20.05.2009
Les Français fâchés avec la jeunesse ?

Une majorité de Français a une image négative de sa jeunesse, selon le sondage exclusif réalisé pour l’Afev par le cabinet Audirep. 51% des personnes interrogées ont une image "plutôt négative" ou "très négative" des jeunes ; 70% les trouvent "individualistes"...
Plus qu’une simple défiance, c’est un fossé qui sépare toute une partie des Français de leurs propres enfants, petits-enfants ou voisins.
Pourtant, les jeunes, de leur coté aiment plutôt la société selon un autre sondage réalisé par la Fondation Wyeth pour la santé des adolescents. 70% se déclarent satisfaits de leur sort, 80% se sentent proches de leurs parents, 67% aiment bien leur école. Ces jeunes partagent des valeurs anciennes : 87% comptent sur le travail pour réussir, 76% visent l'amour, 67% la liberté… "Adultes et adolescents partagent les mêmes valeurs" relève la Fondation.
Pourtant le fossé est bien là. Le sondage de la fondation Wyeth montre des adultes sceptiques à propos des qualités des jeunes. Seulement 27% des adultes pensent que les jeunes sont satisfaits. Ils pensent que les jeunes croient davantage en la chance (44%) qu'au travail (16%).
Les résultats du sondage réalisé par l’AFEV vont dans le même sens et étonnent par le jugement sans appel porté par les Français sur la jeunesse. 51% des Français en ont une image négative, 51% les considèrent comme n’étant pas solidaires et les jugent au contraire à 70% individualistes. Plus étonnant encore : 59% trouvent les jeunes non tolérants et 52% ne les croient pas prêts à s’engager pour une cause utile à la société.
Le plus frappant dans l’étude publiée par l’Afev est que la fracture qui s’installe n’oppose pas les jeunes aux plus de 55 ans qui en ont au contraire une image très positive. Cette fracture oppose les jeunes et les 25-54 ans qui les trouvent pas du tout tolérants (62%), tout à fait individualistes (59%) et pas du tout prêts à s’engager (65%) ! Ce sont donc d’abord les parents qui ne comprennent plus leurs enfants et les jugent très sévèrement.
Il est donc nécessaire d’aller au-delà des thèses de Louis Chauvel qui opposait les générations nées après 68, fragilisées par la crise et le déclassement social, et les baby-boomers, grands bénéficiaires des 30 glorieuses et principaux détenteurs des revenus et du patrimoine. La jeunesse est-elle au contraire désormais perçue comme décevante et dangereuse par ceux qui en sont les plus proches ? Cela témoignerait d’une crise encore plus profonde, qui verrait l’ensemble des classes d’âge les plus dynamiques de notre société se replier dans des réflexes défensifs et défendre l’entrée de la société à une jeunesse durement frappée par le chômage et au bord de l’explosion sociale. De tels résultats sont en tout état de cause inquiétants et appellent un débat public approfondit qui devient urgent.
L’idéologie libérale isole et renvoie les individus à une condition solitaire dans un monde plus agressif et plus dangereux. Retrouvons le chemin d’une France solidaire qui remette la fraternité au cœur de ses valeurs communes. Faisons enfin confiance à la jeunesse en mettant en place des politiques véritablement transversales qui permettent aux jeunes d’accéder à l’autonomie et d’être pleinement des citoyens, acteurs de la cité.
Plus qu’une simple défiance, c’est un fossé qui sépare toute une partie des Français de leurs propres enfants, petits-enfants ou voisins.
Pourtant, les jeunes, de leur coté aiment plutôt la société selon un autre sondage réalisé par la Fondation Wyeth pour la santé des adolescents. 70% se déclarent satisfaits de leur sort, 80% se sentent proches de leurs parents, 67% aiment bien leur école. Ces jeunes partagent des valeurs anciennes : 87% comptent sur le travail pour réussir, 76% visent l'amour, 67% la liberté… "Adultes et adolescents partagent les mêmes valeurs" relève la Fondation.
Pourtant le fossé est bien là. Le sondage de la fondation Wyeth montre des adultes sceptiques à propos des qualités des jeunes. Seulement 27% des adultes pensent que les jeunes sont satisfaits. Ils pensent que les jeunes croient davantage en la chance (44%) qu'au travail (16%).
Les résultats du sondage réalisé par l’AFEV vont dans le même sens et étonnent par le jugement sans appel porté par les Français sur la jeunesse. 51% des Français en ont une image négative, 51% les considèrent comme n’étant pas solidaires et les jugent au contraire à 70% individualistes. Plus étonnant encore : 59% trouvent les jeunes non tolérants et 52% ne les croient pas prêts à s’engager pour une cause utile à la société.

Il est donc nécessaire d’aller au-delà des thèses de Louis Chauvel qui opposait les générations nées après 68, fragilisées par la crise et le déclassement social, et les baby-boomers, grands bénéficiaires des 30 glorieuses et principaux détenteurs des revenus et du patrimoine. La jeunesse est-elle au contraire désormais perçue comme décevante et dangereuse par ceux qui en sont les plus proches ? Cela témoignerait d’une crise encore plus profonde, qui verrait l’ensemble des classes d’âge les plus dynamiques de notre société se replier dans des réflexes défensifs et défendre l’entrée de la société à une jeunesse durement frappée par le chômage et au bord de l’explosion sociale. De tels résultats sont en tout état de cause inquiétants et appellent un débat public approfondit qui devient urgent.
L’idéologie libérale isole et renvoie les individus à une condition solitaire dans un monde plus agressif et plus dangereux. Retrouvons le chemin d’une France solidaire qui remette la fraternité au cœur de ses valeurs communes. Faisons enfin confiance à la jeunesse en mettant en place des politiques véritablement transversales qui permettent aux jeunes d’accéder à l’autonomie et d’être pleinement des citoyens, acteurs de la cité.
07:56 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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