02.07.2008
Qui est Edvige ?
Très étrangement, ce fichier a pour vocation « de centraliser et analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités ». On croyait que les RG ne s’intéressaient plus à la politique ou aux opinions des citoyens, les vieilles méthodes ont la vie dure.Vous avez peut-être noté que ce week-end, Rachida Dati appelait à la création d’un fichier sur les bandes organisées, notamment les bandes de jeunes des banlieues. Les ministères de l’Intérieur et de la Justice affirmaient ignorer ce projet ; pourtant, le même décret, déjà signé au moment de ces étranges démentis, prévoit bien « de centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ». Il autorise dans ce cadre le fichage des personnes physiques dès 13 ans !
La CNIL a donné un avis négatif sur ce projet, avis qui a été une fois de plus dissimulé à l’opinion tant que le décret n’était pas paru. Quand s’arrêtera la frénésie sécuritaire du gouvernement ? Du quadrillage policier de la société au modèle unique de l’apprentissage par cœur à l’école primaire, le gouvernement met en place progressivement sa conception de la vie collective : une société normalisée et uniforme, des individus surveillés et réduits à l’état de rouage.
A la gauche de préparer le retour de la solidarité et de la citoyenneté, à la gauche de replacer l’épanouissement de chacun et la liberté de tous au cœur de son projet de société.
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06.06.2008
La précaution au concret : l’exemple des cellules souches
La précaution, ça marche ! Il est possible de concilier avancée de la science, éthique et précaution. La précaution peut même avoir pour conséquence une accélération de la recherche et non son arrêt comme on nous le dit trop souvent. L’exemple des cellules souches nous en apporte la démonstration.La polémique fait rage autour des cellules souches depuis de nombreuses années. Ces cellules représentent un enjeu scientifique et médical énorme. Il est en effet possible d’orienter le développement pour produire des tissus ou des organes de substitution pour traiter des pathologies aujourd’hui sans réponse.
Pendant longtemps, seules les cellules souches embryonnaire avaient ce potentiel. Cela soulevait des enjeux éthiques considérables puisqu’il était nécessaire de produire des embryons non pas dans le but de donner naissance à un enfant mais pour en extraire ces fameuses cellules.
Je faisais partie de ceux qui considéraient dangereux de transformer l’embryon en objet, même à des fins médicales tout à fait louables, et qu’il était indispensable, au nom du principe de précaution, d’explorer toutes les pistes alternatives avant de se résoudre à la production de cellules souches embryonnaires. Certains chercheurs avançaient en effet qu’il était possible d’utiliser des cellules adultes, par exemples de la peau, de les "reprogrammer" ou encore de "remettre leur compteur à zéro" pour ensuite orienter leur développement dans le sens souhaité.
Cela supposait d’investir massivement dans la recherche pour explorer cette piste. C’est ce qui a été fait depuis et de nombreuses publications récentes apportent la démonstration qu’il est possible de produire les tissus et organes souhaités à partir de cellules adultes. Si l’on peut obtenir le même résultat en évitant les risques éthiques, alors le bénéfice pour la société devient maximal et la science peut avancer sans danger et sans résistance. Ainsi, la précaution conduit la science à explorer de nouvelles voies prometteuse et ne fait en aucun cas obstacle à l’innovation.
08:40 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
02.06.2008
Coût du travail et 35h : l’éternelle rengaine de la droite
Il est vrai que le coût horaire du travail est élevé en France ; mais comme la productivité, c'est-à-dire l’efficacité, des salariés français est très élevée, la part du coût du travail dans le prix de chaque objet ou service produit en France reste dans la moyenne européenne.
En tenant compte de ces deux éléments, coût unitaire du travail et productivité, la France est beaucoup mieux placé que l’Allemagne qui connaît un niveau du coût du travail parmi les plus élevés au monde. Cela n’empêche pas l’Allemagne de battre tous les records d’excédent de son commerce extérieur. L’Allemagne vend au monde entier des machines, des outils et des produits à haute valeur ajoutée quand la France ne brille que dans le luxe, le tourisme et l’agroalimentaire.
Cette réussite de l’Allemagne est lié à son tissu de grosses PME de 1000 à 5000 salariés qui détiennent des technologies clés et sont souvent leaders mondiaux dans leur secteur d’activité. L’Allemagne a gardé une véritable politique industrielle qui combine formation professionnelle performante, lien étroit entre recherche et entreprise, soutien fort apporté par les collectivités publiques au financement des investissements et forte ouverture européenne et internationale.

La baisse du coût du travail n’est donc pas la réponse appropriée aux problèmes de compétitivité de l’économie française. Relever les défis de la formation, de l’innovation technologique et du financement des investissements des PME suppose des politiques publiques actives et étroitement coordonnées entre l’État et les collectivités locales, en premier lieu les régions dont les compétences dans ces domaines sont déterminantes.
C’est dans cette direction que la gauche peut retrouver sa crédibilité dans les domaines de l’emploi et du développement économique. Nous devons à la fois nous opposer à la politique de baisse du coût du travail qui conduit au démantèlement des droits sociaux et à la baisse des salaires, tout en défendant une politique industrielle ambitieuse et pragmatique.
15:25 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.05.2008
Ecole : un mouvement exemplaire
Les organisations syndicales d’enseignants viennent de décider de suspendre leur mouvement de grève contre les réformes du gouvernement pendant la période des examens. Cela témoigne d’une volonté de faire partager les enjeux éducatifs et de rassembler les citoyens autour de la défense et de la promotion de l’école publique.Ces derniers mois, le gouvernement a particulièrement chargé la barque en matière d’éducation. Les réductions massives de postes et l’absence de concertation témoignent de la domination du rationnement des moyens sur l’ambition pédagogique. La réorganisation de la semaine scolaire, menée en dépit du bon sens, déséquilibre l’organisation de l’enseignement et ne permet pas d’assurer un soutien efficace aux élèves qui en ont besoin. La réforme des programmes est rejetée de toute part, tant elle regarde vers le passé plutôt que vers l’avenir.
La mobilisation contre ces réformes a été importante. J’ai pu constater, notamment dans la ville de Sainte-Luce-sur-Loire dont je suis le 1er adjoint, que les parents et les enseignants s’étaient unis autour d’une vision commune de l’école, loin de toute approche corporatiste. C’est ainsi que les enseignants grévistes ont choisi de maintenir l’accueil des enfants et que les parents ont multiplié les occupations d’écoles. On voit bien ici que nul n’est besoin d’un service minimum imposé par la loi.
Pendant de nombreuses années, le débat sur l’école a semblé maudit. L’échec successif des tentatives de réforme a donné le sentiment qu’aucune évolution n’était possible. Il me semble que ce contexte a évolué. Le débat autour de la société de la connaissance reste souvent ambigu mais a permis de revaloriser les enjeux éducatifs. De nombreux ouvrages publiés récemment ont battu en brèche les thèses conservatrices pour montrer la réalité des bénéfices de la démocratisation scolaire et la multiplication des innovations dans les établissements. Il est donc temps que le monde politique réponde à l’attente du monde d’éducation et se réinvestisse dans ces débats pour les remettre aux premiers rangs de ses priorités.
10:30 Publié dans Décrypter l'actualité , Société de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.04.2008
L’Espagne gagne 9 à 8 !
Imaginez un pays largement décentralisé, où le non-cumul des mandats s’applique de manière stricte, où les femmes représentent 36% des parlementaires et 9 des ministres sur 17. Imaginez un gouvernement qui compte une femme n°2 du gouvernement, une autre de 37 ans ministre de la Défense, et une troisième de 31 ans ministre de la Parité.
Ce pays existe. Il ne s’agit pas d’un de ces pays nordiques connus pour être à la pointe de l’expérimentation politique et sociale. Il s’agit d’un pays latin, comme est censé l’être le notre, à qui nous avons longtemps donné des leçons, et qui aujourd’hui offre à nos frontières un contre-modèle rafraîchissant.

08:20 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
07.04.2008
Cerner la réalité des écarts de revenus en France

« Entre 1996 et 2005, le niveau de revenu annuel des 5 % des ménages les plus riches s’est accru de 6 108 euros supplémentaires, inflation déduite et après impôts. Au cours de la même période, celui des 10 % les plus pauvres a augmenté de 1 137 euros. L’écart a donc progressé de 4 971 euros.
Ce chiffre n’est publié nulle part. On mesure l’inégalité de revenu de façon relative : le rapport entre les revenus des 5 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres ; sans jamais évoquer les inégalités de revenu absolues : l’écart en euros entre les revenus des plus riches et des plus pauvres. L’écart relatif est resté stable dans notre exemple. En 1996 comme en 2005, on obtient le même écart relatif de 5,4.
Pour que l’écart relatif reste stable, il faut que la variation en pourcentage soit la même, quel que soit le niveau de revenu. Ce qui est le cas dans notre exemple, avec une hausse d’environ 11 %. Pourtant, on ne se loge pas, on ne s’habille pas, on ne mange pas avec des pourcentages, mais bien avec des euros. Au cours de la période, les plus riches ont perçu 5 000 euros de plus à dépenser que les plus démunis.

Cet exemple constitue une illustration de la confusion qui règne sur les revenus en France […] :
1- On oublie de raisonner en valeur absolue, ce qui n’est pas "plus" ou "moins" valable que de façon relative. Ainsi les Etats-Unis utilisent un seuil de pauvreté défini en valeur absolue et non de façon relative.
2- La plus grande partie des revenus du patrimoine - majoritairement détenus par les plus riches - ne sont toujours pas intégrés.
3- Les revenus des indépendants sont mal appréhendés, notamment parce qu’ils peuvent affecter à leur outil de travail une partie de leurs dépenses personnelles.
3- Le coût du logement est mal pris en compte. L’Insee […] ne tient pas compte du fait qu’une partie de la population a une charge de logement très réduite : les propriétaires qui ont achevé de rembourser leurs emprunts.
Nous vivons une période d’accroissement net des écarts absolus de revenus, et très probablement une hausse des écarts relatifs si l’on prenait en considération les revenus du patrimoine. La France n’est pas l’Amérique, les inégalités y demeurent beaucoup plus modérées. Elle est aussi un pays beaucoup plus hypocrite où les discours se côtoient, quand certains médias mettent en avant la réduction des inégalités, d’autres voient une « explosion ». Autant de discours décalés par rapport à la réalité sociale, qui entrainent une incompréhension de la population.
Il est temps que notre pays se dote d’un instrument de mesure des revenus fiable et complet, publié chaque année, diffusé à un large public. Le document édité par l’Insee est un premier pas, mais il n’apporte pas l’ensemble des réponses. Seule figure une première évaluation, très sommaire, des revenus du patrimoine et le coût du logement. Il faudrait pour cela un choix politique fort. La responsabilité de la situation actuelle incombe moins à ceux qui produisent la statistique qu’au désintérêt dans notre pays pour la connaissance des revenus. »
15:38 Publié dans Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04.04.2008
La santé au travail : un enjeu pour l'avenir
Entre les suicides à répétition des ouvriers de l'industrie automobile et les articles de presse sur le mal-être au travail, c'est désormais difficile de l'ignorer : malgré les chantres de l'industrialisation comme outil de l'épanouissement humain, on assiste à une montée en puissance de la souffrance causée par le travail.Les éléments de cadrage publiés par la DARES sont édifiants : le travail de nuit a augmenté ainsi que le travail en équipes alternantes, 37% des salariés sont exposés à des produits chimiques, les "cols blancs" passent plus de 20h par semaine en position fixe devant un écran d'ordinateur, les tendances à la dépression s'accroissent...
Pour toute réponse, le gouvernement a lancé une "conférence sociale sur les conditions de travail" après avoir commandé un rapport à Gérard Larcher. Il n'en sort aucune proposition concrète : il faudrait selon lui améliorer "l'alerte, l'écoute et la médiation sur les risques psychosociaux" et "faciliter le retour à l'activité professionnelle des salariés atteints de TMS [Troubles Musculo Squelettiques]".
Il convient pourtant de faire preuve de lucidité. Derrière la promotion de l'image du créatif qui circule en trotinette mécanique dans les grands couloirs de sa société, les services cachent une réalité moins glamour : les emplois postés sont de plus en plus nombreux. Pensez au quotidien vécu par les secrétaires, les assistantes, les comptables, les contrôleurs de gestion, les programmeurs, les reprographes... Entre les postures contraignantes, les gestes répétitifs et les cadences de travail, les risques se multiplient. D'autant que bien souvent, on fixe aux salariés des objectifs en contradiction avec les moyens fournis voire avec leurs propres capacité à les atteindre.
Les services ne sont donc pas un havre de paix. Certains d'entre eux, à travers leur organisation et la nature des emplois proposés, s'apparentent d'ailleurs plus à une industrie d'un nouveau type. En classant les emplois en fonction de l'activité de l'entreprise et non de l'activité du salarié, les statisitiques publiques ont accrédité l'idée d'une disparition de l'emploi industriel considéré comme le plus pénible. Ainsi, l'équipier chez McDo, qui ne fait ni plus ni moins que du travail à la chaîne pour produire du junk-food à grande vitesse, est considéré comme un salarié du secteur tertiaire et non comme un ouvrier de la restauration rapide. Il est temps de rétablir une vision exacte de la réalité et de recenser tous les emplois à risques, susceptibles de créer des troubles physiques et psychiques.Bien sûr, les mauvaises langues attaqueront comme d'habitude les 35 heures comme l'origine de tous les maux des salariés. Mais cessons les galéjades : c'est le patronat qui impose la flexibilité à outrance et l'intensification du travail. De plus, les représentants syndicaux ont eu fort à faire avec les plans sociaux ces dernières années et les questions de santé sont malheureusement passées au second plan. La pression des cadences et la peur du licenciement pèsent sur tout le monde : le stress au travail et la crainte de la précarité sont un frein à la résistance sociale.
Pour améliorer la situation, la première chose à faire pour les salariés est de se syndiquer ; c'est en augmentant la puissance des syndicats que les salariés se donneront les moyens d'être défendus et de faire pencher la balance des négociations sociales du bon côté. Par ailleurs, il est urgent de rappeler aux entreprises leurs obligations en matière de protection de la santé des salariés, et de préciser la nature de leur responsabilité et de ses implications juridiques. Les salariés sont en danger, ils doivent être protégés !
07:10 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.03.2008
Fracture ou apartheid numérique ?
En octobre 2005, la moitié des ménages disposait d’un micro-ordinateur et 36,5% d’un accès Internet. On estime que, depuis, ces taux ont du augmenter de 5% chaque année. Mais les Français ne sont pas égaux face à l’accès au numérique. Parmi les 20% aux revenus les plus faibles, un tiers est équipé d’un ordinateur et 20% d’un accès. Pour les 20% les plus riches, ces taux sont respectivement de 88% et 70%.

Cet écart ne serait pas inquiétant s’il se réduisait régulièrement. En effet, parmi les 20% des Français aux revenus les plus faibles figurent de nombreuses personnes âgées qui estiment, à tort ou à raison, ne pas avoir besoin d’Internet. Malheureusement, ce n’est pas le cas. L’écart d’accès à Internet entre les plus diplômés et les moins diplômés est resté sensiblement le même ces dernières années, montrant ainsi que la question culturelle de la maîtrise de l’outil numérique reste déterminante.
Notre pays courrait donc un grand danger d’apartheid numérique si l’on poursuivait le mouvement de dématérialisation de l’information ou des procédures administratives sans prendre à bras le corps la question de l’accès à Internet. Dans un contexte de baisse rapide des prix des ordinateurs comme des abonnements, le principal obstacle à lever semble être celui de la maîtrise par tous de cette technologie. Il est temps que l’État, le système éducatif, les associations et les collectivités locales joignent leur efforts pour mener à bien ce travail de découverte et de formation afin d’assurer l’avènement d’une société de l’Internet pour tous.
09:05 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2008
Elections 2008 : un bilan encourageant mais porteur d’exigence pour la gauche et le PS

La victoire de la gauche dans notre département est d’abord une défaite de la droite. Celle-ci a étalé ses divisions et son incapacité à renouveler son dispositif. Son électorat s’est démobilisé et ses leaders sont le plus souvent apparus comme déconnectés des réalités locales. A contrario, là où le dispositif de la droite restait solide et où les maires sortants n’avaient pas commis d’erreurs spectaculaires, la gauche n’a pas réussi à progresser significativement malgré de bons candidats et des campagnes militantes actives comme à Ancenis, Châteaubriant ou Vertou.
Les progrès de la gauche sont pour autant spectaculaires, notamment aux élections municipales. Si nous n’avons gagné qu’une seule commune de plus de 10 000 habitants, Sainte-Luce-sur-Loire, où je suis désormais 1er adjoint, nous avons conquis 12 villes de plus de 3500 habitants (Clisson, Vallet, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Donges, Blain, Plessé, Vigneux-de-Bretagne, Sucé-sur-Erdre, Le Cellier) dont trois dans l’agglomération nantaise : Bouaye, Saint-Aignan-de-Grand-Lieu et mes voisins de Thouaré. Ces victoires montrent qu’aucun secteur du département n’est plus hors d’atteinte de la gauche et que la persévérance paye. Les malheureuses défaites de Pornichet et de Savenay ne sauraient ternir ce bilan qui témoigne d’un ancrage en profondeur de la gauche dans le département. Les cinq cantons supplémentaires gagnés à Saint-Mars-la-Jaille, Machecoul, Saint-Père-en-Retz, Vallet et Nantes 6 viennent confirmer cette analyse.
Nous avons également réussi les passages de relais entre générations avec de nouveaux maires prenant la succession de leurs aînés à Saint-Jean-de-Boiseau, Le Pellerin, La Chapelle-des-Marais, Herbignac, La Chapelle-sur-Erdre. Dans cette dernière ville le score spectaculaire de Fabrice Roussel avec plus de 64% des voix montre que l’on peut, à 35 ans, symboliser aux yeux de la population à la fois le renouvellement et l’expérience.
Tout triomphalisme des socialistes en Loire-Atlantique serait pourtant dangereux. La situation du Finistère où, malgré des conquêtes et un ancrage à gauche confirmé, le PS a perdu d’un seul coup Morlaix, Châteaulin, Landerneau, Quimperlé et Concarneau, doit nous inciter à la plus grande prudence. A chaque fois que le dispositif socialiste présente des signes de faiblesse, la sanction électorale peut survenir très rapidement, nos amis nazairiens viennent d’en percevoir un avant-goût amer.
Une des clés de la victoire de la gauche en Loire-Atlantique a été son unité. Notre département doit être un des seul dans lequel ont été conclus des accords départementaux dès le premier tour avec l’ensemble des partis de gauche dont les Verts et le PS. Cet accord a notamment permis de préserver le seul siège communiste au Conseil Général et d’y faire rentrer pour la première fois un Vert, Gilles Denigot, qui a réalisé un excellent score à Saint-Nazaire Ouest avec près de 66%. L’accord a surtout permis de créer une dynamique de rassemblement à gauche qui a limité les concurrences et les conflits.
Cette stratégie a été salutaire. En effet, chacun a pu constater lors de ces élections locales que les listes « citoyennes », d’extrême gauche, les Verts (surtout aux cantonales dans le 44), voire le Modem ou le PCF avaient réussi de belles performances électorales. Au regard de ces différents résultats, je suis arrivé à la conclusion qu’une partie de l’électorat de gauche, autour de 10% des voix, exprimaient leur méfiance à l’égard du parti
socialiste en cherchant dans l’offre politique disponible une autre façon d’exprimer leur volonté de changement. Nous devons tenir compte de cette réalité et relever le niveau d’exigence à l’égard de nous-mêmes si nous voulons réussir à rassembler durablement la gauche autour du Parti Socialiste. A cet égard, le score de Jean-Marc Ayrault à Nantes est tout à fait extraordinaire. Réunir plus de 55% des voix à Nantes malgré une liste Modem et 4 autres listes de gauche et d’extrême-gauche contenues à un total de moins de 8% montre une capacité étonnante à fédérer la gauche et au-delà, après pourtant trois mandats à la tête de la municipalité.Pour réussir, la gauche doit donc réunir quatre conditions :
. Un leadership reconnu, un PS uni et le rassemblement de toute la gauche autour de lui ;
. Un projet crédible adapté aux nouveaux enjeux et nouvelles attentes ;
. Une capacité à nouer une relation de qualité avec la population, à faire vivre une démocratie ouverte et vivante ;
. Un renouvellement effectif et une ouverture des équipes sur la diversité des territoires.
Dans les années à venir, nous devons rester fidèles à cette « formule magique », quelles que soient les élections, nationales ou locales, que nous devrons préparer. Dans le département, nous nous trouvons désormais à la tête d’un réseau de pouvoirs locaux inégalé. Il nous revient de retrouver la volonté politique d’animer ce réseau d’élus, pour assurer la cohérence de l’action menée sur les territoires, pour préparer l’avenir et pour aider ceux qui n’ont pas encore gagné à engager les conquêtes de demain. Cela devrait être le rôle de notre fédération des élus socialistes et républicains ; gageons que nous sauront également trouver dans ce domaine la voie du renouveau.
16:10 Publié dans A gauche et au PS , Agir dans les territoires , Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.03.2008
Municipales : un détour par Pau avec Martine Lignières-Cassou
En cette veille d’élections municipales, plutôt que de commenter l’actualité locale, je vous propose de faire un détour par Pau, ville qui symbolise à elle seule bien des affres de notre vie politique...A Pau règne l’ouverture à la sauce Sarkozy. Yves Urieta, élu socialiste choisi contre l’avis des militants pour devenir Maire après le décès d’André Labarrère, a trahi son camp pour être investi par l’UMP. C’est également à Pau que François Bayrou va sceller son destin national en tentant de conquérir la Mairie. Dans ce contexte, Martine Lignières-Casou a choisi de relever le défi pour garder Pau à gauche.
Je connais bien Martine. Nous avons travaillé ensemble au sein de la direction du Parti Socialiste. C’est une femme chaleureuse et bosseuse, intellectuelle assumée et élue de terrain proche des citoyens. Elle a toujours fait le choix de ses convictions ainsi que du respect du parti et de ses militants. Députée depuis 1997, elle n’a jamais cessé d’animer le débat politique local en multipliant les compte-rendu de mandat, les rencontres-débats, les cafés citoyens... Elle représente le parti que j’aime, celui des militants exigeants pour eux comme pour les autres.
Au sein de la direction du PS, nous avions tenté d’élaborer et de faire adopter une « charte de la transformation sociale ». Après la défaite de 2002, il nous semblait nécessaire d’écrire la méthode des socialistes, comment ils comptaient travailler avec les citoyens et les acteurs sociaux, dans la majorité comme dans l’opposition. Nous étions convaincus qu’il n’y avait pas de transformation possible de la société sans mettre en mouvement ses forces vives et sans créer les conditions d’une adhésion profonde à des réformes construites avec les citoyens. Nous pensions également que la décision ne suffisait pas à produire le changement, qu’il était indispensable de réussir la mise en œuvre et d’ajuster en permanence l’action publique en lien avec les acteurs pour rester fidèles à l’intention initiale et garantir son efficacité sur le terrain. Cette démarche avait malheureusement rencontré peu d’écho, elle est pourtant toujours d’une brûlante actualité.
Vous comprendrez donc que j’attende avec impatience le vote des Palois. Si Martine bat en même temps l’ancien notable socialiste qui a trahi son camp, et le chef de file d’une troisième voie illusoire, elle montrera que l’authenticité, la fidélité à ses valeurs, et la continuité dans un travail exemplaire peuvent l’emporter dans le monde politique d’aujourd’hui.
03:20 Publié dans A gauche et au PS , Coup de coeur, coup de gueule , Décrypter l'actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




