18.11.2009

Les nanos : face amour, face amère

nanoparticules.jpg Lors du lancement du débat public sur les nanotechnologies, "Le Monde" avait titré "Des applications déjà nombreuses, des risques encore très mal connus". Une récente publication scientifique vient éclairer cette ambivalence des nanos en soulignant à la fois leur dangerosité potentielle et les horizons nouveaux qu’elles éclairent.

« Dans le domaine des nanos, la technologie est allée plus vite que la science » me confiait il y a peu un parlementaire qui connait bien ces questions. En d’autres termes, l’usage des nanos se développe très rapidement sans que l’on comprenne pour autant très bien ce qu’elles sont fondamentalement. Une fois de plus, les usages sociaux des innovations technologiques vont plus vite que leur évaluation scientifique et sanitaire.

Très récemment, une équipe de recherche médicale de Bristol a montré que les nanoparticules en alliage cobalt-chrome présentes dans des prothèses en métal se diffusaient en grand nombre dans l’organisme et avaient des effets toxiques directs. Ces nanos peuvent endommager l’ADN et les chromosomes d’une cellule sans pour autant traverser la barrière cellulaire. Il ne s’agit pas d’un miracle ! Les nanos sont ainsi susceptibles de déclencher de nouvelles interactions en activant des voies de communication entre cellules.

Le paradoxe est que cette étude souligne ainsi de nouveaux risques et de nouveaux potentiels. Cette capacité d’interaction accroît encore les risques de toxicité mais elle ouvre également de nouvelles voies d’action thérapeutique si l’on parvient à faire des nanoparticules des "messagers" porteurs d’une réponse thérapeutique à un dérèglement cellulaire.

Cette plasticité du vivant de l’infini petit et la réversibilité des risques et opportunités donne quelque peu le tournis. Ces éléments soulignent la nécessité absolue de maîtriser l’innovation scientifique et d’explorer simultanément ses risques et ses avantages. Il devient en tout état de cause urgent d’investir massivement dans les recherches relatives à la toxicité des nanoparticules ; tarder nous ferait courir le risque d’une nouvelle crise sanitaire et politique qui entraverait pour longtemps le développement de technologies par ailleurs prometteuses.

08.11.2009

Erika : les régions face à Total

Au second procès Erika, les régions ne sont retrouvées en pointe pour défende la notion de « préjudice écologique », et obtenir un jugement qui soit réellement créateur de droit nouveau. Beaucoup de communes présentes lors du procès en première instance avaient choisi d’accepter les offres de Total et de se retirer de la procédure en renonçant à faire appel.

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Face à l’inaction de l’État en ce domaine force est de constater qu’il ne reste plus que les régions pour faire prévaloir l’intérêt général. Ce qui se joue dans ce procès n’est pas seulement la réparation des dommages matériels et le « remboursement » des frais engagés par les acteurs locaux confrontés à la marée noire. Ce qui est en question c’est une nouvelle étape dans la reconnaissance du principe pollueur – payeur en faisant de l’écosystème un acteur à part entière dont les atteintes à l’intégrité doivent être sanctionnées.

La nature ne peut se présenter à la barre d’un procès, il lui faut dont des porte-paroles. C’est désormais le rôle qui revient aux grandes collectivités locales qui en ont la volonté, aux cotés des associations de défense de l’environnement. C’est ainsi que Jacques Auxiette a été amené à déposer devant le tribunal pour rappeler l’étendue de la catastrophe sur le territoire des Pays de la Loire et ses conséquences pour les milieux naturels et l’environnement. Plus que jamais nous avons besoin de régions fortes pour défendre sur nos territoires.

05.11.2009

A train d’enfer

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La semaine dernière, Alstom a officialisé une commande de cent rames de trains Regiolis de nouvelle génération. A elle seule, la région des Pays de la Loire en recevra 15 en 2013. Elle a également posé une option sur 25 rames supplémentaires à l’horizon 2017. Une bonne nouvelle pour les usagers des TER.

Cet investissement régional était indispensable pour renforcer un réseau TER dont la fréquentation ne cesse de croître. Celle-ci a dépassé les 15 millions de voyageurs en 2008 soit une augmentation record de 10,6% en un an, hausse qui se poursuit depuis le début de l’année 2009.

Cette augmentation du trafic est alimentée à la fois par la croissance démographique ininterrompue des Pays de la Loire et par un engouement qui ne se dément pas pour les transports collectifs. Les bouchons n’expliquent pas tout ; il y a dans la région une véritable prise de conscience des enjeux climatiques, et une volonté citoyenne de remplacer l’usage individuel de la voiture par le recours au train ou au tramway.

C’est pourquoi depuis 2004 la région a dépensé 350 millions d’Euros pour l’achat de 60 rames, prépare la réouverture de la ligne Nantes – Châteaubriant en 2011, et soutien projets de tramway des agglomérations.

Ce renforcement des capacités de transport ne sera pas suffisant pour faire face à l’augmentation de la demande. En effet, sur certaines lignes comme Nantes – Angers, se sont les infrastructures elles-mêmes qui sont désormais saturées. La région se trouve donc confrontée à un défi majeur. Il lui faudra au cours des prochaines années investir massivement pour, au-delà de ses compétences, accompagner Réseau Ferré de France, dans l’amélioration du réseau ferroviaire. C’est la clé du développement de l’utilisation du rail pour la desserte périurbaine ; beau défi pour la prochaine mandature.


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28.10.2009

L’Afsset recommande de réduire les expositions aux radiofréquences

panneau_042.jpgMi-octobre 2009, l'Affset procédait à une mise à jour de l’expertise relative aux radiofréquences avec deux recommandations simples : réduire les expositions publiques aux radiofréquences et développer la recherche pour lever les incertitudes qui demeurent et se tenir aux aguets des signaux nouveaux qui émergeraient.

L’expertise menée par l’Afsset est inédite : en recensant 3 500 références et en confrontant diverses écoles de pensées (allant des scientifiques aux parties prenantes en passant par des lanceurs d’alerte), elle a permis d’établir un bilan globale des connaissances réelles sur les radiofréquences, parfois à contresens des croyances populaires. De plus, les sciences humaines ont été prises en compte dans le processus d’expertise et, pour la première fois, un observateur issu du monde associatif aura suivi l’intégralité des débats.

Malgré la richesse de la démarche, le rapport de l’Afsset reste prudent : s'il y a mise en évidence de l’existence d’effets des radiofréquences sur des fonctions cellulaires, il n'y a pour l’instant aucun mécanisme d’action identifié entre les radiofréquences et les cellules pour des niveaux d’exposition non thermique. De même, le niveau de preuve épidémiologique concernant des excès de certaines tumeurs reste très limité.

Cela ne veut pas dire qu’il y a aucun risque : si le niveau de preuve n’est pas suffisant pour retenir de façon certaine que les radiofréquences ont des effets dommageables pour la santé, les résultats des recherches récentes constituent des signaux indéniables. En conséquence, l’Afsset fait les recommandations suivantes :

1°) Développer la recherche, pour lever les incertitudes qui demeurent et se tenir aux aguets des signaux nouveaux qui émergeraient.

L’Afsset recommande de cibler en priorité les études épidémiologiques, ainsi que les études sur la reproduction, le développement de l’enfant et de répliquer des études qui montrent des effets biologiques. Notamment, elle met en lumière le retard pris sur la connaissance des effets sanitaires concernant les bandes de fréquences inférieures à 400 MHz et celles de plus de 2GHz (qui correspondent à des expositions professionnelles).

D’autres hypothèses sont infirmées par cette expertise : perméabilité de la barrière hématoencéphalique, risque de neurinomes de l’acoustique, effet sur la mélatonine...

2°) Réduire les expositions du public.

Ce potentiel de réduction existe s’agissant de l’exposition aux radiofréquences ; et la priorité va au téléphone portable, qui est la première source d’exposition du public. L’affichage intelligible du débit d’absorption spécifique (DAS) permettrait de privilégier les téléphones portables les moins exposants.

Par ailleurs, l’Afsset recommande de rechercher les quelques points du territoire où les niveaux d’ondes de radiofréquences sont nettement plus élevés que la moyenne, de les cartographier et de proposer une procédure pour réduire les niveaux. Cette démarche s’inscrit dans une logique environnementale, où, dès lors qu’une exposition peut être réduite, elle doit être envisagée.


22.10.2009

Un milliard d’affamés

73577336_f51d0f7df8.jpg Le vendredi 16 octobre marquait la journée mondiale de l’alimentation. Deux jours plus tôt, l’Unicef s’était déclaré profondément préoccupé par le nombre croissant d’enfants affectés par la faim et la sécheresse dans la Corne de l’Afrique : en 2009, ce sont environ 500 000 enfants de moins de cinq ans qui souffriront de malnutrition sévère. Par ailleurs, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le nombre de personnes qui souffrent de la faim devrait dépasser le milliard cette année.

La communauté internationale s’était engagée à réduire le nombre de personnes qui souffrent de la faim à moins de 420 millions d’ici à 2015. Mais cet objectif ne pourra plus être tenu, car les causes structurelles multiples expliquant cette situation se sont aggravées : conflits entre pays, guerres civiles, désorganisation des systèmes agricoles… sans oublier les conséquences de la récession mondiale. Car si les prix agricoles ont baisé après la flambée de 2007 et 2008, ils restent encore bien plus élevés qu’il y a quelques années.

A ceci s’ajoute une chute vertigineuse des investissements étrangers dans les pays en développement (-32% par rapport à 2007) et de l’aide publique au développement (-25% par rapport à 2007 pour les 71 pays les plus pauvres). Pour ces pays, le coût de l’accès au financement s’est accru en même temps que les débouchés commerciaux se réduisaient. Non seulement les générations actuelles sont privées d’une partie de leurs maigres revenus mais ce sont aussi les chances des générations futures d’avoir une vie meilleure qui se trouvent amoindries …

Alors que les pays riches se concentrent sur leurs propres difficultés et que les banques recommencent à distribuer de faramineux bonus grâce à une politique fiscale lamentable, la FAO appelle à "une assistance immédiate pour éviter une aggravation de la situation", car ces bouleversements ont eu "des effets dévastateurs sur la plupart des populations pauvres dans le monde" qui pèseront sur le développement ultérieur de ces pays (à savoir : travail des enfants, émigration segmentée et vente d’actifs comme le bétail).

Cependant, il faut être conscient que l’assistance et l’injection monétaire dans des systèmes ravagés ne ferait que réduire le choc. Il faut aller plus loin. Des changements structurels s’imposent pour assurer durablement une hausse de la production vivrière : infrastructures commerciales, régulation des prix de vente, modernisation agricole, aide aux petits producteurs... La question de la gouvernance reste incontournable pour permettre des solutions durables au problème de la faim. L’aide internationale doit être un outil pour alimenter les populations et non pour alimenter les comptes en banques des guérillas.

Agrimonde.gif Des pistes concrètes existent pour progresser rapidement. Les chercheurs du programme Agrimonde ont développé deux scenarii pour nourrir la planète en 2050 qui compterait alors près de 40% de population supplémentaire. Après avoir reconstitué les quantités de nourriture produites entre 1961 et 2003, ils ont construit un outil utilisable pour chaque pays, exprimé en kilocalories, qui propose deux options. La première privilégie les rendements sans se soucier de l’écologie et permet de produire 3588 kilocalories par jour et par habitant de la planète, dont 834 d’origine animale. La deuxième option propose un développement écologiquement intensif sur la base d’une consommation de 3000 kilocalories par jour et par personne, dont 500 seulement d’origine animale. Ce scénario supposerait que les pays développés révisent leur régime alimentaire pour diminuent leur consommation d’un quart et permettre ainsi d’augmenter d’autant celle de l’Afrique sub-saharienne.

Le programme Agrimonde rappelle aussi deux choses fondamentales. D’une part, il est nécessaire de réduire fortement les gaspillages, estimés à 800 kilocalories par habitant et par jour. D’autre part, il est indispensable d’établir une régulation des échanges internationaux de produits agricoles et alimentaires afin de protéger le développement des agricultures locales.


19.10.2009

Un débat public sur les nanotechnologies, enfin !

ouvrezLa.png Le jeudi 15 octobre 2009 a été lancé le grand débat public sur les nanotechnologies. Ces dernières, encore mal connues, consistent en la conception, la caractérisation, la production et l’application de matériaux de taille nanométrique (millionième de millimètre).

Ces technologies trouvent aujourd’hui des débouchés dans de nombreux domaines comme l'optique, la biologie, la mécanique, la chimie...


L'avenir des nanotechnologies n'est pas un débat simple et ne doit pas rester un débat d'experts. Car la question des enjeux et des risques induits par l’incorporation de nanoparticules dans les objets usuels des humains suscite beaucoup d’interrogations chez chacun d’entre nous : nous sous-estimons la place dans notre environnement de ces nouveaux matériaux qui sont parfois omniprésents sans que nous nous en rendions compte (on trouve par exemple environ 10 kilos de nanomatériaux dans une voiture récente).

En France, les choses avancent lentement.... En juillet 2006, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail publiait des recommandations relatives aux effets des nanomatériaux sur la santé de l’homme et sur l’environnement. L'idée principale du rapport était de mesurer la toxicité des nanoparticules afin de déterminer leur impact sur l’organisme et d’en déduire des limites d’exposition. Il faut souligner que les nano particules sont suffisamment petites pour franchir les barrières cellulaires et donc s’ingérer au cœur du vivant. En février 2008, la Commission européenne adoptait un code de bonne conduite pour une recherche responsable en nanosciences et en nanotechnologies qui déboucha entre autres sur une charte de bonnes pratiques au sein de l’INRS.

D'une façon générale, il faut retenir que les experts estiment qu'il est aujourd'hui impossible d'exclure l'existence d'effets néfastes pour l'homme et l'environnement de la part des nanoparticules, bien qu'elles soient présentes dans plus de 800 produits de consommation (crèmes solaires, jouets, raquettes de tennis, pneumatiques...). Sans être alarmiste, il convient de se rappeler que dans le passé, l’analyse des risques a trop souvent été en retard sur le développement des innovations. C'est pourquoi ce débat public sur les nanotechnologies est indispensable pour assurer un pilotage démocratique de l’innovation dans ce domaine. La nécessaire marche en avant du progrès doit s’accompagner d’un débat démocratique sur les usages techniques et sociaux des découvertes, et d'une évaluation permanente des risques qui y sont associés. Cette méthode est une condition nécessaire pour maintenir l’adhésion des citoyens à l’effort de développement de la recherche que notre pays doit conduire et amplifier.

Les objectifs du débat sont clairs : informer la population sur les principales controverses que soulève le sujet, permettre aux citoyens de s’exprimer sur les nanotechnologies et éclairer les grandes orientations de l'action de l'Etat. La bonne nouvelle, c'est que tout le monde aura quelque chose d'intéressant à dire car le champ du débat sera très large, allant des applications industrielles des nanosciences aux mécanismes de gouvernance en passant par les risques sanitaires et l'impact sur nos sociétés en terme de développement durable. Je vous invite donc à vous informer sur le déroulement du débat et à participer aux réunions publiques si vous êtes en mesure de le faire. Vos avis valent plus que leurs profits ;-)

15.10.2009

Meeting de lancement de la campagne de Jacques Auxiette

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Premier meeting de La Gauche en Action,

Pays de la Loire 2010

Vendredi 16 octobre à 20h00, à la Trocardière à Rezé




Adressé aux adhérents du Parti Socialiste et aux sympathisants, ce premier meeting de La Gauche en Action se découpera en plusieurs temps.

En interactivité avec la salle et Internet, Jacques Auxiette sera au centre de la Trocardière et au cœur du débat. Crise, jeunesse, pouvoir d'achat, service public, environnement, la Gauche en France et dans la région... Tels seront les thèmes abordés au cours de cette première partie.

La campagne de la Gauche en Action, le contexte, le timing, les outils... Christophe Clergeau, directeur de campagne, livrera les grandes lignes de la stratégie de campagne et les clés pour bien la mener.


Vous êtes cordialement invités à ce premier grand moment de la campagne.
N’hésitez pas à invitez à votre tour toutes les personnes que vous jugerez utile.
A vendredi !




Halle de la Trocardière à Rezé, ligne 3, arrêt Trocardière.

Bus au départ de Saint-Nazaire, Fontenay le Comte, Angers,
La Roche Sur Yon, Fontenay-le-Comte et Laval

09.09.2009

Vive l'impôt sur l'énergie ! Mais pas la taxe carbone de Sarkozy !

ampoule-environnement.jpg La polémique fait rage sur le dossier de la taxe carbone. Dans Le Monde du dimanche 6 septembre, Hervé Kempf voit dans ce débat un progrès démocratique.

Enfin, les politiques et l'opinion publique se saisissent à bras le corps de la question du changement climatique.

Je ne résiste pas au plaisir de citer largement son article car il explique parfaitement comment l'on peut, et l'on doit à mes yeux, être pour un impôt sur l'énergie et contre la taxe carbone proposée par la droite.


Le raisonnement d'Hervé Kempf s'organise à travers l'enchaînement logique de 7 points :

« 1 - Point de départ : la planète est engagée dans une crise écologique majeure, notamment par le changement climatique. Celui-ci pourrait avoir des conséquences immenses. Il découle de nos émissions de gaz à effet de serre.

Dès lors une conclusion s'impose :

2 - Il nous faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Or celles-ci sont liées à notre consommation d'énergie.

Donc :

3 - Il nous faut réduire notre consommation d'énergie. Comment ? Les technologies alternatives ne sont pas disponibles à grande échelle et à court terme. Pour diminuer la consommation d'énergie fossile, qui produit du CO2, il nous faut en augmenter le prix pour en dissuader la consommation.

4 - Si le prix augmente, soit on dépense plus, soit on consomme moins. Oui, c'est une perte de pouvoir d'achat. Mais les responsables politiques qui prétendent lutter contre la crise écologique sans envisager une modification du mode de vie... mentent.

5 - Combien de personnes en France sont dans une situation économique telle qu'une diminution de leur consommation énergétique de 10 % est absolument insupportable ? A la louche, 20 % de la population. Pour ceux-ci, l'aide est indispensable, vitale, indiscutable. Mais les autres doivent accepter de consommer moins de pétrole et d'électricité.

6 - Les revenus tirés de l'impôt énergie doivent être clairement compensés par davantage de transports collectifs et d'aides aux économies d'énergie.

7 - L'impôt envisagé reste injuste dans le contexte d'une répartition des revenus particulièrement inégalitaire. Son acceptation suppose une réforme fiscale corrigeant ce désordre social : abolition du bouclier fiscal, refonte des niches fiscales, revenu maximal admissible. »


En d'autres termes, les efforts demandés à tous au titre du développement durable et de la lutte contre le changement climatique ne sont pas politiquement acceptables s'ils ne sont pas accompagnés d'un effort public d'innovation pour développer les comportements alternatifs et d'une redistribution des richesses au profit des plus modestes.

Cela paraît en effet logique. Taxer les comportements sans faciliter les changements de comportements revient à prendre en otages les citoyens. Faire payer de manière indifférenciée tous les Français alors que les profits et les hauts revenus sont aussi le produit d'un accaparement privé des biens publics est profondément injuste.

C'est bien pour cela que la taxe carbone n'est pas acceptable. Elle touchera d'abord les habitants modestes des zones rurales et les péri-urbains qui n'ont trop souvent pas d'autres choix que d'utiliser leur voiture. Elle ne s'accompagne d'aucun plan d'investissement public d'envergure dans les transports collectifs ou les énergies renouvelables. Elle renonce à toute stratégie crédible d'économie des consommations d'énergie en épargnant l'électricité.

Les Verts n'auraient pas du se précipiter à l'Élysée, donnant ainsi le sentiment, peut-être à tort, qu'ils soutenaient le projet du gouvernement. Ségolène Royal était parfaitement fondée à sonner la charge contre ce projet. A nous désormais, tous ensemble, de proposer une stratégie alternative. Les idées ne manquent pas : taxation des profits des groupes producteurs d'énergies non renouvelables, TVA verte sur les consommations intermédiaires des entreprises, rétablissement de la vignette automobile, plan d'économies d'énergies dans les transports et le logement,... Que la gauche et les écologistes se mettent au travail ensemble pour bâtir un autre projet !

14.07.2009

Alimentation et gamme de prix: vrais et faux amis

Une nouvelle fois, cette note s’inspirera de la revue « Que choisir ? » qui dans son numéro de juin souligne que « la qualité nutritionnelle des produits alimentaires n’est pas forcément corrélée à leur gamme de prix ».

Les travaux de l’Observatoire de la Qualité de l’Alimentation (OQALI) créé en 2008 sous l’égide de l’INRA et de l’AFSSA rejoignent ainsi les tests réalisés par la revue. Dans les premiers secteurs étudiés : les biscuits et gâteaux industriels, les céréales pour petit déjeuner et les produits laitiers ultrafrais, les différences de composition nutritionnelle sont plus liés aux familles de produits qu’aux segments de marché.

Ces données nous rappellent que ce sont souvent les mêmes unités de production qui fournissent les grandes marques et les marques distributeur ou d’entrée de gamme, la différence entre les produits se faisant plus sur le packaging et le marketing que sur la qualité des produits eux-mêmes. Les produits bon marché se distinguent néanmoins par le caractère lacunaire de leur étiquetage nutritionnel.

A cette proximité des produits s’oppose la réelle différence entre bio et alimentation conventionnelle. Le magazine TerraEco rappelle dans son numéro de juin que si le prix de l’alimentation bio reste élevée elle renvoie à un mode alternatif de consommation qui privilégie le mode de production et amène à prendre du recul par rapport à l’artificialisation des produits pour au contraire revenir au plus près du produit primaire et retrouver le sens de la préparation des repas.

Bon été gastronomique et à vos fourneaux !...


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29.05.2009

On ne négocie pas avec le climat, on agit.

treeearth.jpg C'est sous ce titre que Libération du lundi 25 mai publie une tribune de grande associations écologistes et de solidarité internationale. En décembre se tiendra à Copenhague le sommet de l'ONU sur le climat. Au moment où l'urgence climatique s'affirme chaque jour plus fortement, il n'est pas sûr que les grands pays développés sachent faire des choix à la hauteur des enjeux.

Jusqu'à présent, l'horizon des effets du changement climatique sur les équilibres planétaires semblait lointain. Psychologiquement, la référence à l'année 2100 semblait renvoyer à une échéance située bien au-delà des limites de nos vies humaines. Pourtant, les enfants qui naissent aujourd'hui ont une grande chance de connaître la fin du siècle. Mais l'urgence est plus proche encore de nous. Les plus récentes études montrent qu'une augmentation de 2° de la température moyenne est possible d'ici à 2050. Comme le souligne le numéro de mai de Terra Economica, le chambloulement de la biodiversité, l'élèvation du niveau des océans, les grandes migrations qui en résulteraient peuvent déjà être au rendez-vous de ce demi siècle. 2050, c'est demain, ce sont les dernières années des quadragénaires d'aujourd'hui, nos enfants auront autour de 60 ans et nos petits enfants seront dans la pleine force de l'âge ; comment vivront-ils au milieu de la catastrophe, quels projets d'avenir leurs seront-ils encore accessibles ?

Notre planète a déjà perdu de nombreuses années en palabres infructueuses. Nous sommes désormais placés devant un tournant. Soit nous prenons très rapidement des mesures fortes pour réduire la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, soit nous perdrons le contrôle de la situation. Pour les journalistes de Terra Economica, l'avenir de la planète se joue dans les trois prochaines années.

La mobilisation des citoyens et des acteurs locaux est réelle mais chacun sent bien que sans une volonté politique forte à l'échelle nationale et internationale, les bonnes volontés locales se heurteront vite aux forces d'inertie et à la faible autonomie d'action des pouvoirs locaux face à un enjeu global comme celui-ci. Cela ne nous exonère pas de nos responsabilités. A la Région comme dans ma commune de Sainte-Luce, nous travaillons à un agenda 21 largement tourné vers la lutte contre le changement climatique ; la conférence de citoyens sur l'énergie organisée ces dernières semaines par le Conseil régional des Pays de la Loire a fait émerger de nombreuses propositions concrètes et apporté la démonstration d'un engagement fort des citoyens dans leur diversité.

ecologie1.jpg Pour le moment, les gouvernements ne sont pas au rendez-vous. La majorité des récents plans de relance adoptés pour lutter contre la crise ont largement ignoré cet enjeu. Si la Corée du Sud a consacré plus de 80% de son plan de relance à la croissance verte, cette part tombe en Europe à 59%, et surtout à 21% en France et 10% aux USA. Après avoir déjà trahi les engagements du Grenelle de l'environnement, le tandem Fillon – Sarkozy montre son mépris pour l'écologie.

La conférence de Copenhague est donc un rendez-vous crucial pour la lutte contre le changement climatique. Le GIEC réclame pour 2020 une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre des pays riches par rapport à leur niveau de 1990. Les USA proposent uniquement de revenir à leur niveau d'émission de 1990 et l'Europe de les réduire seulement de 20%. Ces mesures sont très insuffisantes. Les égoïsmes et la dictature du court terme l'emportent sur le sens de l'intérêt général et les droits, non plus des générations à venir, mais des jeunes générations d'aujourd'hui qui ont encore devant elles l'essentiel de leur durée de vie.

Il est donc temps de se mobiliser. Contre l'idéologie libérale qui, on le voit bien ici, reste dominante, le socialisme et l'écologie sont les deux seules planches de salut pour un développement durable et solidaire. Les électeurs feraient bien de s'en souvenir au moment de glisser leur bulletin dans l'urne lors des élections européennes.

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