03.11.2009

Identitié nationale: petite manoeuvre d'un petit ministre

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Il suffit parfois de peu de choses pour donner naissance aux pires vilenies. Un ministre à la dérive et pressé de plaire, un gouvernement aux abois avide de diversion, tels sont les deux ingrédients qui donnent naissance à un débat bâclé et inopportun sur l'identité nationale.

On peut comprendre la volonté du gouvernement d'ouvrir la polémique sur un sujet tiré de son chapeau dans la précipitation. Hausse du chômage et approfondissement de la crise sociale, polémique sur la fiscalité des hauts revenus, critiques virulentes sur les réformes de la taxe professionnelle et de la décentralisation, Sarko est dans l'œil du cyclone et il ne supporte pas cela.

Avec l'enthousiasme du nouveau converti, Besson lui offre donc sur un plateau une polémique bien venue pour déstabiliser la gauche et détourner les regards des dossiers en cours. On frise le ridicule. En 24 heures on demande aux préfets d'organiser un grand débat national. une partie d'entre eux explique courageusement être dans l'incapacité de répondre à cette sollicitation. A défaut un site internet rapidement bricolé fera l'affaire. Voilà comment on lance un débat national sur un sujet aussi délicat.

Car de deux choses l'une, soit il s'agit de réaffirmer l'attachement des français à la République et à ses symboles, et pour cela faut-il un débat? y a-t-il péril en la demeure? soit il s'agit de réveiller le vieux fantasme d'une France blanche menacée par l'immigration et la mondialisation pour faire oublier la crise et les affaires.

La droite joue cyniquement avec le feu, n'allons pas jouer avec elle. Les déçus du sarkozysme alimentent la remontée électorale du FN, ce n'est pas notre affaire. Avançons nos idées et nos propositions, et surtout n'oublions pas que la principale faillite de la République c'est le maintien des discriminations et l'incapacité de notre société à donner toute leur place en son sein aux jeunes français d'origine étrangère. Ce débat-là vaut la peine d'être mené!

02.11.2009

Statistiques publiques : le grand truquage

grandtruquage.jpgUn collectif de fonctionnaires issus de la recherche publique et de spécialistes de la statistique a publié récemment un livre dénonçant les pressions gouvernementales au sujet des résultats chiffrés qu’ils produisent dans leurs services respectifs. On y découvre ainsi les « ficelles » pour bidouiller les chiffres, le tout avec un objectif pédagogique : expliquer comment le pouvoir manipule les statistiques.

S’appuyant sur 7 exemples très concrets, l’ouvrage s’attache à décrire dans le détail les opérations de quantification et d’analyse des faits sociaux concernés, sans jamais tomber dans l’écueil d’une simplification caricaturale.

Tous ces exemples coïncident avec des promesses de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, et on s’aperçoit vite que le gouvernement s’arrange avec les chiffres pour masquer l’échec de ses orientations politiques (en faisant croire au contraire que ses objectifs sont atteints).

Le Grand Truquage explique ainsi les 4 grands types de manipulation utilisés par le gouvernement pour faire accroire que les politiques publiques adoptées sont efficaces. Dressons-en le portrait.

Bidouille n°1 : la tactique de l’indicateur unique

En utilisant un indicateur unique pour décrire un phénomène multidimensionnel, on peut donner à un résultat peu favorable un aspect plus flatteur. C’est par exemple ce qui a été fait pour l’indicateur de pauvreté, en utilisant un indicateur taillé sur mesure plutôt qu’un indicateur international « qui a l’inconvénient majeur de rester stable »…

Bidouille n°2 : l’exploitation abusive des moyennes

Une moyenne est un indicateur bien pratique pour raconter ce qu’on a envie, dès lors qu’elle se résume à une variable dont les valeurs sont très dispersées. C’est le cas de l’indice des prix, dont les variations sont très hétérogènes, ou de l’évolution des revenus, qui cache une énorme disparité entre les revenus les plus hauts et les revenus les plus bas.

Bidouille n°3 : le changement de catégorisation

En camouflant un changement de catégorisation ou un mode d’enregistrement au sein d’un indicateur, on peut obtenir des conclusions plus que variées. Ainsi, pour faire baisser le nombre de chômeurs comptabilisés, le moyen le plus simple est de ne plus considérer comme chômeurs tout un ensemble de personnes qui l’étaient auparavant… Autre exemple : dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, nombreux sont les policiers qui déqualifient certains délits en contraventions pour faire baisser les indices de criminalité.

Bidouille n°4 : la confusion des mesures

En mélangeant la mesure de l’efficacité d’un service à la mesure de l’évolution d’un phénomène social, on fausse les résultats d’une politique publique. Ce fut le cas des heures supplémentaires, dont l’usage restait confus avant la loi TEPA, ou de la diminution des cambriolages, surtout due à une meilleure protection du domicile des particuliers.

* * *


En plus de ces explications sur la manipulation des chiffres, les auteurs du Grand Truquage invitent à un combat pour la restauration de l’indépendance de l’information statistique. Car si cette dernière est indispensable dans une démocratie, elle est actuellement en danger : non seulement les manipulations répertoriées permettent d’utiliser les chiffres à mauvais escient, mais en plus les directeurs de plusieurs institutions productrices de statistiques publiques ont été remplacés par des proches du pouvoir (ANPE, Dares, Acoss…).

Enfin, le collectif auteur milite pour l’accompagnement obligatoire des chiffres par des analyses qualitatives. Selon eux, produire de l’information statistique est un service public, cela ne concerne pas que les statisticiens, mais tout citoyen. Chacun doit pouvoir comprendre à quoi correspond chaque chiffre, chacun doit pouvoir accéder aux méthodes de production des statistiques publiques. Pour pouvoir prendre part au débat politique en connaissance de cause, tout simplement.

La région des Pays de la Loire n’est pas inactive dans ce débat. Elle abrite en effet un des principaux réseaux de recherche français et international sur les rapports entre statistiques et politiques publiques autour de Martine Mespoulet. En 2005, le Conseil régional a financé un premier projet intitulé « statistiques en région ». En juin dernier, nous avons sélectionné un second projet encore plus ambitieux « usage des chiffres dans l’action publique territoriale », doté de plus de 700K€. Ces deux projets s’attachent à mener une réflexion critique sur la construction et l’usage des statistiques dans la production des politiques publiques, notamment locale. La recherche régionale est donc au cœur de l’actualité et du débat public.

17.10.2009

Un coup d'envoi en forme de coup de coeur !

auxiette.jpgDe Laval à Fontenay-le-Comte, de Mamers à Saint-Nazaire, ce sont plus de 600 personnes qui sont venues à Rezé pour prendre part au lancement de la campagne des Régionales de mars 2010 autour de Jacques Auxiette. Le lancement d’une campagne électorale est un moment important voire décisif : il donne la marque de ce que sera la campagne. Mais il est surtout un bon indicateur de ce à quoi ressemblera l’action des futurs élus. Il en donne le ton, le rythme… l’art et la manière.

Innovante, rythmée, participative, la soirée du 16 octobre marque indéniablement le début de la victoire de la Gauche en mars 2010 après une campagne qui s’annonce à coup sûr intense et offensive. La forme de la soirée présage celle de la campagne et du prochain mandat : l’innovation est à Gauche depuis mars 2004. Elle restera à Gauche après mars 2010.

Tous les ingrédients étaient présents ce soir. Militants, sympathisants, témoignages nombreux et concrets sur des sujets du quotidien : conséquences de la crise, accès aux services publics, place de la jeunesse dans notre société, croissance durable…

Jacques Auxiette l’a montré : il est bien un Président à plein temps. Sa connaissance des dossiers, son action continue sur les territoires depuis bientôt 6 ans, démontrent une fois de plus que les choix politiques de la Gauche et ceux la Droite ne sont pas les mêmes. Seule la Gauche peut améliorer concrètement les conditions de vie des Françaises et des Français, des habitants de notre région.

Tous les départements de notre région étaient représentés autour des maires de Nantes, Angers, La-Roche-sur-Yon, Laval, Le Mans. Les socialistes ligériens sont unis et rassemblées. Des représentants du PRG et MRC ainsi que de nombreux citoyens et militants associatifs ou syndicaux étaient également présents.

Jean-Claude Boulard, le maire du Mans, a bien résumé l’état d’esprit qui régnait en cette soirée d’octobre : "on ressent un fort mouvement de sympathie vers toi, Jacques". Au-delà de ce mouvement, c’est une force qu’on ressent. Et si cette force se met en mouvement, elle emportera tout sur son passage.


Impliquez-vous dans la campagne, suivez son actualité :

Retrouvez les informations sur la campagne et l’élaboration
de notre projet sur www.auxiette2010.fr.

Découvrez les photos du meeting sur Flickr.

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06.10.2009

Pour les banques, c'est Noël tous les jours

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Il est des moments où rien ne sert d'ajouter ses propres mots quand d'autres mieux que vous, livrent au lecteur un morceau de bravoure.

Aujourd'hui, je laisse la parole à Hervé Babonneau, journaliste à Ouest-France, en publiant le billet qui ornait l'édition d'hier...


"Nous avons un État honnête. La preuve ? Voilà quelques mois, quand la crise financière a chahuté nos banques, il y a injecté quelques milliards d'euros publics en leur achetant des actions alors au plus bas. Aujourd'hui, ces banques remboursent avec des intérêts. Normal. Mais l'État leur revend ses actions au prix d'achat.

Entre-temps, les banques ont retrouvé des couleurs et le cours de leurs actions s'est envolé : plus 175% pour la Société Générale, plus 113% pour la BNP Paribas. Résultat ? Douze milliards d'euros de plus-values passent sous le nez d'un État pourtant sans le sou.

"Le gouvernement ne fait pas de spéculation" réplique sobrement Christine Lagarde, la ministre des Finances. Seulement des cadeaux."

Hallucinant, non ?


20.08.2009

Les pieds par terre... et Obama comme bonne surprise littéraire de l'été

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Il faut bien, à un moment ou à un autre, quitter les longues promenades et les rêveries des vacances pour remettre les pieds par terre en cette rentrée qui s'annonce tumultueuse. Je n'ai évidemment pas terminé la pile de livres qui se tenait devant moi au début de l'été, d'autant plus que quelques invités de dernière minute de sont glissés dans la file d'attente. Ce fut notamment le cas de « Les rêves de mon père » très étonnant ouvrage de Barack Obama.

Imaginez un jeune étudiant noir brillant et atypique dont l'intelligence explose à Harvard et à qui un éditeur demande de rédiger ses mémoires alors qu'il n'a pas encore trente ans. Imaginez que 20 ans après ce jeune étudiant devienne le premier Président noir des USA. Cela donne un livre sans équivalent en France où un homme politique nous livre un récit de formation alors qu'il n'a pas encore même l'idée du destin qui sera le sien. On est ici très loin des ouvrages complaisants où chacun dresse, ou fait dresser, un temple à sa propre gloire à la veille d'une campagne présidentielle ou pour soigner sa popularité. A l'inverse de ces opuscules complaisants le livre d'obama est saisissant de vérité et d'humanité. Connaître ainsi le socle qui fait un homme donne envie de le suivre jusqu'au bout du monde.

Chacun connait dans les grandes lignes l'histoire des premières années d'Obama. Né à Hawaï d'une mère américaine blanche et d'un père noir Kenyan très vite absent, il rejoint ensuite l'île de Java où sa mère a décidé de refaire sa vie avec un Indonésien. Taraudé par la quête de son identité et la question noire, il décide après son premier cycle universitaire de devenir « organisateur » dans la communauté noir de Chicago. Pendant plusieurs années il y milite au quotidien avec les population les plus pauvres de cette ville avant de décider de rependre ses étude pour être en mesure de jouer un rôle plus actif et plus efficace au service de sa communauté.

9782757810897.gifDans notre pays aux élites formatées qui n'ont souvent connu que les quartiers tranquilles de la France de toujours et les grands corps de la fonction publique, où trouver sur la scène politique un homme ou une femme au parcours aussi riche et complexe que celui d'Obama. Cet homme a partagé la vie des plus modestes des indonésiens dans les années 70, milité sur le terrain dans les quartiers les plus populaires des USA, passé des semaines à partager la vie de sa famille au Kenya pour comprendre et s'approprier ses racines. Si le récit des trois années dans le « Southside » de Chicago pourront paraître touffues au lecteur européen, ces pages n'en sont pas moins passionnantes. Mais j'ai surtout été conquis par le début du livre consacré à son enfance américaine et indonésienne et par le récit de son voyage au Kenya à la découverte de sa famille et de son histoire. La qualité littéraire de ces chapitres, leur profonde humanité, le souffle de l'histoire qui les rythme en font un vrai roman initiatique et un formidable plaisir de lecture.

Au moment de replonger dans la grisaille de la politique nationale, j'ai envie de me sentir un peu américain. Pourtant je sens que ces vies existent en France, que cette créativité et cette envie de don soi sont là, tout près de nous, mais que notre vieux pays préfère la cohabitation des mondes parallèles au grand brassage de ses enfants dont pourrait pourtant émerger tant d'énergie et de changements.

25.07.2009

Pause estivale

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L'heure est venue d'offrir à ce blog les quelques vacances dont chacun a besoin, même lui. Il ne se réveillera qu'en cas de coup de coeur ou de coup de gueule estival. J'ai déjà en tête quelques sujets de rentrée : la préparation des régionales et l'étrange stratégie solitaire de nos amis verts, ou l'état du PS, mais surtout des questions de fonds comme l'évolution des inégalités, le chômage massif des jeunes, la nouvelle relation à construire autour de la proximité entre alimentation et territoire, ou le chantier de l'avenir des universités.

Dans l'immédiat je me contenterai de vous livrer un échantillon des livres au hasard de la pile qui se dresse devant moi dans l'espoir de faire partager quelque uns de mes choix.

Au rayon histoire :
- « Mazarin, le maître du jeu », de Simone Bertière (Ed de Fallois). Chaque année qui passe me renforce dans mon intérêt pour les constructeurs des fondations de la France moderne : Louis XIII, Richelieu, Mazarin, et leur tragique précurseur Henri III.
- « Ramon », de Dominique Fernandez (Grasset) et « Alias Caracalla » de Daniel Cordier (Gallimard). Les années 30 et la seconde guerre mondiale me passionnent également et ces deux livres auscultent des trajectoires personnelles paroxystiques de ces temps.

Au rayon roman :
- « D'autres vie que la mienne », d'Emmanuel Carrère (POL) par fidélité à cet auteur dont on ne se détache pas surtout après « Un roman russe ».
- « La route », de Cormac Mc Carthy (Point poche). Comment vivre après l'apocalypse ?
- « Nirvana mode d'emploi » de Upamanyu Chatterjee  (Ed Joelle Losfeld) pour plonger dans les paradoxes de l'Inde d'aujourd'hui.
- « Les lumières de Bullet Park » de John Cheever (Le serpent à plume) qui sait si bien mettre à jour les failles béantes de l'Amérique.
Ni biograpphie ni roman, « Alexandre » de Klaus Mann (Solin) sera une découverte sûrement pleine de surprises.

Coté polar m'accompagneront comme souvent les héros de Qiu Xiaolong, Denis Lehane, Jean d'Aillon et Jean-François Parot. Je tenterai également une plongée dans "1974" de David Peace (Rivages).

Je garderai près de moi au cours de cet été trois recueils de poèmes : le « poète d'aujourd'hui » consacré à René-Guy Cadou (Seghers), « Les matinaux » de Réné Char (Gallimard) et une plongée dans la poésie grecque antique proposée par Marguerite Yourcenar dans « La couronne et la lyre » (Gallimard).

Bon été à toutes et tous.

04.07.2009

PS : chacun chez soi… chacun pour soi ?

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Je vous propose en ce début de week-end d'aller faire un tour sur le L(B)LOG de Laurent Bouvet. Je ne suis pas toujours d'accord avec ses analyses mais je partage totalement celles développées dans ses trois dernières notes consacrées au Parti Socialiste.

"Le PS à l'état primaires" souligne que le débat sur les primaires se saurait compenser le vide des idées, c'est l'offre politique qui fait le succès et non la mécanique de désignation. "Le désert des quadras" étrille avec férocité mais justesse le grotesque de la course à la désignation lancée par des quadras déjà vieillissants incapables de proposer un projet original. Cela me fait penser à une - vieille - chanson de Goldman: "Has been avant d'avoir été d'est un peu dur, ma vie tout l'monde aurait si bien pu s'en passer". Enfin dans "PS : chacun chez soi… chacun pour soi ?", Laurent Bouvet dénonce la multiplication des clubs et écuries présidentielles qui témoignent de la fragmentation et de la perte de substance du Parti Socialiste. Au moment où l'urgence devrait être pour chacun de réinvestir les débats du Parti Socialiste, les uns comme Valls lancent leur petite officine en tirant à boulet rouge sur la direction, et d'autres comme Hollande prennent de la "hauteur" en ayant un mot aimable pour la première secrétaire trop affaiblie pour mériter d'être attaquée.

On me rétorquera que ces analyses en forme de brulot ne font elles-même pas avancer le renouveau du socialisme. Peut-être, mais elles font du bien, elles montrent qu'un grand nombre de militants, d'élus, d'intellectuels, refusent qu'après la cuisante défaite des européennes, le petit jeu politicien reprenne comme si de rien n'était. Il est sain de dénoncer la médiocrité de la vie nationale de notre parti. Il est des temps où devient nécessaire de faire de la politique "à coup de marteau".

18.06.2009

18 juin 1954

Le 18 juin 1954, Pierre Mendès-France était désigné Président du Conseil par l'Assemblée Nationale. Il ouvrait un espoir pour la démocratie et pour la gauche, il rompait avec les vieilles pratiques pour prendre à bras le corps les enjeux brûlants de son temps.

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"Mesdames, messieurs, je vous offre un contrat. Chacun de vous pèsera en conscience les sacrifices que je lui demande, mais aussi les chances que je peux apporter au pays. […]

Le gouvernement sera ce que seront ses membres. Je ferai appel à des hommes capables de servir, à des hommes de caractère, de volonté et de foi. Je le ferai sans aucune préoccupation de dosage. […] Il n’y aura pas de ces négociations interminables que nous avons connues ; je n’admettrai ni exigences ni vetos. […]

Mesdames, messieurs, on m’a accusé parfois de pessimisme comme si je goûtais quelque sombre plaisir à prédire les catastrophes et à prêcher les pénitences. La sévérité de mes jugements ne reposait, en réalité, que sur un profond optimisme à l’égard des moyens de la France et des chances qui lui sont offertes. C’est parce que nous pouvons nous redresser en prenant appui sur les réalités que j’ai dénoncé les illusions. Les difficultés et les périls ont rendu aujourd’hui chacun plus conscient des efforts à fournir ; c’est pourquoi, plus encore qu’hier, je crois à la renaissance nationale, vigoureuse et rapide […]

A vrai dire, un homme politique n’a que le choix entre se redire ou se contredire. J’appartiens plutôt à l’école de ceux qui se redisent et je m’en excuse. Mais je voudrais que cela soit, pour vous, ce soir, une raison de plus de me faire confiance."



16.05.2009

Unanimité pour Auxiette à la Région et contre Bachelot dans le monde de la santé

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Lors de la session du Conseil régional qui s’est tenue hier, le plan anti-crise présenté par la majorité régionale a été adopté à l’unanimité. Jacques Auxiette a ainsi su fédérer l’ensemble des forces de la Région pour faire face à la terrible récession économique que vivent notre pays et notre Région. Au même moment, Roselyne Bachelot réussit de son coté le tour de force de mobiliser contre elle à peu près tous les acteurs du monde de l’hôpital et de la santé.

Il est vrai qu’il était difficile pour la droite de faire autrement que de voter en faveur de notre projet. Depuis le début de l’année, Jacques Auxiette a rencontré tous les acteurs régionaux, écouté leur avis, et construit avec eux ces propositions. Ce n’est pas un hasard si le Conseil Économique et Social Régional a soutenu ce plan à la quasi unanimité.

Ces 260 millions de crédits viennent bien entendu appuyer et prolonger les politiques que nous menons depuis 2004. Il fallait bien pour la droite trouver un subterfuge afin de ne pas se déjuger complètement. Elle a donc essayé de nous faire croire que si elle soutenait ce plan, c’est qu’il s’inspirait de celui mis en place par Nicolas Sarkozy au niveau national.

La ficelle est un peu grosse. Le plan anti-crise de la Région se démarque de la politique de l’État de trois façons : sur les valeurs qu’il met en exergue, sur la méthode qui a présidé à son élaboration, et sur ses conditions de mise en œuvre.

- Service public, égalité des droits, attention réelle pour les publics en difficulté et des jeunes, responsabilité sociale et environnementale, prise en compte des nouveaux besoins sociaux, urgence écologique... Autant de guides à notre action totalement qui sont absent du référentiel sarkozien.

- Travail en commun avec l’ensemble des acteurs, patronats, syndicats, monde de l’insertion, des œuvres sociales, etc… dans le respect des prérogatives et des positions de chacun sans toutefois lâcher quoi que ce soit sur le fond. On est bien loin du "je fais tout tout seul" présidentiel.

- Un plan d’avance, tourné vers l’avenir, inventif, capable de se renouveler et ouvrant des perspectives aux entreprises locales ; et non pas un recyclage de crédits anciens et de retards accumulés, comme c’est le cas du coté de l’État.

Qui qu’elle en dise, en votant pour notre projet la droite régionale vient donc bien de reconnaître le bien fondée de l’action que nous menons depuis 2004. On ne l’en remerciera jamais assez.

* * * * * * *



Pendant ce temps, Bachelot réunit contre elle tous les acteurs de la santé...


bachelot.jpg Le contraste est frappant. Roselyne Bachelot prétend diriger demain la Région des Pays de la Loire. Encore faudrait-il qu’elle montre dans l’exercice de ses responsabilités ministérielles les qualités requises pour diriger une grande collectivité : sens du dialogue, esprit de rassemblement et capacité à faire partager une vision de l’avenir.


C’est tout le contraire qui se manifeste chaque jour sous nos yeux. Incapable d’imposer ses vues au Président de la République, elle menace de démissionner puis y renonce de peur qu’il n’accepte ; incapable de faire partager ses vues à ses partenaires du monde de l’hôpital et de la santé, elle se retrouve seule contre tous, isolée et privée de tous soutiens.


Il est encore temps pour la droite de changer de candidate pour les élections régionales de 2010. Celle-ci semble usée jusqu’à la corde avant d’avoir servi.


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PS : merci au contributeur anonyme dont l’esprit mutualiste m’a permis de réutiliser une partie de sa prose

01.05.2009

Pierre

200px-Bérégovoy.jpgL’événement avait bouleversé la France. Son souvenir s’estompe peu à peu. Le 1er mai 1993, 16 ans déjà, le suicide de Pierre Bérégovoy recouvrait d’un voile noir l’épilogue des années Mitterrand. Pour celles et ceux qui ont vécu ce moment, il reste le souvenir d’une terrible injustice et, gravée au fond de l’âme, une âpre leçon politique.

C’était un homme intègre, droit et bon. Résistant, militant socialiste, il avait choisi de quitter la SFIO en 1958 pour protester contre ses dérives ; artisan de l’unité des socialistes dès 1969, cheville ouvrière du PS de François Mitterrand, celui-ci avait une telle confiance dans l’homme et ses compétences qu’il en fit le secrétaire général de l’Elysée en 1981, puis l'un de ses principaux ministres, avant de lui demander l’impossible : redresser le navire socialiste en 1992, après le désastre du gouvernement Cresson et en pleine tempête des affaires politico-financières.

Issu d’un monde populaire, cet autodidacte qui a commencé sa carrière à 16 ans comme ouvrier fraiseur, n’a jamais maîtrisé les « codes » de l’élite intellectuelle et politique parisienne. Il a appris, à ses dépends, que même arrivé aux plus hautes responsabilités, il restait des portes qui se fermaient, des sourires qui méprisaient, et des regards qui excluaient. A Matignon, il a consacré toute son énergie à lutter contre la crise économique et rendre l’espoir à la gauche. Il voulait redonner son crédit à l’action publique, renouer avec un réformisme assumé rigoureux et généreux. Entouré d’une équipe remarquable, il était persuadé de mener une action juste. Il vénérait Mitterrand mais son modèle était un autre Pierre : Mendès-France.

Miné par la sombre histoire du prêt accordé par Roger-Patrice Pelat, il n’a pas supporté la défaite de la gauche en 1993, dont il considérait porter un part de la responsabilité et qui venait assombrir le bilan d’un parcours qu’il avait voulu exemplaire. Il a choisi de partir. Pour nombre d’entre nous, il n’est peut-être pas un modèle mais il reste un exemple.

Le chemin qu’il avait ouvert aurait pu mener à une autre conception de l’action publique, plus proche de celle des pays nordiques, où les élus ne sont pas des stars, vivent au milieu de la population, sont d’abord reconnus pour leurs compétences, travaillent avec sérieux et parfois discrétion, et, lorsqu’ils sont battus, se retirent tout en continuant de donner leur temps pour l’intérêt général, dans des organisations humanitaires, européennes ou internationales.

Ce débat reste ouvert. Aujourd’hui, je pense à Pierre Bérégovoy.

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