07.02.2012

Penser différemment : de nouveaux horizons pour les industries maritimes européennes

P1270436.JPGJeudi dernier,

150 personnes étaient présentes au Parlement Européen pour promouvoir les industries navales et maritimes. 40 régions, représentant 12 pays, dialoguaient avec des industriels, des parlementaires européens et des représentants de la Commission. Un mot d’ordre : l’Europe a besoin d’une politique maritime ambitieuse dotée d’un volet industriel offensif. Il s’agissait d’une première étape importante après 4 mois de travail pour structurer un réseau européen des régions au sein de l’initiative « maritime industries for blue growth » initiée par la Région des Pays de la Loire.

Pour encore beaucoup d’officiels européens les industries maritimes sont synonymes de plans d’aides aux chantiers navals en difficulté. Pourtant, depuis plusieurs années, une autre réalité émerge grâce aux efforts des industriels et aux mobilisations dans les régions. Les industries maritimes s’affirment comme un secteur de croissance de l’Europe autour des chantiers navals, de la plaisance, mais aussi et surtout des énergies marines renouvelables, des plateformes off shore, des infrastructures côtières ou portuaires, de l’ingénierie maritime ou encore de la logistique. Il est désormais possible de refonder une ambition collective pour ce secteur essentiel de notre économie.

L’Europe doit renouer avec une ambition maritime. Son histoire et son statut de grande puissance maritime plaident dans ce sens. La mer constitue une formidable opportunité de développement durable réussi. L’Europe doit également renouer avec une ambition industrielle après avoir pendant trop d’années cédé au mirage d’une croissance dépendant exclusivement des services et de la finance. Ce retour à l’économie réelle doit se traduire par un soutien fort à l’innovation dans les process industriels, clés de la compétitivité.

Le soutien à apporter aux industries maritimes se situe au croisement de ces deux choix stratégiques. C’est l’ensemble des entreprises de ce secteur qui doivent être accompagnées, dont les chantiers navals qui constituent un socle majeur d’emplois et de compétences sans lesquels rien ne serait possible.

Oui, nous pouvons faire en Europe des bateaux différents, plus sûrs et plus respectueux de l’environnement, des bateaux innovants adaptés aux nouveaux besoins des transports et de l’exploitation des océans. Oui nous pouvons réussir en Europe la diversification des industries maritimes vers les énergies marines renouvelables et la valorisation des ressources marines . Nous avons en Europe des salariés compétents et mobilisés, des industriels enthousiastes et qui savent prendre des risques parce qu’ils croient à l’avenir.

Cette dynamique est en mouvement en Pays de la Loire, autour de STX et de DCNS, qui représentent plus de 2000 emplois, mais aussi autour de l’ensemble des PME qui forment l’essentiel de notre tissu industriel fort dans ce secteur de 32000 emplois, et notamment autour du Cluster Néopolia qui compte plus de 200 adhérents.

Pour aller de l’avant nous avons d’abord besoin d’une stratégie européenne collective.
La rude concurrence qui prévaut entre européens les handicape dans la compétition internationale. La faiblesse de la Commission face au dumping asiatique fragilise également notre industrie. Les industriels doivent faire le pari de la solidarité et de la coopération.

Nous devons également pouvoir compter sur une stratégie globale qui propose des réponses nouvelles à court, moyen et long terme. Préserver les compétences et l’outil industriel justifie un soutien immédiat. La réussite à long terme nécessite de mobiliser tous les outils de manière coordonnée et continue : recherche et développement, formation, investissements structurants, accès au crédit, réglementation environnementale, …

L’Europe vient d’adopter les grandes lignes de ses futures politiques pour 2014 – 2020 dans ces différents domaines. Force est de constater que la mer et les industries maritimes sont encore trop absentes de ces textes. L’heure est à la mobilisation pour obtenir une pleine reconnaissance du choix stratégique de soutien aux industries maritimes, puis mettre au point des programmes d’actions concrètes qui correspondent aux besoins des entreprises et de leurs salariés.

Les régions européennes ont adopté leurs principes politiques communs en décembre. Elles les ont présentées au Parlement et à la Commission jeudi dernier. Elles devront dans les prochaines semaines rédiger des propositions précises pour chaque politique européenne concernée afin d’obtenir gain de cause. A la clé ce sont des dizaines de millions d’aides publiques à mobiliser, des milliers d’emplois à créer ou à conforter.

Dans cette bataille les régions ne sont pas seules. Elles peuvent compter sur le soutien de l’intergroupe mer et zones côtières du Parlement qui nous accueillait jeudi, et de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes qui nous accompagne depuis nos premiers pas. Elles travaillent également en lien étroit avec la plateforme Waterborne qui élabore les besoins de recherche des industriels, et sur les associations professionnelles de constructeurs (CESA) et d’équipementiers (EMEC). Fortes de ces soutiens les régions doivent désormais convaincre à la fois les États membres, encore trop en retrait, la Commission Européenne et le Parlement. C’est toute une communauté d’acteurs qui se structure aujourd’hui pour construire l’avenir des industries maritimes européennes.

Commentaires

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Écrit par : Suraj | 20.02.2012

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