17.06.2008

La Belgique redécouvre la carte scolaire quand la France la supprime

b08d248a7a5a123825e33e69d37b8259.jpg C'est une mini-révolution dans la politique éducative en Belgique : après des décennies de liberté totale d'inscription dans les écoles, le nouveau ministre de l'éducation va éditer un décret qui fixera plusieurs critères d'inscription...


A la rentrée de septembre, les établissements scolaires belges devront réserver un quart des places à des élèves venus d'écoles défavorisées. La Belgique fait ainsi un choix politique fort dans le but d'organiser et d'imposer la mixité sociale. Cette évolution vers plus de proximité entre les populations aisées et celles qui le sont moins n'est pas propre à la Belgique. Cette année, l'Angleterre a instauré des contraintes sous la forme d'un registre d'inscription alors qu'elle connaissait jusqu'à maintenant un régime de totale liberté parentale.

Ces évolutions sont la conséquence logique des nombreuses déceptions provoquées par la pratique du libre choix de l'école : on promettait une saine émulation entre les établissements par la concurrence et on a assisté à la construction de ghettos de privilégiés cultivant l'entre-soi et désireux de maintenir un recrutement sélectionné et cloisonné.

En parallèle, les familles des populations défavorisées ont rarement cherché à bénéficier de cette liberté de choix pour inscrire leurs enfants dans de meilleurs établissements. Car il ne faut pas se leurrer : entre l'ignorance des familles du niveau des écoles et les avantages liés à la proximité, il y a bien peu de chances que les politiques libérales en matières d'éducation profitent à ceux qui en auraient le plus besoin.

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Je vous le rappelle : pour la rentrée 2008, le gouvernement a promis le libre choix de l'école pour les enfants (assorti d'une priorité aux boursiers, en tout cas dans les textes). Or les exemples belges et anglais sont la preuve que cette liberté risque fort de rester uniquement théorique pour les plus défavorisés.

Ce que testent la Belgique et l'Angleterre, c'est le passage à un système de liberté encadrée ayant pour objectif la mixité sociale. Un chemin que la France devrait emprunter si elle souhaite vraiment améliorer son Ecole.

29.05.2008

Ecole : un mouvement exemplaire

68813f597a130defc4a0a072215fcb82.jpg Les organisations syndicales d’enseignants viennent de décider de suspendre leur mouvement de grève contre les réformes du gouvernement pendant la période des examens. Cela témoigne d’une volonté de faire partager les enjeux éducatifs et de rassembler les citoyens autour de la défense et de la promotion de l’école publique.

Ces derniers mois, le gouvernement a particulièrement chargé la barque en matière d’éducation. Les réductions massives de postes et l’absence de concertation témoignent de la domination du rationnement des moyens sur l’ambition pédagogique. La réorganisation de la semaine scolaire, menée en dépit du bon sens, déséquilibre l’organisation de l’enseignement et ne permet pas d’assurer un soutien efficace aux élèves qui en ont besoin. La réforme des programmes est rejetée de toute part, tant elle regarde vers le passé plutôt que vers l’avenir.

La mobilisation contre ces réformes a été importante. J’ai pu constater, notamment dans la ville de Sainte-Luce-sur-Loire dont je suis le 1er adjoint, que les parents et les enseignants s’étaient unis autour d’une vision commune de l’école, loin de toute approche corporatiste. C’est ainsi que les enseignants grévistes ont choisi de maintenir l’accueil des enfants et que les parents ont multiplié les occupations d’écoles. On voit bien ici que nul n’est besoin d’un service minimum imposé par la loi.

Pendant de nombreuses années, le débat sur l’école a semblé maudit. L’échec successif des tentatives de réforme a donné le sentiment qu’aucune évolution n’était possible. Il me semble que ce contexte a évolué. Le débat autour de la société de la connaissance reste souvent ambigu mais a permis de revaloriser les enjeux éducatifs. De nombreux ouvrages publiés récemment ont battu en brèche les thèses conservatrices pour montrer la réalité des bénéfices de la démocratisation scolaire et la multiplication des innovations dans les établissements. Il est donc temps que le monde politique réponde à l’attente du monde d’éducation et se réinvestisse dans ces débats pour les remettre aux premiers rangs de ses priorités.


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26.05.2008

Bourses étudiantes : la réforme à l'envers

d1f7a03f661f6395203418320b4ff044.jpg Sous couvert de "simplification du système des bourses" étudiantes, Valérie Pécresse a décidé de revoir le nouveau barème d’attribution pour l’année universitaire 2008-2009. Cela se traduit par le choix de ne plus prendre en compte certains critères concernant la situation personnelle des étudiants, remettant ainsi en cause le montant de l’aide perçue par un grand nombre d’étudiants à la rentrée prochaine.

Tout d’abord, le critère d'éloignement du domicile sera moins pris en compte. Mais pire encore : le critère "parent isolé" est supprimé ainsi que la prise en compte du handicap !

Le calcul est rapide : à vue de nez, environ 16 000 étudiants vont perdre 1 échelon de bourse (soit de 450€ à 1389 € par an) et 4 000 étudiants vont perdre 2 échelons de bourses (soit de 900 € à 2000 € par an). De plus, près de 2 000 étudiants ne bénéficieront plus de l’échelon 0 qui les exonère des frais de scolarité.

Après les malades et les justiciables sans moyens, puis les retraités aux faibles pensions, voici donc qu'on s'en prend aux étudiants sans argent… Combien de millions d’euros destinés jadis aux plus défavorisés retrouveront les poches d’un gouvernement qui n’en finit plus de courir après les 15 milliards offerts aux contribuables les plus riches ?

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Face à l’inquiétude des organisations étudiantes, Valérie Pécresse a tout juste laissé entendre que les dossiers seraient examinés « au cas par cas », ce qui est tout bonnement irréaliste au vu du nombre d’étudiants concernés. C’est donc un véritable marché de dupes généralisé que le gouvernement organise en lieu et place d’une réforme prétendument technique : comment justifier qu’une réforme du système d’aides sociales ait pour effet de baisser le montant de la bourse destinée aux moins favorisés d’entre eux ?

Pendant ce temps, les prix augmentent : le kilo de pommes est en hausse de 10 %, la consultation médicale de 19%, le paquet de pâtes de 6%, l’essence de 5,7%, le gazole de 6,5%, la baguette de pain de 12,5%… Le conseil du jour de madame Lagarde : mettez un pull pour ne pas tomber malade, ne vous fâchez avec personne pour éviter la justice, éteignez votre téléviseur pour ne pas payer la redevance, faites du vélo pour ne plus consommer d’essence et endettez-vous pour aller à l'université.

19.05.2008

Un pôle de recherche et d’enseignement supérieur régional : le résultat de trois ans d’efforts

91c9bf79fed981c479fba07cc1c12f1c.jpg La semaine qui s’achève était cruciale pour l’avenir de l’enseignement supérieur dans la région des Pays de la Loire. Les trois universités de Nantes, Angers et Le Mans ainsi que l'Ecole Centrale de Nantes réunissaient leurs conseils d’administration pour délibérer sur le projet de pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) à vocation régionale. Les quatre conseils ont adopté à de larges majorités ce projet qui couronne trois ans de travail et d’efforts des universitaires mais aussi des élus régionaux.


En charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, j’ai travaillé d’arrache-pied sur ce dossier depuis 2004. J’étais présent vendredi au Conseil d’administration de l’Université de Nantes pour ce vote crucial. La création de ce PRES régional était indispensable. La recherche dans l’Ouest est trop dispersée pour permettre à telle ou telle ville, même Nantes, d’être pleinement reconnue à l’échelle nationale ou internationale. On rappelle souvent qu’en matière de recherche, la Bretagne et les Pays de la Loire ne pèsent ensemble pas plus que la seule ville de Grenoble. Il s’agissait aussi de mettre en place une structure commune qui corresponde à la réalité vécue : les réseaux de recherche sont déjà régionaux et l’offre de formation est déjà concertée entre les établissements.

Cette décision sera dans les prochaines années aussi importantes pour les universités et les écoles que l’a été l’intercommunalité pour les villes. Chaque établissement isolé ne dispose pas des ressources lui permettant de construire des stratégies efficaces et d’exercer correctement ses missions. En mettant en commun leurs ressources et leurs efforts l’enseignement supérieur et la recherche régionale vont pouvoir mieux pouvoir aller plus vite et être plus efficaces. Les coopérations concerneront aussi bien la formation en thèse que le pilotage de programme de recherche, la valorisation des résultats, la mutualisation des grands équipements, les projets européens et internationaux, la culture scientifique et technique, le développement des usages du numérique, la formation continue, l’insertion des étudiants...

Il s’agit d’un signe fort en direction des citoyens et des acteurs locaux de la Région. L’ambition nouvelle et l’unité ainsi affichés doivent inciter les ligériens à se tourner vers les études longues et à valoriser la science et l’innovation. Elles justifient également un soutien accru des collectivités locales pour accompagner les nouveaux projets qui vont émerger. La création de ce PRES régional va également faciliter le développement des coopérations avec la Bretagne qui s’est organisée sur le même modèle.
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La décision prise a été largement soutenue mais a également soulevé des inquiétudes légitimes. Il est vrai que les universités sont confrontées à de nombreuses incertitudes. La droite a décidé de leur octroyer une large autonomie sans garantir les ressources indispensables. La gestion des recrutements va être radicalement transformée. Les universités sont incitées à se tourner vers des acteurs privés pour construire leurs bâtiments et développer leurs activités. Selon la manière dont cette autonomie sera mise en place, elle pourra être la meilleure comme la pire des choses.

Il était donc important que les établissements d’enseignement supérieur et de recherche de la Région aillent de l’avant et se mobilisent autour de projets communs. Le rôle des collectivités, et en premier lieu de la Région, sera de les accompagner pour nourrir une dynamique territoriale qui se développera au bénéfice de tous les ligériens.

29.03.2008

Vie étudiante : le bonheur est-il dans la ville ?

Le 15 février 2008, l'AFEV publiait le compte-rendu du séminaire du 28 novembre 2007, organisé par l'AFEV et l'AVUF sur le thème "vie étudiante : le bonheur est dans la ville". En effet, la question du rapport des étudiants à leur territoire se pose plus que jamais.

6ac5a9669a0ef1120119c07244516454.jpgLe premier constat qui s’impose est l’étroitesse grandissante des liens entre les différentes institutions qui rythment la vie des étudiants : l’établissement d’études, la ville de résidence, les collectivités locales, les CROUS, les associations implantées sur le territoire. Ainsi, tandis que les universités acquièrent une part de plus en plus grande d’autonomie avec la loi LRU, des postes de responsables de la vie étudiante ont émergé au sein des collectivités territoriales, notamment dans les mairies et les communautés d’agglomérations.

Ce prise en compte de la population étudiante n’est pas anodine et n’a rien d’une lubie de la gauche : la génération qui étudie en ce moment au sein des établissements d’enseignement supérieur est celle qui détiendra demain le pouvoir d’interagir sur l’économie, la politique, la vie locale et la collectivité. Elle exprime déjà, dans sa majorité et sous des formes diverses, un désir de citoyenneté évident. Peut-on décemment décider d’ignorer ce désir d’engagement ? Il est clair que non ; il est impératif de faciliter l’investissement des étudiants dans leur ville, leur département ou leur région d’accueil ou de résidence.

Mais du fait des lois de décentralisation, il y a une question spécifiquement française du rôle des collectivités locales en la matière, ce qui n’est pas si simple puisque les compétences en jeu sont diverses et répondent à des logiques "hors cadre", de nombreuses compétences s’exprimant aujourd’hui, de facto, en dehors des textes. La plus grande difficulté est donc la coordination entre les différents acteurs : faut-il plus d’Etat, comme le pensent certains, ou plus de décentralisation, comme le pensent d’autre ?

Remarquons que ces deux souhaits ne sont pas contradictoires : on peut tout à fait souhaiter que l’Etat remplisse mieux son rôle en termes d’enseignement supérieur, tout en souhaitant une plus grande implication des collectivités territoriales.

Ceci étant, se pose la question de la modalité d’intervention des villes. Car il n’y a ni modèle ni réponse unique à l’intégration urbaine des étudiants. D’une part parce que chaque ville constitue un cas particulier, d’autre part parce que la taille du site créée elle aussi des situations bien différentes. Et bien sûr, la question du financement est au coeur de la problématique ; c’est illustration du besoin de coopération entre les différents acteurs, comme le démontre le recours de plus en plus fréquent à des financements mixtes.

Pour conclure, il faut enfin admettre que le bonheur n’est plus dans le pré depuis longtemps : 60% des Français habitent dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants, et ce chiffre est amené à croître encore. Or la ville, c’est l’équilibre entre les générations, les populations, les fonctions, etc. C’est pourquoi il faut procéder sans arrogance mais sans complexe, en réunissant le plus souvent possible l’ensemble des acteurs en présence autour d’une table de négociation.

18.03.2008

Enfin un cadre européen pour la reconnaissance des diplômes !

49d9ca988a59521bf2d767fd32a11ae1.jpg D'un pur point de vue théorique, il n'existe pas, sauf exception, d'équivalence réglementaire entre diplômes français et diplômes étrangers, même à l'intérieur de l'Union européenne. En effet, la réforme LMD et le processus de Bologne ont pour but de donner un cadre commun aux grades universitaires des Etats-membres de l'UE, mais pas de créer un système universitaire européen unique.

Les choses vont changer : lors de la session plénière du 22 au 25 octobre, le Parlement européen a voté en première lecture une recommandation en codécision relative au Cadre Européen des Certifications pour l'éducation et la formation tout au long de la vie (CEC). Puis la proposition a été adoptée le 15 novembre 2007 par le Conseil et le Parlement européen.

S'inscrivant dans le courant des initiatives communautaires en faveur d'un espace européen de la connaissance et de la mobilité, le CEC vise à créer une coordination communautaire où chaque Etat membre valide un "étalon" commun en matière de formation.

Le coeur du CEC est constitué de huit niveaux de référence décrivant ce que l’apprenant sait, ce qu’il comprend et ce qu’il est capable de faire, indépendamment du système dans lequel la certification a été délivrée. Ce système de niveaux de référence s’écarte donc de l’approche traditionnelle (qui met l’accent sur les moyens) pour mettre l'accent sur les résultats.

Précision aux esprits grincheux qui voient l'ogre européen partout : il ne s'agit pas d'un nouveau système de certification au niveau communautaire qui délivrerait des diplômes européens ; les Etats conservent leur compétence pour l’élaboration des titres, des grades et des qualifications. La spécificité de chaque système éducatif est donc préservée.

La création du CEC est un progrès important pour la mobilité en Europe car pour l'instant, la libre circulation des personnes dans un cadre de formation ou d'emploi se heurtait à un obstacle significatif :5beb59e1a6c608aa4c3bf6cddc05b590.jpg le caractère national (voire régional) des qualifications et des certifications. Ce qui aboutissant d'ailleurs à une situation très paradoxale : le marché du travail européen était de plus en plus ouvert mais la reconnaissance de la compétence d'un individu était difficilement transférable d'un Etat à l'autre... C'est un peu comme si on faisait le marché commun sans pouvoir convertir les devises.

On peut donc espérer que le CEC va permettre une meilleure reconnaissance des qualifications professionnelles des salariés et donc une meilleure rémunération de leur savoir-faire, quel que soit leur Etat d'origine. Bye bye Bolkestein ?

12.03.2008

Rapport Anciaux II : des idées, oui... mais des moyens ?

56465f557a7ea707070f1281c77479d5.jpg Vendredi 15 février 2008, le député UMP Jean-Paul Anciaux a rendu officiellement son second rapport sur le logement étudiant, venant 4 ans après le premier rapport publié en 2004.

Ce nouveau document commence par un bilan du "plan Anciaux" de 2004 et les conclusions sont sévères. En lieu et place des 21 000 logements à réhabiliter et des 15 000 logements à construire entre 2004 et 2007, le bilan est de 17 500 réhabilitations et seulement 6 300 constructions.

Les raisons en sont nombreuses : augmentation du coût des matériaux, difficulté pour trouver des terrains... Mais le malaise vient directement du gouvernement : quand le budget 2007 du CNOUS prévoyait de réaliser seulement deux tiers des objectifs, il ne fallait pas s'attendre à des résultants probants. Ces retards sont-ils destinés à se reproduire et être dénoncés dans quelques années par une troisième rapport Anciaux? Espérons donc que les propositions du député seront cette fois-ci mises en oeuvre.

Parmi les pistes intéressantes, on peut relever la place des Crous comme premiers opérateurs du logement social étudiant (ce qui n'exclut pas bien sûr des partenariats avec le parc privé) et le développement de la colocation. Sur ce dernier point, il est important de préciser qu'outre les économies réalisées par des étudiants souvent peu fortunés, la colocation permet de créer un lien social, luttant ainsi contre la solitude et le cloisonnement chez une population qui souffre souvent d'un certain mal-être.

Reste bien sûr la question du budget : selon le rapport, la réhabilitation de 7 000 chambres (par an) coûterait 140 millions d'Euros (par an) et la construction de 5 000 chambres (par an) coûterait 200 millions d'Euros (par an). Si je compte bien, cela fait 340 millions par an. Dès lors, je ne comprends vraiment pas pourquoi Valérie Pécresse et Christine Boutin se félicitent d'avoir inscrit 155 millions pour le logement étudiant au budget 2008. Est-ce moi qui compte mal ou bien se moque-t-on du monde ?

Du côté des Pays de la Loire, la Région a pris l’engagement de favoriser toutes les initiatives en faveur du logement étudiant. C'est ainsi qu'elle signait une convention avec le CROUS en mars 2007, visant la rénovation de 2 343 chambres sur l'ensemble du territoire des Pays de la Loire, pour un montant de 21 Millions d’Euros sur 7 ans. De plus, la Région des Pays de la Loire soutient les projets de construction de logements sociaux neufs à hauteur de 10 % du coût HT (avec un plafond de 300 000 €).

Parallèlement, Jean-Marc Ayrault s'est engagé lors de la présentation de son programme communautaire, le 13 février 2008, à construire 1000 logements étudiants sur le prochain mandat. De plus, le Conseil général de Loire-Atlantique entreprend de réaménager en logement social étudiant l'ancienne Clinique de la Haute-Forêt à Nantes, celle-ci se situant à proximité de la Faculté des Sciences. Ce seront ainsi 167 logements supplémentaires qui seront disponibles pour les étudiants.

05.03.2008

A lire : "le classement de Shanghai au service de la réforme"

Je vous recommande la lecture du très bon article de Laurent Bouvet, publié le 28 février sur Nonfiction.fr et intitulé : "le classement de Shanghai au service de la réforme".

En résumé : les classements des meilleurs universités sont contestés (et contestables) quant à leur pertinence et leurs méthodes d’élaboration mais le fait est que les universitaires intègrent ces critères dans leurs offres de formation afin d'y figurer...

Et pour cause : la domination des universités américaines (Harvard, Yale...) et anglo-saxonnes (Cambridge, Oxford...) est la preuve par l'exemple que la visibilité mondiale d'une offre éducative d’excellence nécessite de fédérer des forces et des ressources importantes. La refonte du système d'enseignement supérieur en France est donc un passage obligé, ce qui implique non seulement la remise à plat de l’organisation et des structures du système, mais aussi l’attribution de moyens financiers et humains à la hauteur des ambitions affichées par tous les acteurs.

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28.02.2008

Ecole et mairies : pour l’État, deux poids et deux mesures

91fdcdc182e0134102af78a2a99b50b6.jpg Vous vous souvenez surement du débat récent sur le service minimum dans les écoles. Au mois de janvier, l’État proposait aux municipalités d’assurer l’accueil des enfants les jours de grève en s’appuyant sur avec leurs propres personnels. Avec de nombreux élus, je m’étais opposé à ce dispositif précipité et non négocié avec les syndicats enseignants.

D’ailleurs, moins de 10% des communes l’ont mis en place. Pour amadouer les municipalités, le gouvernement proposait alors de prendre en charge les dépenses à hauteur de 90€ par "tranche" de 15 élèves…


En tant que 1er adjoint au Maire de Sainte-Luce-sur-Loire chargé de l’éducation et de la jeunesse, j’ai reçu la semaine dernière une lettre de l’inspecteur d’académie m’informant du dispositif mis en place par le gouvernement dans le cadre de la réforme de l’école primaire pour apporter un soutien aux élèves en difficulté en fin de CM1 ou CM2. Il s’agit de proposer aux familles un stage de 15 heures pour leur enfant, à raison de 3h par jour pendant une semaine. L’objectif est louable. Depuis notre élection en octobre dernier, nous avons commencé à travailler sur l’accompagnement scolaire des enfants et nous avions prévu de développer notre action dans ce domaine bien avant l’annonce du ministre.

Dans le cadre ici proposé, il revient aux enseignants de définir l’organisation qu’ils souhaitent et de se tourner vers les mairies pour régler les « détails pratiques ». En effet, qui dit ouverture d’école dit entretien, coûts de fonctionnement, et pose la question du transport scolaire quand les parents travaillent. Pourtant, le ministre ne propose plus d’aider financièrement les communes pour la prise en charge de ces frais supplémentaires.

De l’argent pour financer le service minimum contre le droit de grève des enseignants, pas d’argent pour organiser le soutien scolaire aux enfants en difficultés… La politique du gouvernement est d’une triste simplicité !

23.01.2008

L’orientation active : des effets limités

52b4afaaa4f46a7ab09e38e3fc6059de.jpg Les effets de l'orientation active, expérimentée en 2007, sur les choix d'inscription à l'université "ont été limités", affirme un rapport rédigé par le délégué interministériel à l'orientation.

La loi LRU a rendu obligatoire la pré-inscription à l'université à compter de la rentrée 2008. En 2007, celle-ci a été expérimentée sous le nom «orientation active» par 67 universités volontaires dans 23 académies. Le principe : sur les bases du dossier scolaire du futur bachelier, les universités lui expliquent si la filière qu’il envisage est faite pour lui ou si une autre orientation serait plus… «pertinente» (sic).

Premier constat du délégué interministériel à l'orientation : ce sont les «bons élèves» qui ont participé à la démarche plutôt que ceux qui avaient le plus besoin d'information et de conseil. Le chiffre est éloquent : parmi les 86% des élèves qui ont mentionné leur série du bac, 76% relèvent des filières générales. Et le rapport le confirme évidemment : l'opération n'a pas affecté les critères de choix des bons élèves qui se destinent aux CPGE. On s’en serait douté.

Deuxième constat : il y a une confusion, entre les concepts d'orientation, de pré-inscription et de candidature, ce qui a légitimement accentué la crainte d'y voir une forme de sélection. D’ailleurs, le rapport relève «une implication inégale des services académiques et l'absence complète de certains lycées, accréditant l'idée qu'on y privilégie l'orientation vers les filières sélectives, et que l'on y craint une procédure de sélection déguisée susceptible de permettre à l'université de capter des candidats aux CPGE ou STS».

On se permettra de rajouter que faute de moyens nouveaux accordés par l'État, les Universités n'ont pu expérimenter ce dispositif que sur un nombre limité de filières, et que la relation avec les étudiants et leur famille s'est souvent limitée à un bref entretien s'achevant par un "oui" ou "non" sans travail approfondi de définition du parcours de formation le plus adapté aux compétences des jeunes et à leurs aspirations.

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Un vrai dispositif d'accueil et d'orientation des jeunes entre le lycée et l'université reste donc à inventer. Il doit permettre d'atteindre plusieurs buts simultanément :

- donner une information complète et crédible sur les réalités de l'enseignement supérieur, à la fois pour réhabiliter l'université et permettre des choix en toutes connaissance de cause ;

- réguler l'accès aux filières les plus saturées et pour lesquelles l'absence de débouché professionnel suffisant se traduit par un déplorable gachis humain et financier ;

- faire du premier semestre universitaire un semestre d'accueil individualisé des étudiants ce qui implique de pouvoir les accompagner dans la confirmation ou la modification de leur choix initial d'orientation et de leur offrir des remises à niveaux quand cela est nécessaire pour leur donner, dès le départ, toutes les chnaces de réussite dans la filière qu'ils auront choisi.

Cette démarche doit également s'incrire dans une action continue d'échange et de coordination entre enseignement secondaire et supérieur qui s'ignorent aujourd'hui largement. Cette politique demande un effort de l'État et mobilisera des ressources importantes. Mais le coût initial de ce choix sera largement compensé par la dynamique nouvelle de l'enseignement supérieur dans notre pays et par l'économie réalisée en évitant les nombreuses années d'échec connues par des centaines de milliers d'étudiants dans notre pays.

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