14.11.2009
Inégalités de revenus et statistiques publiques : la preuve par l’exemple
On peut regretter que les dernières données disponibles datent d’il y a 4 ans. En effet, en 2005, l’INSEE a changé ses méthodes de calcul, ce qui rendra aléatoire toute comparaison entre les chiffres postérieurs à 2005 et les données antérieures. Le plus étonnant est que cet organisme n’ait pas prévu de produire de nouvelles données avant 2011. Le gouvernement a-t-il donné instruction de ne pas publier de nouvelles études à ce grand institut français de statistiques qui a perdu récemment son autonomie ? En effet, hier établissement public relativement indépendant, il n’est désormais plus qu’un service administratif dépendant directement du ministère des Finances.

La comparaison entre les chiffres de 2005 et 1997, la dernière possible, est néanmoins éclairante. Elle porte la marque des deux politiques contradictoires menées par les gouvernements Jospin puis Raffarin. Les 10% des Français les plus pauvres ont vu leurs revenus augmenter de 16% suite à la revalorisation du Smic et au reflux du chômage lié à la mise en œuvre des 35 heures. A l’inverse, la fin de cette politique volontariste et le retour aux recettes libérales après 2002 ont libéré les mécanismes de creusement des inégalités. Les 5% des Français les plus riches ont au cours de la même période eux aussi vu leurs revenus augmenter de près de 16%. Les chiffres sont parfois trompeurs, le même pourcentage d’augmentation se traduit pour les plus pauvres par un gain de 1340€, mais pour les plus riches, par une hausse de revenus de 5450€. Derrière l’égalité des progressions en pourcentages se cache une augmentation des inégalités réelles.
Les données disponibles restent néanmoins très insuffisantes pour analyser précisément l’évolution des inégalités de revenus. L’INSEE ne dit en effet rien de ce qui se passe au-delà de la limite des 5% des plus riches, alors que c’est au sommet de la hiérarchie sociale que les hausses sont les plus vives. L’accumulation des richesses par une infime minorité de français reste dans la pénombre faute d’être éclairée par des données précises.
L’existence de statistiques publiques indépendantes et fiables est donc bien une condition nécessaire pour une vie démocratique vivante et pluraliste.
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03.11.2009
Identitié nationale: petite manoeuvre d'un petit ministre

On peut comprendre la volonté du gouvernement d'ouvrir la polémique sur un sujet tiré de son chapeau dans la précipitation. Hausse du chômage et approfondissement de la crise sociale, polémique sur la fiscalité des hauts revenus, critiques virulentes sur les réformes de la taxe professionnelle et de la décentralisation, Sarko est dans l'œil du cyclone et il ne supporte pas cela.
Avec l'enthousiasme du nouveau converti, Besson lui offre donc sur un plateau une polémique bien venue pour déstabiliser la gauche et détourner les regards des dossiers en cours. On frise le ridicule. En 24 heures on demande aux préfets d'organiser un grand débat national. une partie d'entre eux explique courageusement être dans l'incapacité de répondre à cette sollicitation. A défaut un site internet rapidement bricolé fera l'affaire. Voilà comment on lance un débat national sur un sujet aussi délicat.
Car de deux choses l'une, soit il s'agit de réaffirmer l'attachement des français à la République et à ses symboles, et pour cela faut-il un débat? y a-t-il péril en la demeure? soit il s'agit de réveiller le vieux fantasme d'une France blanche menacée par l'immigration et la mondialisation pour faire oublier la crise et les affaires.
La droite joue cyniquement avec le feu, n'allons pas jouer avec elle. Les déçus du sarkozysme alimentent la remontée électorale du FN, ce n'est pas notre affaire. Avançons nos idées et nos propositions, et surtout n'oublions pas que la principale faillite de la République c'est le maintien des discriminations et l'incapacité de notre société à donner toute leur place en son sein aux jeunes français d'origine étrangère. Ce débat-là vaut la peine d'être mené!
09:19 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.11.2009
Statistiques publiques : le grand truquage
Un collectif de fonctionnaires issus de la recherche publique et de spécialistes de la statistique a publié récemment un livre dénonçant les pressions gouvernementales au sujet des résultats chiffrés qu’ils produisent dans leurs services respectifs. On y découvre ainsi les « ficelles » pour bidouiller les chiffres, le tout avec un objectif pédagogique : expliquer comment le pouvoir manipule les statistiques. S’appuyant sur 7 exemples très concrets, l’ouvrage s’attache à décrire dans le détail les opérations de quantification et d’analyse des faits sociaux concernés, sans jamais tomber dans l’écueil d’une simplification caricaturale.
Tous ces exemples coïncident avec des promesses de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, et on s’aperçoit vite que le gouvernement s’arrange avec les chiffres pour masquer l’échec de ses orientations politiques (en faisant croire au contraire que ses objectifs sont atteints).
Le Grand Truquage explique ainsi les 4 grands types de manipulation utilisés par le gouvernement pour faire accroire que les politiques publiques adoptées sont efficaces. Dressons-en le portrait.
Bidouille n°1 : la tactique de l’indicateur unique
En utilisant un indicateur unique pour décrire un phénomène multidimensionnel, on peut donner à un résultat peu favorable un aspect plus flatteur. C’est par exemple ce qui a été fait pour l’indicateur de pauvreté, en utilisant un indicateur taillé sur mesure plutôt qu’un indicateur international « qui a l’inconvénient majeur de rester stable »…
Bidouille n°2 : l’exploitation abusive des moyennes
Une moyenne est un indicateur bien pratique pour raconter ce qu’on a envie, dès lors qu’elle se résume à une variable dont les valeurs sont très dispersées. C’est le cas de l’indice des prix, dont les variations sont très hétérogènes, ou de l’évolution des revenus, qui cache une énorme disparité entre les revenus les plus hauts et les revenus les plus bas.
Bidouille n°3 : le changement de catégorisation
En camouflant un changement de catégorisation ou un mode d’enregistrement au sein d’un indicateur, on peut obtenir des conclusions plus que variées. Ainsi, pour faire baisser le nombre de chômeurs comptabilisés, le moyen le plus simple est de ne plus considérer comme chômeurs tout un ensemble de personnes qui l’étaient auparavant… Autre exemple : dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, nombreux sont les policiers qui déqualifient certains délits en contraventions pour faire baisser les indices de criminalité.
Bidouille n°4 : la confusion des mesures
En mélangeant la mesure de l’efficacité d’un service à la mesure de l’évolution d’un phénomène social, on fausse les résultats d’une politique publique. Ce fut le cas des heures supplémentaires, dont l’usage restait confus avant la loi TEPA, ou de la diminution des cambriolages, surtout due à une meilleure protection du domicile des particuliers.
En plus de ces explications sur la manipulation des chiffres, les auteurs du Grand Truquage invitent à un combat pour la restauration de l’indépendance de l’information statistique. Car si cette dernière est indispensable dans une démocratie, elle est actuellement en danger : non seulement les manipulations répertoriées permettent d’utiliser les chiffres à mauvais escient, mais en plus les directeurs de plusieurs institutions productrices de statistiques publiques ont été remplacés par des proches du pouvoir (ANPE, Dares, Acoss…).
Enfin, le collectif auteur milite pour l’accompagnement obligatoire des chiffres par des analyses qualitatives. Selon eux, produire de l’information statistique est un service public, cela ne concerne pas que les statisticiens, mais tout citoyen. Chacun doit pouvoir comprendre à quoi correspond chaque chiffre, chacun doit pouvoir accéder aux méthodes de production des statistiques publiques. Pour pouvoir prendre part au débat politique en connaissance de cause, tout simplement.
La région des Pays de la Loire n’est pas inactive dans ce débat. Elle abrite en effet un des principaux réseaux de recherche français et international sur les rapports entre statistiques et politiques publiques autour de Martine Mespoulet. En 2005, le Conseil régional a financé un premier projet intitulé « statistiques en région ». En juin dernier, nous avons sélectionné un second projet encore plus ambitieux « usage des chiffres dans l’action publique territoriale », doté de plus de 700K€. Ces deux projets s’attachent à mener une réflexion critique sur la construction et l’usage des statistiques dans la production des politiques publiques, notamment locale. La recherche régionale est donc au cœur de l’actualité et du débat public.
06:46 Publié dans Coup de coeur, coup de gueule, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2009
La région poursuit son action contre la crise

Le premier sujet de cette session était l’adoption de la décision modificative n°2 (DM2). Il s’agit du troisième rendez-vous budgétaire de l’année. Le budget prévisionnel est adopté en janvier. Le budget supplémentaire est voté en jun, il permet de prendre en compte le résultat de l’année précédente. La DM2 est l’occasion de procéder aux ajustements de fin d’année.
Nous avons donc à cette occasion engagé plus de 80M€ supplémentaires de dépenses, portant le budget total pour 2010 à plus de 1.4 milliard d’Euros. Ces fonds nouveaux sont d’abord consacrés à la lutte contre la crise. La région doit faire face à de nombreuses nouvelles demandes pour accompagner les salariés licenciés et assurer des formations pendant les périodes de chômage partiel. Elle accroît également son intervention en direction des entreprises pour renforcer leur trésorerie et leurs fonds propres, permettant ainsi de traverser la période difficile de la crise en préservant l’outil industriel et l’emploi. Cette session a enfin permis de débloquer des fonds afin de poursuivre l’accélération des investissements publics (recherche, logement, équipements locaux,…) et soutenir ainsi l’activité économique.
Pendant toute cette journée de travail la droite a été comme absente, polémiquant un instant pour s’assoupir ensuite, et, à défaut d’avoir des idées pour la région, nous assommer avec de longs pensums visant à expliquer la politique du gouvernement. Au même moment, Christophe Béchu annonçait sa candidature lors d’une conférence de presse tenue à Angers. Ses propres amis, sûrement marris que le Président de la République aille chercher en-dehors d’eux un candidat, n’en ont pas soufflé un mot.
21:42 Publié dans Agir dans les territoires, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.10.2009
Régionales : la droite déchante déjà alors que rien n’a commencé
Il y a encore quelques semaines, la droite prétendait reconquérir de nombreuses régions dont les Pays de la Loire. Nous savions pour notre part que les réalités politiques de notre région donnaient à la gauche toutes ses chances...Il n’a pas fallu longtemps pour que la situation se retourne. Face à l’impopularité du gouvernement et son incapacité à juguler la crise, la droite déchante désormais et révise ses ambitions à la baisse.
Il serait ridicule d’en tirer des conclusions alors que les élections régionales n’auront lieu qu’en mars 2010. Mais on ne résistera pas au plaisir de lire, dans le Figaro d’hier, le peu fraternel jugement des dirigeants de l’UMP sur la droite ligérienne et Christophe Béchu : "«sa notoriété est faible, et en plus il est candidat tous les ans à des mandats différents, mais c’est notre seule carte» soupire un membre de la direction de l’UMP. Si Christophe Béchu, élu député européen en juin dernier, obtient finalement l’investiture, il affrontera le socialiste Jacques Auxiette, ancien Maire de la Roche-sur-Yon, solidement implanté."
Le même jour, les Echos nous indiquent que "la droite place quelques espoirs en Franche-Comté, en Champagne-Ardenne et, dans une moindre mesure, en Basse-Normandie." Plus un mot donc sur les Pays de la Loire. Finalement le passage de Bachelot à Béchu aura refroidi bien des ardeurs.
08:27 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.10.2009
Non-événement : Sarko bouge ses pions. Bachelot out, Béchu se prépare…
Roselyne Bachelot annonce dans Ouest-France de ce matin son retrait des élections régionales. L’Elysée a choisi, ce sera Béchu.Il s’agit là d’un non-événement tellement cette information a été distillée dans les médias ces dernières semaines. L’envoyé présidentiel change de nom mais la politique qu’il aura à porter reste la même : celle du gouvernement.
Roselyne Bachelot nous annonce ce matin que sa décision était prise depuis plusieurs semaines et qu’elle se justifie entièrement par la charge de travail que représente la grippe H1N1. Si tel est le cas, pourquoi avoir entretenu si longtemps le doute ? Ce n’est pas très respectueux pour les électeurs.
De doute, il y en avait peu, tellement son désintérêt était grand pour les élections régionales. Attendue dans trois villes de Loire-Atlantique samedi dernier, elle s’était défaussée sans même prévenir. Jean-Luc Harrousseau, directeur du centre anti cancéreux de Nantes et chef de file de l’opposition régionale, n’en revient toujours pas d’avoir été lâché au dernier moment par ses amis Fillon et Bachelot pour l’inauguration de son nouveau bâtiment.
Nous connaissons les vraies raisons du retrait de Roselyne Bachelot : elle préfère son ministère à une campagne électorale hasardeuse, surtout après avoir pris connaissance du sondage qui la donnait largement perdante face à Jacques Auxiette.
Ces réalités électorales pourraient faire également réfléchir Christophe Béchu, mais chacun sait désormais qu’il sera le candidat de la droite. Il aura du mal à faire durer le suspens jusqu’au 28 novembre, date annoncée de la décision de l’UMP. Un sujet aussi éventé risque de lasser les citoyens et les médias. Le retrait de Roselyne Bachelot est un non-événement, l’annonce de la candidature de Christophe Béchu en sera un autre.
Pauvre droite ligérienne. Sonnée par les défaites à répétition depuis 2004, elle ne voit plus son salut que dans un seul candidat, devenu son homme à tout faire, surnommé par certains "le couteau suisse". Il réussirait en effet à avoir été en deux ans candidat à trois élections : municipales, européennes, puis régionales. On va finir par croire que ce qui l’intéresse n’est pas de diriger une collectivité, mais de mener des campagnes électorales. Comment le président du Conseil général et député européen va-t-il dégager le temps nécessaire pour s’intéresser aux Pays de la Loire, qu’il connaît si mal, sans négliger ses actuels mandats ? Avec Béchu et Auxiette vont s’affronter deux conceptions de la politique : l’un cherche un tremplin quand l’autre exerce ses fonctions à temps plein.
On comprendrait que Béchu hésite avant de plonger dans la marmite régionale. Mais a-t-il le choix ? Sarkozy a décidé, Paris nous envoie son candidat. Pour nous, c’est du pareil au même. Béchu et Bachelot sont des personnalités politiques éminemment respectables, mais elles seront dans ce débat les représentants du gouvernement et de sa politique qui est dure pour les faibles, démantèle les services publics et étrangle les collectivités locales. Bonne chance M. Béchu, nous vous attendons, ne tardez pas trop, nous sommes prêts !
08:13 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.09.2009
Horaires de travail : une réalité bien loin de nos schémas sociaux
Ceux qui pensaient qu’une majorité de salariés travaillaient en semaine entre 8h et 18h doivent réviser leur vision de la réalité sociale de ce pays.Selon les conclusions d’une enquête de la Dares portant sur l’année 2005 seulement 37% des salariés disposent d’horaires de travail «normaux»...
Ce nouveau paysage des horaires de travail correspond à plusieurs réalités qui se combinent. 17,5% des salariés travaillent à temps partiel. Derrière ce chiffre se cache une inégalité flagrante entre hommes et femmes : un tiers des femmes et seulement 5% des hommes travaillent à temps partiel. Ce temps partiel est subi pour un tiers des salariés concernés préfèreraient des durées de travail plus longues. La majorité d’entre eux sont des jeunes de moins de 30 ans qui sont généralement employés sur des contrats précaires de type CDD ou intérim.
19% des salariés travaillent la nuit ou le week-end de façon habituelle et 10% de façon occasionnelle, particulièrement dans le secteur public et dans le commerce. Par ailleurs, les cadres, longtemps considérés comme protégés, font parties des 10% de salariés confrontés à des horaires longs et flexibles, avec des emplois du temps souvent imprévisibles. Enfin, s’ajoutent à cela environ 7% de salariés subissant des durées de travail variables dans les secteurs à forte saisonnalité
Outre ces horaires atypiques, les salariés doivent subir des conditions de travail pénibles, qui se cumulent (trop) souvent entre elles : rester longtemps debout, effectuer des mouvements douloureux ou fatigants, porter ou déplacer des charges lourdes, subir des secousses ou vibrations…
L’intérêt de cette enquête sur le temps de travail est qu’elle laisse peu de place à la subjectivité de la personne enquêtée car elle concerne les horaires « réels » et non les emplois du temps théoriques. Et comme on peut le constater : les salariés qui jouissent d’horaires «normaux», c'est-à-dire les plus adaptés aux rythmes biologiques et sociaux (notamment pour profiter d’une vie familiale et sociale épanouissante) sont désormais très minoritaires…
Les effets des horaires atypiques sont nombreux et impactent autant la sécurité au travail que la santé des individus. En effet, l'Institut national de Recherche et de Sécurité a mené plusieurs études pour conclure que les formes d'horaires atypiques augmentent les risques d'accidents du travail et provoquent des effets délétères sur la santé physique et psychologique des travailleurs.
De même, une enquête épidémiologique sur le sommeil dans le Tarn a montré que les personnes travaillant à horaires décalés présentent plus de troubles du sommeil et ont une somnolence diurne augmentée.
Ainsi, s’il est bien évidemment impossible d’interdire le travail de nuit ou en week-end (ne serait-ce que pour assurer la continuité du service public dans la santé ou le transport, sans parler de l’industrie des loisirs), il est urgent de réfléchir à cette évolution des conditions de travail. Des dérives méritent être corrigées, mais surtout, les salariés aux horaires atypiques doivent pouvoir bénéficier de contreparties qui rendent de nouveau équitable la relation salarié/employeur. Il s’agit là d’une question de justice sociale.
07:47 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.09.2009
Avec l’emprunt régional, l’épargne prend une autre valeur
Depuis le lundi 14 septembre 2009, la Région des Pays de la Loire a lancé son emprunt régional. Il sera proposé dès le 21 septembre dans toutes les banques de la Région. Ce prêt sera rémunéré à hauteur de 4% sur 6 ans et chaque obligation a une valeur de 500€. Cette initiative est saluée par les acteurs régionaux et la presse locale.L’emprunt régional est une réponse de gauche à la crise financière. Pendant des années, l’économie virtuelle de la spéculation financière a pris le dessus sur l’économie réelle des salariés et des entrepreneurs. Ce sont eux qui subissent aujourd’hui de plein fouet les conséquences dramatiques de la crise. L’initiative de la région permet de réorienter l’épargne locale vers l’économie réelle sans engraisser les réseaux financiers. L’argent de la Région ira bien aux projets régionaux, le Conseil régional garantit une traçabilité totale des fonds collectés et de leur utilisation.
La Région des Pays de la Loire, une des plus dynamiques et innovantes en France, doit et peut mobiliser ses richesses pour préparer l’avenir, soutenir nos entreprises et sauvegarder les emplois. Chaque citoyen doit se poser la question de l’utilisation de son épargne et faire des choix porteurs de sens plutôt que de laisser sa banque choisir pour lui. Le montant de 500€ a été fixé au plus bas possible afin que le plus grand nombre puisse y souscrire.
En souscrivant cet emprunt, les Ligériens qui en ont la possibilité font un geste fort et montrent leur confiance en l’avenir : ils participent ainsi à la construction de futurs lycées (4), de CFA, au soutien à la recherche et à l’innovation énergétique (50 M€). 20 M€ seront consacrés au financement de prêt régionaux de redéploiement industriel.
L’emprunt régional n’est pas l’emprunt Sarkozy, il ne vient pas boucher les trous d’un déficit abyssal et on en connaît déjà l’utilisation. Il sert tout simplement à financer l’effort d’investissement de la Région. Recourir aux particuliers donne à celle-ci la possibilité d’être plus indépendante vis-à-vis du circuit bancaire classique et cela sans coût supplémentaire. Pour être en mesure de lancer cet emprunt, la Région a soumis ses comptes à une des plus grandes agences de notation. Le verdict est clair : les finances de la Région sont saines puisque Standard & Poor lui a accordé la note « AA », une des plus élevées possibles.
08:51 Publié dans Agir dans les territoires, Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.09.2009
Pourquoi se présente-elle puisqu'elle n'en a pas envie ?
Dans Le Figaro du 10 septembre 2009, on peut lire en page 3 un article de Bruno Jeudi et Anne Rovan, intitulé : "Régionales : Sarkozy tance les ministres hésitants".Le quotidien, qu'on ne peut pourtant pas soupçonner de sympathie socialiste, nous livre les coulisses du dernier conseil des ministres : le président de la République a demandé aux membres de son gouvernement touchés par la règle du non-cumul des mandats en cas de victoire aux élections régionales de cesser d'étaler leurs états d'âme dans la presse.
Un passage a notamment retenu mon attention...
« La ministre de la Santé a été la première à regretter la règle édictée par Xavier Bertrand et François Fillon. "Je me sens tout à fait capable de faire les deux", a lancé la tête de liste UMP dans les Pays de la Loire. Dans la foulée, le secrétaire d'Etat à la Coopération et tête de liste en Franche-Comté, Alain Joyandet, a affiché la même position. "Si on m'avait annoncé la règle avant, j'aurais fait autrement", confie-t-il en privé. En public, celui-ci expliquait encore mardi avoir "envie des deux", ministre et président de région. Bachelot comme Joyandet préfèrent de loin leur maroquin à un mandat de président de conseil régional. »
Sans commentaire.
07:12 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.09.2009
Vive l'impôt sur l'énergie ! Mais pas la taxe carbone de Sarkozy !
La polémique fait rage sur le dossier de la taxe carbone. Dans Le Monde du dimanche 6 septembre, Hervé Kempf voit dans ce débat un progrès démocratique.Enfin, les politiques et l'opinion publique se saisissent à bras le corps de la question du changement climatique.
Je ne résiste pas au plaisir de citer largement son article car il explique parfaitement comment l'on peut, et l'on doit à mes yeux, être pour un impôt sur l'énergie et contre la taxe carbone proposée par la droite.
Le raisonnement d'Hervé Kempf s'organise à travers l'enchaînement logique de 7 points :
« 1 - Point de départ : la planète est engagée dans une crise écologique majeure, notamment par le changement climatique. Celui-ci pourrait avoir des conséquences immenses. Il découle de nos émissions de gaz à effet de serre.
Dès lors une conclusion s'impose :
2 - Il nous faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Or celles-ci sont liées à notre consommation d'énergie.
Donc :
3 - Il nous faut réduire notre consommation d'énergie. Comment ? Les technologies alternatives ne sont pas disponibles à grande échelle et à court terme. Pour diminuer la consommation d'énergie fossile, qui produit du CO2, il nous faut en augmenter le prix pour en dissuader la consommation.
4 - Si le prix augmente, soit on dépense plus, soit on consomme moins. Oui, c'est une perte de pouvoir d'achat. Mais les responsables politiques qui prétendent lutter contre la crise écologique sans envisager une modification du mode de vie... mentent.
5 - Combien de personnes en France sont dans une situation économique telle qu'une diminution de leur consommation énergétique de 10 % est absolument insupportable ? A la louche, 20 % de la population. Pour ceux-ci, l'aide est indispensable, vitale, indiscutable. Mais les autres doivent accepter de consommer moins de pétrole et d'électricité.
6 - Les revenus tirés de l'impôt énergie doivent être clairement compensés par davantage de transports collectifs et d'aides aux économies d'énergie.
7 - L'impôt envisagé reste injuste dans le contexte d'une répartition des revenus particulièrement inégalitaire. Son acceptation suppose une réforme fiscale corrigeant ce désordre social : abolition du bouclier fiscal, refonte des niches fiscales, revenu maximal admissible. »
En d'autres termes, les efforts demandés à tous au titre du développement durable et de la lutte contre le changement climatique ne sont pas politiquement acceptables s'ils ne sont pas accompagnés d'un effort public d'innovation pour développer les comportements alternatifs et d'une redistribution des richesses au profit des plus modestes.
Cela paraît en effet logique. Taxer les comportements sans faciliter les changements de comportements revient à prendre en otages les citoyens. Faire payer de manière indifférenciée tous les Français alors que les profits et les hauts revenus sont aussi le produit d'un accaparement privé des biens publics est profondément injuste.
C'est bien pour cela que la taxe carbone n'est pas acceptable. Elle touchera d'abord les habitants modestes des zones rurales et les péri-urbains qui n'ont trop souvent pas d'autres choix que d'utiliser leur voiture. Elle ne s'accompagne d'aucun plan d'investissement public d'envergure dans les transports collectifs ou les énergies renouvelables. Elle renonce à toute stratégie crédible d'économie des consommations d'énergie en épargnant l'électricité.
Les Verts n'auraient pas du se précipiter à l'Élysée, donnant ainsi le sentiment, peut-être à tort, qu'ils soutenaient le projet du gouvernement. Ségolène Royal était parfaitement fondée à sonner la charge contre ce projet. A nous désormais, tous ensemble, de proposer une stratégie alternative. Les idées ne manquent pas : taxation des profits des groupes producteurs d'énergies non renouvelables, TVA verte sur les consommations intermédiaires des entreprises, rétablissement de la vignette automobile, plan d'économies d'énergies dans les transports et le logement,... Que la gauche et les écologistes se mettent au travail ensemble pour bâtir un autre projet !
08:26 Publié dans Décrypter l'actualité, Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



