18.06.2009

18 juin 1954

Le 18 juin 1954, Pierre Mendès-France était désigné Président du Conseil par l'Assemblée Nationale. Il ouvrait un espoir pour la démocratie et pour la gauche, il rompait avec les vieilles pratiques pour prendre à bras le corps les enjeux brûlants de son temps.

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"Mesdames, messieurs, je vous offre un contrat. Chacun de vous pèsera en conscience les sacrifices que je lui demande, mais aussi les chances que je peux apporter au pays. […]

Le gouvernement sera ce que seront ses membres. Je ferai appel à des hommes capables de servir, à des hommes de caractère, de volonté et de foi. Je le ferai sans aucune préoccupation de dosage. […] Il n’y aura pas de ces négociations interminables que nous avons connues ; je n’admettrai ni exigences ni vetos. […]

Mesdames, messieurs, on m’a accusé parfois de pessimisme comme si je goûtais quelque sombre plaisir à prédire les catastrophes et à prêcher les pénitences. La sévérité de mes jugements ne reposait, en réalité, que sur un profond optimisme à l’égard des moyens de la France et des chances qui lui sont offertes. C’est parce que nous pouvons nous redresser en prenant appui sur les réalités que j’ai dénoncé les illusions. Les difficultés et les périls ont rendu aujourd’hui chacun plus conscient des efforts à fournir ; c’est pourquoi, plus encore qu’hier, je crois à la renaissance nationale, vigoureuse et rapide […]

A vrai dire, un homme politique n’a que le choix entre se redire ou se contredire. J’appartiens plutôt à l’école de ceux qui se redisent et je m’en excuse. Mais je voudrais que cela soit, pour vous, ce soir, une raison de plus de me faire confiance."



Commentaires

Pierre MENDES FRANCE incarne un idéal politique : l'alliance de l'éthique de convication en faveur d'un projet de société humaniste avec l'éthique de responsabilité qui se résume dans sa formule "gouverner c'est choisir".
Rigueur et pragmatisme dans la politique économique, volonté et courage dans l'innovation sociale, éthique démocratique... lequel de nos responsables politiques actuels pourrait se comparer avec humilité à ce grand Homme d'Etat que la gauche a souvent malmené.
Il n'est pas inutile de regarder qui entend aujourd'hui se prévaloir de Pierre MENDES FRANCE.
Michel ROCARD a sans doute été son meilleur élève mais il a aujourd'hui quitté la scène politique. Chez la très grande majorité des socialistes, la figure emblématique de la deuxième partie du XXème siècle est celle de François MITTERRAND qui a réussi l'exploit de fédérer les familles socialistes et l'ensemble de la gauche pour les emmener à la victoire de 1981. Chez MITTERRAND, toutefois, on trouve davantage de machiavélisme que de mendésisme. Il ne me semble pas que l'éthique soit aujourd'hui la prinicpale qualité des dirigeants socialistes, et je le déplore sincèrement.
Ailleurs, Pierre MENDES FRANCE continue d'être honoré par les radicaux (notamment ceux du PRG) et plus récemment il a été mis à l'honneur par François BAYROU et les démocrates du modem qui le font figurer pamis les pères fondateurs de ce courant humaniste social et européen qu'ils entendent représenter.
Quant aux boutefeux "jusq'au boutistes" du "toujours plus à gauche", ils ne peuvent bien évidemment pas se reconnaître dans cette figure emblématique d'un réformisme démocratique pacifié qui entend construire le progrès de la société sur sur la concorde sociale et l'esprit civique. En ce sens MENDES FRANCE est plus proche de TOCQUEVILLE que de ROBESPIERRE...
Cette référence à Pierre MENDES FRANCE n'est pas anodine, dans le projet de reconstruction de la gauche de gouvernement, il y aura lieu de dire clairement avec quels partenaires il sera possible de construire ce réformisme démocratique, pour quel projet de société, en France et en Europe.
Partout en Europe, la gauche de gouvernement est en recul mais il ne m'a pas semblé que la gauche extrémiste s'en trouvait renforcée pour autant.
L'union de la gauche ne peut pas tenir lieu de programme si à l'évidence les projets politiques sont incompatibles...
Les Italiens du Parti démocrate ont été contraints de faire cette clarification. Le PS l'a toujours éludé. On voit où cela l'a conduit...

Ecrit par : yann | 19.06.2009

Dans cette période doute et d'incertitude pour la gauche, cette référence à Pierre Mendès France est particulièrement bienvenue. Cet homme avait foi en l'homme, en la justice. Il croyait à la France. Il était prêt à mobiliser les énergies, au service d'un projet clair, exigeant, où l'espoir et la difficulté avaient part égale.
Notre parti aurait besoin d'un homme (ou d'une femme) de cette trempe, mais plus soucieux du bien public que de sa carrière personnelle, pour conduire un projet de rénovation. Les responsables actuels, pour estimables qu'ils soient, sont décrédibilisés aux yeux de l'opinion. Il est urgent qu'ils pressentent ceux qui ont vocation à assurer leur relève et qu'ils les forment aux difficultés du pouvoir. Seuls ces hommes neufs, choisis pour leurs compétences et leur attachement aux valeurs de justice sociale, de démocratie, de souci du partage avec les plus pauvres, sont susceptibles de porter le projet du parti, tel qu'il doit surgir du débat qui s'engage.
Cette promotion des hommes neufs doit accompagner la réflexion de fond sur l'identité du parti. Les actuels caciques doivent , après les avoir formés, leur céder la place (en les accompagnant, de façon désintéressée, dans leur parcours semé d'embuches).

Ecrit par : Michel Rio | 28.06.2009

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