29.05.2009
On ne négocie pas avec le climat, on agit.
C'est sous ce titre que Libération du lundi 25 mai publie une tribune de grande associations écologistes et de solidarité internationale. En décembre se tiendra à Copenhague le sommet de l'ONU sur le climat. Au moment où l'urgence climatique s'affirme chaque jour plus fortement, il n'est pas sûr que les grands pays développés sachent faire des choix à la hauteur des enjeux.Jusqu'à présent, l'horizon des effets du changement climatique sur les équilibres planétaires semblait lointain. Psychologiquement, la référence à l'année 2100 semblait renvoyer à une échéance située bien au-delà des limites de nos vies humaines. Pourtant, les enfants qui naissent aujourd'hui ont une grande chance de connaître la fin du siècle. Mais l'urgence est plus proche encore de nous. Les plus récentes études montrent qu'une augmentation de 2° de la température moyenne est possible d'ici à 2050. Comme le souligne le numéro de mai de Terra Economica, le chambloulement de la biodiversité, l'élèvation du niveau des océans, les grandes migrations qui en résulteraient peuvent déjà être au rendez-vous de ce demi siècle. 2050, c'est demain, ce sont les dernières années des quadragénaires d'aujourd'hui, nos enfants auront autour de 60 ans et nos petits enfants seront dans la pleine force de l'âge ; comment vivront-ils au milieu de la catastrophe, quels projets d'avenir leurs seront-ils encore accessibles ?
Notre planète a déjà perdu de nombreuses années en palabres infructueuses. Nous sommes désormais placés devant un tournant. Soit nous prenons très rapidement des mesures fortes pour réduire la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, soit nous perdrons le contrôle de la situation. Pour les journalistes de Terra Economica, l'avenir de la planète se joue dans les trois prochaines années.
La mobilisation des citoyens et des acteurs locaux est réelle mais chacun sent bien que sans une volonté politique forte à l'échelle nationale et internationale, les bonnes volontés locales se heurteront vite aux forces d'inertie et à la faible autonomie d'action des pouvoirs locaux face à un enjeu global comme celui-ci. Cela ne nous exonère pas de nos responsabilités. A la Région comme dans ma commune de Sainte-Luce, nous travaillons à un agenda 21 largement tourné vers la lutte contre le changement climatique ; la conférence de citoyens sur l'énergie organisée ces dernières semaines par le Conseil régional des Pays de la Loire a fait émerger de nombreuses propositions concrètes et apporté la démonstration d'un engagement fort des citoyens dans leur diversité.
Pour le moment, les gouvernements ne sont pas au rendez-vous. La majorité des récents plans de relance adoptés pour lutter contre la crise ont largement ignoré cet enjeu. Si la Corée du Sud a consacré plus de 80% de son plan de relance à la croissance verte, cette part tombe en Europe à 59%, et surtout à 21% en France et 10% aux USA. Après avoir déjà trahi les engagements du Grenelle de l'environnement, le tandem Fillon – Sarkozy montre son mépris pour l'écologie.La conférence de Copenhague est donc un rendez-vous crucial pour la lutte contre le changement climatique. Le GIEC réclame pour 2020 une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre des pays riches par rapport à leur niveau de 1990. Les USA proposent uniquement de revenir à leur niveau d'émission de 1990 et l'Europe de les réduire seulement de 20%. Ces mesures sont très insuffisantes. Les égoïsmes et la dictature du court terme l'emportent sur le sens de l'intérêt général et les droits, non plus des générations à venir, mais des jeunes générations d'aujourd'hui qui ont encore devant elles l'essentiel de leur durée de vie.
Il est donc temps de se mobiliser. Contre l'idéologie libérale qui, on le voit bien ici, reste dominante, le socialisme et l'écologie sont les deux seules planches de salut pour un développement durable et solidaire. Les électeurs feraient bien de s'en souvenir au moment de glisser leur bulletin dans l'urne lors des élections européennes.
07:34 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.05.2009
L’école de la République saignée à blanc

Pour 2010, le gouvernement confirme sa volonté de supprimer 34000 postes de fonctionnaires dont 21000 postes d’enseignants. Darcos prétend que le nombre des enseignants sera ajusté en fonction des besoins constatés mais tel ne sera pas le cas. Pour faire face à l’augmentation des effectifs dans le premier degré, le gouvernement a décidé de redéployer 500 postes d’enseignants détachés pour leur redonner la charge d’une classe.
Que faisaient jusqu’à présent ces enseignants ? Certains contribuaient au développement des langues, d’autres animaient les missions culturelles liées aux musées ou accompagnaient la généralisation de l’usage des technologies de l’information et de la communication dans les écoles.
C’est ici que l’hypocrisie gouvernementale atteint les sommets. Au moment où Darcos fait la pub des premières classes du programme Ecole Numérique, il supprime par dizaines les postes d’enseignants chargés d’accompagner leurs collègues dans la mise en place des nouveaux outils et l’innovation pédagogique.
Dans ma commune de Sainte-Luce-sur-Loire, la municipalité a fait du développement du numérique une de ses priorités et investit fortement dans les écoles. Celles-ci bénéficiaient jusqu’alors de la présence une journée par semaine d’un chargé de mission TICE. Cette présence est remise en cause pour la prochaine rentrée.
Quand l’État se désengage, la commune, elle, renforce son investissement. Pour lutter contre la "fracture numérique", nous avons mis en place en place en partenariat avec l’amicale laïque de Sainte-Luce une opération "coup de pouce informatique" en direction des enfants qui ne sont pas à l’aise avec le numérique ou n’ont pas accès à un ordinateur chez eux.
Mais le volontarisme des élus locaux ne pourra pas compenser le désengagement de l’État. Le changement de politique scolaire est désormais urgent si l’on veut sauver l’essentiel, un changement de ministre n’y suffira pas.
19:18 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.05.2009
Grenelle des ondes : un bilan en demie-teinte

Malgré de nombreuses réunions de travail avec l'ensemble des acteurs concernés, peu de résultats semblent acquis, faute de volonté politique.
Il ne suffit pas de réunir défenseurs de l'environnement, usagers, syndicats, élus locaux, opérateurs de téléphonie mobile et pouvoirs publics pour que la lumière jaillisse. Les incertitudes scientifiques sont telles que l'absence de position claire du gouvernement empêche de trancher les sujets les plus épineux. Les polémiques et contestations ne sont pas prêtes de s'éteindre.
Les principales mesures proposées s'organisent autour de l'information du public, d'une mesure plus complète des différentes ondes électro-magnétiques présentes dans notre cadre de vie, d'une concertation arbitrée par les élus locaux et les pouvoirs publics avant toute nouvelle implantation d'antenne-relais, et d'une possible interdiction de la vente des téléphones portables pour les moins de 12 ans.
Ces mesures, soutenues par certaines associations et jugées insuffisantes par d'autres, ne sont pas incohérentes avec la logique de précaution dans un domaine où "les effets de la santé ne sont ni démontrables ni récusables avec certitude". Les résultats de nouvelles études scientifiques sont attendues à l'automne et le renforcement de la recherche publique sur ces questions reste une priorité absolue.
Notre société doit apprendre à vivre en situation d'incertitude scientifique et l'identification de risques plausibles pour la santé publique ne peut mener systématiquement à l'interdiction de l'activité concernée. Assimiler le principe de précaution à la recherche du risque zéro lui ferait courir un risque mortel. Le coût pour la société d'une approche aussi radicale conduirait inévitable au rejet final du principe de précaution.
On redécouvre dans ce dossier que la précaution est une démarche qui conduit à la mise en débat dans la transparence des risques sanitaires, mais qui ne permet pas de trancher les débats quand l'incertitude scientifique persiste. Cela me semble sain. Ce processus de mise en débat est utile et représente un formidable acquis au service du développement durable. Mais rien n'est possible si les élus, dont c'est la responsabilité, ne mettent pas sur la table des propositions de décision, qu'il s'agisse de prendre des mesures de gestion du risque ou de lancer de nouveaux programmes de recherche pour réduire l'incertitude scientifique.On attendra donc du gouvernement des propositions et des décisions pour juger du bilan de ce "Grenelle des ondes". Choisira-t-il de mettre en place des mesures de prudence et de renforcer l'expertise indépendante basée sur la recherche publique ou laissera-t-il les clés du dossier aux grands opérateurs privés de la téléphonie mobile ? Réponse dans quelques jours...
13:30 Publié dans Décrypter l'actualité, Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.05.2009
Les Français fâchés avec la jeunesse ?

Plus qu’une simple défiance, c’est un fossé qui sépare toute une partie des Français de leurs propres enfants, petits-enfants ou voisins.
Pourtant, les jeunes, de leur coté aiment plutôt la société selon un autre sondage réalisé par la Fondation Wyeth pour la santé des adolescents. 70% se déclarent satisfaits de leur sort, 80% se sentent proches de leurs parents, 67% aiment bien leur école. Ces jeunes partagent des valeurs anciennes : 87% comptent sur le travail pour réussir, 76% visent l'amour, 67% la liberté… "Adultes et adolescents partagent les mêmes valeurs" relève la Fondation.
Pourtant le fossé est bien là. Le sondage de la fondation Wyeth montre des adultes sceptiques à propos des qualités des jeunes. Seulement 27% des adultes pensent que les jeunes sont satisfaits. Ils pensent que les jeunes croient davantage en la chance (44%) qu'au travail (16%).
Les résultats du sondage réalisé par l’AFEV vont dans le même sens et étonnent par le jugement sans appel porté par les Français sur la jeunesse. 51% des Français en ont une image négative, 51% les considèrent comme n’étant pas solidaires et les jugent au contraire à 70% individualistes. Plus étonnant encore : 59% trouvent les jeunes non tolérants et 52% ne les croient pas prêts à s’engager pour une cause utile à la société.

Il est donc nécessaire d’aller au-delà des thèses de Louis Chauvel qui opposait les générations nées après 68, fragilisées par la crise et le déclassement social, et les baby-boomers, grands bénéficiaires des 30 glorieuses et principaux détenteurs des revenus et du patrimoine. La jeunesse est-elle au contraire désormais perçue comme décevante et dangereuse par ceux qui en sont les plus proches ? Cela témoignerait d’une crise encore plus profonde, qui verrait l’ensemble des classes d’âge les plus dynamiques de notre société se replier dans des réflexes défensifs et défendre l’entrée de la société à une jeunesse durement frappée par le chômage et au bord de l’explosion sociale. De tels résultats sont en tout état de cause inquiétants et appellent un débat public approfondit qui devient urgent.
L’idéologie libérale isole et renvoie les individus à une condition solitaire dans un monde plus agressif et plus dangereux. Retrouvons le chemin d’une France solidaire qui remette la fraternité au cœur de ses valeurs communes. Faisons enfin confiance à la jeunesse en mettant en place des politiques véritablement transversales qui permettent aux jeunes d’accéder à l’autonomie et d’être pleinement des citoyens, acteurs de la cité.
07:56 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.05.2009
Unanimité pour Auxiette à la Région et contre Bachelot dans le monde de la santé

Il est vrai qu’il était difficile pour la droite de faire autrement que de voter en faveur de notre projet. Depuis le début de l’année, Jacques Auxiette a rencontré tous les acteurs régionaux, écouté leur avis, et construit avec eux ces propositions. Ce n’est pas un hasard si le Conseil Économique et Social Régional a soutenu ce plan à la quasi unanimité.
Ces 260 millions de crédits viennent bien entendu appuyer et prolonger les politiques que nous menons depuis 2004. Il fallait bien pour la droite trouver un subterfuge afin de ne pas se déjuger complètement. Elle a donc essayé de nous faire croire que si elle soutenait ce plan, c’est qu’il s’inspirait de celui mis en place par Nicolas Sarkozy au niveau national.
La ficelle est un peu grosse. Le plan anti-crise de la Région se démarque de la politique de l’État de trois façons : sur les valeurs qu’il met en exergue, sur la méthode qui a présidé à son élaboration, et sur ses conditions de mise en œuvre.
- Service public, égalité des droits, attention réelle pour les publics en difficulté et des jeunes, responsabilité sociale et environnementale, prise en compte des nouveaux besoins sociaux, urgence écologique... Autant de guides à notre action totalement qui sont absent du référentiel sarkozien.
- Travail en commun avec l’ensemble des acteurs, patronats, syndicats, monde de l’insertion, des œuvres sociales, etc… dans le respect des prérogatives et des positions de chacun sans toutefois lâcher quoi que ce soit sur le fond. On est bien loin du "je fais tout tout seul" présidentiel.
- Un plan d’avance, tourné vers l’avenir, inventif, capable de se renouveler et ouvrant des perspectives aux entreprises locales ; et non pas un recyclage de crédits anciens et de retards accumulés, comme c’est le cas du coté de l’État.
Qui qu’elle en dise, en votant pour notre projet la droite régionale vient donc bien de reconnaître le bien fondée de l’action que nous menons depuis 2004. On ne l’en remerciera jamais assez.
Pendant ce temps, Bachelot réunit contre elle tous les acteurs de la santé...
Le contraste est frappant. Roselyne Bachelot prétend diriger demain la Région des Pays de la Loire. Encore faudrait-il qu’elle montre dans l’exercice de ses responsabilités ministérielles les qualités requises pour diriger une grande collectivité : sens du dialogue, esprit de rassemblement et capacité à faire partager une vision de l’avenir.C’est tout le contraire qui se manifeste chaque jour sous nos yeux. Incapable d’imposer ses vues au Président de la République, elle menace de démissionner puis y renonce de peur qu’il n’accepte ; incapable de faire partager ses vues à ses partenaires du monde de l’hôpital et de la santé, elle se retrouve seule contre tous, isolée et privée de tous soutiens.
Il est encore temps pour la droite de changer de candidate pour les élections régionales de 2010. Celle-ci semble usée jusqu’à la corde avant d’avoir servi.

PS : merci au contributeur anonyme dont l’esprit mutualiste m’a permis de réutiliser une partie de sa prose
16:52 Publié dans Agir dans les territoires, Coup de coeur, coup de gueule, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.05.2009
La région des Pays de la Loire mobilisée contre la crise : 260 millions d’investissements nouveaux pour l’emploi et la solidarité

L’effort réalisé par la Région est exceptionnel. Après avoir déjà maintenu ses investissements à un niveau élevé dans le cadre du budget 2009, le Conseil Régional met en place un plan anticrise qui représente un effort deux fois plus important que le plan de relance de Nicolas Sarkozy. Le Conseil Economique et Social Régional a salué ce plan « de façon unanime : par un grand coup de chapeau. Pour sa réactivité. Sa volonté de viser le court terme et le long terme ».
La première priorité est d’aider les entreprises à traverser la crise en préservant l’emploi et leur outil industriel. On sait que les banques ont aujourd’hui tendance à lâcher les entreprises en difficulté. La Région et ses partenaires proposeront aux entreprises de nouveaux prêts jusqu’à 2 millions d’Euros et des prises de participations seront possibles pour soutenir les projets de développement. La filière automobile, qui souffre en ce moment terriblement sera particulièrement soutenue.
La Région entend aussi aider les salariés. Elle a en effet la responsabilité de la formation des chômeurs. Les moyens qui y sont consacrés vont être fortement renforcés. Pour faciliter le retour vers l’emploi, les stagiaires de la formation professionnelle pourront également exercer une activité à temps partiel. En partenariat avec le Conseil Général, la Région va augmenter son effort de formation des titulaires du RMI et du RSA. Elle va également intervenir pour prévenir les licenciements en aidant des actions de formation dans les entreprises qui anticipent une baisse d’activité.
Les jeunes sont fortement frappés par la crise. De nombreux jeunes en cours d’étude connaissent des situations de pauvreté et de détresse personnelle. La Région met en place un dispositif d’aide sociale d’urgence pour les lycéens, apprentis et étudiants. Elle prépare également un plan pour l’autonomie des jeunes qui doit permettre notamment d’accéder plus facilement au logement grâce à un système mutualisé de cautionnement. Les programmes de construction de logement pour les jeunes, notamment étudiants, vont être accélérés.

A travers son plan anticrise, le Conseil Régional s’attache également à préparer l’avenir de notre territoire à travers un effort d’investissement sans précédent. Trois priorités sont mise en avant : la formation et la recherche, l’innovation dans les entreprises, et le développement durable.
157 millions d’Euros vont être consacrés à l’accélération de la construction de 4 lycées à Beaupréau (49), Pornic, Clisson et Ile de Nantes (44) ainsi qu’à l’agrandissement des lycées de Bouaye et de Blain (44). Pour ce qui concerne l'enseignement supérieur et la recherche dont j'ai la responsabilité à la Région, l'ai proposé à Jacques Auxiette de doubler les crédits d'investissement inscrits au budget 2009. Ainsi près de 30 millions d’Euros vont permettre de passer à la vitesse supérieure, notamment dans le domaine stratégique de l’informatique et des logiciels.
Pour soutenir l’innovation dans les entreprises, la Région va prendre en charge le coût du dépôt du premier brevet dans les PME innovantes, et investir 8 millions d’Euros dans la création sur tout le territoire de plateformes régionales d’innovation qui associeront entreprises, établissements de formation et laboratoires de recherche.
La stratégie régionale de développement durable sera renforcée par l’accélération du développement des éco filières et de l’ensemble du programme d’investissement ferroviaire, notamment sur la ligne Nantes-Angers. Plus de 10 millions seront affectés aux économies d’énergie, pour les particuliers comme dans le logement collectif notamment social.
Cette description des différents volets du plan régional anticrise permet de mieux comprendre pourquoi il a été soutenu à la fois par les représentants des entreprises et les syndicats de salariés. En lien avec les autres collectivités dont elle va également soutenir les investissements locaux, le Conseil Régional fédère ainsi toutes les énergies du territoire pour viser un seul but : lutter contre la crise et renforcer les solidarités, défendre l’emploi et préparer un avenir pour tous.
Les trois rapports présentés au vote du 15 mai :
- "Emploi, formation, solidarités: de nouveaux engagements pour surmonter la crise"
- "Accompagner les entreprises pour préserver l'emploi"
- "Gestion de la crise: investissements publics et outils de la politique financière"
06:28 Publié dans Agir dans les territoires, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.05.2009
Le Parlement Européen défend les libertés des internautes
En effet, le projet de loi « Hadopi » donnait la possibilité à une autorité administrative de suspendre l’abonnement des internautes coupables de téléchargement illégal. Le parlement Européen a adopté il y a quelques jours un amendement au « paquet télécom » qui affirme un principe de droit fondamental : « aucune restriction aux droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire ».
L’accès à internet se voit ainsi qualifié de droit fondamental et ce sont en France les tribunaux et non l’Hadopi qui devraient sanctionner les internautes ; autant dire que la Loi sera inapplicable vu l’engorgement des tribunaux qui en résulterait.
Si ce texte européen est définitivement adopté, le droit français deviendrait contraire au droit communautaire et donc inopérant. Le processus législatif n’est hélas pas terminé. Le Conseil des Ministre européens s’était déjà, à la demande de la France, opposé à un premier vote de cette disposition à l’automne. En l’absence de compromis entre le Parlement et le Conseil les lois européennes ne peuvent être adoptées.
Selon Guy Bono, un des Députés socialiste français qui a mené ce combat au PE : « les citoyens doivent savoir comment fonctionne l'Europe. Ce n'est pas le Parlement européen ni la Commission qui sont éloignés du peuple mais le Conseil qui privilégie les petits arrangements entre amis pour favoriser les intérêts de certains au détriment de l'intérêt général. Le Conseil, à l’image de Nicolas Sarkozy, donne une piètre image de la démocratie européenne ».

07:34 Publié dans Décrypter l'actualité, Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.05.2009
Boeuf aux hormones : victoire finale pour les européens!

La realpolitik entre aussi en ligne de compte pour expliquer cet heureux dénouement. Aucun pays développé n'a intérêt à la guerre commerciale ; ce qui était vrai hier l'est encore plus aujourd'hui, dans le contexte de la crise économique. Les sanctions imposées à la fin des années 90 sur le roquefort français se sont d'ailleurs retournées contre les USA, puisqu'elles ont mis en selle José Bové et alimenté un combat sur la malbouffe qui a ensuite débouché sur le rejet des OGM en France et en Europe.
Les Américains obtiennent en contrepartie une augmentation des quotas d'importation de boeuf américain sans hormone en Europe. Ce volet de l'accord fait hurler la FNSEA, qui oublie que les exportateurs américains ne parviennent pas à utiliser les quotas dont ils disposent actuellement, faute de filière certifiée garantissant la qualité de la viande proposée. Le débat risque d'ailleurs de rebondir sur un autre terrain puisque le cheptel américain est presque exclusivement nourri avec des céréales OGM.
Les Européens doivent désormais poursuivre leurs efforts pour imposer sur la scène internationale leur conception de l'alimentation. En faisant de la santé des personnes et des êtres vivants un principe supérieur à la libre circulation des marchandises, les règles de l'OMC rendent la victoire possible. C'est désormais sur le terrain des OGM que va glisser la confrontation entre Européens et Américains. La mobilisation doit se poursuivre, je ne doute pas qu'elle mène à un nouveau succès.
06:23 Publié dans Décrypter l'actualité, Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2009
Chômage et niveau de formation : sortir des mythes et affronter la réalité
« On pousse les jeunes à faire trop d’études qui ne servent à rien », « il vaut mieux un bon métier manuel que de s’éterniser dans les études », « l’université, cela ne mène à rien » : ces maximes représentent l’opinion dominante quant au lien qui existe entre formation et accès à l’emploi...Cette opinion majoritaire est pourtant fausse. L’accès à l’emploi s’améliore avec l’élévation du niveau de formation.
Les études longues facilitent l’accès à l’emploi. Cette évidence devrait être reconnue et portée comme une promesse par l’ensemble des responsables publics. Dans les 4 ans qui suivent la sortie de la formation initiale 9% des diplômés de l’enseignement supérieur sont au chômage contre 22% des titulaires de CAP et BEP et 37% des sans–diplômes. Quand on examine l’insertion dans l’emploi entre 5 et 10 ans après la sortie de formation cet écart persiste puisque le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur tombe à 5% contre respectivement 12 et 24%.

Ces chiffres globaux marquent évidemment des disparités significatives. Le titulaire d’un BEP dans les métiers de la restauration ou de la métallurgie, métiers qui peinent à recruter, trouvera peut-être plus facilement un emploi qu’un titulaire d’une licence de lettres ou sciences humaines, mais cela reste à prouver. Il faudrait pour affiner cette réflexion disposer de données détaillées par formation ce qui manque encore cruellement en France. Il est vrai également que beaucoup de jeunes qui entrent dans l’enseignement supérieur y connaissent l’échec et que ces jeunes là ont souvent du mal à retrouver le chemin de la formation et de l’emploi.
Les universités et leurs partenaires devraient donc avoir comme priorité absolue de d’améliorer l’orientation, de renforcer l’aide à la réussite en première année, et de généraliser le suivi de l’insertion professionnelle des étudiants. Cela leur permettrait à la fois de rétablir leur image et d’apporter la démonstration de leur efficacité.
Mais nous devons avant tout dénoncer la préférence française pour les études courtes, qui confine à l’obscurantisme. La France est le dernier grand pays développé à raisonner de la sorte. Partout ailleurs, le taux d’accès à l’enseignement supérieur est plus élevé que chez nous. Les transformations de nos sociétés, la montée en puissance de l’économie de la connaissance, l’accroissement de la concurrence internationale, appellent au contraire un renforcement de l’effort de formation supérieure en France.
07:18 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.05.2009
Est-il légitime de supprimer l’impôt sur les successions ?
En effet, avant même la réforme de 2007, les classes moyennes étaient exonérées de droits de succession : en cas de décès d’un des conjoints, une famille avec deux enfants dont le patrimoine était de 480 000€ ne payait aucun droit de succession. Et 480 000€, ce n’est pas rien : en 2004, selon l’observatoire des inégalités, 50% des ménages français détenaient un patrimoine inférieur à 100 000€ et seulement 10% d’entre eux un patrimoine supérieur à 380 000€.
On retrouve ici une des grandes difficultés du débat public en France : faire la lumière sur les notions de pauvreté et de richesse. Peu de gens se considèrent comme riches, il y a toujours plus riche que soit et les fortunes du monde du sport ou de la finance servent trop souvent d’alibis aux plus aisés. Ces notions de richesse et de pauvreté devraient être abordées comme des notions relatives. Il ne s’agit pas de se dire riche ou pas, mais d’admettre que l’on figure parmi les plus riches et que l’on a, à ce titre, un devoir de solidarité. Avec 400 000€ de patrimoine, on fait partie des 10% des Français les plus riches, ce fait est incontestable.
Le plus choquant n’est pas tant le niveau du patrimoine que sa concentration entre quelques mains. Toujours selon les chiffres de 2004, 10% des ménages détenaient 46% du patrimoine total en France, et les 5% les plus riches en accaparaient à eux seuls 32%. Ce sont ces Français là qui ont le plus profité de la réforme de 2007, puisqu'une famille avec deux enfants détenant un patrimoine de 1.5 million d’Euros réalisait une économie de 72 000€ sur les droits de succession.
Quels principes peuvent justifier une telle impunité ? Sûrement pas en tous cas les principes du libéralisme ! Car comme le rappelle Philippe Frémeaux : l’abolition des droits de succession est « en contradiction avec l’éthique fondamentale du libéralisme. Elle ne sert qu’à satisfaire une clientèle de petits patrons, de professions libérales aisées, voire de managers avides qui ont accumulé de quoi dispenser leurs enfants de travailler en s’accordant des revenus colossaux. Une société dynamique, une société de croissance, c’est au contraire une société où le travail est valorisé. Et valoriser le travail, c’est donner la priorité aux revenus qu’il engendre, c’est permettre à l’innovateur génial, à l’investisseur astucieux de faire fortune. Ce n’est pas créer une nouvelle aristocratie du capital. »
La France de Sarkozy n’est ni celle du travail ni celle des entrepreneurs, c’est la France des rentiers, qui dorment sur leurs richesses et les utilisent non pas à développer la production et le bien-être, mais simplement à reproduire les inégalités.

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