06.06.2008
La précaution au concret : l’exemple des cellules souches
La précaution, ça marche ! Il est possible de concilier avancée de la science, éthique et précaution. La précaution peut même avoir pour conséquence une accélération de la recherche et non son arrêt comme on nous le dit trop souvent. L’exemple des cellules souches nous en apporte la démonstration.La polémique fait rage autour des cellules souches depuis de nombreuses années. Ces cellules représentent un enjeu scientifique et médical énorme. Il est en effet possible d’orienter le développement pour produire des tissus ou des organes de substitution pour traiter des pathologies aujourd’hui sans réponse.
Pendant longtemps, seules les cellules souches embryonnaire avaient ce potentiel. Cela soulevait des enjeux éthiques considérables puisqu’il était nécessaire de produire des embryons non pas dans le but de donner naissance à un enfant mais pour en extraire ces fameuses cellules.
Je faisais partie de ceux qui considéraient dangereux de transformer l’embryon en objet, même à des fins médicales tout à fait louables, et qu’il était indispensable, au nom du principe de précaution, d’explorer toutes les pistes alternatives avant de se résoudre à la production de cellules souches embryonnaires. Certains chercheurs avançaient en effet qu’il était possible d’utiliser des cellules adultes, par exemples de la peau, de les "reprogrammer" ou encore de "remettre leur compteur à zéro" pour ensuite orienter leur développement dans le sens souhaité.
Cela supposait d’investir massivement dans la recherche pour explorer cette piste. C’est ce qui a été fait depuis et de nombreuses publications récentes apportent la démonstration qu’il est possible de produire les tissus et organes souhaités à partir de cellules adultes. Si l’on peut obtenir le même résultat en évitant les risques éthiques, alors le bénéfice pour la société devient maximal et la science peut avancer sans danger et sans résistance. Ainsi, la précaution conduit la science à explorer de nouvelles voies prometteuse et ne fait en aucun cas obstacle à l’innovation.
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02.06.2008
Coût du travail et 35h : l’éternelle rengaine de la droite
Il est vrai que le coût horaire du travail est élevé en France ; mais comme la productivité, c'est-à-dire l’efficacité, des salariés français est très élevée, la part du coût du travail dans le prix de chaque objet ou service produit en France reste dans la moyenne européenne.
En tenant compte de ces deux éléments, coût unitaire du travail et productivité, la France est beaucoup mieux placé que l’Allemagne qui connaît un niveau du coût du travail parmi les plus élevés au monde. Cela n’empêche pas l’Allemagne de battre tous les records d’excédent de son commerce extérieur. L’Allemagne vend au monde entier des machines, des outils et des produits à haute valeur ajoutée quand la France ne brille que dans le luxe, le tourisme et l’agroalimentaire.
Cette réussite de l’Allemagne est lié à son tissu de grosses PME de 1000 à 5000 salariés qui détiennent des technologies clés et sont souvent leaders mondiaux dans leur secteur d’activité. L’Allemagne a gardé une véritable politique industrielle qui combine formation professionnelle performante, lien étroit entre recherche et entreprise, soutien fort apporté par les collectivités publiques au financement des investissements et forte ouverture européenne et internationale.

La baisse du coût du travail n’est donc pas la réponse appropriée aux problèmes de compétitivité de l’économie française. Relever les défis de la formation, de l’innovation technologique et du financement des investissements des PME suppose des politiques publiques actives et étroitement coordonnées entre l’État et les collectivités locales, en premier lieu les régions dont les compétences dans ces domaines sont déterminantes.
C’est dans cette direction que la gauche peut retrouver sa crédibilité dans les domaines de l’emploi et du développement économique. Nous devons à la fois nous opposer à la politique de baisse du coût du travail qui conduit au démantèlement des droits sociaux et à la baisse des salaires, tout en défendant une politique industrielle ambitieuse et pragmatique.
15:25 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2008
Passeports biométriques : le gouvernement fonce malgré l’avis négatif de la CNIL
Par décret en date du 4 mai 2008, le gouvernement a validé la création du nouveau passeport biométrique qui contiendra outre une photo numérique les empreintes digitales de 8 doigts. Or on apprend par le JO du 10 mai que la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) avait adopté le 11 décembre 2007 un avis défavorable à cette innovation.La CNIL conteste le projet sur le fond comme sur la forme. Elle note que la France va plus loin que la réglementation européenne, qui ne prévoit pas le recueil de l'empreinte de huit doigts mais de deux, ni la conservation des données en base centrale, et estime que le dispositif français comporte « des risques d'atteintes graves à la vie privée et aux libertés individuelles ». Elle considère également que cette décision n’aurait pas du être prise par voie règlementaire car « un sujet d'une telle importance devait passer devant le Parlement ».
La position de la CNIL est d’autant plus significative que son Président, Alex Türk, n’est pas franchement un gauchiste paranoïaque puisque sénateur du Nord et ex-RPR. Le recours disproportionné aux technologies numériques et à la centralisation des données informatiques fait courir des risques réels aux libertés publiques, tel est en tout cas le message de la CNIL.
On pourra également s’étonner des conditions de publication du rapport de la CNIL. Publier l’avis d’une autorité indépendante près de 6 mois après son adoption est conforme à la loi mais pas à une conception exigeante de la démocratie. Ces avis devraient nourrir le débat en amont de la décision gouvernementale et non être tenus secrets en attendant cette décision. Dans le cas de figure qui nous intéresse, la loi n’a même pas été respectée.
En effet, elle précise que l’avis de la CNIL et le décret concerné doivent être publiés conjointement, alors qu’ici, une semaine sépare les deux parutions au JO. Le gouvernement se sentirait-il peu à son aise ?
07:25 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.05.2008
La claque OGM
Ce signal d’alarme n’est pas le premier, le gouvernement aurait pu choisir de l’entendre. Il préfère le passage en force en convoquant dans l’urgence la Commission Mixte Paritaire qui réunira Députés et Sénateurs pour relancer l’adoption du texte. La situation est pourtant simple : les français ne veulent pas des OGM qu’on leur propose actuellement. Écoutons-les !
07:55 Publié dans A la une: OGM , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.05.2008
Un code de bonne conduite pour la recherche N&N
L'Europe est à l'avant-garde dans le domaine des nanosciences et des nanotechnologies (N&N) mais un manque de connaissances subsiste quant aux effets de ces technologies sur la santé et sur l'environnement.C'est pourquoi le 8 février 2008, la Commission européenne a adopté un code de bonne conduite pour une recherche responsable en N&N.
Ce code de bonne conduite invite les États membres à engager des actions concrètes pour un développement et une utilisation sûrs des nanos, autour de sept principes généraux :
1. La signification : les activités de recherche en N&N doivent être compréhensibles par le public et servir le bien-être des personnes et de la société.
2. La durabilité : les activités de recherche en N&N doivent être sûres, respecter les principes éthiques et contribuer au développement durable.
3. La précaution : les activités de recherche en N&N doivent être menées en respectant le principe de précaution tout en stimulant le progrès.
4. L'inclusion : la gouvernance des activités de recherche en N&N doit être est guidée par les principes d'ouverture, de transparence et de droit d'accès à l'information.
5. L'excellence : les activités de recherche en N&N doivent répondre aux normes scientifiques en termes de bonnes pratiques d'intégrité de la recherche.
6. L'innovation : la gouvernance des activités de recherche en N&N doit encourager la créativité et l'aptitude à anticiper l'innovation et la croissance.
7. La responsabilité : les chercheurs et les organismes de recherche demeurent responsables de l'impact de leur travail sur la société, sur l'environnement et sur la santé humaine.
07:30 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.05.2008
Biométrie* et informations numériques : Big brother est-il à nos portes ?
Jacques le Goff passe en revue les dispositifs qui génèrent des informations sur les individus, informations qui deviennent autant de traces des moindres actes de notre vie quotidienne. Il ne s’agit plus seulement de fichiers informatiques surveillés par la CNIL ou du fichier national des empreintes génétiques. Les sujets émergents semblent innombrables et surtout se multiplier à très grande vitesse : développement de la biométrie, avec en perspective une carte d’identité biométrique, projet d’une carte vitale 3 contenant une large partie du dossier médical, traçabilité des actes d’achat sur internet ou dans la grande distribution, informations de localisation liées au GPS, données conservées par les cartes à puce dont l’usage se développe dans les transports...

Comme l’indique Jacques le Goff « Le plus préoccupant est moins le perfectionnement des techniques que la facilité avec laquelle nos société s’en accommodent », sans apparemment craindre que ces dispositifs puissent un jour être utilisées pour contrôler les pratiques sociales et encadrer les libertés individuelles.
Je peux témoigner de cette facilité de diffusion des technologies numériques à travers l’exemple, qui en surprendra peut-être certains, des lycées de la région. En effet, plusieurs d’entre eux avaient décidé, après accord de leur conseil d’administration, d’adopter la biométrie pour contrôler les accès aux cantines scolaires. Il s’agissait par exemple de procéder à un double contrôle par code secret et empreinte digitale. L’objectif visé était de simplifier la gestion des accès et d’éliminer les risques de fraude.
S’agissant de restauration scolaire et d’équipement des lycées, l’autorité de tutelle est le Conseil Régional. Confrontés à ces différents projets, les élus de gauche de la majorité de la commission éducation et enseignement supérieur du Conseil Régional des Pays de la Loire, dont je fais partie, ont décidé de les suspendre, pour prendre le temps d’une réelle réflexion approfondie. Nous souhaitons ainsi éviter que des décisions soient prises pour des motifs utilitaires sans que tous les enjeux qu’elles soulèvent ne soient débattus collectivement.
* Depuis quelques années, le mot biométrie est utilisé également dans le sens plus restrictif de l'identification des personnes en fonction de caractéristiques biologiques telles que les empreintes digitales, les traits du visage, etc.
12:25 Publié dans Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.04.2008
L’Espagne gagne 9 à 8 !
Imaginez un pays largement décentralisé, où le non-cumul des mandats s’applique de manière stricte, où les femmes représentent 36% des parlementaires et 9 des ministres sur 17. Imaginez un gouvernement qui compte une femme n°2 du gouvernement, une autre de 37 ans ministre de la Défense, et une troisième de 31 ans ministre de la Parité.
Ce pays existe. Il ne s’agit pas d’un de ces pays nordiques connus pour être à la pointe de l’expérimentation politique et sociale. Il s’agit d’un pays latin, comme est censé l’être le notre, à qui nous avons longtemps donné des leçons, et qui aujourd’hui offre à nos frontières un contre-modèle rafraîchissant.

08:20 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10.04.2008
Entre agrocarburants et émeutes de la faim : pour le retour des politiques agricoles
Il y a encore quelques mois l’agriculture européenne se cherchait une nouvelle vocation et faisait le pari du non alimentaire et des agrocarburants. J’ai à plusieurs reprises montré dans ce blog à quelles impasses menaient les agrocarburants. La semaine dernière, le gouvernement allemand a sonné l’hallali en annonçant l’arrêt de son programme. Non seulement le bilan environnemental des agrocarburants est négatif, mais en plus ils dégradent prématurément les mécaniques automobiles.
Aujourd’hui les pauvres ont faim dans le monde entier. L’alimentation manque et les prix explosent. Les agrocarburants ne sont bien sûr pas les seuls responsables de cette situation mais ils ont accentué les déséquilibres en détournant une partie des agriculteurs de la production alimentaire. L’explosion de la consommation qui accompagne celle du pouvoir d’achat dans les nouvelles grandes puissances comme la Chine ou l’Inde, l’urbanisation galopante qui grignote les terres cultivables, le réchauffement climatique qui provoque des sècheresses exceptionnelles comme en Australie, tous ces phénomènes se combinent pour conduire à une hallucinante pénurie alimentaire mondiale.
Ces deux dernies mois les émeutes de la faim se sont accélérées. Elles ont déjà fait des dizaines de morts et des centaines de blessés au Cameroun, à Haïti, en Egypte,… L’alimentation n’est pas une marchandise comme les autres. Depuis des décennies, les politiques libérales poussent au développement des cultures d’exportation et au démantèlement des systèmes de contrôle des échanges et des prix. Les cultures vivrières locales sont fragilisées, l’autosuffisance alimentaire régresse, les politiques agricoles volontaristes sont remises en cause.Quand on parle de sécurité alimentaire dans nos grands pays développés, on fait référence à la sécurité sanitaire des produits. On a oublié que ce terme avait historiquement une autre signification : celle de l’accès garanti à la nourriture pour la population. L’insécurité alimentaire est de retour et appelle de nouvelles réponses politiques.
Les crises actuelles plaident pour le retour de politiques publiques agricoles, nationales, régionales et mondiales, pour assurer la production en quantité suffisante d’une nourriture sûre et de qualité. Ces politiques doivent s’organiser autour de quelques principes simples : économiser l’espace et consacrer les surfaces cultivables à l’alimentation, reconnaître le droit à la souveraineté alimentaire c'est-à-dire le droit pour chaque pays de viser l’autosuffisance et de protéger ses frontières, mener une révolution agronomique durable qui permette des gains de productivité rapides dans une agriculture adaptée aux contextes locaux et respectueuse de l’environnement.
La faillite du libéralisme à tout crin est de plus en plus évidente chaque jour. Elle sonne le retour d’une action publique collective, pragmatique, à l’écoute des besoins des populations.

11:25 Publié dans A la une: nouveaux désordres agricoles , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.04.2008
La santé au travail : un enjeu pour l'avenir
Entre les suicides à répétition des ouvriers de l'industrie automobile et les articles de presse sur le mal-être au travail, c'est désormais difficile de l'ignorer : malgré les chantres de l'industrialisation comme outil de l'épanouissement humain, on assiste à une montée en puissance de la souffrance causée par le travail.Les éléments de cadrage publiés par la DARES sont édifiants : le travail de nuit a augmenté ainsi que le travail en équipes alternantes, 37% des salariés sont exposés à des produits chimiques, les "cols blancs" passent plus de 20h par semaine en position fixe devant un écran d'ordinateur, les tendances à la dépression s'accroissent...
Pour toute réponse, le gouvernement a lancé une "conférence sociale sur les conditions de travail" après avoir commandé un rapport à Gérard Larcher. Il n'en sort aucune proposition concrète : il faudrait selon lui améliorer "l'alerte, l'écoute et la médiation sur les risques psychosociaux" et "faciliter le retour à l'activité professionnelle des salariés atteints de TMS [Troubles Musculo Squelettiques]".
Il convient pourtant de faire preuve de lucidité. Derrière la promotion de l'image du créatif qui circule en trotinette mécanique dans les grands couloirs de sa société, les services cachent une réalité moins glamour : les emplois postés sont de plus en plus nombreux. Pensez au quotidien vécu par les secrétaires, les assistantes, les comptables, les contrôleurs de gestion, les programmeurs, les reprographes... Entre les postures contraignantes, les gestes répétitifs et les cadences de travail, les risques se multiplient. D'autant que bien souvent, on fixe aux salariés des objectifs en contradiction avec les moyens fournis voire avec leurs propres capacité à les atteindre.
Les services ne sont donc pas un havre de paix. Certains d'entre eux, à travers leur organisation et la nature des emplois proposés, s'apparentent d'ailleurs plus à une industrie d'un nouveau type. En classant les emplois en fonction de l'activité de l'entreprise et non de l'activité du salarié, les statisitiques publiques ont accrédité l'idée d'une disparition de l'emploi industriel considéré comme le plus pénible. Ainsi, l'équipier chez McDo, qui ne fait ni plus ni moins que du travail à la chaîne pour produire du junk-food à grande vitesse, est considéré comme un salarié du secteur tertiaire et non comme un ouvrier de la restauration rapide. Il est temps de rétablir une vision exacte de la réalité et de recenser tous les emplois à risques, susceptibles de créer des troubles physiques et psychiques.Bien sûr, les mauvaises langues attaqueront comme d'habitude les 35 heures comme l'origine de tous les maux des salariés. Mais cessons les galéjades : c'est le patronat qui impose la flexibilité à outrance et l'intensification du travail. De plus, les représentants syndicaux ont eu fort à faire avec les plans sociaux ces dernières années et les questions de santé sont malheureusement passées au second plan. La pression des cadences et la peur du licenciement pèsent sur tout le monde : le stress au travail et la crainte de la précarité sont un frein à la résistance sociale.
Pour améliorer la situation, la première chose à faire pour les salariés est de se syndiquer ; c'est en augmentant la puissance des syndicats que les salariés se donneront les moyens d'être défendus et de faire pencher la balance des négociations sociales du bon côté. Par ailleurs, il est urgent de rappeler aux entreprises leurs obligations en matière de protection de la santé des salariés, et de préciser la nature de leur responsabilité et de ses implications juridiques. Les salariés sont en danger, ils doivent être protégés !
07:10 Publié dans Décrypter l'actualité , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.04.2008
Faut-il un TSS ou un DRH pour le Parti Socialiste ?
Le Conseil National du PS a eu lieu mardi 25 mars. La presse a souligné le caractère consensuel des travaux, marquant ainsi une pause avant d’éventuels affrontements à l’approche du Congrès. Pour avoir assisté à cette soirée, je peux témoigner de l’assaut de langue de bois à laquelle elle a donné lieu. Chacun s’est employé à ne rien dire pour éviter de commettre une faute mais on sent en coulisse le cliquetis des armes que l’on apprête.On en viendrait presque à regretter le temps des grands congrès socialistes où des visions différentes de l’action politique et de la transformation de la société s’affrontaient et étaient tranchées par les militants. Depuis près de 20 ans, ce sont les conflits de personnes et de pouvoir qui structurent la vie du PS au grand désespoir de ses militants. Ainsi, la tendance la plus lourde de ce pré-congrès est le TSS : « Tous Sauf Ségolène ». On voit ainsi Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartolone et Arnaud Montebourg (1), que tout sépare, œuvrer main dans la main dans ce sens.
Les bases politiques du congrès semblent pourtant simples. 60 à 80% des adhérents du PS sont partisans d’une ligne réformiste et sociale-démocrate. Ils ont voté Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn au moment de la désignation pour l’élection présidentielle. L’aile gauche assume son refus de la construction européenne actuelle et pratique une surenchère verbale qui la pousse parfois aux marges du PS comme le montre l’exemple de Jean-Luc Mélenchon. Au lieu de chercher des alliés au sein de la gauche du Parti pour régler ses conflits de personnes, la majorité réformiste du PS devrait assumer collectivement et solidairement son orientation, permettant ainsi de proposer aux militants et aux citoyens la clarté et la cohérence qu’ils appellent de leurs vœux.
Prenez Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Les styles sont, il est vrai, différents et certains voudraient les présenter comme les deux pôles d’un choix politique alternatif. Cette fiction est plaisante mais cache mal le vide abyssal qu’elle recèle.
L’attachement au développement durable et à la démocratie participative, la primauté des questions de société dans leur engagement, leur pragmatisme absolu, ainsi que l’accusation d’autoritarisme, tout rapproche ces deux personnalités qui représentent sûrement ce que le PS compte de plus crédible et créatif. Prenez maintenant les mêmes et François Hollande. Ils ont toujours défendu les mêmes options politiques, autour de Lionel Jospin, pour le traité européen, pour Ségolène Royal à la présidentielle. Qui osera nous demander de choisir entre les uns et les autres, sur quels critères et en fonction de quelles divergences ?
« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Les apprentis sorciers qui veulent dresser les uns contre les autres trouveront les artifices qui justifieraient un affrontement au congrès. L’anti-ségolènisme primaire peut servir de ciment à une alliance contre nature. Et si tout simplement celles et ceux qui pensent la même chose défendaient ensemble leurs convictions et s’unissaient pour faire du Parti Socialiste l’outil efficace dont tous auraient besoin pour espérer gagner l’élection présidentielle ? Le PS n’a donc pas besoin d’un TSS, « Tous Sauf Ségolène », mais d’un bon DRH, « Delanoë, Royal, Hollande » (2), pour trouver le chemin de la crédibilité et du succès.
1- Spéciale dédicace à Arnaud Montebourg, fervent défenseur du non cumul des mandats et désormais Député et Président du Conseil Général de la Saône-et-Loire.
2- Bienvenu à DSK dans la bande à son retour du FMI.
08:05 Publié dans A gauche et au PS , A la une: que faire du PS? , Demain se décide aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note



