09.06.2009
Européennes : les socialistes ne peuvent plus faire semblant
Je crois profondément au suffrage universel. Le vote des électeurs doit toujours être accueilli comme un choix raisonné et volontaire. Tout ce que je lis depuis deux jours sur les circonstances qui expliqueraient la défaite du PS et le succès des Verts me parait dérisoire. Les électeurs ont choisi les offres politiques qui leur paraissaient les plus claires et les plus cohérentes : le PS et Bayrou ont perdu, les écologistes et Sarkozy ont gagné. Je pourrais me lancer dans une longue analyse du scrutin mais j’ai envie de vous parler du PS.
Je ne sais plus trop quoi penser de l’avenir de mon parti. Je crois à la force et à la jeunesse de l’idéal socialiste, ce point de rencontre entre la question sociale et la passion démocratique. Mais depuis maintenant près de 15 ans, j’assiste à ses crises successives, suivies d’une promesse de refondation, toujours avortée, toujours trahie. Les générations les plus anciennes, comme les plus récentes, qui ont dirigé le Parti Socialiste ont failli à leur tâche en préférant le plaisir morbide des jeux de pouvoir internes à la mission exigeante de construire, collectivement, une offre politique crédible à gauche en phase avec les réalités de la société d’aujourd’hui.
Le gouffre entre les réalités nationales et locales du PS est devenu abyssal. Le microcosme de Solférino piétine allègrement ce qui est essentiel à nos yeux et au cœur de notre action : la primauté du travail collectif, la volonté d’unité des socialistes et de rassemblement de la gauche, des leaders respectés et ouverts à la confrontation, une ligne politique claire et stable, un projet politique fort, mis en débat, et régulièrement renouvelé dans le dialogue avec les citoyens et les acteurs locaux, une action efficace et cohérente avec les discours.
Ce grand écart ne peut plus durer très longtemps. Soit le PS sera balayé au niveau local comme au niveau national, soit le PS devra changer au niveau national pour se mettre au diapason des pratiques locales, ce qui rendra nécessaire que celles et ceux qui le font vivre au quotidien l’investissent et y prennent toutes leurs responsabilités.
Nous n’en pouvons plus des congrès inutiles et bâclés, du vide des discours, et de la concurrence effrénée des égos. Le PS ne peut plus attendre que l’impopularité de la droite le ramène au pouvoir : pour gagner une élection, il faut avoir un leader et surtout un projet. La politique est une question d’offre et les électeurs choisissent librement. On se perdrait à continuer de l’oublier.
Je ne sais plus trop quoi penser de l’avenir de mon parti. Je crois à la force et à la jeunesse de l’idéal socialiste, ce point de rencontre entre la question sociale et la passion démocratique. Mais depuis maintenant près de 15 ans, j’assiste à ses crises successives, suivies d’une promesse de refondation, toujours avortée, toujours trahie. Les générations les plus anciennes, comme les plus récentes, qui ont dirigé le Parti Socialiste ont failli à leur tâche en préférant le plaisir morbide des jeux de pouvoir internes à la mission exigeante de construire, collectivement, une offre politique crédible à gauche en phase avec les réalités de la société d’aujourd’hui.
Le gouffre entre les réalités nationales et locales du PS est devenu abyssal. Le microcosme de Solférino piétine allègrement ce qui est essentiel à nos yeux et au cœur de notre action : la primauté du travail collectif, la volonté d’unité des socialistes et de rassemblement de la gauche, des leaders respectés et ouverts à la confrontation, une ligne politique claire et stable, un projet politique fort, mis en débat, et régulièrement renouvelé dans le dialogue avec les citoyens et les acteurs locaux, une action efficace et cohérente avec les discours.
Ce grand écart ne peut plus durer très longtemps. Soit le PS sera balayé au niveau local comme au niveau national, soit le PS devra changer au niveau national pour se mettre au diapason des pratiques locales, ce qui rendra nécessaire que celles et ceux qui le font vivre au quotidien l’investissent et y prennent toutes leurs responsabilités.
Nous n’en pouvons plus des congrès inutiles et bâclés, du vide des discours, et de la concurrence effrénée des égos. Le PS ne peut plus attendre que l’impopularité de la droite le ramène au pouvoir : pour gagner une élection, il faut avoir un leader et surtout un projet. La politique est une question d’offre et les électeurs choisissent librement. On se perdrait à continuer de l’oublier.

20:47 Publié dans A gauche et au PS, A la une : que faire du PS ? | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note




Commentaires
J'adhère assez à ton message christophe mais je ne me risquerai pas à autant opposer un ps national, lieu de toutes les dérives et un ps local régional idyllique...
Je crois que c'est plus profond que cela, la nature même de notre parti, si fermé sur lui même si peu en clain à accueillir de nouvelles têtes de nouvelles idées, est en cause...nos départements , nos régions , peut-être exceptés quelques paradis perdus, ne sont pas épargnés ....
Ecrit par : arnaud | 09.06.2009
Bonsoir Christophe,
ok ok ok, de grands mots, mais alors, une première question: quand est ce qu'on arrête le cumul des mandats?
Ecrit par : Etienne | 10.06.2009
OK sur le premier point.
Par contre je ne pense pas qu'il y ait une méthode locale à appliquer au national.
Lorsque l'on considère l'incroyable prime au sortant qui existe dans la démocratie locale, en opposition avec la précarité des mandats nationaux, à l'évidence, les citoyens ont des attentes de nature très différentes entre leurs politiques locaux et leurs politiques nationaux (quand bien même se sont parfois les mêmes personnes).
Le local se marque par une forte dimension gestionnaire, culture que le PS a intégré au plus haut point depuis plus de 20 ans.
Le national se marque par une forte attente de sens, de projet de société. Ce que le PS n'a cessé de perdre depuis une dizaine d'années au moins.
Bien évidemment il y a de la gestion dans la conduite d'une politique nationale, et du sens à donner à une politique locale. Mais je suis convaincu que la composition de l'une et de l'autre sont profondément différente quant à la proportion de chacune de ces dimensions dans l'attente des électeurs.
Ceci rend d'autant plus difficile le défis auquel il ne nous est plus possible d'essayer encore une fois de nous soustraire.
Je n'attendais rien d'hier soir, je ne me faisait pas grande illusion sur les 6 premiers mois de la nouvelle direction.
Par contre, je considère déterminant l'avenir immédiat. 6 mois, c'est le minimum et en même temps le maximum que nous pouvons nous accorder pour au moins attester du faite que nous nous engageons dans une démarche profondément renouvelée et marquée par le sérieux et le sens de l'intérêt général.
Que personne n'attende personne. Que chacune et chacun s'engage sans rien attendre en retour. que chacune et chacun donne tout ce qu'il peut donner à ce travail collectif sans attendre d'une telle ou d'un tel un geste, une parole, un je ne sais quoi.
Arrêtons de théoriser la marche, marchons !
Ecrit par : Filip | 10.06.2009
Après la raclée que le Parti socialiste vient de prendre, il aurait plutôt intérêt à être moins méprisant sur des sujets comme la réunification de la Bretagne à l’image de Jean-Marc Ayrault, Jacques Auxiette et la vôtre.
Car malgré la crise, cela n’empêche pas des gens qui ne roulent pas sur l’or de dépenser du temps et de l’argent à ce légitime combat et que ce thème compte plus que vous et votre parti ne le pensez dans le choix du bulletin de vote de beaucoup de Bretons.
Ecrit par : Yves-Alain LE GOFF | 10.06.2009
A Tous ,
Il est temps en Loire-atlantique coome ailleurs d'ouvrir le regard et d'élargir son horizon de manière à coller à la réalité sociale , matérielle , culturelle des populations ....
Captiver les électeurs avec les recettes habituelles : c'est fini ! Il ne suffit plus d'etre socialiste pour réussir mais d'entendre les gens et la demande sociale exprimée que de s'enfermer dans un dogmatisme , la bipolarisation à la vue de la diversité en France c'est fini .... C'est une question sociologique et culturelle ! Les Verts et leurs Alliés ont gagné en dépit d'une abstension record , c'est ainsi il va falloir ouvrir à Gauche et faire des concessions aux régionales à venir .
Parler d'écologie ne suffira pas , le quotidien des gens est trop dur , jeunes et vieux ....
Si les Socialistes veulent conserver une région dans l'Ouest de la France , il faudra réunifier la Bretagne n'en déplaise aux dirigeants , il faut compter et regarder au travers des résultats cette réalité .... Les pays de la Loire et la Bretagne administrative à 4 c'est perdu , l'Ump , les Villiéristes , FN sont en tete . La Gauche doit s'unir et repenser la région faute de quoi ce sera le désastre prévisible ....dans les 2 régions .... Unir la Gauche PS, PC , Verts- UDB , PRG .... et s'inscrire dans une dynamique politique régionale , certes il va falloir se surpasser pour réussir ! Rien ne sera plus comme avant ! Si le PS veut garder une région ce sera la Bretagne à 5 ou Rien ! Mais il faudra de l'audace , demander des moyens financiers nouveaux , des compétences nouvelles pour faire exister la démocratie locale : la dévolution ! C'est notre seule chance l'Ump caracole devant dont acte .....
Un projet régionale pour une vraie région et l'expérimentation , sur le modèle actuel c'est foutu , pays de Loire et Bretagne à 4 ; il faut se démarquer de la Droite c'est urgent !Pas demain dès maintenant ! C'est une révolution culturelle à faire sinon notre suffisance se paiera comme pour les europénnes ....Marquons une vraie différence ! Patrick Maréchal a compris ce message populaire sur le changement institutionnel . Appeler du bout des lèvres ne suffira pas , il faut un message clair et enthousiaste sur la région Bretagne unifiée accompagné d'un projet fort !
Ecrit par : burban | 10.06.2009
Faire simple !
Il y a beaucoup à faire pour le Parti Socialiste, mais le préalable est peut-être de ne pas croire qu’il conviendrait de faire table rase, de faire comme si rien n’avait été pensé, analysé, proposé, dit. De plus, il n’est pas nécessaire de faire compliquer.
Relisant des notes écrites pendant les plus de six mois de notre dernier congrès, j’ai retrouvé les raisons qui m’avaient fait penser que pourtant, beaucoup de conditions étaient réunies pour faire un grand et utile congrès. Les analyses n’ont pas manqué, pour certaines de très grande qualité.
Il n’y a pas d’un côté les élus locaux et de l’autre “Solférino”. Il y a entre les deux de très nombreuses analyses. Comme je le pensais déjà il y a plus d’un an, dans nos rangs Martine AUBRY et Vincent PEILLON sont de ceux qui ont le plus, dans des styles et selon des approches différentes, questionné nos valeurs et le renouvellement de notre analyse de la société.
Pour aller au plus simple, je ne vois pas de raison de lâcher le fil suivant : Nous voulons la liberté pour tous. Notre projet est simple et fortement ancré dans notre démarche historique : Nous voulons contribuer à l’émancipation de chacun.
Ceci est à la fois une cohérence historique, et la clef d’une profonde relecture de nos propositions politiques. Les obstacles à l’émancipation, à la possibilité pour toute personne de pouvoir vivre sa vie, de construire ses choix, ne sont plus les mêmes qu’il y a trente ans, et encore moins qu’il y a cent ans.
Ceci nous permet de définir un horizon clair, de fonder des normes et des règles pour tous, de justifier des politiques urbaines, fiscales, sociales, environnementales, éducatives, judiciaires, etc. Ceci renouvelle également la question des minimas sociaux et bien d’autres.
De plus, cette approche se distingue très nettement des politiques menées par la droite, et peut donc nous offrir les moyens d’un langage clair et d’une clarification du débat public, bien au-delà des confusions nées de nos propres hésitations et approches trop exclusivement gestionnaires, et de tentatives permanentes de la droite de capter des mots et des personnes de gauche.
La droite veux enlever les freins qui limiteraient l’expression de la liberté, nous voulons construire les conditions de possibilité pour chacun de devenir libre.
Ceci fait que nous voulons non seulement la liberté individuelle, mais aussi la liberté collective, à savoir une participation la plus large possible de toutes et tous à la vie démocratique.
Ceci est la clef pour parler de solidarités collectives, de normes sociales et environnementales, de responsabilités civiques, à l’individualisme contemporain.
Ecrit par : Filip | 12.06.2009
A Tous ,
Des réformes intitutionnelles vont avoir lieu , elles vont concerner les collectivités territoriales , Mr Vallini député PS a acommpagné le processus , il nous est demandé de prendre part à celui-ci .
Camper sur des positions du passées sera préjudiciable à la Gauche dans ce domaine , nous pouvons sauver quelques régions dont la Bretagne pour cela il faut une Gauche Unie pour une démarche innovante et donc une Bretagne à 5 et un projet de dévolution des compétences et de nouvelles finances , c'est là l'enjeu !
Dès le premier tour entrainer nos alliés Verts -UDB , PC , PRG aux cotés des Socialistes, bien évidemment il y aura des concessions à faire , sièges et Vice -Présidence ....
Celui qui fera cavalier seul au premier tour fera une erreur politique , la Droite sera unie et gagnera le scrutin ....
En pays de Loire c'est perdu , la Droite est devant nettement , ce calcul de conserver une région dont personne ne veut , appartient à la "poubelle de l'histoire" .
Il faut de vraie région , lisible et reconnue au niveau européen et ne pas se tromper de débat à nouveau , la Bretagne présente cette caractéristique et c'est une chance pour la Gauche qui pourra expérimenter dans bien des domaines !
L'urgence c'est de sotir des sentiers battus et de vouloir avoir une position dogmatique sur ce sujet !
Il reste l'été pour changer de point de vu, c'est urgence qui doit conduire l'action et du concret , du dur . Changer de cap pour exister , parler région , réforme et refonte de l'Ouest Français : c'est à dire , la Normandie unie , la Bretagne unie , le Val de Loire et le Poitou, Charentes Vendée . 4 au lieu de 6 régions .
Le contenu est important , l'expérimention de nouveaux pouvoirs locaux et des finances nouvelles , de la responsabilité accrue et de la proximité vraie !
Certes, sortir des idées convenues du type qui sera la capitale de la nouvelle région Bretagne , Normandie ect .... est le moyen de ne rien faire ; le statu-quo sera la défaite !
Une région c'est un avenir ensemble , une entité visible , connue que l'on peut projeter vers un devenir . Il faut oser pour gagner !
La Gauche unie pour des régions unies et réelles !l'artificialisation consisterait à faire le Grand-Ouest à l'instar des pays de Loire en 1955 !Ce sera l'échec assuré !
Les gens votent pour un projet porteur !
Ecrit par : burban | 15.06.2009
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