14.06.2009
Avec Hadopi, ce n’est pas seulement une loi qui est condamnée mais une conception de l’action publique

La censure par le Conseil constitutionnel de la loi Hadopi vient une nouvelle fois sanctionner la pratique gouvernementale de Nicolas Sarkozy. Mais si la gauche veut faire la preuve qu’une autre pratique est possible et qu’elle est le véritable camp du volontarisme et de la réforme, elle doit en apporter la démonstration par l’exemple au lieu de se réfugier dans un discours stérile de dénonciation.
La censure de la loi Hadopi par le Conseil constitutionnel n’est pas étonnante. Dans un État républicain, on ne donne pas à une autorité administrative le pouvoir de prononcer contre les citoyens des sanctions qui limitent leurs libertés fondamentales. Le gouvernement avait été prévenu depuis longtemps, les députés de l’UMP avaient voté la loi contraint et forcés, cette censure est la chronique d’une décision annoncée.
Alors pourquoi le Président Sarkozy a-t-il fait voter cette loi ? Certains y voient un coup tactique visant à détacher de la gauche les professions culturelles qui lui étaient largement acquises. J’y verrai plus simplement un mépris complet pour les règles de notre pays et les libertés individuelles. Le tout puissant Président de la République, encore conforté par les élections européennes, confond depuis longtemps conviction et détermination avec autoritarisme et passage en force.
Cette méthode lui sourit politiquement mais conduit systématiquement dans l’impasse les chantiers qu’il décide d’ouvrir. L’abandon de la réforme du lycée et la crise profonde de l’université illustrent les dégâts de cette pratique absurde et brutale du pouvoir.
Les socialistes devraient illustrer par l’exemple une méthode politique alternative. Plutôt que de multiplier des débats internes qui conduisent à l’adoption de textes vagues et creux, le PS ferait mieux d’investir dans l’intelligence collective et dans la construction de réformes conçues dans les conditions de l’exercice du pouvoir:
Réaliser un diagnostic, expliciter nos orientations, ouvrir le dialogue avec les acteurs concernés, élaborer un projet ambitieux, aller à la rencontre les citoyens pour présenter le fruit de nos réflexions, affiner notre projet en fonction de ces échanges, expérimenter les actions envisagées en utilisant les pouvoirs locaux dont nous disposons quand cela est possible, évaluer et mettre en débat les résultats de ces politiques, les réviser en conséquence, voilà qui donnerait sens et crédibilité à la démarche des socialistes.
Beaucoup de sujets se prêtent à cette approche comme par exemple l’autonomie des jeunes, le développement des énergies renouvelables, la formation tout au long de la vie, les services aux personnes, les déplacements, l’action culturelle, l’innovation économique,…. Cette méthode est souvent celle des élus locaux. Elle pourrait facilement être globalisée à l’échelle nationale si le PS choisissait de s’investir collectivement dans cette voie qui permet de combiner ambition politique, crédibilité dans l’action et démocratie participative. C'est en construisant des projets et en les mettant en débat que le PS retrouvera la confiance des citoyens.
La censure de la loi Hadopi par le Conseil constitutionnel n’est pas étonnante. Dans un État républicain, on ne donne pas à une autorité administrative le pouvoir de prononcer contre les citoyens des sanctions qui limitent leurs libertés fondamentales. Le gouvernement avait été prévenu depuis longtemps, les députés de l’UMP avaient voté la loi contraint et forcés, cette censure est la chronique d’une décision annoncée.
Alors pourquoi le Président Sarkozy a-t-il fait voter cette loi ? Certains y voient un coup tactique visant à détacher de la gauche les professions culturelles qui lui étaient largement acquises. J’y verrai plus simplement un mépris complet pour les règles de notre pays et les libertés individuelles. Le tout puissant Président de la République, encore conforté par les élections européennes, confond depuis longtemps conviction et détermination avec autoritarisme et passage en force.
Cette méthode lui sourit politiquement mais conduit systématiquement dans l’impasse les chantiers qu’il décide d’ouvrir. L’abandon de la réforme du lycée et la crise profonde de l’université illustrent les dégâts de cette pratique absurde et brutale du pouvoir.
Les socialistes devraient illustrer par l’exemple une méthode politique alternative. Plutôt que de multiplier des débats internes qui conduisent à l’adoption de textes vagues et creux, le PS ferait mieux d’investir dans l’intelligence collective et dans la construction de réformes conçues dans les conditions de l’exercice du pouvoir:
Réaliser un diagnostic, expliciter nos orientations, ouvrir le dialogue avec les acteurs concernés, élaborer un projet ambitieux, aller à la rencontre les citoyens pour présenter le fruit de nos réflexions, affiner notre projet en fonction de ces échanges, expérimenter les actions envisagées en utilisant les pouvoirs locaux dont nous disposons quand cela est possible, évaluer et mettre en débat les résultats de ces politiques, les réviser en conséquence, voilà qui donnerait sens et crédibilité à la démarche des socialistes.
Beaucoup de sujets se prêtent à cette approche comme par exemple l’autonomie des jeunes, le développement des énergies renouvelables, la formation tout au long de la vie, les services aux personnes, les déplacements, l’action culturelle, l’innovation économique,…. Cette méthode est souvent celle des élus locaux. Elle pourrait facilement être globalisée à l’échelle nationale si le PS choisissait de s’investir collectivement dans cette voie qui permet de combiner ambition politique, crédibilité dans l’action et démocratie participative. C'est en construisant des projets et en les mettant en débat que le PS retrouvera la confiance des citoyens.
18:14 Publié dans A gauche et au PS, A la une : que faire du PS ?, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Je vois cette pratique partiellement en l'œuvre dans le travail de certains de nos parlementaires.
Parfois sous la pression de l'urgence législative imposée par l'exécutif actuel, mais aussi parfois avec une réelle anticipation.
Deux exemples:
1/ Les discriminations.
George PAU LANGEVIN et Christophe CARESCHE, ont mené pendant plus d'un an un très long travail d'audition, de concertation, d'élaboration d'analyses et de propositions sur ces questions. Ils ont porté le fruit de leur travail devant le groupe des députés, ils l'ont porté devant les instances nationales du Parti, ils en ont fait une proposition de loi. Pour quel résultat ? Quelqu'un en a entendu parler ? Lorsque plusieurs mois plus tard a été nommé un secrétaire d'état à la diversité et qu'un débat a notamment eu lieu sur les statistiques éthniques, personne chez nous n'a eu recours à ce travail.
2/ Loi sur la Bandes
Sous l'impulsion du si raffiné Christian ESTROSI, l'UMP a déposé une proposition de loi visant à renforcer les sanctions contre les bandes, le port des cagoules, les intrusions dans les établissements scolaires. Delphine BATHO a mené en parallèle du travail conduit par ESTROSI, un travail d'audition et de concertation beaucoup plus poussé, et tout en y mettant beaucoup de ses convictions elle a eu pour ligne directrice de poser un diagnostic très poussé des questions concernées. Résultat : un diagnostic renouvelé sur ces questions, la démonstration implacable de l'inutilité des lois antérieures et de cette nouvelle proposition, et des propositions alternatives précises.
Le débat n'est pas encore venu en séance, mais il a déjà été fortement relayé dans les médias. Avez-vous entendu quelque chose de ce travail ?
Une question : d'où vient cette incroyable perte en ligne.
Nous avons un grand nombre d'élus impliqués et compétents dont la pratique quotidienne est proche de celle que tu décrits et que tu appels de tes vœux.
Mais collectivement nous ne produisons rien.
Petit détour : J'ai été frappé lors de notre dernier congrès de vois à quel point chaque nouvelle étape appauvrissait les textes. Les meilleurs textes étaient dans les contributions, pas dans les motions, et encore moins dans la motion de synthèse....
Ecrit par : Filip | 15.06.2009
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