03.07.2009
La France doit-elle dépenser plus pour l'enseignement supérieur ?
L'investissement dans l'enseignement supérieur en France doit-il augmenter, demande une Note de veille du Centre d'analyse stratégique. La lecture de cette note montre la nécessité absolue d'augmenter le nombre d'étudiant et la rentabilité collective des dépenses engagées en faveur de l'enseignement supérieur. Mais la question du financement de l'enseignement supérieur ne doit pas en masquer une autre, toute aussi cruciale, qui est celle de la démocratisation du système éducatif qui conditionne l'arrivée des jeunes à l'université.
La Note relève trois faits intéressants. D'abord le faible niveau de dépense par étudiant en France : en général 2% du PIB dans l'OCDE contre 1,3% en France. Le deuxième fait c'est le faible taux d'obtention d'un diplôme à l'issue d'une formation supérieure : seule l'Italie est vraiment derrière nous dans les pays de l'OCDE.
Enfin le troisième élément c'est le rapport entre dépense par étudiant et croissance économique. Selon la Note, "tous les pays ayant un PIB par habitant supérieur à celui de la France présentent également des dépenses par étudiant plus élevées. L'effort consenti accroît la richesse nationale. Ainsi une augmentation des dépenses d'enseignement supérieur de 0,7 point du BIP de la France se traduirait par une croissance potentielle de 0,2 point au bout de 10 ans et de 0,4 point au bout de 15 ans, soit 2 points de PIB en 2017 et 4 à l'horizon 2022". Un argument intéressant au moment où le gouvernement promet d'investir dans la croissance.
Mais pour la Note, "l'accroissement des moyens de financement n'est pas une condition suffisante pour améliorer les performances de l'enseignement supérieur. D'autres facteurs sont aussi importants notamment l'organisation et la qualité de l'offre de formation et la qualité de l'orientation". L'augmentation de la dépense ne suffira pas à améliorer le rendement de l'enseignement supérieur.
On notera un dernier point : s'il y a croissance des dépenses ce ne sera pas du fait d'une croissance du nombre d'étudiants : celui-ci a déjà tendance à diminuer. La Note se garde de le signaler mais on a là une différence notable avec les autres pays développés, d'autant qu'on considère comme enseignement supérieur en France des formations courtes (bac +2) qu ne sont pas toujours comptabilisées dans les autres pays.
Si la croissance économique dépend du taux de diplômés du supérieur, l'augmentation du nombre d'étudiants et de ce taux dépend en partie de l'enseignement supérieur, mais en partie aussi de la capacité du système éducatif de base à se démocratiser. Car les étudiants supplémentaires dont l'économie pourrait avoir besoin ne seront pas trouvés dans les classes favorisées où déjà le taux d'accès au supérieur est très fort. Ils ne pourront être trouvés que dans les milieux défavorisés. C'est notre capacité à hisser jusqu'au supérieur les enfants issus des milieux ouvriers et issus de l'immigration qui sera déterminante.
L’enjeu politique majeur est donc celui d’une mobilisation rapide et massive pour réussir la démocratisation du système éducatif et celui de l’accès à l’enseignement supérieur. Il n’est pas de projet politique qui soit plus fédérateur, aussi essentiel à la fois pour l’épanouissement des jeunes, pour la justice sociale, et pour l’efficacité économique.
La Note relève trois faits intéressants. D'abord le faible niveau de dépense par étudiant en France : en général 2% du PIB dans l'OCDE contre 1,3% en France. Le deuxième fait c'est le faible taux d'obtention d'un diplôme à l'issue d'une formation supérieure : seule l'Italie est vraiment derrière nous dans les pays de l'OCDE.
Enfin le troisième élément c'est le rapport entre dépense par étudiant et croissance économique. Selon la Note, "tous les pays ayant un PIB par habitant supérieur à celui de la France présentent également des dépenses par étudiant plus élevées. L'effort consenti accroît la richesse nationale. Ainsi une augmentation des dépenses d'enseignement supérieur de 0,7 point du BIP de la France se traduirait par une croissance potentielle de 0,2 point au bout de 10 ans et de 0,4 point au bout de 15 ans, soit 2 points de PIB en 2017 et 4 à l'horizon 2022". Un argument intéressant au moment où le gouvernement promet d'investir dans la croissance.
Mais pour la Note, "l'accroissement des moyens de financement n'est pas une condition suffisante pour améliorer les performances de l'enseignement supérieur. D'autres facteurs sont aussi importants notamment l'organisation et la qualité de l'offre de formation et la qualité de l'orientation". L'augmentation de la dépense ne suffira pas à améliorer le rendement de l'enseignement supérieur.
On notera un dernier point : s'il y a croissance des dépenses ce ne sera pas du fait d'une croissance du nombre d'étudiants : celui-ci a déjà tendance à diminuer. La Note se garde de le signaler mais on a là une différence notable avec les autres pays développés, d'autant qu'on considère comme enseignement supérieur en France des formations courtes (bac +2) qu ne sont pas toujours comptabilisées dans les autres pays.
Si la croissance économique dépend du taux de diplômés du supérieur, l'augmentation du nombre d'étudiants et de ce taux dépend en partie de l'enseignement supérieur, mais en partie aussi de la capacité du système éducatif de base à se démocratiser. Car les étudiants supplémentaires dont l'économie pourrait avoir besoin ne seront pas trouvés dans les classes favorisées où déjà le taux d'accès au supérieur est très fort. Ils ne pourront être trouvés que dans les milieux défavorisés. C'est notre capacité à hisser jusqu'au supérieur les enfants issus des milieux ouvriers et issus de l'immigration qui sera déterminante.
L’enjeu politique majeur est donc celui d’une mobilisation rapide et massive pour réussir la démocratisation du système éducatif et celui de l’accès à l’enseignement supérieur. Il n’est pas de projet politique qui soit plus fédérateur, aussi essentiel à la fois pour l’épanouissement des jeunes, pour la justice sociale, et pour l’efficacité économique.
20:41 Publié dans Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
La dernière page de la note du CAS me paraît un package bien connu d'idées bien connues, au moins au niveau des généralités : la collectivité met déjà beaucoup d'argent, le contribuable est déjà étranglé, maintenant c'est aux ménages de payer, d'ailleurs ça n'est que justice sociale, vous verrez bien. Cette section colle pile poil à l'exposé des motifs du projet de loi déposé par les parlementaires UMP au mois d'avril sur les prêts pour financer les frais de scolarité, et diverses notes prêtes dans les tiroirs depuis des années...
Un point saillant de son message est d'exclure une solution financière à la scandinave. Je fais pourtant mienne cette dernière (étant un ancien heureux contribuable finlandais, j'estime que les résultats en valent largement le coût). Cette perspective est bien sûr totalement compatible avec des formations conscientes des emplois, interaction avec les entreprises, orientation plus active, etc... Mais bon, le ministère va travailler les média : there is no alternative, et surtout ne lisez pas les petits caractères, ça vous ferait mal aux yeux.
En vue de la sortie des cartes gouvernementales (le 32 juillet ?), une anecdote à ne pas diffuser: les directions d'universités anglaises ont profité des augmentations des frais d'inscription pour s'octroyer des augmentations de salaires considérables. http://www.guardian.co.uk/education/2009/mar/19/administration-universityfunding
mais avec la crise actuelle, elles licencient en masse du personnel enseignant.
Pour le reste, le texte dit que si c'était mieux organisé, le système serait meilleur, ce qui n'est pas faux ; bref, quelques généralités pour faire adhérer, mais le but du papier est d'abord d'expliquer qui va payer - le titre de l'article était, lui, conçu pour faire adhérer globalement. Hier, "science et conscience" sur France Culture traitait justement de l'idéologie et du discours de "new public management" mis en place dans l'enseignement supérieur...
Ecrit par : Marc (Ste-Luce) | 04.07.2009
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