleinement à sa tâche. Roselyne ne l'a pas compris, elle est mal partie !
08:06 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2009
La crise économique est encore plus grave que prévue

Les chiffres publiés vendredi par l’INSEE sont effrayants. A la fin du premier semestre 2009, la France sera plongée dans une terrible récession avec -2.9% du PIB et aura perdu près de 400 000 emplois. Si les nouvelles ne sont pas meilleures au second semestre un chiffre de -4% du PIB est tout à fait crédible avec à la clé une croissance probablement négative en 2010. Le taux de chômage qui était de 7.2% début 2008 pourrait dépasser les 9% fin 2009. Le taux de chômage des jeunes s’est quant à lui accru de 3 points en 2008 pour dépasser les 20% début 2009.
La Région Pays de la Loire est également fortement touchée par la crise comme le montre la note de conjoncture de la SEM régionale. Tous les secteurs de l’économie anticipent une baisse de production sauf l’agroalimentaire. Les constructions de logements poursuivent leur baisse pour revenir au niveau de 2003. Les recrutements et offres d’emplois sont en recul de 25% en moyenne, l’emploi intérimaire a perdu 12000 postes en un an, la région compte 20000 chômeurs de plus par rapport au plus bas de 2008.
Si le chômage était moins élevé en Pays de la Loire que la moyenne nationale il augmente plus rapidement sur un an avec +16.3% contre +10.2%. Les seuls chiffres ne permettent pas de mesurer les difficultés sociales et la détresse humaine qui résultent de cette crise. Depuis quelques mois le nombre de RMIstes a augmenté de 3.5%.
Ce contexte difficile touche aussi les finances des collectivités locales puisque par exemple les droits de mutation (impôt versé sur les transactions foncières et immobilières) perçus par les conseils généraux et les communes ont été divisés par deux en un an.
Pourtant, pour agir contre la crise, toutes les collectivités locales, et en premier lieu la Région ont maintenu un niveau d’investissement élevé et, quand elles le pouvaient, ont accéléré leurs projets pour soutenir l’activité et préparer l’avenir. C’est ainsi que le Conseil Régional des Pays de la Loire a annoncé la construction de quatre nouveaux lycées neufs, lancé sa politique de plateformes régionales d’innovation et proposé de d’apporter sa caution aux jeunes pour leur permettre d’accéder au logement.
Ces différentes réponses à la crise ne seront pas suffisantes si les efforts des collectivités locales ne sont pas accompagnés d’un engagement plus fort de l’État. Face aux insuffisances du plan annoncé par Nicolas Sarkozy, le Parti Socialiste a présenté son propre plan de relance plus ambitieux et plus efficace puisque centré à la fois sur la relance de l’investissement et de la consommation. Il est temps, au-delà des clivages partisans, de prendre la mesure de cette crise et d’agir ensemble plus vigoureusement avant que la récession ne produise dans notre société des dommages irréparables.

18:47 Publié dans Agir dans les territoires, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2009
Sauver l’université : il y a urgence !

Des états généraux de l’université sont urgents pour redéfinir les missions de l’université et construire des propositions tournées vers l’avenir. Les universitaires y sont prêts de la même manière qu’ils s’étaient fortement investis dans des états généraux de la recherche très réussis en 2004. Dans notre pays les besoins de formation supérieure, de recherche et d’innovation sont considérables. L’avenir de notre économie et de nos modes de vie se jouent dans ce débat qui doit mobiliser tous les partenaires de l’université : les enseignants, chercheurs et étudiants bien sûr mais aussi les collectivités locales, les partenaires sociaux, le monde économique,...
A Nantes et dans la région il serait également dangereux de se limiter à la nécessaire mobilisation contre les réformes gouvernementales. Les universités doivent mettre en avant leur projet de développement, leur réponse aux attentes sociales, pour dire de quel soutien elles ont besoin, et en quoi les choix nationaux ne leurs permettent pas d’atteindre leurs objectifs.
Le débat national s’inscrit aussi dans des réalités territoriales. Les acteurs locaux respectent l’autonomie des universités mais souhaitent être les partenaires de leur développement. Élever le niveau de formation, diffuser les connaissances, construire l’économie de demain, développer la créativité sociale et culturelle, sont des objectifs qui peuvent fédérer très largement. Il faut pour cela que les universités passent à l’offensive, sortent de leurs débats interne, pour s’adresser à l’ensemble de la société et mobiliser les ligériens autour de leurs projets.
Cette dynamique territoriale est d’autant plus urgente que les établissements de la région vont être confrontés dans les années qui viennent à une démographie défavorable qui peut conduire à une forte baisse des effectifs étudiants. Pour les trois années de la licence la baisse devrait être de 7% d’ici à 2015, mais de 20% en lettre et en sciences, elle pourrait également atteindre 9% pour les inscrits en thèse. Une telle baisse peut conduire à des suppressions massives de postes et déstabiliser les équipes d’enseignants et les laboratoires de recherche. Nos universités sont jeunes et encore fragiles, le taux de formation à bac+3 et bac+5 reste trop faible dans la région, nous avons donc au contraire besoin de plus d’étudiants et de plus de recherche. Pour contrer la tendance démographique et renforcer l’attractivité des universités il est donc nécessaire de prendre des initiatives et de repasser à l’offensive.
L’heure est donc à la mobilisation générale, en France et dans notre région, pour obtenir le retrait des projets gouvernementaux, mais aussi et surtout pour construire une nouvelle ambition pour le développement de l’enseignement et de la recherche.
08:28 Publié dans Agir dans les territoires, Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.03.2009
L'impasse sarkozienne par l'exemple
"Pas facile pour les universités d'être autonomes... Déjeuner avec Jean-Charles Pomerol, le patron de l'université Pierre-et-Marie-Curie (alias Jussieu), la mieux classée en France dans le palmarès de Shanghai. Celui qui préside la première fac à avoir opté pour l'autonomie est de méchante humeur. Il nous raconte le harcèlement qu'exerce sur lui l'administration centrale. Alors que la loi stipule que l'université est désormais libre de gérer ses ressources humaines, il s'est vu interdire tout recrutement sans accord du rectorat : «On est plus contrôlé qu'avant l'autonomie !» Pour tout recrutement, on lui demande de fournir un profil complet de sa masse salariale : «Ils veulent vérifier a priori, alors que la règle fixée est celle du contrôle a posteriori.» Comme le prévoit la loi, Jussieu voudrait aussi gérer ses biens immobiliers. Bercy refuse mordicus. «On se demande si l'Etat n'a pas gagé les locaux universitaires pour garantir sa dette sans oser nous le dire», s'interroge, moqueur, Jean-Charles Pomerol."

07:00 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2009
Malgré Sarkozy, sauver l’idée de réforme

Ce traitement de choc laisse le corps social groggy et épuisé. L’idée même de réforme soulève le cœur des nouvelles victimes. Déstabilisés et niés dans leur compétence et leur légitimité les acteurs désertent le terrain de l’action pour mieux se protéger. Chaque nouvelle vague d’annonces gouvernementales déstructure un peu plus les principes et les outils du service public, laissant progressivement le champ libre au privé. N’est-ce pas d’ailleurs là le but visé ?
Une opération vérité est nécessaire. Celle-ci doit d’abord montrer que la gesticulation sarkozienne ne produit pas le changement mais bien l’immobilisme. Les réformes annoncées ne sont jamais menées à leur terme, soit elles sont abandonnées soit elles s’enlisent, faute de consensus et d’adhésion, faute de suivi et de moyens. La droite fait ainsi le jeu de la tous les corporatismes et de tous les pouvoirs dominants qui n’ont aucun intérêt à quelque changement que ce soit.
La réforme doit être réaffirmée comme une valeur de gauche. Elle traduit une volonté d’adapter l’action publique pour viser plus de justice et d’égalité. Elle est nécessaire défendre notre modèle de société dans un monde ouvert mais brutal dont la rapidité des transformations rend rapidement obsolète les outils de la régulation collective.Pour la gauche la réforme repose sur trois piliers : des objectifs politiques clairs, une co-construction avec les acteurs et une adhésion la plus large possible, enfin une grande attention aux conditions de mise en œuvre des décisions au plus près du terrain. Moins spectaculaire mais plus efficace, cette méthode participative et progressive est la seule praticable pour ceux qui veulent véritablement réussir le changement.
Dans la culture politique française, le culte du discours hyper volontariste et de la « grande » décision centralisée, conduit systématiquement à dévaloriser les pratiques réformistes. Ségolène Royal avait courageusement relevé le défi en opposant à Nicolas Sarkozy une autre méthode politique. Hier raillée elle doit être aujourd’hui réhabilitée.
Il est difficile dans ce pays d’être de gauche et réformiste. Les dégâts faits par la droite sont tels que l’idée même de réforme provoque méfiance et rejet. Pourtant il est urgent pour la gauche de sauver cette idée de réforme car si personne dans ce pays ne croit plus aux vertus du changement, alors la droite conservatrice sera au pouvoir pour longtemps.
15:41 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
11.03.2009
Bonnes et mauvaises nouvelles sur le front de l’alimentation
L’actualité est riche sur le front de l’alimentation et voit se succéder bonnes et mauvaises nouvelles qui témoignent ainsi des oscillations de l’action publique. Je vous en propose ici quelques exemples instructifs qui montrent la nécessité d’une « mise en politique » plus forte de ces questions... Malgré les crises de sécurité des aliments intervenues depuis de nombreuses années, la consommation et l’alimentation restent les parents pauvres de l’agenda politique.Camembert au lait cru : retour au bercail des mauvais élèves
Les deux plus grands producteurs de camembert : Lactalis et la coopérative Isigny Sainte-Mère avaient depuis deux ans choisi de renoncer au lait cru. Ils invoquaient des problèmes de maîtrise des risques sanitaires qui cachaient mal leur volonté de changer de mode de recette pour abaisser les coûts de production.
Le cahier des charges de l’AOC imposant l’utilisation du lait cru, ces deux sociétés avaient été contraintes de renoncer à l’appellation et avaient subit une perte de 30% de chiffre d’affaire au profit des producteurs de l’AOC. Les consommateurs ont donc ici imposé leur Loi.
La Commission européenne échoue à obtenir la levée de l’embargo hongrois et autrichien sur les OGM...
Contre toute attente, le refus de la proposition de levée de l’embargo faite par la Commission a réuni 22 des 27 États lors d’une récente réunion du Conseil des Ministres de l’environnement. Face à cette majorité qualifiée, la Commission ne peut décider seule et sera contrainte de revenir à la charge. C’est de bon augure pour la France qui verra son cas traité prochainement, mais cette fois par le Conseil des ministres de l’Agriculture.
... mais des traces d’OGM dans les assiettes bio en Belgique !
20% des produits testés présentant des traces d’OGM, dont certains produits bio, sept produits contenant des OGM non autorisés dans l’Union Européenne, tel est le constat dressé par l’organisation belge de défense des consommateurs Test-Achat. Celle-ci stigmatise le laxisme de l’Union Européenne, l’insuffisance de sa législation, et l’illusion de la possibilité de maîtriser les risques de contamination.
Fruits et légumes encore plus contaminés par les pesticides
Au cours de ses contrôles menés en 2007, la DGCCRF a identifié en moyenne 8% de produits non conformes à la règlementation en matière de résidus de pesticides pour les fruits, légumes et produits céréaliers. Ce taux est en constante augmentation depuis trois ans et plus de 40% de ces produits présentent des traces de pesticides. Ce constat est alarmant car il témoigne là encore d’une difficulté de maîtrise de la qualité sanitaire des produits.
15:39 Publié dans A la une : nouveaux désordres agricoles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.03.2009
Organisation territoriale de l’Ouest : Une page est tournée

Les rapports de force révélés par cette étude de l'IFOP sont d’autant plus significatifs qu’ils s’expriment à l’issue d’une forte période de mobilisation pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne et au moment où celle-ci apparaissait comme possible. Les ligériens rejoignent ainsi la position défendue par la quasi-totalité des élus et responsables socialistes de la Région et confortent l’action menée par Jacques Auxiette. Leur position témoigne d’une grande méfiance de la population à l’égard de ce qui a été perçu comme une manœuvre de diversion lancée par la droite pour faire oublier la crise économique. Les français ici comme ailleurs attendent d’abord de leurs élus qu’ils se mobilisent pour défendre l’emploi et protéger les victimes de la récession.
Il est désormais temps de mettre entre parenthèse ce débat sur la réunification pour consacrer toute notre énergie à la lutte contre la crise. Les socialistes et la gauche doivent également se rassembler pour préparer les élections régionales de 2010. Pour les défendre et préparer l’avenir les ligériens ont besoin de la gauche à la tête des Pays de la Loire.
Tourner la page du débat sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne permettra également de relancer dans la sérénité les coopérations entre les régions Bretagne et Pays de la Loire qui sont indispensable dans bien des domaines comme le développement économique, la recherche et l’enseignement supérieur, les transports, l’agriculture ou les questions maritimes.
La période qui s’achève montre que la réflexion sur l’avenir de l’organisation territoriale de l’Ouest mérite mieux que des arguments d’autorité invoquant l’histoire, la culture, ou la taille des régions. Les territoires se construisent sur une vision partagée de l’avenir, autour de projets et de combats qui fédèrent les énergies. Ils ne sont pas un produit figé de l’histoire mais une réalité qui s’invente et se choisit chaque jour.
La période récente laisse sur le carreau deux victimes : l’idée d’une Bretagne à jamais identifiée à des frontières « historiques », comme celle d’une région grand ouest héritée de la vision centralisatrice de feu le DATAR et qui ne correspond à aucune réalité humaine. Ces deux préalables levés il va devenir enfin possible d’entrer dans le débat de fonds qui ne peut se limiter à la seule défense du statu quo, un débat qui s’adresse à tous les acteurs de nos deux régions Bretagne et Pays de la Loire et qui se résume en une question : que devons-nous faire ensemble ?
13:15 Publié dans Agir dans les territoires, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (158) | Envoyer cette note
05.03.2009
Il faut dénoncer les outrances de la droite nantaise
L’article de presse date déjà d’il y a 15 jours. Personne ne l’a relevé, il était pourtant aussi visible que choquant et témoignait du profond conservatisme de la droite nantaise.Interrogée à propos du projet de construction d’une réplique d’un navire négrier porté par l’association « Métisse à Nantes », Véronique Robet, avocate et ancienne conseillère municipale d’opposition a tenu en effet des propos qui méritent d’être mieux connus...
« Je m’étais déjà exprimée contre le projet de mémorial. Exposer la liste des noms des armateurs négriers constitue une délation des familles nantaises concernées. Je sais bien que la délation a été un sport national… Un mémorial pour les pauvres noirs ? Oui mais sans excès. Un projet de cargo négrier, retraçant l’histoire de la traite ? Ce serait un deuxième boulet pour Nantes. »
Ces propos paraissent extravagants. Chacun pourra se référer à l’édition de Ouest France du 20 février 2009 pour en vérifier la teneur. Il ne me semble d’ailleurs pas que l’intéressée elle-même les aie contestés. Détestables sur le fond, ils sont effrayants sur la forme. Implicitement, Véronique Robet rapproche la dénonciation de la traite négrière et l’épuration d’après-guerre pour les disqualifier d’un même mouvement. Quant au jeu de mot sur le « boulet », il témoigne d’une volonté délibérée de provoquer qui rappelle Le Pen et Dieudonné plutôt que les références habituelles de la droite libérale.
Mme Robet est une éminente membre du Mouvement Pour la France de Philippe de Villiers. Ce mouvement est l’allié de l’UMP au sein de la droite nantaise comme de l’opposition régionale. Que pensent de ces propos Mme Jozan, chef de file de l’opposition municipale nantaise, M. Pinte, président départemental de l’UMP, ou M. Harousseau, président du groupe UMP-MPF au Conseil régional ? J’attends leur réponse.
08:27 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



